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Brèves

L’actualité en bref

Cinq ans après l’interpellation très violente du producteur de musique martiniquais Michel Zecler, la défenseure des droits, Claire Hédon, réclame que les policiers mis en cause passent enfin devant un conseil de discipline pour des manquements déontologiques graves, dont la tenue de propos racistes. L’arrestation et le tabassage de Zecler avaient été enregistrés par une caméra de surveillance. L’affaire avait fait grand bruit à l’époque et Macron s’était fendu d’une déclaration dénonçant « une agression inacceptable », avait réclamé une police « exemplaire » et demandé des sanctions claires. Cause toujours. Les juges d’instruction ont bien ordonné en juin dernier le renvoi devant une cour criminelle de trois des quatre policiers (le quatrième sera jugé en correctionnelle) mais la circonstance aggravante de racisme a été écartée, en dépit de quatre témoignages concordants. Mais les flics tabasseurs n’ont toujours pas été sanctionnés malgré le rapport accablant de l’IGPN, la police des polices, publié en juillet 2021, qui demandait au préfet de police de Paris de les faire passer en conseil de discipline. Peine perdue. Les policiers impliqués n’ont pas été inquiétés par leur hiérarchie qui ne semble guère s’ émouvoir du comportement de voyous de ses troupes.

Dans un rapport analysant les droits d’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dans une quarantaine de pays d’Europe, Amnesty International lance un cri d’alarme en constatant : « Des victoires durement acquises en matière de droits reproductifs courent un risque grave d’être compromises par une vague de politiques régressives, soutenues par le mouvement anti-genre et défendues par des politiciens et politiciennes populistes ayant recours à des pratiques autoritaires. » Parmi les différents obstacles « administratifs, sociaux et financiers » qui restreignent l’accès des femmes à l’avortement le rapport signale notamment que dans plus d’une dizaine de pays – comme l’Allemagne, l’Autriche et la Bulgarie – le coût de l’ IVG peut être « prohibitif » quand elle n’est pas prise en charge par le système de santé. Dans d’autres, comme l’Italie, la Croatie et la Roumanie, le nombre « très élevé » de professionnels de santé refusant de pratiquer les avortements en raison de convictions personnelles ou religieuses compromettent l’accès à la procédure. De plus en Albanie, en Belgique, en Hongrie, en Lettonie et au Portugal on impose aux femmes « des prérequis injustifiés sur le plan médical », comme un délai d’attente ou une consultation obligatoire de conseil, « susceptibles d’entraîner des retards d’accès ». En Pologne et en Autriche, on a signalé la présence de militants anti-avortement « agressifs » aux abords des établissements spécialisés dans la santé sexuelle et reproductive alors que des centres de planification familiale en France et des centres de conseil obligatoire en Allemagne ont eux subi des attaques de la part de groupes hostiles à l’avortement. Partout le combat pour le droit à l’avortement libre et gratuit reste d’actualité.

Une descente de police a eu lieu au domicile familial d’Omar Alsoumi, Palestinien en exil et un des porte-paroles d’Urgence Palestine. Il a été interpellé devant sa femme et ses enfants puis placé en garde à vue au commissariat local pour « apologie du terrorisme ». Cette arrestation s’ajoute à plus de six mois de gel de ses avoirs, une décision administrative arbitraire qui met sa famille en situation de précarité. En avril dernier, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Bruno Retailleau, avait vainement tenté de dissoudre Urgence Palestine. Depuis lors le pouvoir pourchasse ses militants et continue sa politique de criminalisation des soutiens au peuple palestinien. Solidarité avec Omar Alsoumi.

Le collectif Nos services publics, constitué d’experts et d’agents de terrain qui luttent pour que l’ensemble de la population bénéficie d’un service public universel et de qualité, vient de publier son troisième rapport annuel. D’où il ressort que les inégalités d’accès à de tels services sont moins liées aux clivages territoriaux (ville d’un côté, campagne de l’autre) qu’aux inégalités sociales. Par exemple, en matière de santé, un nombre grandissant de ménages renoncent, faute de ressources financières suffisantes, à se soigner correctement. De plus, le recul continu depuis quarante ans de l’implantation des services publics conduit à la privation, pour une part croissante de la population, de l’effectivité de ses droits à la santé, à l’éducation, au logement, mais aussi à l’eau potable. Enfin la numérisation des démarches administratives via Internet a laissé une partie des familles modestes sur le bord de la route et l’implantation de Maisons France service (censées regrouper un certain nombre d’administrations) n’a pas permis de compenser qualitativement le recul des services publics. Un recul qui ne cesse de s’amplifier…

La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a fait mine de s’offusquer que des adolescentes musulmanes voilées aient pu assister à une séance de la Chambre des députés, à l’invitation de Marc Fesneau, président du groupe MoDem, et dans le cadre d’une visite scolaire. L’information lui avait été soufflée par le porte-parole du Rassemblement national, le député de l’Yonne, Julien Odoul. Ce dernier avait republié un cliché du magazine d’extrême droite Frontières où, dans les tribunes, apparaissaient des élèves venus visiter l’institution et parmi eux, des jeunes filles portant le voile. Il avait demandé à la présidente de réagir. Ce qu’elle a fait, jugeant la scène « inacceptable » et appelant à « une extrême vigilance pour que cela ne se reproduise pas ». Sauf que le règlement intérieur de l’Assemblée n’interdit pas de telles tenues. Cela Braun-Pivet le sait parfaitement, mais elle n’a pas résisté à la tentation d’apporter sa contribution à la campagne anti-musulmane de la droite et de l’extrême droite.

Mediapart et Libération ont eu accès à plus de 84 heures d’images tournées le 25 mars 2023, lorsque 2 000 gendarmes mobiles réprimaient sauvagement un rassemblement contre les mégabassines. Ces heurts avaient fait 200 blessés chez les manifestants dont 40 grièvement atteints. Jusqu’à présent les autorités avaient toujours affirmé que les gendarmes avaient riposté de façon adaptée et « proportionnée ». Or ces images, tournées par les gendarmes eux-mêmes ce jour-là, principalement via les caméras-piétons qu’ils portaient en plastron, montrent exactement le contraire, avec les forces de l’ordre s’interpellant mutuellement pour se féliciter du nombre de blessés qu’elles faisaient et utilisant, sur l’ordre de leur hiérarchie, des tirs tendus, ce qui est interdit. Une enquête préliminaire pour violences aggravées et non-assistance à personne en danger, toujours en cours, avait été ouverte par le parquet de Rennes et c’est dans ce cadre que ces images ont été rassemblées. Suite à ces révélations, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez a ordonné une enquête administrative. Mais il se refuse toujours à parler de « violences policières ». Heureusement les images parlent pour lui.

Évoquant le salaire du président le 29 octobre sur LCI, Carlos Tavares, ex-PDG de Stellantis, nous apprenait que le montant de 19 000 euros correspond « à peu près [au] salaire d’un bon ingénieur de Stellantis avec cinq à dix ans d’expérience ». À regarder de près nos fiches de paie, la plupart d’entre nous peuvent noter plusieurs milliers d’euros d’écart. Un oubli sans doute. L’erreur est humaine, ne soyons pas rancuniers : on pourrait aider nos RH à la corriger en signalant collectivement toute méprise, et en portant leur attention sur tous nos collègues cadres, non-cadres et ouvriers qui ont dû également en pâtir.

… d’après le bulletin Stellantis Campus Poissy

Le ministre israélien de la Diaspora et de la lutte contre l’antisémitisme, Amichaï Chikli, a fustigé le candidat de la gauche démocrate, Zohran Mamdani, élu la veille maire de New York. Il l’a qualifié de « soutien du Hamas » et a ajouté que les positions de Mamdani « n’étaient pas très éloignées de celles des fanatiques jihadistes ». Il a ensuite appelé « les Juifs de New York à envisager sérieusement de faire de la Terre d’Israël leur nouveau foyer ». La victoire électorale de Mamdani est intervenue malgré des attaques visant ses projets sociaux (transport, logements, vie chère, crèches…) et son soutien aux Palestiniens. Cela a conduit Trump à intervenir à la dernière minute dans la campagne électorale, le qualifiant de « haineux » envers les Juifs, alors même qu’il a multiplié les déclarations contre l’antisémitisme. Ces attaques calomnieuses n’ont pas empêché le tiers des électeurs juifs new-yorkais, essentiellement des jeunes, de voter Mamdani.

À peine lancée, la conférence sociale sur le travail et les retraites, déjà boudée par la CGT, enregistre une nouvelle défection : celle de la principale organisation patronale, le Medef. Ce dernier entend ainsi protester contre « le débat budgétaire qui conduit à augmenter très fortement les prélèvements sur les entreprises (ce qui) n’est pas de nature à installer la confiance », et veut, en outre, limiter les discussions à deux sujets : le financement de la protection sociale et l’amélioration du modèle productif. Ce qui se traduit par faire payer aux travailleurs le déficit de la Sécurité sociale et faire travailler les salariés plus et plus longtemps. Tout un programme. Mais cette défection n’empêche pas les autres organisations syndicales (CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC) de continuer à participer à cette grand-messe devenue sans objet et qui se poursuivra jusqu’à la fin… de l’été 2026. De quoi donner du grain à moudre aux bureaucrates syndicaux… mais rien à la classe ouvrière.