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Quand deux assassins affirment lutter… contre le terrorisme

L’Inde et Israël sont déterminés à « s’opposer côte à côte » au « terrorisme dans le monde », a affirmé sans rire le Premier ministre indien, Narendra Modi, en achevant une visite de deux jours à Jérusalem durant laquelle il s’est longuement entretenu avec Benyamin Netanyahou. Une telle déclaration prêterait à sourire si elle n’était pas tragique. Car les deux premiers ministres sont unis dans leur haine commune des musulmans, assimilés peu ou prou à des « terroristes ». Netanyahou le montre chaque jour en Cisjordanie, à Gaza, au sud Liban ou en Syrie. Quant à Modi, à la tête d’un parti hindouiste intégriste, il n’a cessé depuis son arrivée au pouvoir de pratiquer à l’égard des musulmans de son pays – une minorité forte de près de 200 millions de personnes – une politique de persécution faite d’exclusions légales, de discriminations quotidiennes, de marginalisation socio-économique et de recours à des conversions forcées. Quant aux milices hindouistes à ses ordres, elles sont responsables de dizaines de pogroms anti-musulmans dans tout le pays qui ont fait des milliers de victimes. Dans leur genre, les deux compères sont donc de vrais spécialistes du terrorisme qu’ils pratiquent assidûment.