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Brèves

L’actualité en bref

Selon un récent sondage seuls 42 % des maires en place vont se représenter lors des élections municipales qui auront lieu l’an prochain. Les autres, accablés par les coupes budgétaires et le désengagement de l’État à tous les niveaux, vont jeter l’éponge. Déjà, depuis la dernière mandature, 2 400 ont abandonné leurs fonctions. Comme l’a expliqué l’une des édiles interviewée dans L’Humanité : « Dans un contexte de déliquescence des services publics, les habitants se tournaient vers moi pour régler des problèmes sur lesquels je n’avais aucun pouvoir. On me demandait de l’aide pour obtenir un rendez-vous pour une IRM, pour trouver un enseignant, pour mettre en place davantage de contrôles de police. » Et les choses ne risquent pas de s’améliorer. Car sur les 40 à 50 milliards d’économies supplémentaires que l’exécutif souhaite réaliser dans le cadre du budget 2026, un effort de près de 8 milliards sera demandé aux collectivités territoriales, notamment aux communes. Et s’ils sont considérés comme les élus les plus populaires et les plus proches de leurs administrés, les maires n’en sont pas moins devenus, surtout dans les petites et moyennes communes, des catalyseurs du mécontentement et des nombreuses frustrations populaires contre le pouvoir central dont les représentants sont, eux, bien calfeutrés à l’Élysée et à Matignon.

Samedi 12 avril, une dizaine de milliers de manifestants ont défilé à Budapest contre les lois anti-LGBTI mises en place par le premier ministre Viktor Orbán, notamment d’interdiction de la pride. Manifestation en nuances de gris, avec des drapeaux arc-en-ciel en noir en blanc, pour mettre en avant selon les organisateurs l’absurdité de ce monde défendu par Orbán – et bien d’autres ! – où tout le monde se ressemblerait.

Nouvelle opération de communication du Premier ministre. Entouré de plusieurs de ses ministres – Éric Lombard (Économie), Amélie de Montchalin (Comptes publics), Catherine Vautrin (Santé et Travail), Astrid Panosyan-Bouvet (Travail) et François Rebsamen (Aménagement du territoire) – Bayrou a tenu « une grande conférence » sur l’état des finances pour, parait-il, sensibiliser le bon peuple sur la gravité de la situation budgétaire. Et chaque ministre y est allé de son petit couplet : « il y a trop d’arrêts maladie », « il faut travailler plus », voire « réformer un droit du travail très protecteur qui peut freiner les embauches », etc. Air connu. La situation économique et financière actuelle ne serait donc pas due aux cadeaux faits aux patrons, aux exonérations fiscales et autres, et à la gabegie capitaliste mais… aux salariés, aux retraités et aux chômeurs qui sont les seuls auxquels on demande de faire des sacrifices. Non merci, on a déjà donné…

Le Parlement européen a confirmé une information de Mediapart selon laquelle Andréa Kotarac, porte-parole du Rassemblement national pendant la campagne présidentielle de 2022, cumulait ses fonctions avec celle d’assistant parlementaire européen, ce qui est interdit. En résumé il palpait l’argent de Bruxelles pour aider Marine Le Pen dans sa campagne. Encore un procès en vue ?

Assez peu connue pour son radicalisme et ses velléités contestataires, l’Association des maires de France (AMF) a boycotté la conférence de Bayrou sur les finances à laquelle elle avait été pourtant conviée. Et d’expliquer qu’il s’agissait simplement « d’une séquence de communication » en soulignant qu’« aucun ordre du jour détaillé ou document de travail n’a été fourni aux organismes convoqués » à cette grand-messe. Les maires étaient invités pour servir de faire valoir, pas pour faire valoir leur position. Bref, beaucoup de bruit pour rien. Avec Bayrou on commence à être habitué.

La Cour des comptes vient de publier une note d’information sur les objectifs de l’assurance maladie dans laquelle elle offre des « pistes » pour diminuer le déficit des trois branches de la Sécurité sociale. Parmi ces pistes : moins rembourser les médicaments ou plutôt moduler leur remboursement en fonction des revenus. Le reste à charge serait plus grand pour les revenus les plus élevés. Cela au nom de l’équité et de la solidarité. C’est oublier un peu vite que la solidarité s’applique déjà par le biais des cotisations, qui varient en fonction des salaires. Si on veut vraiment renflouer les comptes sociaux, il suffit d’aller chercher l’argent là où il se trouve : dans les milliards d’euros de bénéfices réalisés par les trusts pharmaceutiques sur le dos de la Sécu.

Les principales organisations de défense des journalistes et de la liberté de la presse (SNJ, CGT, CFDT, Reporters sans frontières, Fédération internationale des journalistes, etc.) appellent les professionnels des médias à se rassembler aujourd’hui 16 avril à 18 heures, sur les marches de l’Opéra Bastille, en soutien à leurs confrères et consœurs de Palestine. Et de rappeler à cette occasion qu’en un an et demi de guerre à Gaza près de 200 journalistes et autres collaborateurs des médias ont été tués par des opérations menées par l’armée israélienne alors même qu’ils portaient un casque et un gilet pare-balle floqués du mot « PRESS » qui les identifiaient clairement. Aucun responsable de ces assassinats n’a été traduit en justice. Parmi les slogans retenus pour cette manifestation : « Gaza Stop au massacre des journalistes palestiniens », « Halte à l’impunité des auteurs de ces crimes », « Ouverture immédiate de ce territoire à la presse internationale ».

Devant la dette abyssale que son gouvernement et les précédents ont creusée à coups de cadeaux au patronat, ce n’est pas le bon Dieu de Bétharram que Bayrou a invoqué en conférence de presse, c’est… Lénine et Trotski, qui ont dit que « seule la vérité est révolutionnaire ». Bayrou pense-t-il pouvoir s’appuyer sur eux pour nous faire gober qu’il faudrait se serrer la ceinture ? Même si, par peur d’avoir péché il rajoute qu’il leur préfère quand même Mendès-France. Nous pas. Les Lénine et Trotski ont inspiré la révolution ouvrière qui avait ébranlé le monde, chassant du pouvoir les Bayrou de l’époque et c’est bientôt le 1er mai, journée internationale de lutte des travailleurs et travailleuses, et des jeunes en révolte à leurs côtés. L’occasion de dire partout et ensemble un grand « non » aux politiques militaristes, nationalistes et racistes : ni chair à patrons, ni chair à canons !

Dans ce pays d’Asie, un des plus pauvres et des plus peuplés du monde (170 millions d’habitants), 60 % des enfants, soit plus de 35 millions, présentent des taux de plomb dangereusement élevés dans le sang. En cause : le recyclage informel, et souvent clandestin, des batteries électriques hors d’usage que les pays occidentaux envoient massivement sur place. Elles sont démontées et le plomb récupéré dans des conditions sanitaires effroyables qui conduisent aux pollutions de l’air, du sol et de l’eau. Les enfants sont les premiers à trinquer. Les pays riches décarbonisent leur économie en utilisant les batteries électriques à tout-va et les pays pauvres paient les pots cassés. Comme d’habitude…