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Brèves

L’actualité en bref

Macron a demandé la libération immédiate et le retour dans leur pays des douze militants qui se trouvaient à bord du voilier Madleen, de la Freedom Flotilla Coalition, et qui voulaient briser le blocus de Gaza et dénoncer la situation tragique de la population palestinienne de l’enclave. Mais le locataire de l’Élysée s’est bien gardé de condamner l’arraisonnement du bâtiment par un commando israélien alors même qu’il se trouvait en haute mer. Ce qui constitue, au regard de la législation internationale, un acte de piraterie. De même l’arrestation des militants était complètement arbitraire et illégale. Qu’à cela ne tienne. Macron veut ménager l’État sioniste. Le blocus maritime de Gaza a été instauré… en 2006 et depuis lors, aucun président de la République, ni aucun Premier ministre, de droite comme de gauche, ne l’ont jamais condamné. Et pour cause. S’il dénonce parfois les « excès » de Jérusalem, Paris reste un ferme soutien d’Israël, principal atout de l’impérialisme occidental dans la région.

Plusieurs milliers de personnes ont pris la rue dans la capitale californienne pour protester contre l’envoi par Trump de 2 000 militaires de la garde nationale afin de mener à bien sa politique d’arrestation massive des migrants et leur expulsion du pays. Des manifestants s’en sont pris aux agents de l’ICE, la politique fédérale de l’immigration, connue pour sa brutalité et ses provocations. Il faut dire que des quartiers entiers de Los Angeles sont habités par des « latinos » dont les familles sont originaires du Mexique et d’autres pays d’Amérique latine. Et ils ne sont pas près de laisser sans réagir la police arrêter arbitrairement des passants dans la rue, voire entrer de force dans des entreprises ou des logements pour interpeller des « suspects ». Si ces réactions sont pour l’instant limitées, elles vont dans le bon sens pour contrer la politique raciste du voyou de la Maison-Blanche.

Plus de 30 000 participants, 51 chefs d’État et de gouvernement, des ONG environnementales et scientifiques en nombre : la troisième conférence des Nations unies sur les océans s’est ouverte lundi à Nice, dans les Alpes-Maritimes. De la pollution plastique à la sur-pêche en passant par la pêche illégale, de nombreuses questions seront abordées. Mais ce qui sera au centre des débats, c’est le protection de la « haute mer », les eaux internationales qui représentent 61 % des océans. Dans cette optique a été adopté en 2023 un nouveau traité international. Problème : s’il a été signé par 115 pays, seuls 29 l’ont finalement ratifié. Il en faudrait au moins 60 pour qu’il soit mis en œuvre. On est loin du compte. De plus, Trump, dont le pays est représenté par deux simples « observateurs », a fait savoir qu’il avait bien l’intention de mener à bien l’extraction de minerais dans les eaux internationales sans tenir compte des traités existants. Et il faudra plus que quelques parlottes pour l’arrêter.

Selon les informations recueillies par Franceinfo, le groupe Renault va s’implanter en Ukraine pour produire des drones. Ce qui a été confirmé par le ministre des Armées, Sébastien Lecornu. La production devrait se faire à proximité du front, en partenariat avec une PME française spécialisée dans la défense, et viserait principalement à servir l’armée ukrainienne, tout en bénéficiant également à l’armée française. Le fait qu’un des fleurons de l’industrie automobile se lance dans la production d’armes est symptomatique de la militarisation croissante de l’économie et qui ne peut conduire qu’à des catastrophes.

C’est la suspension de MaPrimeRenov’, censée faciliter la mise aux normes énergétiques des logements anciens, qui a mis le feu aux poudres. Macron a exprimé publiquement son mécontentement face à sa suspension prévue ce mois-ci. Plus largement il a déploré le récent détricotage de mesures écologistes par le gouvernement et le Parlement, notamment, outre la fin de MaPrimRénov’, la suppression des zones à faibles émissions (ZFE), la réintroduction d’un insecticide néonicotinoïde et le recul sur l’objectif zéro artificialisation nette (ZAN). À croire que ce n’est pas lui qui a désigné Bayrou pour former et diriger le gouvernement avec l’appui du centre et de la droite. Mais ce dernier, faute de majorité et par peur d’être censuré, fait des fleurs à la droite en s’attaquant à l’écologie, ce qui ne lui coûte pas un rond. Cela lui permet de survivre mais nuit à l’image « verte » que voudrait se donner le locataire de l’Élysée. Finalement MaPrimRénov’ serait rétablie fin septembre, mais on ne touchera pas aux autres mesures anti-écolo. Encore une fois l’écoblanchiment présidentiel fait un flop.

Dans son rapport annuel, à paraître le 12 juin, le Conseil d’orientation des retraites (COR) propose une nouvelle hausse de l’âge de départ. Et d’expliquer « qu’il serait nécessaire de porter cet âge à 64,3 ans en 2030, 65,9 ans en 2045 et 66,5 ans en 2070 ». En expliquant que cela serait, parait-il, bon pour l’emploi, pour le PIB et pour l’enrichissement du pays. Pas un mot sur le sort de celles et ceux qui, après plusieurs décennies passées à s’épuiser au travail, aspirent à se reposer. Et ce n’est pas étonnant. Le COR est supposé être une instance « indépendante » mais est rattachée… au Premier ministre. Quant à son président, Gilbert Cette, c’est un économiste libéral qui a inspiré les volets économiques… des programmes présidentiels d’Emmanuel Macron. Fort à parier que ses suggestions sont directement inspirées par le gouvernement et le patronat.

Le rabbin Elie Lemmel, qui avait été attaqué par plusieurs individus à Deauville (Calvados) la semaine dernière, a de nouveau été agressé ce vendredi 6 juin à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Si les auteurs de la première agression n’ont pas été appréhendés, par contre, après la seconde, un jeune homme a été neutralisé par des témoins, alors qu’il venait de jeter une chaise qui a atteint le religieux au visage, avant d’être interpellé par la police. Il s’agit d’un Palestinien de 28 ans, originaire de Rafah, à Gaza, qui a été placé en garde à vue puis hospitalisé sous contrainte pour recevoir des soins psychiatriques. On peut comprendre que le fait de voir les siens bombardés et massacrés depuis des mois par l’armée israélienne puisse engendrer une douleur sourde, une colère profonde, un désespoir incommensurable, et une haine tenace à l’égard de l’occupant, voire une forme d’égarement. Mais s’en prendre au hasard sur la voie publique à une personne juive reconnaissable à sa kippa est une façon de considérer tous les Juifs comme responsables ou complices de la politique criminelle de Netanyahou et de l’État d’Israël. C’est une forme d’antisémitisme et il ne faut pas la tolérer.

Alors qu’elle était à l’antenne sur Franceinfo la ministre des Sports, Marie Barsacq, a passé un mauvais quart d’heure. Elle a en effet été prise à partie par le sprinteur Charles Renard, médaillé d’argent sur 100 mètres aux Jeux de Paris avec le para-athlète non-voyant Timothée Adolphe. Les sportifs reprochent à la ministre que les grandes promesses, faites il y a un an à l’occasion des Jeux olympiques et paralympiques, en faveur du développement et de la mise en valeur des activités sportives pratiquées par des hommes et des femmes atteintes de handicap n’aient pas été tenues. Ces athlètes ont été abandonnés par leurs sponsors, les épreuves qu’ils disputent sont de moins en moins couvertes par les chaînes de télévision et, dans certains cas, les crédits alloués à leurs activités ont diminué de 75 %. Bref, le sport des handicapés retourne dans son ghetto. Et de conclure : « Les blablas des politiques, c’est un manque de respect. » Bien vu !

Emmanuel Macron a annoncé qu’il se déplacerait le 15 juin prochain au Groenland à l’invitation du Premier ministre de l’île, Jens-Frederik Nielsen, et de la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, pour parler de « sécurité en Atlantique Nord et dans l’Arctique » mais aussi de « sujets liés au changement climatique, à la transition énergétique et à la sécurité d’approvisionnement en minerais critique ». Mais, au-delà de ces sujets convenus, il s’agira surtout pour le locataire de l’Élysée de faire la nique à Donald Trump qui, le 30 mars dernier, avait fait part de son intention d’annexer le Groenland (mais aussi le Canada). Comme les fanfaronnades de Trump ont peu de chance de se concrétiser, du moins à court terme, cette bravade de Macron n’aura aucune conséquence sauf d’apparaître, à peu de frais,comme le leader intransigeant de l’Union européenne face à Washington. On a les victoires et la stature d’homme d’État qu’on peut.