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Brèves

L’actualité en bref

Des militantes du collectif féministe #NousToutes ont mené une action symbolique contre les éditions de l’Observatoire (groupe Humensis), situées près de Port-Royal, dans le sud de Paris. Elles ont déversé de la peinture violette sur la façade du siège de l’éditeur en scandant : « Humensis éditeur d’agresseurs », « Bedos ta gueule ! ». Elles entendaient ainsi protester contre la publication du livre de Nicolas Bedos, La Soif de honte, dans lequel ce dernier, selon elles, « instrumentalise les agressions sexuelles qu’il a commises pour revenir sur le devant de la scène ». La colère des manifestantes est légitime, même si l’appel à la censure peut être discuté. L’acteur et réalisateur a été condamné en octobre 2024 à un an de prison dont six mois avec sursis pour agressions sexuelles sur deux femmes. Au cours de l’audience, Nicolas Bedos s’était défendu d’être « un agresseur sexuel » et avait évoqué « un black out ». Il avait seulement reconnu « une amabilité lourde » en cas d’ivresse. Charmant euphémisme pour qualifier des agressions sexuelles.

Le meilleur passeur du championnat de France et de la Ligue Europa a logiquement été convoqué en équipe de France cette semaine pour la phase finale de la Ligue des nations. Un petit tsunami s’en est suivi sur les réseaux sociaux, deux cibles : le sélectionneur, Didier Deschamps, mais surtout le joueur lui-même, accusé de ne pas suffisamment aimer l’Algérie, dont il aurait pu également défendre les couleurs. Or, contrairement à d’autres joueurs, Rayan Cherki n’a jamais évoqué sa volonté de jouer pour l’Algérie. De même, alors qu’il le pourrait, il n’a fait aucune démarche pour réclamer ses autres nationalités algérienne et italienne. La réalité est plus prosaïque, les joueurs binationaux, quand leur niveau le leur permet, choisissent systématiquement l’équipe nationale qui leur permettra de gagner les plus grandes compétitions, c’est-à-dire les métropoles impérialistes… L’autre football, celui où Cherki virevolterait débarrassé des oripeaux nationalistes, reste à inventer !

Sur TikTok, une vidéo montrant une enseigne Carrefour écrite en arabe et prétendument filmée à Marseille, cumule près de 800 000 vues. Son auteur y dénonce l’usage de la langue arabe dans le pays. Il explique : « Je suis à Carrefour à Marseille… C’est marqué en arabe, est-ce que vous trouvez ça normal ? » Et d’ajouter : « Je suis pas raciste, mais si ça commence à être écrit en arabe à Carrefour, moi je pars de la France. » Mais les journalistes du groupe « Les Observateurs » de France24 ont enquêté sur la vidéo en question. Et il ne leur a pas fallu longtemps pour qu’ils découvrent qu’en fait elle avait été tournée non à Marseille mais… à La Marsa, en Tunisie. Décidément tout est bon pour alimenter l’islamophobie ambiante.

Deux collaborateurs de l’ambassade d’Israël aux États-Unis ont été tués alors qu’ils sortaient du musée juif de Washington après avoir participé à une réception. Leur agresseur, un homme de 30 ans originaire de Chicago, a crié plusieurs fois « Libérez la Palestine » avant d’être arrêté. Si l’on peut comprendre la colère et l’indignation qui peuvent pousser à ce genre d’acte face au génocide en cours à Gaza, il n’empêche qu’un tel attentat ne sert en rien la cause des Palestiniens. Il alimente au contraire la campagne qui assimile la solidarité avec la Palestine à de l’antisémitisme. Cela n’a d’ailleurs pas tardé. Emboitant le pas à Trump, tous les dirigeants occidentaux ont insisté sur le caractère prétendument antisémite de ce meurtre. C’est aller un peu vite en besogne en assimilant le gouvernement de l’État sioniste, ses serviteurs et sa politique d’apartheid à l’ensemble des Juifs. Ce qui est l’essence même du sionisme. En Israël, l’un des premiers à réagir a été le dirigeant de l’opposition parlementaire, le député et ancien général Yair Golan. Il a déclaré : « Le gouvernement de Netanyahou est par ses actions le premier à nourrir l’antisémitisme et la haine d’Israël dans le monde. » Une évidence qu’il convient de rappeler.

Auditionné par la commission d’enquête sénatoriale sur les aides publiques aux entreprises, Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France et patron du groupe de luxe LVMH, s’est emporté contre ses « inquisiteurs » : les sénateurs, Macron, le gouvernement mais aussi la presse, notamment Le Monde et l’Humanité, en niant, contre toute évidence, les 1 200 licenciements en cours dans certaines branches de son entreprise (les maisons de Champagne et de Cognac notamment) et la stratégie d’optimisation fiscale mise en place depuis de nombreuses années qui lui permet de payer un impôt largement minoré. Il avait pris les devants quelques jours avant son audition en faisant publier un dossier dans le quotidien économique Les Échos, qui lui appartient, titré « les patrons face aux pièges des commissions d’enquêtes » et qui assimilait les parlementaires à des « inquisiteurs » pratiquant la « démagogie politique » et la commission d’enquête sénatoriale au « tribunal révolutionnaire de Robespierre ». Heureusement pour lui qu’elle n’a pas le pouvoir de le condamner à la guillotine. Certains le regretteront…

Les salariés de Naf Naf ont appris, lors du dernier Conseil social et économique extraordinaire, que leur direction compte demander du tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis) le placement de l’enseigne en redressement judiciaire. Depuis 2018 le groupe de prêt-à-porter collectionne les déboires financiers et enchaîne les repreneurs. Ses effectifs ont chuté de 1170 emplois en 2020 à 700 aujourd’hui. Naf Naf n’est pas une exception. L’Humanité a calculé qu’entre septembre 2022 et mars 2023, plus de 8 000 emplois avaient été supprimés ou menacés de disparition dans une douzaine d’enseignes textiles (Camaïeu, Kookaï, Pimkie, Princesse Tam Tam, etc.). Dans cette branche comme ailleurs il faut se battre pour l’interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous et toutes.

Microsoft a décidé de bloquer temporairement les e-mails de ses salariés qui contiennent des mots comme « Palestine », « Gaza » ou « génocide ». Cela fait suite à un mouvement de protestation qui se développe parmi ses collaborateurs qui protestent contre les liens qu’entretient l’entreprise avec l’armée israélienne. Cette dernière s’appuie grandement sur la technologie que lui fournit la multinationale, comme son intelligence artificielle ou encore Microsoft Azure, une plateforme de cloud, pour mener des frappes meurtrières et surveiller la population gazaouie. Un partenariat que certains des employés de Microsoft considèrent comme « une complicité de génocide ». Ils ont donc créé un collectif No Azure for Apartheid (Pas d’Azure pour l’apartheid) qui regroupe d’anciens et actuels employés de la société et qui est bien décidé à se battre pour faire cesser cette collaboration.

Pour faire face à la pénurie de profs, notamment en français, l’académie de Dijon a trouvé un moyen original. Elle propose à tous les enseignants une visio pour préparer une certification qui leur permettrait d’enseigner le français en plus de la discipline dans laquelle ils ont été formés. Le courrier accompagnant le lien de la visio précise que le but est « de trouver de nouvelles solutions pour assurer l’enseignement du français dans les classes de collège et de lycée de l’académie ». Combler la pénurie de profs en proposant des heures supp à des profs déjà en surcharge, dans une discipline qui n’est pas la leur : en voilà une bonne idée !

Dans le sillage de la Journée mondiale contre l’homophobie, célébrée le 17 mai dernier, la Ligue de football professionnel organise depuis plusieurs années une journée contre l’homophobie dans le football. À cette occasion ; les joueurs de Ligue 1 et Ligue 2 portent un maillot avec le mot « homophobie » barré en rouge, et les arbitres, entraîneurs et délégués arborent des brassards aux couleurs de l’arc-en-ciel, symbole de la lutte contre l’homophobie. En outre, des animations sur ce thème sont organisées dans les stades lors des matchs. Initiatives louables qui semblent cependant avoir peu d’impact. Cette saison la Ligue a distribué 107 amendes à des joueurs, à leurs entraineurs ou à leurs supporters pour « expressions orales et banderoles à caractère discriminatoire et insultant », la plupart homophobes ou sexistes. Ce qui représente le double de la saison précédente. De plus, cette année, quatre joueurs ont manifesté leur opposition à cette initiative, soit en refusant de jouer, soit en cachant sur leur maillot le logo anti-homophobe avec du sparadrap, soit en proférant des insultes… homophobes. La fin de l’homophobie dans le foot n’est pas pour demain.