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Brèves

L’actualité en bref

Nouvelle manifestation de haine islamophobe. Dans les rues de la ville des passants ont découvert des affichettes expliquant « Vous venez d’entrer dans une zone interdite aux musulmans » avec des logos affirmant notamment : « pas de prière de rue », « voile interdit ». Elles ont été collées dans le centre-ville historique et aux abords de l’université. Rappelons qu’en février dernier la salle de prière de Jargeau, à quelques kilomètres de là, avait été incendiée. Le député écologiste de la circonscription, Emmanuel Duplessy, s’est aussitôt adressé par lettre au ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, en affirmant, avec juste raison, que ses « propos répétés à l’encontre des musulmans font partie du problème ». Car si l’islamophobie à des racines profondes, les campagnes anti-migrants menées en haut lieu la font prospérer.

Conformément à la loi, et du fait de son âge (il vient d’avoir 70 ans) Nicolas Sarkozy s’est vu retirer son bracelet électronique, qu’il portait depuis le 7 février, et qui limitait ses déplacements. L’ancien président de la République, condamné en décembre dernier à un an de prison ferme dans l’affaire des écoutes téléphoniques, a donc été admis au régime de la libération conditionnelle. Mais pour lui les tracas ne sont pas terminés. Il attend désormais le délibéré, qui pourrait intervenir courant septembre, dans le procès des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Jugé pour corruption, recel de détournement de fonds publics, financement illégal de campagne et association de malfaiteurs, il encourt cette fois dix ans de prison et 375 000 euros d’amende, ainsi qu’une privation des droits civiques. Il y a donc de fortes chances qu’il retrouve d’ici peu son précieux bracelet.

La défense civile palestinienne a recensé plus de 160 morts en moins de 48 heures sous les bombardements israéliens. En outre l’usage de la faim comme arme de guerre a été dénoncé cette semaine par de multiples ONG (dont le Secours populaire français, Médecins du monde ou Oxfam). Le carnage continue donc avec le soutien de Trump alors que les autres dirigeants des puissances occidentales le condamnent parfois du bout des lèvres mais ne font rien de concret pour le faire cesser.

S’appuyant sur des dizaines de témoignages de femmes originaires du Kenya et embauchées comme employées de maison, l’ONG Amnesty International dénonce les conditions abusives et discriminatoires qu’elles subissent. Beaucoup sont contraintes de travailler régulièrement plus de 16 heures par jour, sans congé et sans pouvoir quitter la maison de leur employeur, qui confisque même leur passeport et leur téléphone. Leur salaire mensuel moyen s’élève à 900 riyals saoudiens (213 euros) par mois, soit environ 0,45 euro de l’heure. Certains employeurs retardent le versement des salaires, d’autres ne les paient pas du tout. Malgré la charge de travail excessive et le salaire misérable, la majorité des femmes ont déclaré que leur employeur les privait de nourriture ou ne leur donnait que des restes, parfois avariés. Elles sont insultées, humiliées, frappées, parfois agressées sexuellement et violées. Enfin de nombreuses femmes ont raconté qu’elles se faisaient traiter de noms très péjoratifs et racistes, tels que hayawana (animal), khaddama (servante) et sharmouta (prostituée), entre autres remarques sur leur couleur de peau et leur odeur corporelle. Dans cette charmante monarchie du prince héritier Mohammed Ben Salmane, grand copain de Macron et de Trump et qui incarne paraît-il « la modernité », les autorités laissent faire quand elles ne nient pas carrément les faits.

Comme on pouvait s’y attendre, la commission d’enquête parlementaire qui a auditionné Bayrou sur le scandale de Bétharram s’est fait pilonner par la droite et l’extrême droite. « Cette façon de traiter les gens est assez dégueulasse », s’est emporté le député MoDem Marc Fesneau, l’ex-ministre de l’Agriculture, très proche de Bayrou, sur Radio J. Il a même évoqué « un procès à charge ». « C’est un naufrage », a affirmé de son côté le député Rassemblement national, Sébastien Chenu, proche de Marine Le Pen, qui a ajouté : « Cette audition m’a mis assez mal à l’aise parce que pour moi, elle ressemblait davantage à un procès de Moscou ». Pas moins. En fait, centristes et frontistes ont deux objectifs en commun : protéger Bayrou, malgré ses mensonges à répétition, et ménager l’enseignement catholique dont ils sont proches et qu’ils défendent mordicus malgré ses dérives multiples. Mais plus étonnant est de voir l’ancien président « socialiste » François Hollande se joindre à ce chœur de faux-culs en voyant dans l’audition de Bayrou une « volonté de chasse à l’homme ». Une façon là encore de voler au secours de Bayrou. Rien de très nouveau de la part de quelqu’un qui s’est toujours refusé à censurer le gouvernement. Une bande de copains et de coquins.

Le 27 avril dernier, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, avait choisi la très droitière chaine de télévision CNews, du groupe Bolloré, pour annoncer qu’elle comptait réaliser de 2 à 3 milliards d’euros d’économie en regroupant ou en fusionnant un tiers des « opérateurs » de l’État qui emploient ensemble 180 000 personnes, sans plus de précision. Une commission sénatoriale a voulu en savoir plus sur ce plan en question. Les membres de la Chambre haute ont été déçus, la ministre restant dans le vague lors de son audition. Seule certitude : elle veut imiter Elon Musk qui, outre-Atlantique, a licencié des milliers de fonctionnaires et fait disparaître nombre d’agences publiques dans des domaines comme la santé, le climat ou la recherche. À nous de ne pas lui laisser faire la même chose ici.

Les sociaux-démocrates danois de la Première ministre Mette Frederiksen et le gouvernement d’extrême droite italien de Giorgia Meloni ont décidé de travailler ensemble pour restreindre le droit d’asile au sein de l’Union européenne. Ils préparent une lettre commune à la Cour européenne des droits de l’homme afin de remettre en cause l’interprétation de la Convention européenne sur le sujet qu’ils trouvent trop laxiste. Le Danemark s’active depuis deux ans pour l’adoption d’une législation qui lui permettrait d’envoyer les demandeurs d’asile… au Rwanda alors que l’Italie veut les expédier en Albanie. Preuve par l’exemple que sociaux-démocrates et néo-fascistes peuvent marcher main dans la main lorsqu’il s’agit de s’en prendre aux migrants. Ces gens-là ne peuvent que susciter le dégoût des travailleurs.

Trois salariés de la même entreprise de maçonnerie – âgés de 45, 56 et 58 ans – ont été écrasés par un mur de pierre qui s’est effondré à Pommard, près de Beaune. Ils travaillaient sur le chantier d’un bâtiment agricole, en vue de réaliser une nouvelle cuverie et un nouveau hangar, dans cette région productrice de vins de renom. Une enquête pour homicide involontaire dans le cadre du travail a été ouverte. Plus de 80 personnes sont mortes au travail depuis janvier dans le pays. En ce qui concerne le seul secteur du bâtiment et travaux publics, on estime qu’en deux décennies près de 3 000 travailleurs ont perdu la vie suite à un accident du travail. Les salariés de ce secteur sont victimes d’accident 1,5 fois plus souvent que l’ensemble des autres salariés. Une véritable hécatombe !

C’est le Figaro qui nous l’apprend. L’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) vient de nommer « signaleur de confiance » le Crif (le Conseil représentatif des institutions juives de France). Ces « signaleurs » sont des lanceurs d’alerte qui collaborent avec l’Arcom pour lui signaler les « contenus illicites » dans les médias audiovisuels et sur les réseaux sociaux. Ils étaient six jusqu’à présent, dont l’expertise était reconnue dans la détection, l’identification et la notification de programmes contraire à la protection des mineurs, à la lutte contre la piraterie audiovisuelle et la cybercriminalité, la cyberviolence, les addictions et la défense des consommateurs. On peut se demander quel pourra être l’apport dans tout cela du Crif, qui assimile antisionisme et antisémitisme et nie tout massacre à Gaza. Comme le note avec justesse le média en ligne Blast, qui a enquêté sur cette affaire : « En confiant cette mission à une association religieuse et aux prises de positions controversées, en particulier alignée sur la protection du gouvernement d’extrême droite génocidaire d’Israël, l’Arcom franchit une borne et ouvre une sérieuse brèche dans ce qui lui restait d’impartialité. »