Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Un collectif d’avocats a porté plainte auprès de la Cour de justice de la République (CJR) contre le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, pour son soutien implicite au délinquant récidiviste Nicolas Sarkozy auquel il a rendu visite en prison. À la veille son incarcération à La Santé, Darmanin avait déclaré : « J’ai beaucoup de tristesse pour le président Sarkozy. L’homme que je suis, j’ai été son collaborateur, ne peut pas être insensible à la détresse d’un homme ». Il a nettement moins de compassion pour les jeunes des banlieues sous les verrous. Ces déclarations compromettent « l’impartialité et l’objectivité de Gérald Darmanin qui, en tant que ministre de la Justice, ne peut prendre position de cette manière dans une affaire pendante », argumentent les avocats. Les propos de Gerald Darmanin sur France Inter avaient déjà ému le procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz, qui y avait vu un « risque d’obstacle à la sérénité » et donc « d’atteinte à l’indépendance des magistrats ». Mais de tout cela Darmanin s’en moque, tout comme Macron qui avait tenu lui aussi à téléphoner à Sarkozy. Car pour ces gens-là la solidarité de classe passe avant tout et ce n’est pas une éventuelle condamnation de la CJR qui les empêchera de dormir, surtout que ses magistrats sont réputés pour leur clémence.

Pascal Demurger est directeur général depuis 2009 de la Mutuelle assurance des instituteurs de France, la MAIF. Et, c’est Le Canard Enchaîné qui nous l’apprend, son salaire n’a pas pas grand chose à voir avec les valeurs mutualistes de solidarité et de partage qu’il est censé défendre. En 2022, il avait encaissé un salaire annuel brut de 710 088 euros, montant qui grimpait à 803 881 euros l’année suivante, grâce à une prime exceptionnelle de 71 391 euros, pour retomber, si l’on peut dire, à 787 448 euros l’an dernier. Pas sûr que les 4,2 millions de sociétaires et d’adhérents de la MAIF, en général des enseignants en activité ou en retraite et qui vont voir leurs cotisations augmenter de 8 à 10 % l’an prochain, soient d’accord avec ce que l’on fait de leur argent. Mais ce n’est pas grave vu que l’on ne leur demande pas leur avis.

Une enquête, que vient de publier l’organisation de consommateurs UFC Que Choisir, révèle des risques sérieux liés à certains produits vendus sur les plateformes chinoises en ligne Shein et Temu. 162 articles ont été testés, incluant chargeurs, jouets et bijoux. 69 % d’entre eux ne respectent pas les normes européennes et 57 % présentent un risque réel pour les utilisateurs. Par exemple un bijou acheté sur Shein contenait 87 % de cadmium, soit 8 700 fois la norme autorisée. Ce qui fait le succès de ces plateformes, chinoises ou autres, est qu’elles proposent des produits très bon marché alors même que le pouvoir d’achat de la population modeste ne fait que baisser. D’où également l’engouement pour l’ultra-fast fashion et les magasins de revente de seconde main et d’occasions. Car ce qui préoccupe avant tout celles et ceux qui achètent ce sont les bas coûts, même si la qualité ne suit pas. Manque de pouvoir d’achat oblige.

Fête païenne, celtique à l’origine, revue, corrigée et surtout commercialisée par le monde anglo-saxon, Halloween est de plus en plus célébrée chez nous. Sorcières et sorciers, elfes, lutins, chaudrons maléfiques, citrouilles, costumes à faire peur, chasse aux bonbons pour les enfants, maisons hantées connaissent un succès grandissant. Ce qui a fini par inquiéter… l’Église catholique. Car Halloween fait une sévère concurrence à la Toussaint, qui tombe le même jour mais attire surtout les personnes âgées et est nettement moins festive. C’est pourquoi des porteurs de soutane ont pris la plume pour mettre en garde… contre Satan. C’est le cas du père Dominique Auzenet, prêtre exorciste du diocèse du Mans, qui explique dans Le Journal du Dimanche que « quand on met un pied dans le territoire du Démon, ce n’est jamais sans conséquence ». Et il est rejoint dans le même journal par le père Jean-Baptiste Edart, doyen de la faculté de théologie de l’Université catholique de l’Ouest, qui lui constate : « Chaque année des exorcistes témoignent de troubles observés chez des jeunes qui se sont livrés à des jeux macabres autour de Halloween ». Pour lutter contre le Démon l’Association internationale des prêtres exorcistes, basée à Rome, a publié un livret dont la lecture permettrait de conjurer le mauvais sort. Pour une dizaine d’euros vous avez des chances de gagner votre place au Paradis. Ça coûte moins cher qu’un costume d’Halloween et ça rapporte à la Sainte Église… qui nous prend vraiment pour des quiches.

Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, ancien préfet de police de Paris, a porté plainte pour diffamation à l’égard de la police contre quatre députés insoumis, Manon Aubry, Paul Vannier, Aurélien Taché et Ersilia Soudais. À l’occasion du XXe anniversaire de la mort de Bouna, 15 ans, et Zyed, 17 ans, à Clichy-sous-Bois alors qu’ils étaient poursuivis par la police, Aurélien Taché avait par exemple écrit sur son compte X : «  Depuis la mort de Zyed et Bouna, 162 personnes ont perdu la vie lors de contrôles de police. 20 ans après, les histoires se répètent : la police tue toujours, et les victimes sont les mêmes ». Une constatation évidente qui n’a pas plu à Nuñez qui reproche en outre aux députés LFI d’employer des expressions telles que « police coloniale » et« police qui tue ». Et on pourrait même ajouter « en tout impunité » puisque les deux policiers, poursuivis pour non-assistance à personne en danger après le drame de Clichy avaient été relaxés en 2015.

Une jeune femme de 26 ans, qui avait été déférée au parquet de Bobigny pour une affaire familiale, a porté plainte après avoir été victime de viols commis par deux policiers au dépôt situé au sous-sol du tribunal. Les deux hommes, âgés de 23 ans et 35 ans, ont été placés en garde à vue. Pour leur défense (si l’on peut dire) le procureur a affirmé, sans rire, que les violeurs présumés, qui ont été suspendus, n’étaient « pas policiers depuis longtemps ». De là à conclure que s’ils avaient eu plus d’expérience ils ne seraient pas faits prendre…

Le Rassemblement national a fait adopter à l’ Assemblée nationale, par 185 voix contre 184, une proposition de résolution visant à dénoncer les accords de 1968 sur l’immigration avec l’Algérie. Le texte du RN a obtenu le soutien de nombre de députés Républicains et centristes du groupe Horizons. Dans la pratique son adoption ne va pas changer grand chose, la résolution étant non contraignante. Mais cela a surtout permis à Marine Le Pen et ses amis d’apparaître de nouveau en pointe non seulement contre l’Algérie mais aussi, et surtout, contre les Algériens résidant dans l’Hexagone. Un message raciste et xénophobe envoyé à son électorat auquel la droite et le centre se rallient de plus en plus ouvertement.

11 associations environnementales ont déposé un référé-liberté au tribunal administratif de Toulouse pour stopper la consultation publique sur les travaux préparatoires de la ligne ferroviaire à grande vitesse (LGV). La consultation par voie électronique du public des quatre départements concernés (Haute-Garonne, Tarn-et-Garonne, Lot-et-Garonne et Gironde) a démarré lundi dernier et se terminera le 26 novembre. Mais ledit public devra auparavant consulter un dossier…. de pas moins de 25 000 pages. Il pourra toujours lui préférer la version papier disponible, en préfectures, forte elle de « seulement » 20 000 pages. Les associations dénoncent non seulement un « dossier incomplet et lacunaire » mais une procédure qui tourne le dos au droit à une information large, claire, et compréhensible au travers « un dispositif numérique dysfonctionnel ». Autant dire de l’enfumage…

Diana Loguinova, connue sous le nom de scène Naoko, est une musicienne russe de 18 ans, qui, avec son groupe, Stoptime, se produit depuis six mois dans les rues de Saint Pétersbourg attirant des foules croissantes de jeunes. Elle s’est spécialisée dans l’interprétation de chansons pacifistes écrites par des musiciens opposés à la guerre d’Ukraine. Arrêtée le 15 octobre 2025 avec deux membres de son groupe, elle a été condamnée les 28 et 29 octobre à deux fois treize jours de prison d’abord pour avoir « discrédité » l’armée russe en reprenant une chanson pacifiste interdite de l’artiste Monetotchka puis pour « troubles à l’ordre public ». Et elle pourrait faire l’objet d’autres poursuites. Elle a reçu de nombreux soutiens sur les réseaux sociaux après son arrestation et une vague de vidéos de son groupe a inondé TikTok. Preuve qu’une partie de la jeunesse du pays n’est pas dupe de la propagande belliciste et nationaliste du maître du Kremlin.