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Brèves

L’actualité en bref

Pour la seconde fois en quelques semaines, le président de la République a convoqué un conseil de défense restreint sur le supposé danger que représenteraient les Frères musulmans pour le pays. Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, avait largement utilisé la première réunion sur ce thème, en mai dernier, pour donner libre cours à son délire anti-musulman. Pour mémoire les Frères musulmans, une confrérie née en 1928 en Égypte et qui porte le projet d’un islam politique conservateur, ont une influence négligeable au sein d’une communauté musulmane, ou supposée telle, estimée entre 5 et 6 millions de personnes dans ce pays. Ce qui n’empêche nullement Macron, Retailleau, Darmanin et consorts d’agiter régulièrement la « menace pour la cohésion nationale » qu’ils représenteraient. Une façon comme une autre d’alimenter l’islamophobie ambiante.

Alors que ces derniers jours gares, aéroports et autoroutes ont connu l’affluence habituelle des grands départs en vacances, il est bon de rappeler que 40 % des familles restent chez elles chaque année, faute de moyens financiers pour changer d’air. Transport, hébergement, activités : les vacances coûtent cher et toute une partie des ménages n’ont pas de moyens suffisants pour partir. Le taux de départ en vacances est de 42 % chez les plus modestes (au revenu mensuel inférieur à 1 285 euros mensuels) et montent à 76 % chez les plus aisés (revenu de plus de 2 755 euros). Il dépend aussi du milieu social : 78 % des cadres supérieurs partent en congé, contre 47 % des ouvriers et des employés. Quant aux allocataires du RSA, ils sont 70 % à vivre reclus chez eux. Pour les familles modestes, la possibilité de faire partir les enfants en colonie de vacances s’éloigne toujours un peu plus : en effet, faute de soutien effectif de l’État, ces dernières sont de plus en plus chères et les séjours durent de moins en moins longtemps. Résultat : 4,8 millions d’enfants pauvres passeront les vacances d’été à jouer dans la rue, les squares ou les espaces verts des cités ou les yeux rivés à leur écran. Là encore les différences de classe ne sont pas un vain mot.

C’est touchant ! La direction du magasin de Vénissieux (Rhône) du géant suédois de l’ameublement Ikea a proposé à Jean-Pierre, un SDF d’une soixantaine d’année installé devant l’enseigne depuis un an, un contrat de travail… sans manquer d’en informer le quotidien régional, Le Progrès, ainsi que France 3 et d’autres médias locaux. Tant de générosité laisse sans voix. Rappelons que le groupe suédois, qui possède 473 magasins à travers le monde dont 41 en France employant 12 000 personnes, a réalisé l’an dernier un chiffre d’affaires de 47,6 milliards d’euros. L’embauche de Jean-Pierre ne va donc pas trop écorner son budget et est largement couverte par les retombées médiatiques de l’affaire. Par contre Ikea oublie de prévenir la presse lorsqu’il est condamné pour avoir licencié un délégué syndical, deux salariés grévistes et un handicapé.

Les députés ont approuvé la création d’un « contrat de valorisation de l’expérience » (CVE), une mesure censée faciliter l’embauche des plus de 60 ans et qui sera en vigueur à titre expérimental pendant les cinq prochaines années. Ce projet – s’appuyant sur un texte déjà adopté au Sénat – est censé faciliter l’embauche des demandeurs d’emploi d’au moins 60 ans, voire dès 57 ans en cas d’accord de branche. Mais cette mesure, loin d’être un « CDI senior », comme elle est présentée, est dans les faits un CDD. Car le salarié en CVE, dès qu’il aura atteint l’âge de 64 ans et cotisé suffisamment de trimestres, pourra être licencié, son employeur se voyant alors dispensé de payer la contribution patronale spécifique de 30 % due sur le montant de la mise à la retraite. Une nouvelle arnaque en faveur des patrons.

Un rapport de travail remis à Bayrou par l’Inspection général des finances préconise pour le budget de l’an prochain de raboter les réductions fiscales, en général assez modestes, dont bénéficient ceux et celles qui contribuent au financement des associations. Aussitôt plusieurs associations, dont les Restos du Coeur, ont fait part de leur grande inquiétude dans un contexte où, à tous les niveaux, les subventions publiques se rétrécissent comme peau de chagrin. Comme le souligne Delphine Rouilleault, présidente du collectif Alerte, qui regroupe 37 associations de lutte contre la pauvreté, « des pans entiers du secteur associatif sont déjà dans une situation très fragile » et s’en prendre aux donateurs risquent de les mettre en plus grande difficulté. De plus, du fait de la crise, de nombreuses associations alertent régulièrement sur la baisse des dons aux associations venant de particuliers qui ont du mal à joindre les deux bouts. Mais de cela Bayrou n’en a cure. Il veut faire des économies à tout prix… mais sans toucher aux très riches, aux grandes entreprises ou à l’armement.

Le Canard Enchaîné a consacré un article à la plate-forme de télé-consultation Qare qui emploie pas moins de 2 000 médecins, la plupart étant salariés. Qare, propriété d’un fonds d’investissement britannique, encaisse les tarifs des consultations puis leur reverse un salaire fixe et une part variable en fonction de leurs performances. Les autres sont des médecins libéraux qui acquittent une cotisation de 75 euros par mois pour être référencés sur la plate-forme et lui reversent ensuite 20 % de leurs émoluments, payés par les patients ou la Sécurité sociale. À tous ces praticiens Qare impose des cadences de dingues. La durée moyenne d’une consultation ne doit pas excéder 5,7 minutes et chaque médecin doit effectuer au moins 5,25 télé-consultations par heure, travail administratif compris. Et, jusqu’à présent, l’Ordre des Médecins et la Caisse d’assurances maladie observent, sans réagir, ces pratiques qui sont à la médecine ce que les Mc’Do sont à la gastronomie. 

Le 4 juillet – jour de fête nationale américaine – le magazine USA Today a repéré une fresque achevée la semaine précédente à Roubaix (Nord) représentant la statue de la Liberté qui se cache le visage avec ses mains. L’œuvre de l’artiste néerlandaise Judith Van Leeuw, intitulée La protestation silencieuse de la statue de la Liberté, a été réalisée dans le cadre du festival URBX, dédié aux cultures urbaines. Après l’article du journal américain, la fresque a été vue plus de 3 millions de fois sur les réseaux sociaux et reprise par la chaîne de télévision CBS News. Et l’artiste d’expliquer au quotidien La Voix du Nord : « La statue se couvre les yeux, comme si la situation actuelle était trop difficile à regarder ». Autant de raisons de la combattre.

Trump s’est félicité de l’adoption par le congrès de sa « grande et belle loi » des finances. Elle va permettre de financer les allégements d’impôts pour les plus riches par des coupes drastiques dans les services sociaux et l’aide médicale. C’est ainsi que 2026 les 1 % les plus riches économiseront en moyenne 25 500 dollars (21 220 euros) sur l’année tandis que plus de 80 % des contribuables américains perdront entre 1 410 et 2 270 dollars (1 200 et 2 030 euros). C’est ce qu’on appelle faire du Robin des Bois à l’envers : prendre dans la poche des pauvres pour donner aux riches. Mais ce que Trump fait ouvertement et avec cynisme n’est finalement pas très éloigné de l’action plus hypocrite mais tout aussi injuste des Bayrou et Macron dans ce domaine.

Alors même que nombre de pays d’Europe étouffent sous des chaleurs caniculaires, la Commission européenne est plus divisée que jamais sur la manière de lutter contre le réchauffement climatique. Si elle a proposé de maintenir son objectif de réduction de 90 % des émissions de gaz à effet de serre en 2040 par rapport à 1990 et à 100 % en 2050 elle a aussitôt ajouté qu’elle serait « flexible » dans ses modes de calcul et « pragmatique » dans son application. Une façon de dire qu’il y aura des trous dans la raquette dans lesquels s’engouffreront les pays qui ne respecteront pas les normes. Mais, en matière de législation écologiste, c’est devenu une habitude. Et cela continuera tant qu’on n’attaquera pas le problème à la racine, c’est à dire la remise en question d’un mode de production capitaliste qui épuise les richesses de la planète et en rend l’air de plus en plus irrespirable.