Depuis le 15 février dernier, la colère de la population palestinienne de Cisjordanie se tourne contre l’Autorité palestinienne (AP). Les forces de sécurité de cette dernière ont en effet abattu un jeune garçon de 15 ans, Ali Samara, au cours d’une opération conjointe avec l’armée israélienne dans le but d’arrêter son père, Samer Samara, un militant historique emprisonné pendant cinq ans dans les geôles israéliennes à l’issue de la deuxième Intifada.
Ce meurtre d’un adolescent par l’AP n’est qu’un épisode de plus dans la collaboration de plus en plus étroite entre cet appareil bureaucratique, et l’État génocidaire d’Israël. Déjà, fin 2024 et début 2025, l’AP avait mené des opérations militaires contre le camp de réfugiés de Jénine, sous prétexte « d’opérations antiterroristes », directement supervisées par l’armée israélienne, qui a ensuite procédé à la destruction d’une grande partie de la ville. Dans la même période, la même Autorité palestinienne avait suspendu les activités et la diffusion de la chaîne Al Jazeera – qui reste l’une des seules à avoir des journalistes à Gaza et en Cisjordanie, et qui est de ce fait particulièrement honnie par l’État israélien.
Alors même que la population palestinienne est confrontée à la multiplication d’attaques de plus en plus violente de colons juifs qui, aidés par l’armée, n’hésitent pas à assassiner, l’AP se félicite que « tout est sous contrôle sur le plan sécuritaire », comme l’a déclaré au Monde le major général Anwar Rajab.
L’Autorité palestinienne est un micro-appareil bureaucratique issu des accords d’Oslo entre l’impérialisme américain, l’État israélien, et le dirigeant de la principale organisation nationaliste palestinienne, Yasser Arafat. Depuis sa création, elle vit sous perfusion des subsides que lui accordent l’État israélien et les organisations internationales. Depuis le 7 octobre 2023, Israël a confisqué des milliards de shekels de taxe douanière, provoquant une banqueroute de l’AP, qui s’avère incapable de payer ses fonctionnaires, notamment le personnel enseignant.
Mais les dirigeants de ce micro-appareil espèrent toujours se faire une place, y compris dans le « Conseil de la paix » créé par Trump, avec même l’espoir de retrouver une autorité sur Gaza.
Ces petits calculs sont directement opposés aux aspirations à vivre du peuple palestinien. Les manifestants qui s’opposent à l’Autorité palestinienne, supplétive de l’État génocidaire israélien, ont mille fois raison.
Aurélien Perenna