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Brèves

L’actualité en bref

L’Assemblée de Corse, à majorité autonomiste, a adopté une résolution à l’initiative de sa présidente, Marie-Antoinette Maupertuis, intitulée « Soutien au peuple palestinien et violations du droit international par l’État israélien dans la bande de Gaza ». Un texte à portée essentiellement symbolique qui reconnaît « l’existence de l’État de Palestine, conformément aux dispositions antérieures de l’ONU ». Mais aussi un joli pied-de-nez à Macron qui se hâte lentement pour prendre position sur la question. En fait rien ne change vraiment. Rappelons qu’en 2014 l’Assemblée nationale avait voté un texte demandant déjà à l’exécutif, dirigé alors par le « socialiste » François Hollande, de « reconnaître l’État de Palestine en vue d’obtenir un règlement définitif du conflit ». Et depuis ? Rien. Les Palestiniens attendrons encore dix ans…

Près de 200 000 personnes ont défilé à Budapest dans une ambiance festive à l’occasion de la marche des Fiertés en bravant l’interdiction décrétée par le très réactionnaire Premier ministre, Viktor Orbán qui, ces derniers temps, a multiplié les mesures répressives à l’encontre de la communauté LGBT+. Des délégations étaient venues de toutes les régions du pays, mais aussi d’autres pays européens, pour affirmer leur solidarité. Orbán, devenu la coqueluche de l’extrême droite européenne, mène depuis des années une attaque systématique contre les migrants, la communauté gay, la justice mais aussi la liberté de la presse et les droits démocratiques. La marche des Fiertés est une réponse populaire à ces attaques. 

Le député insoumis Paul Vanier, co-rapporteur de la Commission d’enquête parlementaire sur les violences dans les établissements scolaires, a écrit à Fatiha Keloua-Hachi, la présidente de la Commission, pour lui demander de saisir la justice contre le Premier ministre, François Bayrou, mais aussi contre Caroline Pascal, ex-directrice de l’Inspection générale de l’Éducation, et un préfet. Il estime que ces trois personnes auditionnées par les parlementaires sont susceptibles d’avoir commis des « faux témoignages » et souhaite donc une saisine de la justice. Une affaire dans laquelle Bayrou est mouillé jusqu’au coup et dont il n’arrive pas à se dépêtrer.

Cinq grandes banques françaises – à savoir la Société Générale, la BNP Paribas, Natixis, HSBC et le Crédit agricole – sont impliquées dans un scandale financier baptisé « CumCum ». Il s’agit d’un système d’optimisation fiscale massif utilisé par certaines banques et investisseurs étrangers pour contourner l’impôt sur les dividendes en France. Ce montage permet à des actionnaires non-résidents de prêter temporairement leurs actions à des banques françaises avant le versement des dividendes, afin d’échapper à la retenue à la source, puis de récupérer leurs titres une fois la distribution effectuée. La fraude est estimée à près d’un milliard d’euros par an. Pour lutter contre cette évasion fiscale, le Parlement avait, en février dernier, voté un texte renforçant les contrôles. Mais, moins de deux mois plus tard, le gouvernement avait partiellement neutralisé ce texte en multipliant les exemptions à l’égard des banques et permettant ainsi la poursuite de la fraude. La délinquance financière des plus riches, sous toutes ses formes, est estimée à plusieurs dizaines de milliards d’euros par an.

Le Parquet national financier a requis un procès pour corruption contre la Ministre de la Culture, Rachida Dati et l’ex-patron de Renault-Nissan, Carlos Ghosn. Ce dernier, via une filiale du groupe automobile, aurait versé à Dati 900 000 euros sans contrepartie d’un travail réel. On la soupçonne en fait d’avoir effectué une activité clandestine de lobbying en faveur du groupe automobile. Rappelons qu’elle est également mise en cause pour avoir perçu 299 000 euros d’honoraires de la part de GDF Suez, là encore sans activité réelle, et dissimulé une collection de bijoux d’une valeur de 420 000 euro à la Haute autorité de la vie publique. Un nouvel exemple des liens étroits, voire corrupteurs, entre le monde économique et la classe politique.

Alors que son fameux conclave sur les retraites entre partenaires sociaux a été un véritable flop, Bayrou se refuse de parler d’échec. Il se propose même de continuer les négociations jusqu’à la mi-juillet quatre mois après le début d’un exercice qu’il avait surtout lancé pour tenter d’éviter une censure du Parti socialiste. Ce qui jusqu’à présent a marché. Quant à la réforme des retraites de 2023, qui instaura un âge de départ à 64 ans, on n’y touche pas. Ou plutôt on discute sur des détails présentés par le Premier ministre comme « des pas en avant ». Vers quoi ? Cela il ne le dit pas. Mais, avant comme après le conclave, l’objectif est clair : balayer par la lutte cette réforme profondément anti-ouvrière.

L’Assemblée nationale discute d’un projet de loi de « refondation », adopté en première lecture en mai dernier au Sénat, supposé remettre sur pied l’archipel de l’Océan indien dévasté en décembre dernier par un terrible cyclone qui a affecté les trois quarts de la population. Mais les discussions à la Chambre ont surtout montré que derrière le terme de « refondation » se cache la volonté de s’en prendre aux migrants, de faciliter leurs expulsions du territoire, voire d’enfermer plus facilement les mineurs et leurs familles. Sur la dramatique situation sur place Courrier international a repris un article du quotidien néerlandais NRC qui montre que la moitié des Mahorais vit avec moins de 260 euros par mois alors que les prix de l’alimentaire sont 30 % plus élevés qu’en Métropole, que 15 000 enfants ne sont pas du tout scolarisés, que l’eau est rationnée, que la mortalité infantile est trois fois plus élevée que dans l’Hexagone, que 70 %des gens vivent sous le seuil de pauvreté et que le taux de chômage dépasse les 37 %. Et loin de changer la situation le gouvernement se contente de faire des migrants les boucs émissaires de cette misère généralisée.

« La perte d’une vie humaine ne signifie plus rien. (…) Vous savez que ce n’est pas juste (…), lorsque les commandants ici deviennent des justiciers. Gaza est un univers parallèle (…) on ne s’arrête même plus pour réfléchir. » Voilà l’un des témoignages d’un soldat israélien, récolté par le quotidien israélien Haaretz qui rapporte que l’armée de l’État sioniste ordonne à ses militaires de tirer délibérément sur les civils gazaouis, lors des distributions d’aides humanitaires dans l’enclave palestinienne. Dans le même temps l’ONG Médecins sans frontières a demandé le démantèlement de la Fondation humanitaire de Gaza, mise sur pied par les États-Unis avec le soutien d’Israël, affirmant que ce dispositif « est un simulacre de distribution alimentaire qui produit des massacres à la chaîne », faisant état de « plus de 500 personnes tuées et près de 4 000 blessées alors qu’elles se rendaient à ces distributions en quête de nourriture ». Chez Netanyahou l’humanitaire a une forte odeur de sang.

La Cour suprême américaine a statué en faveur de la Caroline du Sud qui souhaite supprimer tout financement à Planned Parenthood, organisme à but non lucratif et équivalant là-bas au planning familial. L’affaire ne porte pas directement sur le droit à l’avortement, autorisé pendant les six premières semaines de grossesse dans cet État du sud des États-Unis, mais sur le gel des financements aux organisations qui le défendent. Planned Parenthood gère deux cliniques dans l’État où elle fournit des soins aux personnes à bas revenus grâce au financement de Medicaid, un programme fédéral destiné aux personnes à faibles revenus et géré par les États. Parmi les soins prodigués : des examens médicaux, des dépistages de cancer ou de maladies chroniques comme le diabète, l’anémie ou l’hypertension. Ces établissements pratiquent également des avortements, contribuent au contrôle des naissances et soignent plus particulièrement les personnes LGBT+ ou immigrées. D’autres États républicains pourraient suivre cet exemple en portant un peu plus atteinte aux droits des femmes et des plus pauvres de se soigner.