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Brèves

L’actualité en bref

Dans la presse, la direction de Renault Flins se vante d’avoir reconditionné 50 000 voitures d’occasion en trois ans et parle d’embauches futures. Sauf que l’activité de reconditionnement de véhicule et de pièces occupe toujours une minorité de salariés à Renault Flins. La majorité travaille toujours à l’emboutissage et au ferrage à faire des pièces pour des véhicules neufs pour des sites d’assemblage Renault. Les « nouvelles activités industrielles », mises en avant pour faire de la pub, sont loin d’assurer à elle seules un avenir au site.

… d’après le bulletin Stellantis CEMR Poissy

Selon un rapport de Claire Hédon, la Défenseure des droits, les femmes ainsi que les personnes d’origine étrangère ou en situation de handicap font face à des discriminations dans l’accès aux soins et leur parcours médical, notamment à travers des douleurs minimisées, un refus de prise en charge ou des actes non consentis. Normalement les professionnels de santé n’ont pas le droit de refuser un patient, sauf si la demande de soin ne correspond pas à leur domaine de compétence ou s’ils ont un nombre trop élevé de patients ou si le patient en question a déjà été violent ou insultant à leur égard. Mais dans les faits et sur le terrain, cette règle fait l’objet de nombreuses entorses, que ce soit dans l’accès aux soins ou le parcours de soins. Et le rapport de noter que « le syndrome méditerranéen, préjugé raciste sans fondement médical selon lequel les personnes d’origine nord-africaine ou noire exagèrent leurs symptômes ou douleurs », a quant à lui « pour effet une minimisation des souffrances exprimées » par ces patients « ou un refus de prise en charge, aux conséquences parfois fatales ». Et là, les femmes sont en première ligne. Autres victimes de ces discriminations, les personnes vulnérables économiquement, comme les patients vivant à la rue ou consommateurs de drogues qui en « raison de leur apparence physique, de leur odeur corporelle ou au motif de l’alcoolisation » peuvent se voir refuser l’accès aux urgences.

Dans l’espoir de relancer la natalité, le Premier ministre hongrois a décidé d’exonérer d’impôts les femmes ayant au moins deux enfants. La loi, qui a été votée mardi 29 avril, fait suite à celle de 2020 qui exonérait déjà les mères de quatre enfants. Pour l’extrême droite, les femmes sont avant tout des mères pondeuses, faites pour peupler leur pays et ses usines.

Le National Health Service (NHS), le système de la santé publique du Royaume-Uni, a décidé de tester pour l’autisme tous les mineurs qui veulent transitionner, avec le préjugé selon lequel l’autisme perturberait la perception du genre, disqualifiant de fait les autistes d’être trans. Une politique d’autant plus révoltante que les personnes qui sont en attente d’un tel diagnostic font déjà face à une attente de plusieurs mois, voire années. Une situation qui va donc de fait empirer.

Le premier mai, la fédération anglaise de football a annoncé interdire aux femmes trans de participer aux compétitions. Un alignement direct avec la cour suprême qui avait décidé de baser la définition de « femme » sur la seule biologie. L’empressement de ce revirement transphobe a de quoi surprendre, d’autant qu’il ne concernerait qu’une trentaine de joueuses amatrices dans le pays.

Toujours fidèle à lui-même et à son obsession migratoire, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, vient de publier une nouvelle circulaire pour restreindre l’accès des étrangers à la nationalité française. En janvier dernier déjà il avait déjà durci les conditions de régularisation. Cette fois, il somme les préfets de durcir leurs critères notamment via le renforcement du niveau de maîtrise requis en langue française ou encore sur « l’adhésion aux valeurs de la République ». En outre, au 1er janvier 2026, sera créé un « examen civique qui permettra de connaître auprès du demandeur sa connaissance de notre Histoire par sa connaissance de la culture civique ». Autant d’obstacles supplémentaires mis sur la voie de celles et ceux qui vivent et travaillent ici et qui doivent bénéficier des mêmes droits que tous les habitants. Acquérir la nationalité doit être un droit qui ne soit pas soumis au bon vouloir du très réactionnaire locataire de la place Beauveau.

Le magazine israélien + 972 a révélé la véritable explosion des cas de censure dont est victime la presse israélienne, résultat direct de la stratégie de black-out médiatique menée par le gouvernement de Benyamin Netanyahou. En 2024, les différents médias ont soumis au total 20 770 articles aux censeurs militaires pour examen. La censure est intervenue dans environ 21 reportages chaque jour avec comme résultat 1 635 publications interdites et 6 265 censurées en tout ou partie. Le but de l’opération est d’invisibiliser le génocide en cours à Gaza, la poursuite de la colonisation et de l’annexion en Cisjordanie occupée, auxquels s’ajoutent aujourd’hui le pilonnage régulier du Liban et les vastes opérations militaires en Syrie. Et plus cette aventure militaire sanglante continuera, plus les Israéliens verront se restreindre leurs droits démocratiques.

Cinq mois après l’annulation du premier tour de l’élection présidentielle pour cause d’interférences russes, les Roumains ont de nouveau voté en masse pour un candidat d’extrême droite, cette fois George Simion. Ce dernier, qui se présente comme antivax, « patriote chrétien », anti-système et grand admirateur de Donald Trump, a obtenu 40,5 % des voix, loin devant le candidat centriste arrivé en seconde position. Il a aussi joué sur le fait que nombre de ses compatriotes sont fatigués et déçus par une classe politique corrompue et déconnectée des réalités du terrain alors que le pays est un des plus pauvres de l’Union européenne. De plus, beaucoup craignent d’être entraînés dans la guerre qui touche l’Ukraine voisine. Son discours « dégagiste », populiste et pacifiste a séduit nombre d’électeurs populaires, notamment dans les campagnes. En Roumanie, comme dans de nombreux autres pays en Europe, l’extrême droite progresse en partie parce que la gauche traditionnelle, éliminée dès le premier tour, est incapable d’apporter des solutions aux problèmes quotidiens des plus pauvres.

La proposition de François Bayrou d’organiser un référendum sur « un plan d’ensemble » de réduction des déficits publics a provoqué un énorme éclat de rire dans la classe politique et bien au-delà. D’une part parce que l’initiative d’un tel référendum revient au président de la République et d’autre part parce les textes législatifs en vigueur ne le permettent pas. Mais on peut s’interroger pourquoi cette volonté de demander son avis au bon peuple ne s’exprime jamais pour savoir ce qu’il pense du report à 64 ans de l’âge de la retraite, des sacrifices demandés aux retraités ou aux demandeurs d’emplois, ou des coupes claires pratiquées dans les budgets la santé ou de l’éducation. Une conception très particulière de la démocratie.