
Pour l’instant, les dirigeants iraniens n’agissent pas comme Trump l’espérait et ils bloquent le détroit d’Ormuz, par lequel transite une bonne partie du commerce du pétrole. Du coup, les prix à la pompe s’envolent, les consommateurs râlent à juste titre et tout cela met en lumière les conséquences de la politique militariste des dirigeants américains.
Mais, plus que l’opinion des consommateurs dont Trump se contrefiche un peu, c’est le risque d’un nouveau choc pétrolier que cela fait courir à l’économie mondiale qui inquiète les dirigeants de la bourgeoisie.
Et Trump a trouvé deux solutions. D’une part inviter les pays d’Europe, et même la Chine – qu’il a pourtant bousculés et abondamment menacés – à se joindre aux États-Unis pour sécuriser l’accès audit détroit. D’autre part… lever les sanctions contre la Russie pendant un mois en autorisant tous les pays à s’y approvisionner en pétrole.
Zelensky s’est étranglé d’indignation, approuvé par Macron qui, à ses côtés, a déclaré : « Le contexte de montée du cours du pétrole ne doit en aucun cas amener à revoir notre politique de sanctions à l’égard de la Russie, c’est la position que le G7 a tenue, c’est la position évidemment de la France et de l’Europe. » Peine perdue, c’est fait !
Mais Trump n’est pas le seul pour qui les sanctions sont à géométrie variable et les propos de Macron sont pure hypocrisie : des entreprises françaises, et non des moindres, continuent leur business avec la Russie – Leroy Merlin et Auchan font partie de celles qui versent le plus d’impôts en Russie du fait de leurs activités dans le pays. Et les entreprises allemandes y ont versé plus de deux milliards de dollars d’impôts depuis le début de la guerre en Ukraine.
« On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour les industriels. » Les propos tenus par Anatole France dans l’Humanité du 18 juillet 1922 résonnent toujours avec l’actualité !
J.-J. F.