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Brèves

L’actualité en bref

Hélène Perlant, la fille de François Bayrou, a révélé sur le plateau d’« À l’Air libre », l’émission vidéo de Mediapart, que son père avait bien rencontré le juge Christian Mirande pour parler de l’enquête pour viol visant le père Carricart, ex-directeur de Notre-Dame de Bétharram. Dans un premier temps Bayrou avait nié cette rencontre puis avait reconnu avoir croisé le magistrat, « son voisin de longue date », mais sans parler du dossier d’enquête, en théorie couvert par le secret de l’instruction. La prochaine fois Bayrou va sans doute nier qu’il a une fille.

Le site web d’information StreetPress a révélé que le fils de Louis Laugier, directeur général de la police nationale, a cofondé à Nantes un groupuscule fascisant, la Ligue ligérienne, après la dissolution pour incitation à la haine et à la violence d’un autre mouvement d’extrême droite, le Bastion social. Ce groupe se décrit comme « nationaliste révolutionnaire » et a appelé le 10 mai à une marche néo-nazie à Paris qui a été interdite. Questionné par Mediapart, le ministère de l’Intérieur ne voit pas où est le problème. Mais on peut cependant supposer que si le fiston en question avait été non pas un fasciste mais un militant actif dans le soutien au peuple de Palestine, Bruneau Retailleau serait rapidement intervenu pour y mettre bon ordre.

Fonderie de Bretagne de Caudan, qui fabriquait jusqu’à présent des pièces d’automobile, vient d’être reprise par la société Europlasma qui va fabriquer… des obus. On peut comprendre que les 266 salariés (sur 286) qui vont conserver leur boulot soient soulagés. Mais cette reprise s’inscrit dans le cadre de la politique de militarisation décidée par Macron. La guerre d’Ukraine tue et détruit, mais elle booste aussi les affaires des marchands de canon. Or, même si, dans l’immédiat, des emplois sont sauvés, demain, ce seront peut-être les enfants de ceux qui fabriquent des armes qui seront envoyés au casse-pipe ou les sites de production militaire qui seront bombardés si une guerre éclate…

Mardi et jeudi dernier, plusieurs dizaines de conducteurs de bus se sont mis en grève. Depuis que le réseau CAT 35 a été repris par la société Transdev, leurs conditions de travail, qui étaient déjà très dures, se sont dégradées. La direction a recours plus fréquemment à des semaines de six jours et à des repos réduits au minimum légal de neuf heures consécutives. Bonjour la vie de famille. La direction a aussi annualisé les « primes de performance » et les conducteurs craignent que ça aboutisse à une réduction des salaires. Ces débrayages ont sans doute gêné les habitants de la région malouine qui se rendent au travail en bus, mais dans leur grande majorité, ceux-ci ont compris que leurs intérêts sont les mêmes que ceux des conducteurs. Les changements mis en place par Transdev frappent aussi les usagers, avec des suppressions de lignes et un système aberrant de « navettes à la demande » qui a obligé certaines personnes à poireauter des heures. Solidarité avec les conducteurs de bus, pour un vrai réseau public au service de tous et toutes !

Nouveaux démantèlements de camps de migrants originaires de l’Afrique subsaharienne. La garde nationale a mis le feu à leurs tentes installées dans des oliveraies du centre est du pays. Plus de 3 000 exilés ont été forcés de partir. 2 500 personnes en situation irrégulière ont dû quitter les lieux à Henchir Al Karkni dans la localité d’El Amra alors que 800 autres connaissaient le même sort au camp Ouled Hmed près de Jebeniana. Les associations de défense des droits humains appellent depuis des mois à mettre fin aux campagnes de haine xénophobe envers les Subsahariens mais elles aussi sont devenues des cibles pour les autorités qui ont fait emprisonner, sous des prétextes divers, nombre de leurs membres. Le bilan mortifère du président Kaïs Saïed s’alourdit.

Profitant de son bref passage dans l’île, Macron a promis la création d’une commission franco-malgache d’historiens chargée de faire un « travail de mémoire » sur le soulèvement anti-colonial qui se déroula dans le pays entre mars 1947 et fin 1948. Ses causes : le rétablissement du travail forcé, la confiscation des récoltes, les pénuries alimentaires et la répression constante et quotidienne des troupes françaises. Au total, entre 40 000 et 100 000 personnes perdirent la vie, dont au moins 18 000 du fait de la répression de l’insurrection et le reste victime de malnutrition et de maladies parmi les populations déplacées. Comme il l’avait déjà fait avec l’Algérie, Macron refuse de s’excuser pour ces crimes et se réfugie derrière le travail futur des historiens. On ne sait pas trop ce que ces derniers vont découvrir de nouveau sur le sujet, mais ce qui est sûr c’est qu’il ne faut pas être Sherlock Holmes pour désigner le seul coupable : le colonialisme français.

Quelques heures après l’attaque perpétrée par un lycéen à Nantes, qui a poignardé quatre de ses camarades entraînant la mort de l’une d’entre eux, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, s’est rendu aussitôt sur place pour déverser sa bile sécuritaire en déclarant : « Ce n’est pas un fait divers, c’est un fait de société. Nous sommes dans une société qui a encouragé le laxisme, qui a voulu déconstruire les interdits, l’autorité, l’ordre, les hiérarchies, et qui a accouché de toute cette violence. » Le fait que le lycéen en question était, selon les témoignages de ses camarades, suicidaire, mentalement dérangé et ait été admis finalement en soins psychiatriques n’émeut nullement le petit coq de la place Beauveau. Il ne s’interroge ni sur les images de violence quotidienne auxquelles est confrontée la jeunesse (de Gaza en l’Ukraine en passant par celle des cités ou des réseaux sociaux), ni sur le mal-être ressenti par toute une partie des adolescents. Encore moins sur le fait que l’on compte actuellement en moyenne un psychologue pour 1 500 élèves dans les établissements scolaires. Ce n’est pas en sortant plus de matraques, plus de tasers et en créant plus de places de prison que l’on résoudra le problème. Mais Retailleau s’en moque. L’important pour lui est de peaufiner son image de premier flic de France et de pourfendeur des jeunes des banlieues. Charognard !

Une enquête publiée par la revue 60 millions de consommateurs montre que 22 bouteilles d’huile d’olive de marques diverses, estampillées « vierge extra » et vendues en majorité en grande surface, présentent toutes des traces de plastifiants et d’hydrocarbures potentiellement dangereux pour la santé, que l’huile soit peu chère ou onéreuse (entre 10 et 60 euros la bouteille sur le panel étudié), bio ou non. Parmi les huiles testées, certaines contiennent 10 mg/kg de MOAH, des hydrocarbures aromatiques dérivés du pétrole utilisés notamment comme lubrifiants pour les moteurs. Bon appétit quand même !

Une commission d’enquête sénatoriale se penche, jusqu’à juillet prochain, sur les multiples aides publiques aux entreprises, une manne financière énorme qui n’est que très peu contrôlée, et encore moins quantifiée de façon précise. Entendu par la Commission, Marc Auberger, inspecteur général des finances, estime son montant : « Environ 170 milliards d’euros. Mais je pense qu’on en oublie… Il se peut que l’on atteigne 200 milliards d’euros. » C’est-à-dire trois fois le budget de l’Éducation nationale. Les grandes entreprises empochent la part la plus importante de ces subventions (42 %), suivies de celles de taille intermédiaire (35 %) et enfin les PME (23 %). Les patrons peuvent donc dire merci à leurs amis du gouvernement… et aux contribuables.