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Brèves

L’actualité en bref

L’Union régionale HLM Nouvelle-Aquitaine a publié une enquête sur le logement social dans cette région. Et le constat est alarmant. Entre 2021 et 2024 le nombre de demandeurs est passé de 150 000 à 185 000, soit une hausse de 24 %. Le temps d’attente pour l’attribution d’un logement est désormais de 15 mois en moyenne. Les raisons : le ralentissement de la production de logements, la flambée des loyers et des prix du parc privé, le vieillissement de la population. Résultat : moins d’offres, moins de rotation des locataires, plus de publics en recherche de logements « abordables ». 19 % des demandes en logement social sont motivées par la recherche d’un appartement moins cher et 72 % des personnes en recherche sont des primo-demandeurs. La moitié sont des personnes seules : étudiant, jeune actif, divorcé sans enfants, retraité. Point commun entre ces catégories : leur faible pouvoir d’achat. Moralité : un toit est un droit… sauf pour les précaires, et pas seulement en Nouvelle-Aquitaine.

Mamadou Garanké Diallo, Guinéen de 21 ans, a trouvé la mort, fauché par un camion près de Dunkerque (Nord). Il ne s’agit pas seulement d’un simple fait divers tragique, mais aussi d’une conséquence directe de la politique anti-migrants du gouvernement. Arrivé ici à l’âge de 15 ans, il avait été embauché comme apprenti boucher à Darnétal, près de Rouen, en Seine-Maritime. Il s’était très bien intégré et s’était vu proposer un CDI. Cependant, en 2023, il avait reçu une première obligation de quitter le territoire français (OQTF), puis une seconde en mai dernier. Mais suite à une pétition, à l’intervention de son employeur, de son comité de soutien, du maire de Rouen et de plusieurs députés auprès du préfet, il avait obtenu une carte d’identité consulaire. Cependant, après avoir été arrêté lors d’un contrôle au faciès, la police a réactivité l’OQTF, confisqué sa carte d’identité et interdit à son employeur de l’embaucher en CDI. Tout cela mis bout à bout a poussé le jeune Guinéen à quitter Rouen et à tenter de gagner l’Angleterre. Il est mort en chemin. Pour Nicolas Mayer-Rossignol, maire PS de Rouen, cette « tragédie absolue » est à imputer au ministère de l’Intérieur et à Bruno Retailleau, dont la « politique attire la mort ». Pour une fois on est d’accord avec lui.

Le 6 octobre, à l’occasion de la Journée nationale des aidants, Philippe Bergerot, le président de la Ligue contre le cancer a appelé à des décisions immédiates et concrètes pour soutenir celles et ceux « sur qui tout notre système de santé repose ». On compte dans le pays plus de cinq millions d’aidants – ou plutôt d’aidantes, car les femmes sont l’immense majorité des personnes concernées – qui s’occupent bénévolement de malades incurables, souvent atteints du cancer. Chaque jour, ces personnes prennent des rendez-vous, accompagnent aux consultations, attendent des heures à l’hôpital, gèrent les démarches administratives, les ordonnances, surveillent les effets secondaires. Elles préparent les repas, aident à manger, à s’habiller, voire à se coucher. Mais elles se sentent souvent isolées, livrées à elles-mêmes et abandonnées des pouvoirs publics. L’Observatoire sociétal du cancer constate « une dépression pour un aidant sur deux, des pensées suicidaires pour un aidant sur cinq ». Face à cette situation dramatique, Bergerot propose de faire du soutien aux aidantes et aidants une « grande cause nationale ». Cela ne changera pas grand chose. Car, sous Macron, on a pratiquement une « grande cause nationale » chaque année (lutte contre les violences faites aux femmes, égalité femmes-hommes, alliance pour la lecture, mentorat des jeunes, promotion de l’activité physique et sportive, santé mentale etc.) ce qui, dans la pratique, n’a eu aucun effet. Les « aidantes et aidants » font partie des oubliés d’une société qui méprise toutes celles et tous ceux qui sont à ses yeux « improductifs ».

À Madagascar, les délestages d’eau et d’électricité de plusieurs heures sont courants et l’eau potable est loin d’être accessible partout. L’électricité est aussi chère qu’en France, alors que le salaire moyen est de 41 euros par mois. 75 % de la population vit dans la pauvreté tandis qu’une minorité de capitalistes proches du gouvernement ne cesse de s’enrichir. Le 25 septembre, à l’appel du collectif « Gen Z Madagascar », la colère a éclaté. Ni la répression violente (au moins 22 morts), ni les promesses de changement de gouvernement ne l’ont calmée. C’est tout le système d’exploitation et de corruption hérité de la colonisation française qu’il faut renverser.

La Confédération des nationalités indigènes d’Équateur a appelé à la grève fin septembre pour protester contre la fin d’une subvention d’État sur le pétrole. Le mouvement est violemment réprimé. Les organisations de défense des droits de l’homme recensent des arrestations arbitraires dans les communautés indigènes et des violences policières multiples. Un leader indigène a été abattu par des militaires lors d’une opération de blocage d’autoroute. La répression n’a pas éteint le mouvement, qui se dirige désormais contre le président Noboa.

Le journaliste du Monde Luc Bronner a pu entrer dans Gaza-ville, lors d’un déplacement organisé et encadré par l’armée israélienne. Trois heures dans l’horreur d’une « ville anéantie et vidée de sa population ». Il témoigne : « Les destructions paraissent irréelles tant elles sont absolues et systématiques. » Ce qu’il a vu corrobore les estimations de l’ONU : plus des trois-quart des immeubles et des routes sont détruits ou endommagés, 88 % des commerces et des entreprises. 97 % des cultures arboricoles ont été perdues depuis 2023. Les troupeaux d’animaux sont décimés. « Ce qui ne se voit pas dit la disparition de la population palestinienne déplacée de force, sous le feu de l’armée. » Depuis le début de la guerre, plus de 66 000 Palestiniens ont été tués, 170 000 blessés dont beaucoup d’enfants. 800 000 personnes ont dû quitter Gaza-ville pour se réfugier dans des zones insalubres et surpeuplées au sud de l’enclave. Le gouvernement israélien empêche l’aide humanitaire et provoque une famine généralisée. Gaza est désormais invivable. Ce que commet le gouvernement israélien, c’est l’anéantissement d’une ville et la destruction d’un peuple. Mobilisons-nous pour stopper ce génocide !

Le baromètre YouGov, réalisé pour Le HuffPost du 20 septembre au 2 octobre, montre que tant le président de la République que son Premier ministre ont au plus bas dans les sondages. Macron recueille 16 % d’opinions favorables et Lecornu fait à peine mieux avec 17 %. Pour le dire autrement, l’immense majorité de la population ne leur fait pas confiance. Ce ne sont évidemment pas de mauvais sondages qui les feront partir. Ils sont cependant une indication du ras-le-bol généralisé dans le pays à l’égard des gouvernants. Mais pour les dégager, eux et les capitalistes dont ils sont les serviteurs, il faudra que la classe ouvrière prenne les choses en main et entre en lutte.

L’arraisonnement par la marine israélienne de la seconde flottille humanitaire et l’emprisonnement des 400 militants pro-palestiniens qui se trouvaient à bord ne découragent par le Comité international pour la rupture du blocus de Gaza. Il vient d’annoncer que deux navires supplémentaires, le Ghassan Kanafani et l’Al-Awda, ont rejoint neuf autres bateaux de la nouvelle flottille. Ce qui porte à onze le nombre de navires, avec à leurs bords 170 personnes. Après avoir dépassé la Crête les bateaux se trouvent au large des côtes égyptiennes. Et les humanitaires ont bien l’intention d’aller jusqu’au bout malgré les menaces des autorités israéliennes.

Ancien ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation dans le gouvernement Bayrou, François Rebsamen a fait savoir qu’il refuserait de participer à un gouvernement Lecornu. Et d’expliquer : « Mes convictions d’homme de gauche, progressiste, mon attachement à la justice fiscale et sociale, à la réduction des inégalités et ma conception de la décentralisation m’ont conduit à faire ce choix. » Ses idées d’homme de gauche ne l’avaient pas empêché d’accepter la réforme des retraites, les coupes claires dans le budget social, la suppression de deux jours fériés, le durcissement des législations contre les migrants et de cohabiter sans état d’âme avec les Retailleau et autres Darmanin. Avec une telle gauche qui a besoin de la droite ?