À l’initiative du Ghana, l’assemblée générale de l’ONU avait à se prononcer sur un texte qui proposait de déclarer « la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains » comme « les plus graves crimes contre l’humanité », notamment en regard de leur « persistance ». Il a été adopté par 123 voix pour et trois contre (sans surprise États-Unis, Israël et Argentine). En outre, 52 pays se sont abstenus, parmi lesquels les principales puissances coloniales de l’époque de la traite négrière, à savoir le Royaume-Uni, la France, l’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas et l’ensemble des États de l’Union européenne. Une abstention qui a provoqué notamment la colère de parlementaires de Guadeloupe et de Martinique. Interpellé sur ce point le Premier ministre n’a pas répondu personnellement mais a botté en touche en envoyant au charbon… le ministre du Commerce extérieur qui s’est emmêlé les pieds dans le tapis pour justifier ce non-vote. Une abstention qui en elle-même n’est pas étonnante, car l’impérialisme français a toujours refusé de reconnaître sa responsabilité dans la traite des millions d’Africains réduits en esclavage dans des conditions infâmes.