Le 11 février, plus d’une centaine d’agents de la police nationale, de la police municipale, de la police des frontières, et même de l’Urssaf, ont été déployés dans le centre-ville de Nantes pour mener des arrestations massives. Ces opérations se sont particulièrement concentrées autour des restaurants du centre-ville, dans un but clair : cibler les travailleurs et travailleuses de la restauration, dont beaucoup sont « sans-papiers ». Une opération de ratissage digne des opérations de l’ICE à Minneapolis. Car oui, ici aussi, même si ce n’est pas Trump mais Macron qui est au pouvoir, les politiques racistes et de division de la classe ouvrière se poursuivent.
Le 4 juillet dernier, la BBC avait publié des vidéos de gendarmes poursuivant dans l’eau des canots pneumatiques remplis de migrants tentant de traverser la Manche, pour les crever à coups de canif. Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, avait tenu alors à « saluer l’action des forces de l’ordre françaises ». Quelques jours plus tôt, des vidéos de l’association Utopia 56 montraient des policiers en tenue anti-émeute charger des canots et y lancer des grenades lacrymogènes. Le journal Le Monde a révélé en novembre dernier que le ministère de l’Intérieur envisageait de déployer des filets dans l’eau pour « neutraliser » les hélices des embarcations…
Lorsque ce n’est pas sur les côtes françaises que les flics français mettent les migrants en danger de mort, c’est lors de la traversée qu’ils empêchent les navires passant dans le couloir de la Manche de secourir les canots en détresse. Ainsi, la commission d’enquête britannique sur le naufrage ayant causé la mort, dans la nuit du 23 au 24 novembre 2021, d’au moins 31 migrants, met en évidence la responsabilité des autorités françaises, qui ont ordonné à un pétrolier de poursuivre sa navigation, alors qu’il avait probablement localisé l’embarcation en détresse.
Autant d’exemples que la police française n’a pas grand-chose à envier à l’ICE de Trump ! Ici comme outre-Atlantique, il faut en finir avec ces politiques racistes et les bras armés qui les mettent en place.
Aurélien Perenna