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Brèves

L’actualité en bref

Véritable serpent de mer qui ressurgit régulièrement la « TVA sociale » vient d’être évoquée à nouveau par François Bayrou qui a appelé les partenaires sociaux à en discuter. De quoi s’agit-il ? Rappelons d’abord que la TVA, qui pèse sur tous les produits de consommation (20 % en général et 5 % sur ceux de première nécessité), est un impôt profondément injuste que tout le monde paie de la même façon, que l’on soit milliardaire ou smicard. Elle pèse donc plus dans le budget des ménages les plus modestes. Il s’agirait de l’augmenter (pour la faire passer par exemple à 25 %) pour contribuer au budget de la Sécurité sociale. Dans le même temps, les cotisations patronales seraient diminuées « pour faire baisser le coût du travail ». C’est d’ailleurs pourquoi les organisations patronales, Medef en tête, sont à fond pour. Cette TVA anti-sociale aurait pour conséquence directe de faire baisser le pouvoir d’achat des plus modestes. Une arnaque transparente.

La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, qui est comme cul et chemise avec la FNSEA, la principale organisation agricole et courroie de transmission de l’agrobusiness, a appelé les agriculteurs à « cibler les élus de gauche » qui s’opposent au projet de loi visant à réintroduire dans les cultures un dangereux insecticide tueur d’abeilles. Elle a tenu ces propos lors d’une visite dans le Tarn alors même que plusieurs permanences de députés ou sénateurs de gauche ont été pris pour cible, et parfois vandalisées, par des membres de la FNSEA ou de la Coordination rurale. Devant le tollé soulevé par ses propos, elle a affirmé « avoir été mal comprise ». Mon œil ! En fait les « casseurs » ne sont dénoncés par nos gouvernants que lorsqu’ils sont considérés de gauche ou des banlieues ouvrières. Les autres sont non seulement tolérés par le pouvoir, mais parfois même encouragés.

L’Observatoire des multinationales vient de publier une enquête détaillée sur le phénomène du pantouflage, une pratique qui consiste pour un agent public de quitter l’administration pour intégrer une entreprise privée. Dernier exemple en date, celui d’Alexis Kohler qui, après huit ans, a abandonné ses fonctions de secrétaire général de l’Élysée pour être nommé directeur général adjoint de la Société générale. Avant lui, et dans un passé récent, on avait vu l’ex-ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, devenir conseiller de l’entreprise chinoise de fast-fashion Shein, Cédric O, ancien secrétaire d’État au Numérique, nommé lobbyiste d’une start-up d’intelligence artificielle et Muriel Pénicaud, ancienne ministre du Travail, siéger au conseil d’administration de Galileo Global Éducation, un réseau d’enseignement privé. Cette osmose entre hauts fonctionnaires, ex-ministres ou parlementaires et le monde de l’entreprise est un autre moyen pour la bourgeoisie de tenir à sa botte celles et ceux qui nous gouvernent.

Alors que le couple constitué du footballeur Karim Benzema et de l’actrice Lyna Khoudri (Les Trois Mousquetaires) s’affichait sur la Croisette à l’occasion du festival de Cannes, les deux stars ont été la cible d’une série de commentaires sur les réseaux sociaux. Deux équipes s’affrontaient : d’un côté, le FC Misogynie se permettait de juger le physique de l’actrice, en la réduisant à un objet, de l’autre côté le Sporting Racisme développait une tactique plus subtile, en ironisant sur la prétendue polygamie du footballeur. Un match vraiment nul et qui sent les égoûts. On n’a pas envie d’en connaître le score.

Au cours de plusieurs opérations distinctes, plus de 500 migrants ont été secourus par les gardes-côtes grecs au large de la Crête. Les rescapés – dont beaucoup venaient du Soudan, d’Égypte et du Bangladesh – avaient quitté le port de Tobrouk, en Libye, pour tenter de gagner le territoire de l’Union européenne via les îles grecques de la Méditerranée orientale. Ils ont été transférés dans des centres d’accueil en attendant de connaitre leur sort. Pour une fois un drame a été évité. En dix ans, plus de 26 000 migrants sont morts noyés ou ont été portés disparus en tentant cette traversée. Malgré cette hécatombe, l’Union européenne refuse toujours de leur ouvrir ses frontières sans entrave.

Une enquête menée par Le Monde en collaboration avec Bellingcat, Forbidden Stories et plusieurs médias internationaux, établit à nouveau que les journalistes qui travaillent dans le territoire palestinien sont régulièrement pris pour cible par l’armée israélienne. Depuis le début de la guerre, en octobre 2023, au moins 170 d’entre eux ont perdu la vie. Particulièrement visés, les journalistes qui utilisent des drones pour filmer la situation sur place. L’armée israélienne continue d’affirmer sans vergogne et avec son culot habituel qu’elle ne cible que les groupes armés qui présentent un danger. Or l’enquête menée par ce groupe de médias montre que des journalistes dronistes ont été abattus alors qu’ils ne menaçaient en rien les troupes de l’occupant. C’est la liberté de la presse version Netanyahou.

Trois personnes qui avaient voulu se présenter à la présidentielle de septembre 2024 (remportée encore une fois sans surprise avec 85 % des voix par le président sortant Abdelmadjid Tebboune) – et dont les candidatures avaient été rejetées par une commission électorale aux ordres – viennent d’être condamnées à dix ans de prison ferme pour « corruption ». Saïda Neghza, Belkacem Sahli et Abdelhakim Hamadi iront donc rejoindre dans les geôles du régime les centaines de prisonniers d’opinion qui s’y trouvent déjà. On ne défie pas un dictateur impunément, même dans des élections truquées.

Une chercheuse en mathématiques et sociologie qui travaille au laboratoire de recherches en informatique (Labri) qui dépend de l’université de Bordeaux et du CNRS, s’est vue du jour an lendemain interdite d’accès sans explication. Elle avait été recrutée pour analyser les controverses scientifiques relatives aux impacts environnementaux de l’intelligence artificielle. Mais son labo étant classé en « zone à régime restrictif » (ZRR) son accès dépend du bon vouloir d’un haut fonctionnaire chargé des questions de défense et de sécurité au ministère de l’Enseignement supérieur. Depuis, elle essaie vainement de connaitre les raisons de sa mise à l’écart mais l’université affirme ne pas les connaitre et n’avoir fait qu’appliquer une décision venue d’en haut. La Ligue des droits de l’homme et l’Association française de science politique appuient la chercheuse ainsi que le député écologiste de Gironde, Nicolas Thierry. Ce dernier a rappelé que « 930 laboratoires sont devenus des ZRR et de plus en plus d’étudiants sont blacklistés » du fait de leurs opinions. Vive la liberté académique !

La proposition de loi portée par le sénateur Les Républicains Laurent Duplomb a commencé à être discutée à l’Assemblée nationale. Parmi ses mesures phares, la réintroduction d’un insecticide néonicotinoïde, l’acétamipride. Il est interdit depuis 2019 en France en raison de ses effets nocifs sur l’environnement et la santé humaine. Il est considéré comme hautement toxique pour les oiseaux, les vers de terre, et les insectes pollinisateurs comme les abeilles. Sur le plan sanitaire, une exposition exceptionnelle ou prolongée à l’acétamipride peut entraîner des troubles neurologiques, des nausées, des vertiges, ou des effets sur la reproduction chez l’animal. Et c’est cette cochonnerie que les gros betteraviers de la FNSEA veulent réintroduire dans les campagnes avec l’appui de la droite et de l’extrême droite. Avec Duplomb, ils ont trouvé le parlementaire idéal pour aller au devant de leurs exigences. En effet ce dernier est un éleveur de vaches laitières à la tête d’une importante exploitation agricole, a été président de la FNSEA de la région Auvergne-Rhône-Alpes, et président de la Chambre d’agriculture de Haute-Loire. On n’est jamais mieux servi que par les siens.