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Brèves

L’actualité en bref

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a estimé que les premières peines infligées aux auteurs des violences survenues après la victoire du PSG en Ligue des Champions étaient insuffisantes. Il a déclaré sur X : « Une partie des condamnations pour violences, notamment commises à l’encontre des forces de l’ordre et pour destruction de biens, ne sont plus à la hauteur de la violence que connaît notre pays. » Et de préconiser notamment : « Faire évoluer radicalement la loi : supprimer les aménagements de peine obligatoires, supprimer le sursis et mettre en place par la loi une condamnation minimum systématique une fois la culpabilité reconnue. » On pourrait mettre aussi un policier derrière chaque jeune, rouvrir le bagne de Cayenne, voire rétablir la peine de mort. Dans la compétition sécuritaire qui l’oppose à son collègue de l’Intérieur, Retailleau, Darmanin ne sait plus quoi trouver pour se distinguer.

L’association de consommateurs UFC-Que Choisir vient de porter plainte contre Nestlé Waters, numéro un mondial de l’eau minérale, accusant le géant de l’agro-alimentaire d’avoir privilégié son chiffre d’affaires au détriment de la santé de ses clients. Dans le même temps elle a saisi la Cour de justice de la République pour examiner le rôle joué dans cette affaire par d’anciens ministres qui auraient contribué, à titre divers, à couvrir les fraudes de Nestlé sur la qualité de l’eau. Sont notamment visés Agnès Pannier-Runacher, ex-ministre déléguée à l’Industrie (2020-2022), Roland Lescure, ancien ministre délégué chargé de l’Industrie et de l’Énergie (2022-2024), Aurélien Rousseau, ex-ministre de la Santé et de la Prévention (juillet-décembre 2023) et Agnès Firmin-Le Bodo, ancienne ministre déléguée chargée de l’Organisation territoriale et des Professions de santé (2022 -2023) mais aussi ministre de la Santé et de la Prévention (2023-2024). Quant à la présidence de la République elle savait, au moins depuis 2022, que Nestlé trichait depuis plusieurs années mais a fermé les yeux. Preuve que les patrons voyous, comme les autres d’ailleurs, peuvent toujours compter sur la bienveillance des plus hauts sphères de l’État.

C’est Mediapart qui a révélé la supercherie. Alexandre Perez, élu municipal à Pau, très proche de François Bayrou, est le porte-parole depuis quelques semaines du collectif des victimes de Bétharram. Mais il a ouvert un compte sur Facebook où, sous le pseudonyme de « Lazare de Perenx », l’anagramme de son nom, il flingue à tout-va celles et ceux qui « soulignent les erreurs et mensonges de François Bayrou dans la gestion de l’affaire ». Ont déjà été les cibles de sa vindicte : l’ancienne professeure de Bétharram Françoise Gullung, le gendarme Alain Hontangs, le juge Christian Mirande, qui tous ont témoigné avoir alerté François Bayrou sur les violences dans l’établissement. Mais, comme à son habitude, ce dernier va nous expliquer qu’il ne savait rien, voire qu’il ne connait même pas Perez.

Un homme de 35 ans, de nationalité tunisienne, a été tué par son voisin, à Puget-sur-Argens, une petite ville de 9 000 habitants située non loin de Fréjus. Le meurtrier a tiré à cinq reprises sur la victime ainsi que sur l’un de ses amis, de nationalité turque, qui a été blessé à la main. Avant et après être passé à l’acte il avait posté des vidéos haineuses et racistes, se plaignant du nombre de Maghrébins dans sa cité. Il a été arrêté peu près alors qu’il tentait de s’enfuir en voiture. Plusieurs armes ont été retrouvées dans son véhicule, dont un pistolet automatique, un fusil à pompe et une arme de poing. L’association SOS Racisme a constaté dans un communiqué que « le racisme a encore frappé dans notre pays » en soulignant que ce « double crime… n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel bleu. Il est le résultat d’un travail minutieux mené par le camp du racisme et visant à rendre à nouveau légitime l’expression du racisme en mots et en actes ». Une atmosphère délétère à laquelle le gouvernement n’est pas étranger.

En présence notamment de Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, un rassemblement réunissant près de 2 000 personnes a eu lieu lundi devant la sous-préfecture pour protester contre l’attaque, pendant la Feria, d’un bar associatif du centre ancien, fréquenté par des militants et sympathisants communistes. Dans la nuit de vendredi à samedi une dizaine de nervis d’extrême droite, certains cagoulés, appartenant au groupuscule identitaire « Bloc montpelliérain », ont fait une descente au bar populaire Le Prolé lors d’une soirée festive, s’en prenant aux clients présents à coups de matraques et de gaz lacrymogène. Une vingtaine de personnes ont été blessées et un cheminot de la CGT a été hospitalisé en urgence, avec une fracture du nez et de nombreux hématomes… Jusqu’à présent, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, n’a pas réagi, ni traité ces agresseurs de « barbares ». Un terme qu’il réserve aux jeunes des quartiers populaires, pas aux néo-nazis bon chic, bon genre.

Franceinfo vient d’effectuer une enquête auprès de maires de petites communes qui se plaignent que La Poste supprime toujours plus de boites aux lettres dans les villages sans en avertir ni les habitants, ni le conseil municipal. Depuis la début de l’année cela a été le cas notamment en Moselle, en Côte-d’Or, dans le Haut-Rhin, les Côtes-d’Armor ou les Deux-Sèvres. Explications données par La Poste : la baisse du volume du courrier et… la fatigue des facteurs. Ce qui ne l’empêche pas, dans le même temps, de tailler dans les effectifs et d’allonger les tournées. Selon le collectif Nos services publics cette situation « génère un sentiment de recul et d’abandon ». Une dégradation continue du service public, alors même que La Poste a triplé son bénéfice net en 2024 pour atteindre 1,4 milliard d’euros.

Chaque mois qui passe voit la surpopulation carcérale s’aggraver. Selon les derniers chiffres publiés par le ministère de l’Intérieur, 83 681 personnes sont actuellement incarcérées pour une capacité officielle de 62 570 places. La densité carcérale globale s’élève à 133,7 %, avec une surpopulation particulièrement alarmante dans les maisons d’arrêt, établissements qui accueillent les prévenus en détention provisoire et les condamnés à une peine inférieure ou égale à deux ans, où elle atteint 163,2 %, Ce qui entraîne une dégradation des conditions de vie, nombre de détenus dormant par terre, une augmentation des risques de conflits et de violence, la détérioration des conditions d’hygiène et une surcharge pour le personnel pénitentiaire. Selon le Conseil de l’Europe, la France est dans le peloton de tête des pays qui emprisonnent le plus. Ce qui n’empêche pas les Darmanin et autres Retailleau de poursuivre, voire d’amplifier, leur politique ultra-répressive par pure démagogie. Et au final l’état lamentable des prisons reflète aussi celui de la société.

Selon un sondage publié par le quotidien israélien Haaretz, 82 % des Israéliens juifs souhaiteraient expulser par la force les Palestiniens de Gaza. Le pourcentage en faveur de l’expulsion monte même à 93 % chez les Juifs qui se déclarent religieux. Et 47 % d’entre eux trouvent acceptable le fait, pour l’armée israélienne, de procéder à des exécutions de masse des civils dans les villes conquises. Si l’on en croit cette enquête d’opinion, réalisée par l’universitaire israélien Tamir Sorek, professeur à l’université d’État de Pennsylvanie, on assiste à une radicalisation forte des sionistes religieux vers des positions racistes et xénophobes et, plus globalement, à un glissement à droite et une forme d’autisme de la société israélienne qui, à quelques exceptions notables près, apporte son soutien au génocide, aux massacres et à l’épuration ethnique en cours. En agissant ainsi elle se prépare un avenir de sang et de larmes.

Mercredi 28 juin, dans les Alpes suisses, le glacier du Birch s’est effondré, engloutissant la quasi totalité du village de Blatten (300 habitants) en contrebas. La catastrophe, anticipée, a tout de même fait une victime. Et elle préfigure d’autres événements du même type : des chercheurs du CNRS estiment que les glaciers des Alpes et des Pyrénées ont perdu 40 % de leur volume depuis l’an 2000. Le phénomène s’accélère et des dizaines de glaciers pourraient céder dans les prochaines années. Le dérèglement climatique nous mène à la catastrophe. Il faut en finir avec ce système fou !