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Brèves

L’actualité en bref

Une étude de la revue américaine Science montre que près d’un sixième des sols agricoles dans le monde sont massivement pollués par des métaux toxiques. Au total, près de 1,4 milliard de personnes vivent dans ces régions à risques, tant sanitaires qu’écologiques. De plus, n’étant pas dégradables, ils s’accumulent dans les sols durant plusieurs décennies. Pour parvenir à ce résultat, sept scientifiques ont analysé plus de 1 000 études régionales pour lesquelles 796 000 prélèvements ont été isolés. Ce constat alarmant est dû principalement à l’activité minière effrénée et à l’irrigation avec des eaux polluées. Et ils alertent : « La pollution des sols par les métaux est un problème mondial qui devrait s’aggraver avec la demande croissante de métaux toxiques dans les nouvelles technologies. » On va droit dans le mur, mais on continue de creuser.

Le 24 avril va paraître un livre intitulé Le silence de Bétharram : la plus grande affaire de pédophilie jamais révélée en France. Ce livre est coécrit par la journaliste Clémence Badault et Alain Esquerre, le fondateur du collectif des victimes de l’établissement catholique. Et parmi les témoignages d’enfants martyrisés dans cet établissement on trouve celui… d’Hélène Bayrou, la fille aînée du Premier ministre. Ce dernier continue d’affirmer sans rire qu’il n’était au courant de rien en tant que conseiller général, président du conseil général des Pyrénées-Atlantiques, député, maire de Pau, ministre de l’Éducation nationale, mais aussi père de famille. Bref, une omerta à côte de laquelle celles observées dans les mafias sicilienne, calabraise ou napolitaine sont de la douce rigolade. Il nous prend vraiment pour des jambons de Bayonne ou quoi ?

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué avec emphase « un succès diplomatique pour la France » sur LCI. En quoi consiste ce triomphe ? « C’est la première fois que les Américains, les Ukrainiens et les Européens sont autour de la même table », a dit le ministre. Et qu’ont-ils décidé ? Rien. Bien mieux, à la sortie de la réunion, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, présent à Paris, a jeté un froid en déclarant que « les États-Unis avaient d’autres priorités que l’Ukraine ». Un « succès diplomatique » donc dans la droite ligne des opérations de communication qui tiennent lieu de politique chez Macron.

La députée européenne de la France insoumise, Rima Hassan, a été entendue par la Brigade de répression de la délinquance aux personnes pendant près de onze heures et demie sans pause. Elle a été sommée de s’expliquer sur des tweets de soutien à la cause palestinienne. Elle doit encore être auditionnée pour quatre affaires ayant également trait à son soutien à la Palestine. Rima Hassan, une avocate franco-palestinienne, est depuis de longs mois la cible de toute une partie de la classe politique qui soutient Netanyahou et ses guerres à Gaza et en Cisjordanie. Mais elle n’est pas la seule dans ce cas. De nombreux militants politiques et syndicaux sont eux aussi poursuivis pour apologie du terrorisme du fait qu’ils défendent les Palestiniens. Par contre, parmi tous les politiciens qui sont corps et âme derrière l’offensive militaire sioniste, aucun n’a été inquiété pour apologie de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Un choix délibéré.

Que ne ferait-on pas pour un scoop. Sur son site internet, le quotidien Le Parisien a interviewé un agresseur sexuel et violeur d’enfants condamné à trois reprises. Sa dernière victime, Yanis, s’est suicidée à trois jours de ses dix-huit ans, en apprenant la libération de son bourreau et son installation à trois kilomètres de son domicile. Reconnu coupable des agressions contre Yanis, il avait été condamné en 2023 à cinq ans de prison ferme et quinze ans de suivi socio-judiciaire par le tribunal de Bonneville, en Haute-Savoie. Mais il a bénéficié rapidement d’un aménagement de peine et, de plus, aucune mesure d’éloignement n’a été prise à son encontre. Si la justice a une part de responsabilité dans cette affaire, cela n’enlève rien au caractère indécent et scandaleux d’une telle interview ressentie comme une insulte pas toutes les victimes de tels actes et leurs familles.

Après un scrutin serré au premier tour, le candidat de droite en lice pour sa réélection, Daniel Noboa, fils de l’homme le plus riche du pays à la tête d’un empire industriel de la banane, a été réélu, dimanche 13 avril, avec 56 % des voix contre la candidate du Mouvement de la révolution citoyenne, Luisa Gonzalez. Ce pays de 18 millions d’habitants, où une personne est tuée chaque heure, est devenu une plaque tournante du trafic de drogue. Le scrutin s’est tenu sur fond de violence causée par les narcotrafiquants, Noboa proclamant vouloir encore accentuer la politique sécuritaire déjà adoptée. Les prisons sont pleines à craquer, le président réélu se prépare à en ouvrir toujours plus. Mais cette répression s’exerce contre les pauvres, les capitalistes de la drogue continuent de prospérer.

Depuis janvier un site, dénommé Iceraid, promettait sur les réseaux sociaux de gagner de la cryptomonnaie en signalant aux autorités et en photographiant des migrants illégaux, et accessoirement des « terroristes intérieurs », notamment ceux qui vandalisaient des Tesla, les voitures de Musk. Le site avait été lancé en janvier par Jason Myers, qui se présentait comme un banquier devenu expert en crypto et qui souhaitait « améliorer l’efficacité des agences gouvernementales en facilitant une relation symbiotique avec les citoyens ». Il a fait un triomphe parmi les trumpistes… jusqu’à ce que l’on s’aperçoive qu’en fait Myers était un escroc auquel toute opération de courtage était interdite depuis 2014 pour avoir volé au moins 700 000 dollars à ses clients. Que la campagne ignoble anti-immigrés lancée par Trump attire les truands, quoi d’étonnant ? À truand, truand et demi.

La Commission européenne a publié une liste de sept pays considérés comme « sûrs », limitant, voire supprimant, ainsi les possibilités d’asile pour leurs ressortissants. Les pays inclus dans cette liste sont : le Kosovo, le Bangladesh, la Colombie, l’Égypte, l’Inde, le Maroc et la Tunisie. Cette décision a suscité de vives critiques, notamment de la part des ONG, qui dénoncent une violation du droit d’asile. Mais le Premier ministre indien, l’hindouiste Narendra Modi, multiplie les persécutions à l’encontre de la population musulmane et détient 350 000 personnes sans jugement dans ses prisons ; le président égyptien Sissi, lui, a embastillé entre 60 000 et 100 000 personnes, dont plus de la moitié sont considérées comme des prisonniers politiques, souvent emprisonnés uniquement pour leurs opinions ; en Tunisie, le président Kaïs Saïed mène une chasse aux migrants qui vise principalement ceux originaires d’Afrique sudsaharienne. Les autres pays dits « sûrs » sont plus ou moins à l’avenant. À Bruxelles, tous les prétextes sont bons pour refouler les migrants hors d’Europe.

Alors que les travailleurs de Stellantis se battent pour préserver leur emploi, notamment à l’usine de Poissy, dans les Yvelines, les actionnaires du groupe ont, à leur manière, remercié l’ex-PDG du groupe automobile, Carlos Tavares. Il a quitté ses fonctions à la fin de l’année dernière et touchera 23,1 millions d’euros pour l’année 2024, plus 2 millions d’indemnités de départ et un bonus de 10 millions. Les syndicats ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme des « adieux indécents ». Tout de suite les grands mots. En fait les plus de 35 millions d’euros qu’il va toucher ne représentent qu’un peu plus de cinq Smics par jour. Une misère…