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Brèves

L’actualité en bref

Les rapports sur la richesse mondiale pointent tous dans la même direction : une infirme minorité d’ultra-riches s’en mettent plein les poches au détriment de la majorité de la population. Le dernier en date, que vient de publier Le Laboratoire sur les inégalités mondiales, un institut qui dépend de l’École d’économie de Paris, ne fait pas exception. Il révèle que 75 % du patrimoine planétaire est détenu par les 10 % les plus riches, qui touchent en outre 53 % des revenus mondiaux. À l’autre bout de la chaine, la moitié la plus pauvre de la planète (environ 2,8 milliards d’adultes) reçoit 8 % des revenus et détient 2 % du patrimoine. Depuis les années 1990, les choses s’aggravent un peu plus chaque année. Raison de plus pour se débarrasser de cette société qui polarise la richesse à un pôle et l’extrême pauvreté à l’autre.

Une enquête de L’Humanité pointe le fait que depuis presque deux ans des organismes financiers de l’Hexagone multiplient les mesures restrictives contre les soutiens du peuple palestinien. C’est dans ce cadre que des associations, des collectifs et des particuliers engagés dans la solidarité avec la Palestine dénoncent une série de blocages bancaires. Le phénomène touche des structures militantes, mais aussi des ONG et des citoyens agissant dans le cadre du droit humanitaire. De plus, plusieurs banques, comme la Caisse d’épargne et la Banque postale, sont accusées de bloquer les transferts d’argent vers la Cisjordanie et Gaza. En guise de défense, les banquiers opposent à chaque fois à leurs clients l’application des règles de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. Terrorisme qui, une fois encore, a bon dos. Dans le même temps, les banques continuent d’alimenter, sans vergogne, la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens occupés.

Le 19 septembre 1989, 170 personnes de 18 nationalités ont été tuées dans l’attaque préparée par les services secrets libyens contre l’avion DC-10 de la compagnie aérienne UTA. Ce qui n’a pas empêché, en 2007, deux proches de Sarkozy – Brice Hortefeux et Claude Guéant – d’approcher le responsable de cet attentat, un haut dignitaire libyen, Abdallah Senoussi, pour lui demander de financer la campagne électorale de Sarkozy. Pour mémoire Senoussi avait auparavant été condamné par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité. C’est pourquoi des familles des victimes sont parties civiles dans le procès de financement libyen qui implique l’ancien président de la République. Mais ce dernier, dans le livre qu’il a rédigé en détention, se présente « comme une victime injustement prise pour cible par des familles ingrates et revanchardes ». Les familles en question se disent « affligées » par ce genre de commentaires et ajoutent : « Une fois encore, Nicolas Sarkozy inverse les rôles, faisant croire qu’il serait la véritable victime, celle de la douleur des familles du DC-10. C’est un choix assumé : déformer les faits et escamoter la vérité » et de poursuivre : « Affirmer n’avoir jamais eu de contact avec l’organisateur de l’attentat du DC-10 est une nouvelle distorsion de la vérité […]. Nicolas Sarkozy ne pouvait ignorer les liens existants entre ses plus proches collaborateurs et le numéro 2 libyen. » Un gros mensonge amplement démontré lors de son récent procès.

Le Conseil de Paris et le conseil régional d’Île-de-France ont privé de subventions une quarantaine de librairies indépendantes de la région parisienne pour avoir exposé des livres sur la Palestine et fait leur promotion auprès de tous les publics. Est plus particulièrement visée la librairie Violette and Co pour avoir mis en vitrine un livre de coloriage pour enfants intitulé From the River to the Sea (De la rivière à la mer). Cette librairie, située dans le 11e arrondissement de la capitale, qui se dit ouvertement lesbienne, féministe et pro-LGBTQIA+, est devenue depuis plusieurs années la bête noire d’un certain nombre d’élus de droite de Paris et de sa région qui essaient systématiquement de lui sucrer tout financement. Et, malheureusement, souvent ils y parviennent. L’association Les Ami-es de Violette and Co appelle à un rassemblement de solidarité jeudi 11 décembre à 18 heures devant le siège du conseil régional, 8 boulevard Victor-Hugo, 93400, Saint-Ouen.

Dans une vidéo visible sur les réseaux sociaux, Brigitte Macron a traité de « sales connes » quatre militantes du collectif féministe #NousToutes. La classe ! Ces dernières avaient interrompu aux Folies Bergère, à Paris, le spectacle de l’humoriste Ary Abittan. Elles étaient montées sur scène en portant des masques à l’effigie de l’acteur avec la mention « violeur » et en scandant « Abittan violeur ». Rappelons que ce dernier avait été accusé de viol en 2021 et avait bénéficié d’un non-lieu, mais son retour sur scène reste très contesté. C’est le lendemain de cet incident que Brigitte Macron s’est rendue au spectacle et a proféré des insultes sexistes à l’égard des militantes féministes en s’entretenant avec Abittan. Sur Instagram, l’actrice Judith Godrèche a apporté, parmi d’autres, son soutien au collectif avec ce message : « Moi aussi je suis une sale conne. Et je soutiens toutes les autres ». Bien dit…

L’observatoire européen du climat, Copernicus, vient de rendre publiques ses données enregistrées au mois de novembre. Elles révèlent que les températures ont été anormalement élevées à l’échelle planétaire à tel point que 2025 pourrait devenir la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée. Copernicus souligne par ailleurs que le dérèglement climatique généré par l’activité humaine rend les phénomènes météorologiques extrêmes plus fréquents, plus meurtriers et plus destructeurs. Et de souligner que le mois de novembre « a été marqué par plusieurs phénomènes météorologiques extrêmes, notamment des cyclones tropicaux en Asie du Sud-Est, qui ont provoqué des inondations catastrophiques à grande échelle et causé des pertes humaines ». Le bilan a dépassé le millier de morts en l’espace de quelques jours. Au cours des prochaines années les choses devraient empirer car toutes les discussions internationales sur le sujet, dans les COP ou ailleurs, refusent de s’attaquer à la racine du mal : le système capitaliste qui pourrit la planète et l’existence de milliards de personnes.

Guillaume Meurice, humoriste connu pour son franc parler, avait été brutalement licencié de France Inter en juin 2024 pour avoir répété une blague comparant Benyamin Netanyahou à « un nazi, mais sans prépuce ». On peut trouver cette plaisanterie de plus ou moins bon goût, mais de là à hurler à l’antisémitisme il y a un gouffre qu’avaient allègrement franchi deux organisations sionisantes, l’Organisation juive européenne et Avocats sans frontières, qui réclamaient la tête de l’humoriste à France Inter et avaient porté plainte contre lui. Si elles ont été déboutées en justice et leur plainte classée sans suite, elles ont cependant obtenu son licenciement. Un exemple parmi d’autres des attaques répétées contre celles et ceux qui s’en prennent ouvertement au gouvernement génocidaire israélien. Aujourd’hui, Meurice attaque France Inter aux prud’hommes pour demander le retrait de l’avertissement dont il avait écopé et l’annulation de son licenciement qu’il juge abusif.

On a célébré le 9 décembre le 120e anniversaire de la loi sur la laïcité de 1905 qui visait à séparer l’État des Églises et qui mettait fin notamment à la mainmise du religieux sur l’enseignement et l’état civil. Mais aujourd’hui la droite et l’extrême droite – dont les liens avec la mouvance catholique ultra ne sont plus à démontrer – utilisent ladite loi pour combattre bec et ongles… les musulmans mais pas les autres religions. Plusieurs propositions législatives récentes vont dans ce sens et contreviennent à la loi sur la laïcité qui garantit à chacun et chacune la liberté de croyance, tout comme la liberté d’expression de cette croyance. Laurent Wauquiez a déposé un projet de loi à l’Assemblée nationale visant à interdire le port du voile aux mineures, les sénateurs Les Républicains proposent nombre de mesures pour combattre un pseudo « entrisme islamisme », notamment de proscrire le port du voile pour les accompagnatrices de sorties scolaires et dans les compétitions sportives, et veulent interdire le jeûne du ramadan et le port du voile pour les moins de 16 ans. Ils se moquent de la laïcité, l’important pour eux est juste de diviser les classes laborieuses en désignant un bouc émissaire facile – la population musulmane – à la colère populaire en épargnant soigneusement les patrons et leurs complices du pouvoir.

En 2025, 67 journalistes ont été tués dans le monde en raison de leur métier. Près de la moitié l’ont été dans la bande de Gaza a dénoncé Reporters sans frontières (RSF). Au moins 29 collaborateurs de médias ont été abattus ces douze derniers mois dans le territoire palestinien pendant qu’ils exerçaient leur métier. « L’armée israélienne est le pire ennemi des journalistes », a expliqué le porte-parole de l’ONG. Alors que les journalistes doivent être protégés comme des civils sur les zones de conflit, l’armée israélienne a été accusée à plusieurs reprises de les viser délibérément et a fait l’objet de plaintes pour crimes de guerre à ce sujet. La directrice éditoriale de RSF dénonce la tendance à dénigrer des journalistes pour justifier les crimes. « Il ne s’agit pas de balles perdues. C’est véritablement du ciblage de journalistes parce qu’ils informent le monde de ce qui se passe sur ces terrains-là », a-t-elle expliqué. Par ailleurs, RSF fait aussi état de 503 journalistes détenus à ce jour dans 47 pays du monde (121 en Chine, 48 en Russie, 47 en Birmanie). L’organisation compte aussi 135 journalistes disparus, dont certains depuis plus de trente ans, et 20 journalistes otages, principalement en Syrie et au Yémen.