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Brèves

L’actualité en bref

Depuis plusieurs mois, la mairie de Deuil-la-Barre, une petite ville de 23 000 habitants, a installé des plots et des barrières en béton pour bloquer l’accès au terrain privé de la famille François, empêchant ainsi ses membres de se déplacer librement. Il faut dire que les François appartiennent à la communauté des gens du voyage et, pour cette raison, subissent des discriminations systématiques de l’autorité municipale. Ils ont obtenu trois décisions de justice en leur faveur – dont une du Conseil d’État – ce qui n’empêche pas la mairie de refuser d’en tenir compte et de maintenir les obstacles. Une manifestation de soutien a eu lieu le 12 décembre dernier et une pétition en faveur de la famille a commencé à circuler. Quant à la maire de la commune, Muriel Scolan, s’est surtout des droits démocratiques qu’elle fait son deuil.

Le conseil de prud’hommes de Paris vient de condamner le Paris Saint-Germain à verser 61 millions d’euros d’arriérés à son ancien attaquant vedette, Kylian Mbappé. Ce dernier doit cependant être un peu déçu puisqu’il demandait 263 millions d’euros. Quant au PSG, il estimait que, par son comportement, Mbappé avait terni la réputation du club et lui réclamait de son côté… 440 millions d’euros. Chaque partie était bien sûr appuyée par une armée d’avocats grassement payés. Une affaire révélatrice d’un football professionnel pourri depuis longtemps par l’argent et dont les idéaux n’ont plus grand-chose à voir avec les valeurs qu’est supposé porter le sport.

C’est Mediapart qui le révèle. Pour les prochaines élections municipales, le Rassemblement national présente sur ses listes plusieurs candidats qui ont tenu publiquement des propos racistes, antisémites ou anti-LGBT. Certains s’étaient déjà présentés aux dernières élections législatives mais le Rassemblement national, soucieux d’afficher une respectabilité toute neuve, avait promis d’y mettre bon ordre et assurait s’être doté d’outils pour que cela ne se reproduise pas aux municipales. Loupé ! Si ces révélations n’ont rien d’étonnant, elles ont le mérite de montrer qu’en dépit de ses vigoureuses dénégations, le RN continue de cultiver une idéologie xénophobe et homophobe.

Le chef de l’État s’est rendu dans la cité phocéenne pour faire le bilan du plan « Marseille en grand » lancé en septembre 2021 et qui, en octobre 2024, avait été sévèrement étrillé par la Cour des comptes pour un suivi insuffisant et des moyens indigents. En ce qui concerne la lutte contre le narcotrafic, dont il avait fait une priorité, le bilan est encore plus catastrophique. L’augmentation du nombre de policiers sur le terrain, de celui des magistrats chargés de cette affaire ou l’extension prévue de la prison des Baumettes, n’ont pas empêché le trafic d’exploser. De plus, pratiquement rien n’a été prévu pour le volet prévention et l’accompagnement des jeunes dans les quartiers. Cela n’a évidemment pas empêché Macron de crier victoire… comme d’habitude.

Dans une note qu’elle vient de publier l’Insee constate, encore une fois, qu’en matière d’espérance de vie l’écart se creuse entre les personnes les plus aisées et les plus modestes. Cet écart s’est encore accru depuis 2012. Un homme de milieu modeste a sept fois plus de risque de décéder dans l’année de son cinquantième anniversaire qu’un homme de milieu aisé. Chez les femmes, qui vivent en moyenne plus longtemps que les hommes, c’est à 65 ans que l’écart entre les catégories sociales est le plus fort : les plus modestes ont six fois plus de risques que les plus aisées de décéder dans l’année. Si l’on compare maintenant l’espérance de vie des femmes appartenant aux 5 % les plus riches de la population à celle des hommes issus des 5 % les plus modestes – les deux extrêmes de l’étude –, les premières vivent en moyenne jusqu’à 88,7 ans, soit dix-sept années de plus que les seconds, qui ont peu de chance de survivre au-delà de 72 ans. Là encore les différences de classe pèsent lourd.

Sous pression directe des grands groupes industriels, le Parlement européen a définitivement adopté un net assouplissement du projet la loi sur le devoir de vigilance environnementale des grandes entreprises. Il a, de plus, décidé que l’application de la dite loi, qui date de mai 2024, serait reportée en 2029. Désormais, seules seront concernées par cette loi les très grandes entreprises de plus de 5 000 salariés (contre 1 000 salariés auparavant), affichant un chiffre d’affaires net de plus de 1,5 milliard d’euros par an. Toute référence à la transition climatique a été supprimée du texte et nombre d’obligations ont été allégées. Bref les pollueurs ont obtenu satisfaction sur toute la ligne en vidant de sa substance une législation qui n’était pourtant ni très sévère, ni très contraignante. Mais c’était encore trop pour les grands patrons. La défense de l’environnement attendra…

Le gouvernement espagnol a infligé une amende de plus de 64 millions d’euros à la plateforme Airbnb pour avoir publié des annonces de logements qui n’étaient pas éligibles à la location à court terme. Une infraction qualifiée de « grave » en pleine crise du logement dans le pays. En effet, des dizaines de milliers de familles vivent dans la précarité, tandis que quelques-uns s’enrichissent grâce à des modèles économiques qui expulsent les gens modestes de chez eux. Nombre de propriétaires se débarrassent sans état d’âme de leurs locataires pour se tourner vers la location touristique, nettement plus rentable. L’Espagne n’est pas le seul pays dans ce cas. Mais il y a peu de chance que cette amende record change beaucoup de choses. Car dès l’instant où le logement est considéré comme une marchandise comme une autre, dont le prix fluctue au gré du marché, les plateformes comme Airbnb continueront de prospérer au détriment des plus pauvres. Plus que jamais il faut se battre pour que le slogan « un toit est un droit » devienne une réalité.

Roger Lumbala a été condamné par la cour d’assises de Paris à 30 ans de réclusion criminelle pour complicité des crimes contre l’humanité commis par ses soldats en 2002-2003 en République démocratique du Congo. Viols utilisés comme armes de guerre, esclavage sexuel, travail forcé, tortures, mutilations, exécutions sommaires, pillages systématique, rackets, captation des ressources (diamants, coltan…) : durant un mois, la cour avait écouté le récit d’exactions commises par l’ex-chef de guerre de 67 ans et ses hommes. Pour le condamner, les magistrats avaient invoqué la compétence universelle qu’ils peuvent s’octroyer pour juger les crimes contre l’humanité. Mais ce qui est dérangeant dans ce jugement est le deux poids, deux mesures. Car les crimes commis par Lumbala sont comparables à ceux perpétrés par Netanyahou. Et bien que ce dernier soit poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité par la Cour pénale internationale, des pays comme la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont fait savoir à plusieurs reprises qu’il jouirait d’une immunité et pourrait donc mettre le pied sur leur sol sans être inquiété. Certains crimes contre l’humanité seraient-ils moins graves que d’autres ?

Sept ans après les faits, un policier a été mis en examen pour « violences aggravées par trois circonstances (arme, réunion et par une personne dépositaire de l’autorité publique) » mais aussi pour « non-assistance à personne en danger » pour avoir grièvement blessé Angélina, une jeune femme de 19 ans, atteinte par un tir de LBD à la cuisse et qui avait eu le crâne fracturé alors qu’elle quittait son travail et rentrait chez elle. Ce jour-là, le 8 décembre 2018, trois manifestations différentes (Gilets jaunes, contre les logements insalubres, marche pour le climat) se déroulaient simultanément dans la cité phocéenne et la police avait imposé une véritable omerta dans ses rangs pour couvrir les responsables des violences. Vu la gravité des faits, le parquet avait requis un placement en détention provisoire – « compte tenu des risques de concertations avec ses collègues » – mais le juge des libertés a décidé de le placer sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer. Quant aux autres flics concernés, ils continuent de se taire. Car si, pour le commun des mortels, la « non-dénonciation de crime » est un délit, pour les policiers c’est une habitude tenace… surtout lorsque l’un des leurs est impliqué.