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Brèves

L’actualité en bref

Dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour corruption, le domicile du sénateur Les Républicains Francis Szpiner a été perquisitionné ainsi que le bureau qu’il occupait à la mairie du 16e arrondissement. Une enquête judiciaire a été ouverte. L’affaire a débuté à l’automne 2004 lorsqu’une jeune femme de 26 ans, battue par son conjoint, était, à la recherche désespérée d’un appartement. Avec son faible salaire d’esthéticienne, trouver un logement décent dans le très cossu 16e arrondissement était mission impossible. Elle avait fait appel à une assistance sociale qui lui avait expliqué que les délais pour obtenir un appartement HLM étaient de… six à sept ans. Elle s’était alors adressée à Szpiner, avocat de son état et maire d’arrondissement à l’époque, qui lui aurait promis d’intervenir contre… paiement en nature. Ce qui fut fait. Et finalement, « miracle », elle avait décroché un logement quelques mois plus tard. Spziner, candidat possible à la succession d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris l’an prochain, nie tout en bloc. Ce qui laisse les trois magistrats instructeurs sceptiques. Ils se demandent sans doute si le septuagénaire n’a pas, d’une façon crasseuse, profité de la crise du logement.

Soutenus par leur syndicat, la CGT, les dockers du port de Fos-sur-Mer, ont retardé les opérations d’accostage d’un navire, le Nexoe, de l’armateur danois Maersk. Le bâtiment, sous pavillon hongkongais, était en transit vers Tanger, au Maroc, où il devait charger des composants d’avion F-35 du fabricant Lockheed Martin destinés à l’armée israélienne, avant de poursuivre sa route vers le port de Haïfa. Les dockers ont appelé à une mobilisation plus large, incitant les travailleurs portuaires et les syndicats dans d’autres pays, notamment en Espagne, au Maroc et en Turquie, à bloquer l’accostage des navires Maersk spécialisés dans le transport de matériel de guerre à destination d’Israël.

La direction de l’usine de Sandouville a été assignée en justice par des syndicats, pour recours abusif à l’intérim. En 2024, année de record de ventes du Trafic, 600 des 1700 salariés étaient intérimaires, principalement sur les chaînes de montage. Comme Renault prévoit une baisse des ventes l’an prochain, le groupe veut mettre dehors plus de la moitié d’entre eux. Rien à voir avec l’électrique ou les amendes de l’Union européenne (qui ont été annulées). L’objectif est clair : la direction veut pouvoir jeter les salariés comme des kleenex quand elle n’en a plus besoin, sans s’embarrasser avec des procédures de licenciements ou des RCC. Le projet des patrons, c’est le retour au 19e siècle… en calèche électrique.

… d’après le bulletin Renault Lardy

Les deux ministres venus à l’usine Lagardère à Toulouse le 4 avril n’avaient pas les mains vides : ils ont confirmé l’aide de 285 millions d’euros en 2025 accordée au Conseil pour la recherche aéronautique civile (Corac). Au même niveau qu’en 2024, comme le demandait Guillaume Faury, le dirigeant du groupe Airbus. L’austérité, ce sera pour les services publics…

… d’après le bulletin L’aile rouge (aéronautique, Toulouse)

Alors que le gouvernement accélère sa politique d’augmentation des budgets militaires, les cadences et la pression ont augmenté chez Mecabrive Industries, sous-traitant pour la défense et l’aéronautique en Corrèze. En sous-effectif, les salariés sont passés à six jours de travail par semaine et n’en peuvent plus. Une quarantaine d’entre eux se sont mis en grève la semaine dernière. L’augmentation des budgets militaires ne profitera qu’aux patrons de l’industrie d’armement : pour les travailleurs du secteur, il n’y aura que ce qu’ils iront chercher par eux-mêmes, par la grève, comme à Mecabrive !

… d’après le bulletin L’aile rouge (aéronautique, Toulouse)

« Aucune aide humanitaire n’entrera à Gaza », vient de déclarer le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, ajoutant qu’il n’y avait « aucun préparatif en ce sens ». L’État sioniste bloque l’entrée de l’aide humanitaire depuis le 2 mars dans le territoire palestinien, où l’ONU observe une situation alarmante pour les 2,4 millions d’habitants et note que l’on connait « probablement la pire situation humanitaire » depuis le début de la guerre. Outre qu’ils sont bombardés en permanence, les Gazaouis souffrent d’une pénurie de nourriture, d’eau, de carburant, de médicaments et d’autres produits de première nécessité. Comme le note l’ONG Médecins sans frontières : « Gaza est devenue une fosse commune pour les Palestiniens et ceux qui leur viennent en aide. »

Aurore Bergé, la ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, a dénoncé sur son blog une odieuse « attaque antisémite » dont aurait été victime à Strasbourg « une boulangerie israélienne » (sic). Cette affirmation a été reprise en boucle par des personnalités de l’extrême droite, du centre, voire du Parti socialiste. Problème : elle était fausse et a été démentie par la police, le gérant de la boulangerie et les médias locaux. Il y a bien eu une altercation devant ce commerce du centre-ville (qui fait partie d’une chaîne de magasins présente des deux côtés du Rhin) lorsqu’un touriste israélien a insulté des manifestants pro-palestiniens qui défilaient dans la rue et leur a fait un doigt d’honneur. D’où une altercation avec une manifestante sortie des rangs qui n’avait pas apprécié le geste. L’incident a été bref, il n’y a eu aucune agression physique, à aucun moment la boulangerie n’a été menacée et la manifestation a continué comme si de rien n’était. Aurore Bergé est un farouche soutien de Netanyahou et a présidé à l’Assemblée nationale le groupe d’amitié France-Israël. D’où sans doute son tropisme anti-palestinien.

Il y a 200 ans, le 17 avril 1825, le roi Charles X signait une ordonnance reconnaissant l’indépendance d’Haïti. Cette reconnaissance intervenait 21 ans après une révolution qui avait vu les Haïtiens abolir l’esclavage et chasser la puissance coloniale française. En contrepartie de cette reconnaissance, et sous la menace d’un blocus et d’une intervention militaire, Haïti s’engageait à payer une indemnité de 150 millions de francs de l’époque, destinée à « dédommager » les anciens propriétaires esclavagistes. Cette somme, colossale, représentait alors plus de dix ans de la totalité des recettes fiscales du nouvel État. Pour pouvoir la payer, le pays dut emprunter auprès de banques françaises à des taux d’intérêt usuriers. Au final, cette « dette de l’indépendance » ne sera soldée qu’en 1878, et l’emprunt extérieur finira d’être remboursé en 1922, presque un siècle plus tard. Selon de nombreux spécialistes, ces paiements ont enrayé durablement le développement du jeune État caraïbéen. En 2021, des universitaires estimaient que si Haïti n’avait pas eu à payer cette somme pharaonique et avait réinvesti cet argent dans son économie, le niveau de vie de ses habitants serait aujourd’hui six fois plus élevé, alors que le pays se place, en termes de pauvreté, au 146e rang mondial sur 230 pays. Mais deux siècles plus tard la France refuse toujours toute réparation.

L’association Itinéraires à Caen rencontre des difficultés majeures dans son fonctionnement, particulièrement en ce qui concerne l’accueil des femmes victimes de violences conjugales. En raison d’un manque de places disponibles, l’association a dû refuser plusieurs femmes en détresse. Par exemple, durant la première semaine d’avril 2025, cinq femmes ont été renvoyées sans solution, souvent contraintes de retourner chez elles, mettant leur sécurité en danger. Comme de nombreuses autres associations qui œuvrent dans le domaine social, Itinéraires manque cruellement de ressources pour bien faire son travail. Quant au 115, le service d’urgence téléphonique gratuit pour les personnes sans-abri ou en quête d’un hébergement d’urgence, il indique que ses listes d’attente s’allongent, sans solution. Comme le dirait Bayrou, notre modèle social est vraiment trop généreux…