Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, a proposé l’établissement d’une zone fermée dans le sud du territoire palestinien en cas de cessez-le-feu de 60 jours avec le Hamas.

Selon Katz, cette zone accueillerait dans un premier temps quelque 600 000 déplacés et comprendrait quatre centres de distribution d’aide humanitaire, gérés par des organisations internationales. À terme, l’ensemble de la population civile gazaouie, soit plus de deux millions de personnes, serait relocalisée dans cette zone. Les nouveaux arrivants seraient soumis à un contrôle de sécurité pour assurer qu’ils ne sont pas affiliés au Hamas. Une fois admis, ils ne seraient plus autorisés à quitter la zone qui serait encerclée par l’armée israélienne. Et le ministre a le culot de parler de « ville humanitaire ». Des ONG, l’ONU, des intellectuels israéliens et divers diplomates étrangers ont estimé qu’il s’agirait en fait d’un gigantesque camp de concentration et que cela pourrait constituer un nouveau « crime contre l’humanité ». Un de plus…

La ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, vient de recadrer son ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, qui avait estimé sur La Chaîne Parlementaire à propos de l’islamo-gauchisme que « ce terme n’existe pas en tant que terme universitaire, il n’est même pas bien défini, donc cette notion n’existe pas ». Cette déclaration a provoqué un tollé à droite et, pour lui répondre, Borne a choisi la radio communautaire juive Radio J où elle a déclaré : « Il y a à la fois des personnalités et des partis politiques, je pense notamment à LFI, qui portent une idéologie d’extrême gauche qui instrumentalise l’islam, qui banalise l’islamisme radical, et qui encourage le communautarisme ». Sauf qu’elle s’avère incapable de définir clairement ce qu’est l’islamo-gauchisme. Et pour cause. Il s’agit d’un leurre et d’un fantasme entretenus par le gouvernement et la droite pour camoufler leur propre islamophobie et leurs campagnes contre les musulmans ou supposés tels camouflées par de pseudo-enquêtes sur l’entrisme des Frères musulmans dans la société, des islamo-gauchistes à l’Université ou des liens entre eux et la France insoumise. Et, comme le furet de la comptine pour enfants, l’islamo-gauchisme court, court et personne ne peut l’attraper.

Devant les galonnés réunis pour l’écouter Macron en a remis une couche sur le Service national universel (Snu), une sorte de préparation militaire volontaire destinée aux jeunes de 15 à 17 ans. Créée en 2018 et présenté comme mesure phare de l’Élysée, le Snu n’a pas été, jusqu’ici, un franc succès. Le Président a promis de le réformer d’ici l’automne. Mais, dans son entourage, certains n‘hésitent plus à parler de rétablir le service militaire obligatoire, aboli en 1997, et qui, dans sa forme nouvelle, serait élargi aux filles. Selon un rapport publié par le Haut commissariat au plan, le retour du service militaire obligatoire pour une durée de six mois « permettrait de renforcer la culture de défense et la mixité sociale ». Bref sous une forme ou une autre on discute des meilleurs moyens de militariser les jeunes. Mais pas question pour la jeunesse de se laisser embrigader en vue de la prochaine « der des ders ». Et, pour reprendre un couplet d’une chanson de Georges Brassens, « la musique qui marche au pas, cela ne me regarde pas »

Lors de son discours aux armées Macron a encore évoqué la menace russe et le désengagement des États-Unis… pour nous demander de passer à la caisse. Il a promis un « effort historique, proportionné, indispensable » pour doter la loi de programmation militaire de 64 milliards d’euros en 2027 plutôt qu’en 2030. Soit 3,5 milliards d’euros de plus en 2026, et 3 milliards supplémentaires en 2027. Et cela sera financé par « l’effort de toute la nation pour la défense de tous les Français ». Au-delà de la formule volontairement vague se cache la vieille recette : sabrer dans les services sociaux pour abreuver d’aides et de subventions le secteur de l’armement.

En 2014, La Poste portait plainte contre cinq syndicalistes pour « violation de domicile », « dégradations » et « violences » sur la responsable de la sûreté. Ils s’étaient en réalité simplement rendus au siège social de La Poste lors d’une grève pour réclamer des vraies négociations ! Les vidéos n’ont montré aucune violence et la responsable de la sécurité a nié avoir jamais accusé les syndicalistes de violence.

Après 11 ans de procédure (!) et un dossier à l’évidence vide, le procureur lui-même avait requis « seulement » des heures de Travaux d’intérêt général (TIG). Mais le juge a été plus loin, en condamnant Gaël Quirante à six mois de prison avec sursis, et les cinq militants à plusieurs centaines d’euros d’amende. Les syndicalistes ont fait appel, réclamant toujours la relaxe pure et simple.

Face au jugement très politique d’une justice de classe, destiné à dissuader les travailleurs de se défendre, la solidarité de tous les travailleurs est indispensable !

Plus de 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises pour 2023 : c’est le montant délirant qu’a chiffré une commission du Sénat sur le sujet – et ce, sans compter les aides européennes ou les aides locales. Le méli-mélo des 2 252 dispositifs existants favorise les grands groupes du CAC 40, qui prennent la majeure partie des aides, font des bénéfices et ne se gênent pas pour licencier.

Les mêmes politiciens qui votent ces cadeaux aux entreprises veulent maintenant faire 40 milliards d’économie sur la santé, l’éducation ou l’environnement, c’est-à-dire sur notre dos !

Le 11 juillet à Srebrenica en Bosnie-Herzégovine, on commémorait le massacre perpétré en 1995 (qualifié de génocide par la justice internationale). Fuyant la guerre et l’épuration ethnique, des dizaines de milliers de bosniaques s’y étaient réfugiés, pensant être protégés par l’ONU.

Les militaires serbes ont tué 8 000 hommes et garçons bosniaques, devant les Casques bleus néerlandais qui les ont laissé faire, autorisant même la séparation des femmes et des hommes.

La complicité tacite des dirigeants impérialistes couvre des génocides : hier à Srebrenica, aujourd’hui à Gaza.

C’est aujourd’hui que part de Sicile le Handala, un nouveau bateau affrété par l’organisation humanitaire La Flottille de la liberté, qui va tenter d’apporter aux Gazaouis de l’aide alimentaire et médicale en forçant le blocus maritime qu’Israël impose au territoire palestiniens depuis… 2009. Il y a un peu plus d’un mois un autre bâtiment appartenant à la même organisation humanitaire, le Madleen, avait été arraisonné par la marine israélienne et ses occupants arrêtés avant d’être expulsés du pays. Il y peu de chances que le Handala et son équipage – au nombre duquel deux députées insoumises, Gabrielle Cathala et Emma Fourreau – arrivent à forcer le blocus. Mais leur intention est surtout d’attirer l’attention de l’opinion publique et des médias sur le génocide en cours et la situation humanitaire catastrophique dans l’enclave palestinienne.

Le magazine Challenges vient de publier son classement annuel des 500 plus grandes fortunes du pays. On y apprend que depuis l’élection d’Emmanuel Macron, en 2017, le nombre de millionnaires est passé de 2 millions à 2,9 millions, faisant de la France « la championne du monde des millionnaires ». De plus, a calculé l’hebdomadaire, « en 1996, on comptait 16 milliardaires, ils sont aujourd’hui 145. Passé de 80 milliards à 1 128 milliards d’euros, le patrimoine total des 500 a flambé, multiplié par 14 » en trois décennies. Bayrou qui est à la recherche de 40 malheureux milliards pour boucler son budget, devrait les trouver sans difficulté de ce coté. Sauf que la rengaine des gouvernements de droite comme de gauche est toujours la même : on ne touche pas au patrimoine des plus riches.