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Brèves

L’actualité en bref

Les retraites complémentaires des ex-salariés du privé ne seront pas revalorisées au 1er novembre et donc gelées pour l’année 2026, « faute d’accord » entre les syndicats et le patronat qui gèrent le régime de l’Agirc-Arrco. Les syndicats proposaient une modeste augmentation de 1 % en phase avec l’inflation mais les parons ont vigoureusement refusé proposant un ridicule 0,2 %. Après la décision de Lecornu d’une année blanche pour l’ensemble des pensions et prestations sociales, le patronat en rajoute une couche en gelant les complémentaires. Encore un mauvais coup contre les retraités.

Environ sept millions de personnes ont participé samedi 18 octobre à des nombreuses manifestations pour protester contre la politique de Donald Trump, en particulier la chasse aux migrants, les licenciements massifs dans l’administration, les atteintes aux droits humains, les tentatives de museler la presse, etc. Sous le slogan « No Kings » (« Pas de rois ») les 2 700 rassemblements, qui avaient reçu le soutien de plus de 200 organisations nationales (ONG, syndicats, associations culturelles et communautaires) et de milliers de groupes locaux, ont eu lieu dans tout le pays, de New York à San Francisco, en passant par Chicago, Atlanta et même près de la résidence privée de Trump à Mar-a-Lago, en Floride. Cette journée de protestation fait suite à une première mobilisation en juin 2025, qui avait rassemblé plus de cinq millions de personnes lors de 2 000 rassemblements dans tous les États. Elle montre le ras-le-bol d’une fraction croissante de la population à l’égard du locataire de la Maison-Blanche, ras-le-bol que les démocrates espèrent capitaliser pour les prochaines élections de mi-mandat. Mais il faudra plus que de simples manifestations de rue pour se débarrasser du trumpisme.

Un rapport rédigé par un comité d’historiens africains vient d’être remis au président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye. Il concerne le massacre commis au camp militaire de Thiaroye, non loin de Dakar, le 1er décembre 1944. Ce jour-là, des gendarmes et des militaires français ouvrirent le feu sur des tirailleurs sénégalais, anciens prisonniers de guerre rapatriés, qui manifestaient pour réclamer le paiement de leurs indemnités et le versement du pécule qui leur était dû que l’administration coloniale refusait de leur verser. Paris a toujours refusé d’indiquer le nombre de victimes que fit cette tuerie, mais les évaluations varient entre 70 et plusieurs centaines. Des crimes pour lesquels les responsables ne furent jamais poursuivis.

Selon une enquête du média d’investigation en ligne Disclose, l’entreprise Sermat, située à Saint-Thonan, dans le Finistère, fournit du matériel pour les drones israéliens utilisés à Gaza. Ces composants sont destinés à Elbit Systems, une des principales entreprises d’armement de l’État sioniste. Depuis deux ans, le constructeur français aurait livré 29 générateurs à l’entreprise israélienne et la prochaine livraison est prévue ce lundi. Cela n’empêche pas Sébastien Lecornu d’affirmer, contre toute évidence, que « pas une arme française n’est allée à destination de Tsahal ». Mensonge qu’il avançait à l’époque où il était ministre des Armées et qu’il répète aujourd’hui en tant que Premier ministre.

Le procès de Dahbia Benkired, 27 ans, se tient actuellement devant la cour d’assises de Paris. Elle est accusée du meurtre de Lola, une collégienne de 12 ans, qu’elle a reconnu. Mais le fait que la meurtrière soit une Algérienne en situation irrégulière a provoqué, depuis des mois, une campagne raciste et xénophobe venant de l’extrême droite à laquelle ont pris part notamment Éric Zemmour, Marion Maréchal Le Pen et des groupuscules comme Les Natifs. Ils ont tenté de profiter de l’horreur provoquée par ce crime pour s’en prendre aux migrants en général et aux Algériens et aux Arabes en particulier. Cette récupération a été vivement critiquée par la famille de l’adolescente. La mère de Lola a exprimé à plusieurs reprises son refus de voir le nom et l’image de sa fille utilisés à des fins politiques. Les avocates de la famille ont dénoncé cette « préemption » de la mémoire de l’enfant, qualifiée de « sordide » et « d’une indécence totale ». Cela n’empêche pas les charognards d’extrême droite de continuer leur campagne haineuse. De leur part rien ne peut étonner.

Moins d’une semaine après avoir renversé Andry Rajoelina, le colonel Michael Randrianirina va devenir président de la République. À la tête d’une unité militaire, baptisée Capsat (Corps d’Armée des personnels et des services administratifs et techniques), il s’était rallié à la révolte populaire pour mieux en prendre le contrôle. Il a juré de pas vouloir confisquer le pouvoir et promis des élections dans un délai maximum de deux ans. Il n’y a plus qu’à le croire sur parole. Rappelons que c’est déjà la Capsat qui avait amené au pouvoir en 2009, lors d’un précédent coup d’État, le président Rajoelina, celui même que ce corps d’armée vient de renverser.

Selon l’enquête annuelle de la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains et du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure, l’an dernier 7 285 personnes ont été identifiées comme victimes de traite, contre 6 022 en 2023, soit une hausse de 21 %. Les formes les plus communes de ce crime sont l’exploitation sexuelle et le proxénétisme mais aussi le travail forcé, qui inclut des conditions de travail et d’hébergement contraires à la dignité humaine. Là encore, 89 % des victimes sont des femmes, souvent exploitées sexuellement.

À l’initiative d’un groupe qui s’intitule les Gilets noirs et de la Cimade, une association de solidarité active et de soutien politique aux migrants, aux réfugiés et aux déplacés, des sans-papiers se sont mobilisés dans plusieurs villes du pays – Paris mais aussi de Lyon, Clermont-Ferrand, Pau ou Lille – pour tenter d’obtenir des régularisations. La Cimade, qui avait organisé un rassemblement non loin de la préfecture de police de Paris, stigmatise le parcours du combattant imposé par l’administration aux personnes sans papiers pour obtenir des titres de séjour. On pouvait lire sur les pancartes « Ouvrez les guichets ! Arrêtez la fabrique des sans-papiers » ou encore « Vivre sans subir l’absurdité d’un système, c’est pas donné à tout le monde ». Dans la ligne de mire de l’association, la circulaire Retailleau qui durcit les conditions d’obtention pour obtenir une régularisation. « Ce que l’on dénonce, c’est que la régularisation et l’expulsion sont pensées comme faisant partie d’une même politique qui vise à dissuader et réprimer les migrations. Et donc, concrètement, ça se traduit par le fait d’avoir de plus en plus des personnes en situation régulière qui, se voyant refuser le renouvellement ou retirer leur titre de séjour, se retrouvent en situation administrative irrégulière » a expliqué Mélanie Louis, responsable des questions liées aux expulsions à la Cimade. Face à cette politique absurde il faut réclamer la régularisation de tous les sans-papiers.

Saisi par trois réfugiés soudanais, le jury d’un tribunal civil fédéral de New York a statué que le groupe bancaire BNP Paribas avait contribué à des exactions au Soudan, en facilitant des échanges commerciaux dont les recettes auraient financé l’armée et les milices du régime d’Omar el-Bechir, renversé par un coup d’État militaire en 1989. Les trois plaignants – deux hommes et une femme – ont raconté avoir été emprisonnés, torturés, battus, brûlés avec des cigarettes, lacérés au couteau, par des soldats soudanais et des miliciens du régime tandis que leurs biens étaient volés ou détruits. « Cette affaire très importante a révélé le secret qu’une banque internationale, BNP Paribas, a secouru, protégé, alimenté et soutenu illégalement l’économie d’un dictateur », a conclu un avocat des plaignants. La banque française a été active au Soudan de la fin des années 1990 à 2009 et a empoché des milliards d’euros en négociant sur les marchés mondiaux les richesses du pays (agricoles et pétrolières) pour le plus grand profit d’el-Bechir. Défense du groupe bancaire : si nous n’étions pas intervenus un concurrent l’aurait fait à notre place. Les affaires sont les affaires… même sur des tas de cadavres. La banque a été finalement condamnée à verser 20,75 millions de dollars (17,8 millions d’euros) aux victimes.