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Brèves

L’actualité en bref

Depuis le 30 septembre, les agents sont appelés à la grève illimitée. En cause, l’impossibilité de faire face à l’explosion des inscriptions suite à la mise en place de la loi « Plein emploi » qui entraine l’inscription automatique des allocataires du RSA. Faire toujours plus avec moins, c’est la logique de fond avec la volonté de la direction de supprimer encore 515 postes. Surtout se cache derrière tout ça l’objectif de transformer les agents en contrôleurs de chômeurs et de livrer massivement le service public au privé. Soutien aux agents de Mayotte et abrogation de la loi « Plein emploi » !

France Travail a décidé d’écarter de nombreux collègues, syndicalistes ou non, qui remettent en cause la politique de la direction. À l’heure du plan « d’efficience » visant à faire de nouvelles économies à hauteur de 3 700 postes, tous les moyens sont bons : dossiers montés de toutes pièces, témoignages de salariés en contrat précaire… La liste est longue et récemment une conseillère de la région Centre a été convoquée à un entretien disciplinaire sur la seule base d’un déclaratif. L’action collective a permis de faire reculer la direction : aucune sanction n’a été prise. Il est grand temps de réagir collectivement à cette politique !

C’est le New York Times qui l’a révélé. L’administration Trump a renvoyé par charter vers leur pays 120 Iraniens qui avaient trouvé refuge aux États-Unis pour fuir le régime des ayatollahs. Certains l’avaient fait pour des raisons politiques, d’autres par peur des persécutions religieuses. C’est le cas notamment des musulmans convertis au christianisme qui, au nom de la charia, la loi religieuse islamique, risquent la peine de mort. Mais le locataire de la Maison-Blanche s’en moque. Comme l’écrit le quotidien new-yorkais : « Cette expulsion constitue la tentative la plus flagrante à ce jour par l’administration Trump d’expulser des migrants sans tenir compte des conditions en matière de droits humains auxquelles ils pourraient être confrontés. » En résumé il envoie des personnes à la mort et s’en lave les mains.

Touchante unanimité. Des pays arabes à l’Union européenne en passant par l’ONU… et Netanyahou, tout le monde a tenu à saluer « le plan de paix pour Gaza » présenté par Donald Trump. Pas un mot sur la situation de colonisation que subissent, depuis 77 ans, non seulement les Gazaouis mais aussi les Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem Est, le blocus imposé par Israël sur le territoire depuis 2017, et bien entendu le génocide en cours depuis deux ans. Netanyahou a d’ores et déjà annoncé que, quelle que soit la réponse du Hamas, l’armée israélienne resterait dans la plus grande partie de la bande de Gaza. Quant à la solution politique avancée elle se résume à un « comité technocratique et apolitique » qui comprendra des « Palestiniens qualifiés » et des « experts internationaux » sous la supervision d’un « comité de la paix » présidé et dirigé par Donald Trump et d’autres membres et chefs d’État y siégeront, dont l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair. Bref l’impérialisme sera aux manettes et les Palestiniens compteront pour du beurre.

Quelques jours après la condamnation de Nicolas Sarkozy, le maire de Nice, Christian Estrosi (Horizons), a décidé de rebaptiser un bâtiment public de la ville en l’honneur de l’ancien président de la République. Il explique : « J’ai décidé de donner le nom de Nicolas Sarkozy au futur parvis de notre Hôtel des polices municipales et nationales pour son action déterminante d’abord comme ministre de l’Intérieur puis comme président de la République, en faisant de la sécurité une priorité nationale. » Certains soulignent la proximité de longue date entre les deux hommes pour expliquer ce geste. D’autres pointent un point commun entre eux : leurs ennuis judiciaires. En effet, Estrosi et son épouse sont poursuivis dans plusieurs affaires pour notamment détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêts et faux en écriture publique. Deux copains et deux coquins.

Selon une étude réalisée par l’institut de sondage et de recherche CSA, pour le compte de l’association caritative catholique Les Petits Frères des Pauvres, 750 000 personnes âgées ne rencontrent jamais personne, ou quasiment jamais personne, et sont dans une situation de « mort sociale ». Le nombre de ces personnes – qui représentent 4 % des 18 millions des plus de 60 ans – a augmenté de 150 % en huit ans. De plus, deux millions de seniors, sans être dans une situation aussi dramatique, se sentent isolés des cercles familiaux et amicaux, un nombre qui a plus que doublé (+ 120 %) depuis 2017, selon l’étude. Le vieillissement de la population explique cette explosion, ainsi que la rupture des liens sociaux pendant la crise du Covid : les plus fragiles n’ont jamais retrouvé leurs habitudes d’avant. Mais cette situation est aussi symptomatique d’une société où l’égoïsme règne et qui n’a que dédain pour les plus pauvres… et les plus âgés.

Six membres d’un groupe d’ultra-droite, qui s’intitulait Action des forces opérationnelles, ont été condamnés par le tribunal correctionnel de Paris à deux ans d’emprisonnement ferme pour avoir fomenté des actes visant la communauté musulmane. Ces six avaient tenu des réunions préparatoires en vue de « l’affrontement avec la communauté musulmane ». Ils ont donc été reconnus coupables d’« association de malfaiteurs terroriste ». Mais attention, aucun d’entre eux ne se retrouvera derrière les barreaux. Les juges ont décidé qu’ils purgeraient leur peine à domicile sous bracelet électronique. La justice sait se montrer clémente envers certains ! Rappelons qu’entre janvier et mai 2025 les actes anti-musulmans ont bondi de 75 % par rapport à la même période de 2024.

Un homme de 67 ans, portant une kippa et qui sortait de chez lui, a été roué de coups par son agresseur qui l’a insulté après lui avoir lancé : « Sale Juif, je vais te tuer. » La victime a été brièvement hospitalisée avant de porter plainte. Le procureur de la République d’Évry a ouvert une enquête pour « tentative de vol avec violence entraînant une incapacité totale de travail supérieure à huit jours en raison de la religion et pour menaces de mort en raison de la religion ». La répression sanglante des Gazaouis par Israël sert de prétexte à certains pour affirmer leurs sentiments antisémites nauséabonds, voire pour passer à l’acte, en assimilant tous les Juifs à Netanyahou. Depuis le début de cette année, 646 actes hostiles aux Juifs ont été ainsi recensés dans le pays visant une communauté qui ne représente que moins de 1 % de la population. L’antisémitisme est un poison qu’il faut combattre au même titre que les autres formes de racisme.

Pour les Restos du Cœur cette fin septembre coïncide avec le quarantième anniversaire de leur fondation. Mais, comme l’explique Jean-Michel Richard, le trésorier bénévole de l’association : « Il n’y a pas d’anniversaire à célébrer car ce que nous constatons, c’est que malheureusement nous sommes toujours là et nous sommes de plus en plus importants face à une précarité qui augmente. » Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Au lancement de la première cantine gratuite le 26 septembre en 1985 à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), l’humoriste Coluche envisageait de servir 1 000 repas par jour et visait 60 000 pour toute la France. Un chiffre rapidement pulvérisé puisque la première campagne a finalement livré 8,5 millions de paniers-repas. Quarante ans plus tard, les Restos comptent 2 300 centres et ont fourni 163 millions de repas sur la campagne 2023-2024. L’association assure désormais plus d’un tiers de l’aide alimentaire distribuée dans le pays. Son importance grandissante est intimement liée à la hausse continue de la pauvreté dans les couches populaires les plus fragiles. Pas de quoi en effet avoir le cœur à la fête.