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Brèves

L’actualité en bref

L’affaire n’est pas courante. Onze policiers municipaux ont été interpellés par la police nationale dans leur commissariat et placés en garde à vue. Ils sont soupçonnés de violences, de violations de domicile, d’exactions, de vols et de faux en écriture. Au fil des semaines, les plaintes d’habitants contre eux s’étaient multipliés. Les délinquants en uniforme ont cependant reçu le soutien de la maire Les Républicains de la ville, Kristell Niasme, proche de Bruno Retailleau. C’est d’ailleurs à cette dernière que le président des Républicains a confié la direction de son « observatoire des villes LFI », chargé de fliquer les maires insoumis. Elle ferait mieux de commencer à faire le ménage chez elle.

Conséquence directe de la situation au Moyen-Orient, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a annoncé que le prix de référence du gaz allait subir une augmentation de 15 % en mai. Cette hausse concernera les quelque 7,5 millions de ménages ayant souscrit une offre indexée sur ce prix moyen qui varie tous les mois, soit environ 73 % des particuliers abonnés au gaz. Selon la CRE, ils verront leur facture mensuelle augmenter de 6,19 euros TTC en moyenne le mois prochain. Mais cette hausse de 15 % pourrait bien ne pas être la dernière du genre. Si les marchés se stabilisent au niveau actuel, la facture de gaz des particuliers pourrait encore augmenter de 25 % dans les mois qui viennent, préviennent les spécialistes. Pendant ce temps, les compagnies gazières continuent d’engranger les bénéfices au détriment, comme toujours, des consommateurs.

Quatre migrants, deux hommes et deux femmes, se sont noyés en tentant de monter à bord d’une embarcation, au large d’Équihen-Plage, dans le Pas-de-Calais. Ils ont été emportés par le courant. Une autre personne victime d’hypothermie a été prise en charge par les secours en urgence relative alors que deux enfants ont été conduits à l’hôpital. Malgré le danger, l’embarcation a continué son chemin avec une trentaine de personnes restant à bord. La procureure de la République de Boulogne-sur-Mer, Cécile Gressier, a pointé la responsabilité des passeurs dans ce nouveau drame en oubliant cependant celle des autorités françaises et britanniques, qui, en multipliant les obstacles aux traversées, obligent les migrants à prendre tous les risques. Ouverture des frontières et droit d’installation pour tous et toutes !

Le général Fabien Mandon, chef d’état-major des Armées, a été interrogé par les députés de la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, lors d’une audition consacrée à l’actualisation de la programmation militaire renforçant le budget de la défense d’ici 2030. Et de tartiner sur la menace d’une « guerre ouverte » face à la Russie de Poutine, ce qui justifierait, selon lui, l’augmentation phénoménale des dépenses militaires dans les années qui viennent. Macron a réclamé une augmentation de 36 milliards d’euros pour « accélérer le réarmement » en plus des 413 milliards déjà alloués pour la période 2024-2030. Autant d’argent qui n’ira pas à la santé, à l’éducation ou aux autres services publics. Toutes les déclarations guerrières ou alarmistes de Macron et de ses galonnés ne sont là que pour nous faire avaler la pilule. Pas question de s’y laisser prendre. Guerre à la guerre !

C’est Le Canard enchaîné qui l’indique. Pendant toute la garde à vue de la députée européenne LFI Rima Hassan, le porte-parole du ministère de la Justice, Sacha Straub-Kahn, a informé en temps réel des journalistes du contenu des auditions, pourtant couvertes par le secret de l’instruction. Étaient privilégiés ceux travaillant pour la galaxie des médias Bolloré dans le seul but de tenter d’enfoncer Hassan poursuivie pour apologie du terrorisme pour son soutien au peuple palestinien. Straub-Kahn est un proche du garde des Sceaux, Gérard Darmanin. Peu probable que ce dernier n’ait pas été au courant des magouilles de son très proche collaborateur. Le parquet a été contraint de saisir l’IGPN, la police des polices, pour tenter de remonter le fil de ces fuites. Ce qui ne devrait pas être trop difficile. Ces révélations ont indigné Rima Hassan, qui parle dans un tweet de « scandale d’État ». Un nouvel exemple de la connivence de certains hauts fonctionnaires avec la droite et sa presse.

Invité de la matinale de France Inter, le président des Républicains, Bruno Retailleau, a été interrogé pour savoir ce qu’il pensait des menaces de mort proférées par le sénateur de son groupe, Thierry Meignen, ancien maire du Blanc-Mesnil, à l’égard de la journaliste Nassira El Moadem, autrice d’un livre-enquête sur les pratiques douteuses de la municipalité qu’il présidait jusqu’au mois dernier. Il a d’abord refusé de répondre à la question accusant pêle-mêle les journalistes de vouloir « mettre sur le même plan » Les Républicains et la France insoumise, attaquant au passage le service public et annonçant la création d’un « observatoire » pour placer sous surveillance les maires LFI. Mais relancé sur l’affaire Meignen, il a regretté, du bout des lèvres, un simple « écart de langage » de ce dernier dont il n’était jusqu’alors pas au courant. Sans blague. Ce qui ne l’a pas empêché ensuite d’accuser la radio de « vouloir banaliser la brutalisation de la vie politique ». Question brutalisation il a fait ses preuves lorsqu’il était ministre de l’Intérieur.

La pétition lancée sur le site de l’Assemblée nationale contre le projet de loi de Caroline Yadan, visant à assimiler antisémitisme et antisionisme en interdisant ce dernier, a dépassé les 500 000 signatures. Olivier Faure a déclaré à ce propos que la « quasi-unanimité » des parlementaires socialistes voteraient contre le texte. Deux exceptions notables : celles de Jérôme Guedj, qui n’a jamais caché sa proximité avec la mouvance sioniste, et de l’ancien président de la République, François Hollande. Tous les deux sont d’ailleurs signataires du projet de loi. Un projet soutenu par l’essentiel de la droite et de l’extrême droite. Cependant le groupe centriste Modem de François Bayrou, qui soutient le gouvernement, a suggéré à ce dernier de retirer temporairement le texte de l’ordre du jour en attendant que la situation au Moyen-Orient s’apaise. Car, à l’heure actuelle, l’adoption d’un tel texte, qui sera débattu les 16 et 17 avril, ne pourra apparaitre que pour ce qu’il est vraiment : un soutien direct à la politique criminelle de l’État d’Israël.

Créée en octobre dernier la commission d’enquête sur l’audiovisuel public a conclu ses travaux par l’audition de Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions. À l’issue de cinq mois de travail, les parlementaires, et plus largement le public, n’ont pas appris grand-chose sur les problèmes, les ambitions et les projets de l’audiovisuel public. Et pour cause. Pratiquement toutes les séances ont servi de tribune au rapporteur d’extrême droite, le ciottiste Charles Alloncle, proche du Rassemblement national. Il a passé son temps à tirer à boulets rouges sur les chaînes de télévision et les stations radio du service public les accusant, pêle-mêle, d’être infiltrés par les gauchistes, de dilapider l’argent public et appelant à leur privatisation et leur attribution au secteur privé. Il a multiplié les provocations et les dérapages au point être rappelé à l’ordre par le président de ladite commission et la présidente de l’Assemblée nationale. Qu’importe. Il a utilisé la tribune qui lui était offerte pour déverser sa bile nauséabonde, applaudi par la sphère Bolloré et tout l’écosystème de l’extrême droite médiatique. Avant même de présenter son rapport final cette commission s’est complètement déconsidérée.

Le ministre de l’Intérieur réclame à son homologue britannique une somme de 780 millions d’euros sur trois ans pour stopper l’arrivée en Angleterre des migrants qui traversent la Manche sur des bateaux de fortune. Mais Londres refuse de passer à la caisse, estimant que les mesures prises par la France dans ce domaine sont inefficaces puisqu’elles n’ont pas empêché 154 354 migrants de rejoindre les côtes anglaises au cours des huit dernières années. Depuis la signature de l’accord de Standhurst entre les deux pays, le 18 janvier 2018, les autorités britanniques ont déjà versé 763 millions d’euros à leurs homologues françaises qui les auraient utilisés à bien d’autres usages que le blocage des migrants sur les côtes de l’Hexagone. En résumé la chasse aux migrants fait l’objet de tractations trans-Manche sordides alors que ces sommes pourraient contribuer à les accueillir de façon digne.