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Brèves

L’actualité en bref

Alors que Donald Trump se congratulait à la tribune de la Knesset, le Parlement israélien, deux députés, Ayman Odeh et Ofer Cassif, ont brandi des pancartes soutenant la Palestine. Les deux parlementaires, qui appartiennent à un groupe arabo-juif, le Haddash, proche du Parti communiste israélien, ont été expulsés manu militari de l’hémicycle. Et Cassif d’expliquer plus tard sur X : « Nous ne sommes pas venus pour intervenir, mais pour exiger justice. Une véritable paix qui sauvera les deux peuples du pays de la destruction ne viendra qu’avec la fin de l’occupation et de l’apartheid… » Une vérité évidente, sauf pour Trump, Netanyahou et leurs supporters.

Andry Rajoelina a été finalement été renversé par les manifestations de la jeunesse, dite Gen Z, commencées le 25 septembre pour protester contre les coupures d’eau et d’électricité récurrentes sur l’île et la corruption généralisée. La répression a fait au moins 22 morts depuis le début du mouvement. C’est le fait qu’une partie de l’armée se soit ralliée aux manifestants et se soit opposée à la gendarmerie chargée de la répression qui a convaincu le dictateur malgache à passer la main. Il a été exfiltré du pays dans un avion militaire envoyé par Paris, l’impérialisme français prend soin jusqu’au bout des fantoches qu’il a placés au pouvoir dans ses anciennes colonies. Après le départ de Rajoelina, l’ensemble de la classe politique locale, mais aussi la gendarmerie et l’armée, se sont ralliées au mouvement pour mieux le contrôler et finalement le trahir. Face à cela, les classes populaires ont tout intérêt à rester mobilisées et continuer à se battre pour leurs revendications sans croire aux sauveurs suprêmes.

On ne sait pas si Nicolas Sarkozy a peur de la prison mais, de toute évidence, il n’a pas peur du ridicule. Lors d’une sauterie qu’il a organisée il y a quelques jours, l’ancien président de la République, qui devrait être incarcéré le 21 octobre à la prison de la Santé, a déclaré devant ses amis et supporters : « L’affaire Dreyfus a commencé avec un faux ! Le comte de Monte Cristo commence par un faux ! À chaque fois, la vérité finit toujours par triompher, ce n’est qu’une question de temps. » Sauf que dans son cas, dans le cadre des nombreuses affaires dans lesquelles il est mouillé, c’est lui et son entourage qui ont commis des faux pour soudoyer un haut magistrat, truquer des factures de campagne électorale ou tenter de toucher de l’argent du régime libyen. Dans ces conditions, pas grand monde ne peut croire que Sarkozy est une victime… sauf de sa propre turpitude.

Ce devait être « le plus grand spectacle jamais réalisé sur l’histoire de France » qui promettait de « résumer 3000 ans d’histoire en deux heures ». Laurent Wauquiez (Les Républicains), alors président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, avait décidé de financer le « show monumental » à hauteur de 505 279 euros d’argent public, notamment pour le promouvoir auprès des lycéens. Une vision ultra-réac de l’histoire du pays qui voulait rivaliser avec le spectacle du Puy-du-Fou de Philippe de Villiers. Prévu pour sillonner 17 villes à travers le pays en donnant 200 représentations il s’est finalement limité à quelques apparitions dans la région clermontoise avant de déposer le bilan en juin dernier. L’opposition a demandé à Wauquiez des comptes. Ce que ce dernier n’est pas pressé de rendre.

En Bretagne, il manque 130 accompagnantes d’élèves en situation de handicap (AESH). Pour cause, en France, les salaires sont à 980 euros par mois pour un temps de travail de 24 heures réparties sur toute la semaine, avec des zones d’intervention de plus en plus grandes, sans indemnités pour l’essence. Quand vingt-cinq d’entre elles ont refusé l’élargissement de leur zone et exprimé leur désarroi, le rectorat n’a rien trouvé de mieux que de les licencier et d’abandonner en rase campagne les élèves qu’elles suivaient.

C’était le mot d’ordre du monde associatif mobilisé samedi 11 octobre contre les coupes budgétaires qu’il subit. Diminution des missions, licenciements de salariés : les associations sont passées depuis quelque temps en mode survie, et tant pis si l’accès au sport, à la culture, si le lien social ou la prévention dans la santé diminuent drastiquement, tant que les aides publiques continuent à engraisser les actionnaires et le budget de l’armement.

Trump est déçu, c’est finalement Maria Corina Machado qui est lauréate du prix Nobel de la paix. Présentée comme la principale « opposante » au régime vénézuélien, elle n’a rien à envier au président américain en termes de défense des intérêts de la bourgeoisie : riche héritière de droite surnommée « Augusta Pinocheta », Machado souhaite la privatisation de tous les services publics et la cession des ressources stratégiques aux grandes firmes américaines. Un prix Nobel qui n’est certainement pas celui de la paix entre les classes.

Aux États-Unis, c’est le « shutdown » depuis trois semaines : faute d’accord sur un budget fédéral, des centaines de milliers de fonctionnaires du pays sont placés en congé d’office et ne recevront pas leur salaire. Pour débloquer la situation, Trump a annoncé le licenciement de 4 000 fonctionnaires. Les travailleurs visés sont désignés comme proche des démocrates que Trump cherche à forcer à adopter son budget. La réduction massive des effectifs de la fonction publique fédérale est une priorité affichée de la politique du président américain et au-delà de la crise budgétaire, ce shutdown vient s’ajouter à l’offensive générale de Trump contre la classe ouvrière.

Même après le cessez-le-feu, vendredi 10 octobre, des bombes sont tombées sur les Gazaouis. Le bilan des massacres dépasse les 67 000 morts. Il n’y a aucune assurance que l’armée génocidaire ne reprenne les tueries après les échanges d’otages. Et les dirigeants internationaux ne se sont pas réunis au Caire ce lundi pour forcer l’État israélien à respecter le droit international : les Palestiniens de Cisjordanie subissent toujours le harcèlement et les assassinats de colons déchainés sur leur terre.