Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le ministre de la Santé et anti-vax notoire, Robert Kennedy Jr, a annoncé que les États-Unis allaient cesser de financer le développement de plusieurs vaccins à ARN messager, une technologie prometteuse qui avait sauvé des millions de vies lors de la pandémie du Covid-19. De plus il a précisé réorienter les fonds de financement vers des technologies « plus sûres »… sans préciser lesquelles. Et pour cause. Kennedy, qui s’est déjà rendu célèbre en préconisant l’huile de foie de morue plutôt que le vaccin contre la rougeole, continue son combat obscurantiste contre la science et la recherche. Avec lui, le Moyen Âge est aux manettes.

L’ONG Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires vient de créer un site en ligne, baptisé Mémorial des enfants pour la paix, à l’occasion des 80 ans des bombardements atomiques américains sur Hiroshima et Nagasaki, les 6 et 9 août 1945. L’objectif est de rendre hommage aux 38 000 enfants tués dans ces attaques (qui ont fait au moins 210 000 morts) en racontant leurs histoires, mais aussi d’alerter sur la menace nucléaire qui pèse toujours sur le monde au moment où on reparle d’armes nucléaires à l’occasion de la guerre d’Ukraine. Une telle menace ne pourra disparaitre qu’avec la disparition du capitalisme lui-même.

Les 6 et 9 août 1945 l’aviation américaine larguait deux bombes atomiques sur les villes d’Hiroshima et de Nagasaki. Les destructions furent considérables et le nombre de personnes tuées par les explosions, la chaleur et la tempête de feu qui s’ensuivit se chiffra, selon les estimations, entre 103 000 et 220 000 morts. Quant aux survivants, ils souffrirent leur vie durant de complications de santé et de cancers dus notamment aux radiations. Officiellement, il s’agissait de contraindre le Japon à capituler. Ce qu’il fit, ou plus exactement ce qu’il avait déjà proposé de faire ! En utilisant l’arme atomique pour la première fois dans l’histoire, l’impérialisme américain voulait montrer à ses ennemis, mais aussi à ses alliés, dont l’URSS à l’époque, mais surtout aux travailleurs et peuples du monde qu’il voulait terroriser (ce qu’il avait déjà fait en rasant pratiquement toutes les villes allemandes comme à Dresde par exemple). Travailleurs et peuples de la planète avaient mesuré la barbarie des impérialismes en guerre et pouvaient avoir la tentation de se révolter, voire d’entrer en révolution comme à la fin de la Première Guerre mondiale. Les deux villes martyres japonaises devinrent le symbole de la barbarie capitaliste et les survivants des explosions, les hibakusha, les porte-paroles d’une lutte contre la guerre et les armes atomiques à travers le monde. Ce drame nous rappelle de quoi est capable le capitalisme si on ne l’élimine pas, d’autant plus vivement que les Trump et les Poutine (sans oublier les Macron et autres) ne se privent pas aujourd’hui de brandir la menace de leurs bombes nucléaires. Socialisme ou barbarie !

Plusieurs milliers de personnes ont défilé sur le port de Beyrouth pour demander justice, cinq ans après la terrible explosion qui avait fait plus de 220 morts et 6 500 blessés. Le drame était dû à un incendie qui s’était déclenché dans un entrepôt où étaient stockés sans précaution des matériaux dangereux. Mais, depuis lors, aucun responsable n’a été traduit en justice. Mieux, une partie de la classe politique n’a cessé de mettre des bâtons dans les roues des enquêteurs et du juge d’instruction chargé de l’affaire. Une affaire devenue le symbole de la culture de l’impunité et de corruption qui gangrène la classe dirigeante libanaise.

Le constructeur de véhicules électriques Tesla vient d’accorder à son patron Elon Musk, déjà l’homme le plus riche du monde, un chèque de 29 milliards de dollars (environ 25 milliards d’euros) pour le convaincre de rester à la tête de l’entreprise qui, cette année, a connu des résultats désastreux. Un cadeau que Musk a accepté avec sa modestie habituelle. Mais il n’est pas certain qu’il touche ce pactole. En effet, en 2018 déjà un actionnaire avait contesté devant les tribunaux une première rémunération de 56 milliards de dollars (plus de 48 milliards d’euros) attribuée à Musk et avait gagné. Cette histoire montre surtout que quelle que soit la situation financière de Tesla, le patron, lui, sait toujours s’en mettre plein les poches.

Plus de 170 États sont réunis à Genève jusqu’au 14 août pour tenter de parvenir à un accord mondial sur la pollution plastique. Une pollution qui, depuis l’extraction des matières premières, la fabrication, l’utilisation et la production des déchets fait plusieurs centaines de milliers de victimes chaque année, dont 35 000 parmi les ouvriers qui travaillent sur les sites de production des polymères. Mais le plastique étant devenu un véritable filon pour certains États pétroliers (Arabie saoudite, Iran) et les industriels du secteur, ces derniers ne veulent pas entendre parler de diminution de la production. Tout au plus sont-ils prêts à discuter du recyclage des déchets. La conférence précédente, qui s’était tenue à Busan, en Corée du Sud en décembre 2024, s’était soldée par un échec. Et il y a fort à parier qu’il en sera de même cette fois-ci.

Le Premier ministre veut, paraît-il, convaincre la population « en direct » des bienfaits de son projet de budget 2026 considéré par l’immense majorité des sondés (72 %) comme profondément injuste et inégalitaire. Pour ce faire, fatigué des questions embarrassantes que lui posent certains journalistes politiques, il a décidé de lancer une série de podcasts intitulée « FB Direct » où il va monologuer pour défendre sa tambouille. Pas sûr que cela soit suffisant pour tromper son monde et faire oublier son budget de classe, profondément anti-ouvrier et anti-populaire.

Un immeuble du centre ville, où se trouve la permanence de deux sénateurs démocrates, a été pris d’assaut par des manifestants dénonçant le soutien de ces élus à Israël et la situation dans la bande de Gaza. À l’initiative de l’association « Jewish Voice for Peace » (Voix juive pour la paix) les manifestants portaient des t-shirts sur lesquels on pouvait lire : « Laissez Gaza vivre » et « Les Juifs demandent de laisser Gaza vivre ». Ils ont ensuite participé à un « sit-in », s’asseyant dans le hall du bâtiment pour témoigner leur opposition avant finalement d’être dispersés par la police qui a procédé à une cinquantaine d’arrestations. Mais ils ont promis de recommencer.

La diffusion de trois vidéos, par le Hamas et le Djihad islamique, montrant deux otages israéliens, Rom Breslevski et Evyatar David, particulièrement affaiblis et décharnés, a suscité de nombreuses réactions. Que des organisations islamistes utilisent de telles images dégradantes dans un but de propagande ne peut que provoquer l’écœurement. Mais l’indignation sur commande de certains hommes politiques n’est pas neutre. Macron, par exemple, a fustigé la « cruauté abjecte » du Hamas. Mais on ne l’a jamais entendu s’élever contre la « cruauté abjecte » de Netanyahou qui réserve ce sort horrible non pas à deux mais à des centaines de milliers de Palestiniens. Netanyahou qui, de son côté, a demandé au Comité international de la Croix-Rouge de fournir « nourriture et traitement médical » aux otages israéliens alors que dans le même temps il affame la population gazaouie et la prive de tous soins médicaux. Alors les dirigeants du Hamas et du Djihad islamique sont sans doute des individus sans scrupule mais nos propres dirigeants valent-ils vraiment mieux ?