Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Après le drame survenu devant un collège de Nogent (Haute-Marne), où un élève a poignardé à mort une surveillante, la droite a, comme son habitude, surfé sur ce fait divers tragique pour vendre sa camelote sécuritaire. Le Premier ministre veut – sous15 jours – interdire la vente de couteaux aux mineurs et faire expérimenter des portiques de détection d’armes à l’entrée des établissements, portiques dont l’efficacité s’est avérée, là où ils existent déjà, des plus douteuses. Retailleau promet plus de policiers et de gendarmes pour fouiller les sacs et Darmanin a redit qu’il voulait supprimer l’excuse de minorité pour les mineurs délinquants. Et tous en chœur de reprendre l’air bien connu de la montée inquiétante de la délinquance chez les jeunes. Une ânerie contredite par les statistiques qui montrent une baisse de 25 % du nombre de mineurs poursuivis par la justice entre 2016 et 2023 (passant de 64 934 à 48 389). Alors oui, bien des jeunes sont mal dans leur peau et dans leur tête, ce qui n’a rien d’étonnant vu la société dans laquelle nous vivons. Pour les aider, il faudrait plus d’enseignants, plus de surveillants, plus d’assistantes sociales et de conseillers pédagogiques à leur écoute. Mais cela coûte trop cher pour nos gouvernants qui préfèrent le recours à la matraque. Pourtant l’exemple des États-Unis, où les tueries dans les collèges et lycées font régulièrement la une des médias, devrait faire réfléchir. Car là-bas ceux qui se rendent coupables de tels méfaits sont passibles… de la peine de mort. Ce qui ne les a jamais empêchés de passer à l’acte.

Romain Clercq, le directeur de l’institution catholique de Bétharram (devenue le Beau-Rameau), près de Pau (Pyrénées-Atlantiques), rendue célèbre pour ses pratiques éducatives plus que douteuses, sera muté à la rentrée au sein d’un autre établissement catholique du département, le collège et lycée privé Saint-Joseph d’Oloron. En poste depuis 2011, il avait été notamment mis en cause par un rapport de l’Éducation nationale qui pointait, en 2024, des « lacunes » dans le signalement d’agressions sexuelles, des interdictions d’aller aux toilettes, un nombre élevé de punitions, etc. Mais cette exfiltration n’est pas passée inaperçue. Des parents d’élèves de Saint-Joseph ont formé un collectif qui refuse l’arrivée de Clercq dans leur établissement et menacent – hérésie suprême – de mettre leurs enfants dans le public. Le respect pour la sainte Église n’est plus ce qu’il était, même chez les culs-bénis.

Les mobilisations contre l’arrestation de migrants et de demandeurs d’asile, parties de Los Angeles en Californie, s’est étendue à de nombreuses grandes villes californiennes comme San Francisco mais aussi à New York, Chicago (Illinois), Seattle (État de Washington), Atlanta (Géorgie), Omaha (Nebraska), Denver, (Colorado), etc. La colère est palpable chez les manifestants confrontés à police d’immigration, à la garde nationale, voire aux Marines, mais aussi à la police locale, souvent aux ordres d’un maire… démocrate. Le meilleur exemple a été donné par New York, où le maire, le démocrate Eric Adams, s’est vanté de ne pas avoir besoin de l’armée pour rétablir l’ordre, mais que la police locale, le New York Police Department, était prête « à parer à toute éventualité ». À Los Angeles, la maire démocrate, Karen Bass, a condamné les « actes de vandalisme et de pillage », sans un mot sur les méfaits des forces de l’ordre. Même une figure emblématique de l’aile gauche démocrate, le sénateur Bernie Sanders, a dénoncé la violence des manifestants en appelant à des protestations non violentes. Face à Trump et à ses hommes armés, les travailleurs et les classes populaires américaines ne peuvent compter que sur leurs propres forces.

Mike Huckabee, l’ambassadeur des États-Unis, a fait mine de s’emporter contre la campagne menée (mollement) par Macron en faveur de la reconnaissance d’un État palestinien. Il a déclaré que Washington ne soutient pas la création d’un État indépendant pour les Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza, des territoires qui, selon lui, appartiennent à Israël. Dans le passé il a soutenu à fond la colonisation israélienne et la violence des colons. Mais, en guise de solution, il préconise de déporter l’ensemble des Palestiniens vers un pays « arabe ou musulman ». Rappelons qu’en août 1940 Hitler avait caressé l’idée de déporter l’ensemble des Juifs d’Europe vers… Madagascar. On connait la suite. Huckabee, un pasteur baptiste très proche de Netanyahou, a les maîtres à penser qu’il mérite.

Le 16 juin va s’ouvrir au Bourget (Seine-Saint-Denis), près de Paris, le salon aéronautique qui se tient tous les deux ans. À cette occasion plusieurs ONG – dont Survie, Attac-Franc ou Stop Fuelling War – avaient assigné en justice l’organisateur de cette manifestation, le Salon international de l’aéronautique et de l’espace, pour interdire la venue d’entreprises fournissant l’armée israélienne en équipements militaires utilisés, entre autres, pour perpétrer les massacres de Gaza. Étaient notamment visées les entreprises israéliennes Aeronautics Group LTD, Ashot Ashkelon, Uvision Air, Israel Aerospace industries mais aussi l’italienne Leonardo SPA, la norvégienne Nammo, l’allemande Thyssenkrupp, etc. Leur recours a été finalement rejeté par le tribunal judiciaire de Bobigny qui a estimé, dans sa grande sagesse, que l’invitation d’entreprises israéliennes ou vendant des armes à Israël ne constituait pas une violation « du droit français réprimant les crimes internationaux ». On peut se demander à partir de combien de dizaines de milliers de morts civils le tribunal estime que le droit français est concerné.

Le politicien d’extrême droite Éric Zemmour a été condamné à de multiples reprises par les tribunaux pour ses propos racistes, homophones, sexistes, anti-jeunes et anti-immigrés. Cette fois il est cité à comparaitre à l’instigation de plusieurs organisations anti-homophobie telles qu’Inter-LGBT, Stop homophobie, SOS homophobie, Mousse, Adheos et Quazar. Elles lui reprochent d’avoir dans son livre, La France n’a pas dit son dernier mot, paru en 2022, qualifié de « légende » la déportation des homosexuels par Vichy et les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Une réalité historique pourtant largement documentée. Mais de cela Zemmour s’en moque. Il sera sans doute condamné à une amende, ce qui ne l’empêchera pas de continuer sa propagande nauséabonde.

Le Sénat, largement dominé par la droite, examine aujourd’hui la « taxe Zucman », du nom de l’économiste qui la préconise, et qui tendrait à instaurer un nouvel impôt plancher fixé à 2 % du patrimoine des foyers fiscaux dont la fortune est supérieure à 100 millions d’euros. Pas de quoi écorner sérieusement le magot des ultra-riches qui ne paient en moyenne que 27 % de leurs revenus en impôts et cotisations sociales contre… 50 % pour le reste de la population. Mais c’est encore trop pour les sénateurs qui devraient rejeter la mesure qui avait été adoptée en février dernier par l’Assemblée nationale. Car l’égalité devant l’impôt est un vœu pieux qui ne concerne jamais les plus riches. Le précédent impôt sur la fortune (ISF) avait été supprimé en 2018 devant l’hostilité du patronat et des nantis pour être finalement limité aux seuls biens immobiliers. La taxe Zucman risque fort de connaître le même sort.

Durant le week-end de la Pentecôte, des militants du NPA-Révolutionnaires étaient présents à Thorens-Glières, en Haute-Savoie, où se tenait le rassemblement « Citoyens résistants d’hier et d’aujourd’hui ». Proche du plateau des Glières, haut lieu de la Résistance en 1944, cette échéance annuelle commence en 2007 pour dénoncer la venue de Nicolas Sarkozy en campagne électorale. Parmi les associations, partis et syndicats présents, nous avons tenu un stand et participé aux débats lors de ces trois jours. Une présence importante pour notre comité local d’Annecy, auquel des camarades de la région ont prêté main forte. Dans les discussions, beaucoup d’idées fusaient, souvent nourries et bordées par les illusions du réformisme. Il était plus que nécessaire d’y faire entendre nos perspectives révolutionnaires qui trouvent souvent des oreilles attentives.

Les autorités iraniennes ont procédé à l’amputation des mains de deux hommes condamnés pour plusieurs affaires de vol et d’autres crimes dans la province centrale d’Ispahan. Les verdicts prononcés contre eux ont été appliqués après que la Cour suprême a confirmé les peines. « La peine d’amputation de main pour deux voleurs professionnels, qui ont été condamnés pour des affaires multiples, vols et crimes tels que le vandalisme et les blessures corporelles intentionnelles, a été exécutée », a déclaré Asadollah Jafari, le chef de la justice de cette province. Les ONG de défense des droits humains ont condamné ces dernières années l’application de ces peines d’amputation prévues par le code pénal islamique iranien. Une justice barbare qui, en outre, a exécuté au moins 230 personnes depuis le début de l’année.