Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

L’association de consommateurs UFC-Que Choisir vient de dénoncer dans son dernier rapport, intitulé Industrie pharmaceutique sous tensions, l’accès aux soins menacé, les tarifs exorbitants, les marges colossales et les superprofits de l’industrie pharmaceutique. Elle souligne notamment « les dérives d’un modèle pharmaceutique insoutenable » et met en lumière les mécanismes qui ont permis, par exemple, au Keytruda, l’anticancéreux du laboratoire Merck, de devenir le médicament le plus profitable du monde. Ce médicament coûte jusqu’à 70 000 euros par an et par patient, avec un prix public de 2 000 euros le flacon. Son remboursement a coûté plus de 2 milliards d’euros en 2024 à l’Assurance maladie, soit 5,2 % des dépenses de médicaments remboursables. Les remises négociées entre l’État et les industriels sont gardées secrètes. Des analyses indépendantes estiment qu’un prix équitable du Keytruda pourrait se situer autour de 885 euros, très loin des montants actuellement facturés. Ponctionner les profits de Big Pharma (Merck a réalisé un bénéfice net de 2,777 milliards d’euros en 2024) serait un premier pas vers l’équilibre des comptes de la Sécu.

Ali Rabeh, le maire de gauche (Génération.s) de la cité, n’a jamais caché sa sympathie pour la cause palestinienne. C’est pourquoi, depuis juin 2024, il a fait installer au fronton de sa mairie une banderole qui affirme : « Trappes solidaire avec Gaza, pour une paix juste et durable ». De plus, il a fait jumeler la ville avec le camp de réfugiés d’Al-Fawwar, au sud d’Hébron, en Cisjordanie. Le ministre de l’Intérieur menace de le poursuivre devant la justice administrative. Réaction de l’édile : « On peut censurer une banderole, mais on ne peut pas bâillonner une ville engagée pour la paix et la dignité humaine. » Bien dit !

Le National Institute of Justice, la branche du ministère du même nom dédiée à la recherche, avait publié sur son site un document soulignant que « les radicaux d’extrême droite ont commis beaucoup plus de meurtres motivés par l’idéologie que les radicaux d’extrême gauche ou les islamistes radicaux » de 1990 à aujourd’hui. Une affirmation qui contredisait celle de Trump qui, après l’assassinat de Charles Kirk, avait affirmé que c’est « la gauche radicale » qui alimentait la violence politique dans le pays. Le président américain a donc fait disparaître cette étude purement et simplement. C’est un habitué de ce genre d’attitudes qui illustre le vieil adage : « Si la température ne vous convient pas, cassez le thermomètre ! »

Trois associations – France Nature environnement, Consommation, logement et cadre de vie et l’ONG anglo-saxonne ClientEarth – ont déposé un recours pour inaction contre l’État devant le tribunal administratif de Paris. Elles l’accusent d’avoir fermé les yeux sur le scandale dit du « Dieselgate » qui avait éclaté en 2015 lorsque l’on avait découvert que des constructeurs du secteur automobile, Volkswagen en tête mais aussi Peugeot et Citroën, trichaient sur le niveau réel de pollution des moteurs diesel qui équipaient leurs véhicules. Ces associations reprochent aux autorités leur inaction dans la gestion de ce scandale, avec notamment l’absence de rappels massifs pour la plupart des modèles de véhicule à moteur diesel concernés qui ont donc continué à rouler et à polluer. Mais obliger les constructeurs à modifier 2,5 millions de véhicules pour les mettre aux normes aurait coûté très cher. L’État a donc préféré fermer les yeux pour ne pas toucher les industriels aux portefeuilles. Et au diable la pollution !

Dans deux jugements différents rendus les 2 et 16 septembre la Cour de cassation a confirmé des condamnations définitives d’Éric Zemmour pour « provocation publique à la haine ou à la violence » et « injure publique à raison de l’origine, de l’ethnie, de la nation, de la race ou de la religion ». En 2018 il avait qualifié « d’insulte à la France » le prénom de l’ancienne chroniqueuse de C8, Hapsatou Sy, qui est d’origine sénégalaise. L’année suivante, lors d’une convention de la droite, il avait accusé les immigrés d’être des « colonisateurs » et décrit le voile et la djellaba comme les « uniformes d’une armée d’occupation ». Malgré ces condamnations, qui ne sont que les dernières en date, Zemmour va continuer de sévir et de répandre son poison raciste, notamment dans les médias Bolloré où il est toujours le bienvenu et où on lui sert la soupe. L’alliance entre le facho et le milliardaire fonctionne à fond.

En arrivant à la tête de la mairie de Paris, en 2014, Anne Hidalgo avait fait de la transparence son cheval de bataille. Elle avait même fait rédiger et voter un code de déontologie des élus mettant en avant « l’intérêt public, la probité, l’impartialité, l’indépendance et l’exemplarité ». Mais cette année, pour la troisième fois depuis 2014, elle a refusé de rendre publics ses frais de déplacement, de restauration et de représentation. Cependant une partie de ses notes de frais a été révélée par l’association Transparence citoyenne et publiée par Mediapart. On apprend ainsi qu’entre 2020 et 2024 elle a dépensé pour 84 000 euros de vêtements, incluant des achats chez Dior (deux robes à 6 320 euros) et Burberry (un manteau à 3 067 euros). Quant à ses voyages, ils ont coûté 125 000 euros dont trois voyages à New-York et une escapade à Tahiti et en Nouvelle-Calédonie. Être « socialiste » n’empêche pas d’avoir le goût du luxe et des voyages !

Face à l’exigence de justice sociale et fiscale qui s’est exprimée dans la rue le 10 septembre et qui sera de nouveau à l’ordre du jour le 18 de ce mois, une des réponses de Sébastien Lecornu frise le ridicule. Il a annoncé la suppression des « avantages à vie » dont jouissent des membres du gouvernement, et plus particulièrement les Premiers ministres, une fois qu’ils ont quitté leur fonction. Personne ne va les plaindre de les voir privés d’avantages (voiture avec chauffeur, personnel de secrétariat, mise à disposition d’un bureau…) indus. Mais le coût desdits avantages ne représente qu’une goutte d’eau (4,5 millions d’euros par an) par rapport aux 211 milliards d’euros d’aides publiques versées chaque année aux entreprises et à « l’optimisation fiscale » pratiquée par les ultra-riches qui leur permet d’échapper partiellement ou totalement à l’impôt. Mais pas question pour Lecornu, comme pour ses prédécesseurs, de toucher à ces privilèges-là.

Alors qu’Israël a lancé la deuxième phase de son offensive terrestre contre Gaza City, avec deux nouvelles divisions en direction du centre de la ville ravagée, la commission d’enquête du Conseil des droits de l’homme de l’ONU vient de confirmer, après nombre d’autres organismes internationaux et d’ONG, le caractère génocidaire de la guerre menée contre la population gazaouie. La commission a également accusé des hauts responsables israéliens, dont le Premier ministre Benyamin Netanyahou, le président Isaac Herzog et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, d’avoir incité à commettre un génocide et de ne pas avoir pris de mesures pour l’empêcher. Il n’y a que Macron pour affirmer avec cynisme qu’il ne se prononce pas sur la question et qu’il laisse aux historiens le soin de trancher. Il attend sans doute qu’il n’y ait plus un seul Palestinien en vie pour parler de génocide.

Le président des États-Unis se trouve pour une visite de trois jours au Royaume-Uni. À cette occasion, la chaîne de télévision indépendante Channel 4 a programmé une émission intitulée « Donald Trump contre la Vérité ». Le directeur des programmes de la chaîne, Ian Katz, a expliqué à ce propos : « Donald Trump aime entrer dans l’Histoire, c’est donc exactement ce que fera Channel 4 : nous montrerons ce que nous considérons comme la plus longue série ininterrompue de mensonges, de désinformation et de déformations jamais diffusée à la télévision. » Déjà en 2023, la quatrième chaîne avait dénoncé dans une série intitulée « Partygate » les mensonges et les incohérences du Premier ministre conservateur d’alors, Boris Johnson, autour des fêtes organisées à sa résidence de Downing Street en pleine épidémie de Covid-19 et malgré les règles de confinement imposées au reste de la population. France Télévisions pourrait bien reprendre l’idée à son compte avec un magazine d’investigation du genre « Les 100 mensonges de… » où seraient invités tour à tour Macron, Bayrou, Retailleau, Darmanin, Le Pen, Lecornu, etc. On peut toujours rêver…