
Vendredi 30 janvier, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté un peu partout aux États-Unis contre les agissements racistes de la police fédérale de l’immigration (ICE). C’était aussi le jour choisi par Bruce Springsteen pour se rendre à Minneapolis chanter pour la première fois sur scène sa chanson écrite en quelques heures en hommage à Renée Good et Alex Pretti, tous les deux assassinés par l’ICE dans les rues de cette ville, désormais au centre de la révolte contre la politique criminelle de Trump. Celui-ci a dû, sous la pression de la rue, faire partir de la ville l’infâme Bovino, chef de l’ICE.
« ICE out ! »
Le 23 janvier, c’est une véritable journée de grève générale contre l’ICE qui avait été organisée à Minneapolis conjointement par les syndicats, les groupes religieux et les organisations communautaires. La population était appelée à « ne pas travailler, ne pas aller à l’école, ne pas faire les courses ». Il n’y avait pas eu de grève générale dans cette ville depuis 1934 et dans aucune autre ville des États-Unis depuis 1946 ! Entre 50 000 et 70 000 personnes ont alors manifesté par moins vingt degrés, sur une population de 500 000 habitants. Alex Pretti, infirmier dans un hôpital, était en grève quand il a été abattu : il participait alors à une action collective d’observation, d’alerte et d’interposition pacifique contre les rafles de l’ICE. Ce sont des milliers d’Américains qui s’organisent depuis des mois pour braver la violence d’État et offrir à leurs sœurs et à leurs frères de classe, pourchassés en raison de leur couleur de peau ou de leur nationalité, une solidarité concrète, allant de l’aide matérielle (nourriture, abri, aide à fuir les arrestations) à la confrontation physique avec l’ICE.
Le racisme d’État n’a pas été inventé par Trump
Aux États-Unis, après des siècles d’esclavage puis de ségrégation, on peut toujours mourir très facilement sous des coups et des balles policières quand on est Afro-Américain. Un soulèvement de masse comme après l’assassinat de George Floyd en 2020 (déjà à Minneapolis), porté par le mouvement « Black Lives Matter », avait alors montré que des millions d’Américains ne supportaient plus cela.
Aujourd’hui, c’est un vent de révolte qui se lève contre l’ICE, notamment responsable en 2025 de la mort de 32 personnes internées dans les prisons spéciales, de véritables camps de concentration, placées sous son commandement. Le témoignage récent du tennisman français Julien Pereira, ressorti amaigri de sept kilos de son internement d’un mois dans un de ces « centres », en a dévoilé un peu l’enfer quotidien.
L’ICE a été mise en place en 2003 par Bush. Ni Obama ni Biden ne l’ont remise en cause durant douze années de présidence démocrate cumulées. D’ailleurs, si en octobre 2025, l’administration Trump annonçait avoir expulsé plus de 400 000 personnes en « seulement » 250 jours, l’administration Obama en avait expulsé 2,5 millions en l’espace de huit ans. Le démocrate Biden avait déporté 270 000 « sans-papiers » lors de sa dernière année de mandat, ce qui constituait un record.
Ici aussi, le racisme d’État tue
Les images de l’exécution de Renée Good par l’ICE rappellent celles de l’assassinat de Nahel par un policier à Nanterre en 2023. El Hacen Diarra, jeune travailleur immigré de nationalité mauritanienne, est mort à Paris le 15 janvier d’un arrêt cardiaque dans les locaux du commissariat du 20e arrondissement après une arrestation brutale par la police. La vidéo de son arrestation rappelle celle de George Floyd, mort étouffé sous le genou d’un policier. Ici aussi la police tue. Ici aussi, des sans-papiers sont raflés, conduits en centre de rétention et expulsés. Ce ne sont ni Bovino ni Trump qui mènent cette politique, mais Nuñez et Macron, sous les encouragements de Bardella et de Le Pen. Alors, nous aussi, organisons-nous et faisons bloc avant qu’il ne soit trop tard !
Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 2 février 2026