Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Comme dans tout le réseau, les collègues font face à un sous-effectif chronique. Après un premier courrier resté sans réponse envoyé à la direction territoriale en décembre 2024, les agents se sont réunis début mars et ont voté la grève. Deux jours de grève majoritaire mi-mars et la menace d’un troisième jour ont contraint la direction à se déplacer… Mi-avril a donc été officiellement annoncé le recrutement de cinq conseillers en CDD, puis de deux agents confirmés issus d’autres agences. Une première victoire qui redonne confiance.

La Cour européenne des droits de l’homme a condamné Paris pour la réponse judiciaire apportée à trois mineures qui avaient dénoncé en vain des viols. La Cour relève que la justice française a « failli à protéger, de manière adéquate, les requérantes qui dénonçaient des actes de viols alors qu’elles n’étaient âgées que de 13, 14 et 16 ans au moment des faits ». Elle souligne donc « l’absence de célérité et de diligence dans la conduite de la procédure pénale ». En résumé, lorsqu’il s’agit de viols, l’institution judiciaire se hâte lentement. Comme le souligne Lorraine Questiaux, avocate de la Fondation des femmes : « Cela fait des années que les féministes le disent, que le problème n’est pas le texte, mais bien un problème culturel profond au sein des juridictions françaises. » On ne lui fait pas dire !

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail a lancé une nouvelle mise en garde sur les effets des pesticides sur la santé, particulièrement sur celle des enfants, notamment l’« altération des fonctions motrices, cognitives, et des fonctions sensorielles chez l’enfant », en lien avec l’exposition prénatale aux insecticides organophosphorés. Ce qui n’empêche pas le ministère de l’Agriculture d’alléger sans cesse la législation sur les pesticides sous prétexte de ne pas nuire à « la compétitivité de notre agriculture ». Aux dépens de la santé et sans état d’âme.

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, vient de sortir une arme imparable contre le trafic de drogue. Il a annoncé sur France Info que désormais les consommateurs et les revendeurs de drogue interpellés se verront confisquer… leurs téléphones portables. Une mesure initiée à l’origine par le procureur de la République de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) et qui vise en priorité les mineurs, les jeunes majeurs ou encore les personnes en situation irrégulière. Quant aux caïds du trafic de drogue cette mesure risque de les faire mourir… de rire.

Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, n’a pas caché qu’il était furieux contre la décision de la justice administrative de rétablir le contrat d’association entre l’État et le lycée musulman Averroès, de Lille, résilié en décembre 2023 par la préfecture du Nord. Les juges ont décidé que cette résiliation n’était pas fondée. Retailleau a donc demandé à sa collègue de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, de faire appel contre cette décision. Le tout au nom, bien sûr, du respect de la laïcité. Sauf que ces derniers temps on n’a pas beaucoup entendu ce catholique du genre intégriste s’en prendre aux établissements catholiques dans l’œil de la justice, comme Notre-Dame de Bétharram à Pau ou Stanislas à Paris, qui s’assoient sur la laïcité. Car ce qui le motive avant tout, c’est sa chasse aux musulmans.

La Légion d’honneur est une babiole créée par Napoléon 1er en 1802 et destinée à récompenser les fidèles serviteurs de l’État. Les titulaires sont supposés faire montre d’une certaine moralité, du moins bourgeoise. Nicolas Sarkozy, condamné à trois ans de prison et à porter un bracelet électronique, peut-il la conserver ? Oui dit Macron, grand maître de l’ordre national de la Légion d’honneur. Pourtant, selon les statuts de la Légion d’honneur, sont normalement « exclues de l’Ordre, les personnes condamnées à une peine d’emprisonnement sans sursis égale ou supérieure à un an ». Qu’importe. Selon le locataire de l’Élysée, même si Sarkozy a piqué dans la caisse, il mérite « le respect des Français ». C’est un sens de l’honneur à géométrie variable qui, venant de Macron, ne peut étonner. Car il récidive. Il n’y a pas si longtemps, il avait conservé la même babiole au violeur Gérard Depardieu qui, parait-il, rendait « fière la France ». La Légion d’honneur ? Un repaire de repris de justice.

En invoquant la concurrence chinoise, le groupe sidérurgique ArcelorMittal a annoncé le licenciement de 636 salariés à travers le pays. Au total, sept sites sont concernés : Dunkerque et Mardyck, dans le Nord, Desvres, dans le Pas-de-Calais, Florange en Moselle, Mouzon, dans les Ardennes, Basse-Indre en Loire-Atlantique et Montataire dans l’Oise, qui ensemble emploient un total de 7 100 personnes. Le groupe a reçu 75 millions d’euros d’aides de l’État, hors crédit impôt recherche et prise en charge du chômage partiel. Il se gave d’argent public et augmente ses profits en licenciant des salariés. L’implacable logique du capitalisme.

Un nourrisson contaminé par le virus du chikungunya est décédé à l’hôpital Saint-Pierre, portant le nombre de morts à dix sur l’île depuis le début de l’année. Si les neuf autres victimes sont toutes âgées de plus de 70 ans, les nourrissons sont aussi particulièrement fragiles face à ce virus. Quatre d’entre eux sont actuellement hospitalisés dans le sud de l’île. Un habitant sur neuf, soit 100 000 personnes, pourraient avoir été contaminées par cette maladie infectieuse transmise par le moustique tigre, un impact pour l’instant moindre que celui de 2005-2006, marqué par plus de 260 000 cas et 250 décès. Lionel Calenge, le directeur général du CHU local, a expliqué : « Tous les jours depuis plusieurs semaines, on accueille entre 30 et 40 patients sur nos deux services d’urgence », ce qui génère « vraiment une grosse tension sur nos capacités ». Et de détailler : « Nombre de lits insuffisant », « taux d’occupation en médecine et en chirurgie de 95 % », « 581 patients hospitalisés pour chikungunya depuis le début de l’année, avec 127 patients en pédiatrie, 46 en néonatologie et réanimation néonatale ». Et de lancer un appel à l’aide pour faire face à une « hausse de l’activité aux urgences de 12 % sur le dernier mois ». De passage dans l’île, Macron a, comme à son habitude, beaucoup promis. Promesses qui n’engagent que ceux qui les croient.

Selon l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique, le nouvel épisode mondial de blanchissement des coraux, en cours depuis janvier 2023, a touché 84 % des récifs coralliens dans le monde. Il s’agit de l’épisode « le plus massif jamais enregistré ». Les coraux sont malades du fait du changement climatique et des activités humaines – surpêche, pollution marine ou encore tourisme de masse. Or s’ils ne représentent que 0,2 % de la surface des océans, ils sont un maillon essentiel de la vie sous-marine. À eux seuls, ils servent de refuge, de réserve alimentaire et de nurserie à 25 % de la biodiversité des océans. Au total environ 850 millions de personnes dans le monde dépendent des récifs coralliens pour leur alimentation, leur emploi ou encore pour la protection des littoraux. Autant dire que leur disparition serait une véritable catastrophe.