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Brèves

L’actualité en bref

Comme on le sait, le policier qui a tué le jeune Nahel à l’été 2023 à Nanterre (Hauts-de-Seine) exerce désormais au pays Basque après n’être resté que quelques mois en prison. Il attend maintenant de passer aux assises pour meurtre. Mais les circonstances de sa mutation ont fait polémique depuis une semaine. En effet l’Inspection générale de la police nationale avait demandé qu’il soit traduit devant un conseil de discipline, une procédure qui interdisait toute mutation. Mais Libération nous apprend que le préfet de police en personne, Laurent Nuñez, est intervenu dans la procédure pour défendre le flic meurtrier et émettre, courant 2024, un avis « particulièrement favorable » pour que sa mutation soit faite « dans l’intérêt du service ». Une décision défendue sur RTL par Louis Laugier, le directeur général de la police nationale. Aux yeux de l’institution policière, la mort d’un jeune issu de l’immigration ne pèse pas grand-chose…

Sur les 5,8 millions de logements classés dans la catégorie des « passoires énergétiques », 850 000 vont disparaître du jour au lendemain. Désormais une bonne partie de ceux chauffés à l’électricité sortiront de cette catégorie du fait d’une modification du mode de calcul du diagnostic de performance énergétique. Selon Matignon, cette évolution, qui prendra effet en 2026, doit ainsi permettre « de mieux refléter la réalité du mix énergétique français, largement décarboné grâce au nucléaire ». Concrètement, cela ne va rien changer à la situation difficile des locataires qui y habitent mais les propriétaires, eux, ne seront plus tenus d’y effectuer de coûteux travaux de rénovation thermique et pourront les louer plus facilement. Toujours ça de gagné…

Une vingtaine de policiers de la brigade financière et deux juges d’instruction ont perquisitionné le siège du Rassemblement national dans le cadre de soupçons de financement illicite des campagnes présidentielles de 2022 et européennes de 2024. Une information judiciaire avait été ouverte il y a un an après plusieurs signalements la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. Ils concerneraient en fait des prêts effectués auprès de riches supporters du RN… mais qui n’étaient jamais remboursés. Il s’agissait en fait de dons déguisés et non déclarés, ce qui est illégal, pour un montant de 20 millions d’euros. De plus, un système de sur-facturations aurait été mis à jour. Après l’affaire des attachés au Parlement européen et une nouvelle enquête lancée par Bruxelles sur l’utilisation frauduleuse des indemnités des députés RN, le parti de Marine Le Pen s’englue de plus en plus dans les affaires louches. Elle et Bardella crient « au complot » et à « l’acharnement » mais s’abstiennent de s’expliquer sur le fond. À une époque, le RN (et le Front national avant lui) se présentait comme le seul parti « aux mains propres » de la classe politique. Aujourd’hui, à force de les plonger dans des tambouilles peu ragoûtantes, elles sont nettement plus dégueulasses.

L’archevêque de la ville rose, Guy de Kérimel, vient de promouvoir au poste de chancelier de la curie diocésaine Dominique Spina, un prêtre qui, en 2006, alors qu’il officiait à Bayonne, avait été condamné à cinq ans de prison dont un avec sursis pour le viol d’un lycéen. Un tel passé méritait bien une promotion. Le mitré a expliqué « avoir pris le parti de la miséricorde » pour la justifier. Une pseudo-ouverture d’esprit qui contraste avec la hargne que subissent les divorcés et les LGBT+ de la part de la Sainte Institution alors qu’ils n’ont violé personne. Même le site Internet du média catholique Tribune chrétienne fait part de son « incompréhension » et écrit qu’une telle décision fait fi des engagements pris il y a trois ans dans le rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église. De là à y voir l’œuvre de Satan…

Selon une étude que vient de publier l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), le taux de pauvreté a fortement augmenté en 2023 pour atteindre 15,4 % de la population. Soit une hausse de 0,9 point en un an et le niveau le plus élevé depuis trente ans. Résultat : 10 millions de personnes (SDF non compris) vivaient sous le seuil de pauvreté, établi à 1 288 euros par mois, en augmentation de plus d’un demi-million de personnes sur une année. Et il est peu probable qu’en 2024 les choses se soient améliorées. La même année, on comptait environ 2,87 millions de millionnaires en euros, soit une hausse de 47 000 par rapport à l’année précédente. En résumé, la pauvreté et la richesse s’accumulent aux deux pôles de la société.

Reclaim, une ONG écologiste qui lutte pour la justice sociale et climatique, dénonce dans un rapport le fait que quatre organismes gestionnaires de retraites complémentaires ou d’argent public liés aux régimes de pensions investissent massivement dans des activités émettrices de gaz à effet de serre… tout en prétendant le contraire. Sont visés l’Agirc-Arrco (retraites complémentaires du privé), l’ERAFP (régime de retraite additionnelle de la fonction publique), l’Ircantec (retraite complémentaire des agents non titulaires de l’État et des collectivités) et le Fonds de réserve pour les retraites (FRR). Ensemble ils ont investi 2,5 milliards d’euros dans le gaz et le pétrole. Sans demander, bien sûr, leur avis aux retraités…

C’est Nicolas Dufourcq, le directeur général de la banque d’investissement public BPIFrance qui l’affirme sans détour sur BFMBusiness : « Pendant quelques années la France va vivre sa première crise d’austérité » depuis 1983 et le « tournant de la rigueur » décrété par le président de la République de l’époque, le « socialiste » François Mitterrand. Et ce n’est qu’un début. Car il faudra encore trouver 150 milliards pour parvenir à un niveau où la dette publique cessera d’augmenter. Et où prendre l’argent ? Là aussi Dufourcq est très clair : comme il n’est pas question d’augmenter les impôts (notamment ceux des plus riches et des grandes entreprises) l’austérité se traduira en priorité par des coupes claires « dans les dépenses sociales : retraite, santé et tout le reste ». Bref une attaque en règle contre les classes populaires.

Le plus sérieusement du monde, le Premier ministre israélien génocidaire, Benyamin Netanyahou, poursuivi pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, vient de demander de décerner le prochain prix Nobel de la paix à Donald Trump. Ce n’est pas la première fois que des partisans de Trump tentent de lui faire attribuer cette récompense. Jusqu’ici sans succès. Mais c’est la première fois qu’un de ses parrains est littéralement couvert du sang de dizaines de milliers d’innocents. Cependant, pour défendre cette candidature, Netanyahou pourra toujours argumenter que le suédois Alfred Nobel, le créateur du prix, était l’inventeur de la dynamite et a fait notamment fortune dans l’industrie d’armement. Des points qui les rapprochent…

Le nombre d’exécutions dans le pays a atteint un niveau record en 2024, selon un rapport d’Amnesty International, qui dénonce le recours croissant à la peine de mort pour des affaires de drogue non violentes. Le royaume a exécuté 345 personnes l’an dernier, soit le chiffre le plus élevé jamais enregistré par l’organisation en plus de trente ans de suivi. Une tendance qui s’est poursuivie au cours des six premiers mois de 2025, durant lesquels 180 personnes ont déjà été mises à mort, laissant présager un nouveau record cette année. Cette dictature sanguinaire est dirigée par le très « moderniste » prince héritier Mohammed ben Salmane qui affirmait en 2022 avoir limité l’usage de la peine de mort aux seules condamnations pour homicide. Malgré ce gros mensonge, il reste le chouchou des capitales occidentales auxquelles il achète des armes de toutes sortes.