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Brèves

L’actualité en bref

Lors de son entretien avec le président sud-africain Cyril Ramaphosa, à la Maison-Blanche, Donald Trump avait déclaré, vidéo à l’appui, que « des milliers d’agriculteurs blancs » avaient été tués dans ce qui constituait, selon lui, « un génocide blanc ». Coup sur coup l’Agence France-Presse a révélé que toute une partie de la vidéo n’avait pas été tournée en Afrique du Sud et le ministre de la Police de Pretoria, Senzo Mchunu, a publié des chiffres qui montrent que si la délinquance est forte dans son pays, les Blancs ne constituent qu’une infime minorité des victimes. Encore un mensonge raciste de Trump que ses partisans qualifient joliment de « vérité alternative ».

Dernière idée forcément géniale du ministre de la Justice, Gérald Darmanin : supprimer l’argent liquide pour « assécher les points de deal » de la drogue et le remplacer par un euro numérique virtuel. Ainsi toutes les transactions pourraient être tracées par la police. L’idée d’un euro virtuel n’est pas nouvelle et est caressée depuis de nombreuses années par la Banque centrale européenne. Mais sa mise en place demanderait un accord des 27 pays de l’Union. Ce n’est pas gagné. D’ailleurs, après son annonce tonitruante, Gérald Darmanin a fait machine arrière dès le lendemain en renonçant à son idée « parce que nous n’en avons pas les moyens politiques ». Il aurait pu s’en apercevoir plus tôt. Mais l’important c’était surtout de faire parler de lui.

Pour la troisième fois en quelques semaines, Pierre-Édouard Stérin, le milliardaire catholique identitaire qui rêve d’unir la droite et l’extrême droite à travers son plan Péricles, a refusé de se rendre à une convocation devant une commission d’enquête de l’Assemblée nationale. Cette dernière a envoyé un signalement au procureur de la République pour que Stérin soit poursuivi. En théorie, il risque deux ans de prison ferme et 7 500 euros d’amende. Mais en pratique il n’a pas grand chose à craindre. Le Canard enchaîné a en effet montré dans un article que durant les vingt-cinq dernières années aucune des personnes qui avait refusé de répondre à une convocation de parlementaires n’avait été inquiétée. Et pour cause. Les convoqués sont généralement des milliardaires, de gros industriels, des hauts fonctionnaires, d’anciens ministres, des lobbyistes, etc. auxquels la justice ne veut pas chercher des poux dans la tête. S’il s’agissait de simples salariés ou de gens ordinaires, les juges seraient sans doute plus inquisiteurs.

Des militantes du collectif féministe #NousToutes ont mené une action symbolique contre les éditions de l’Observatoire (groupe Humensis), situées près de Port-Royal, dans le sud de Paris. Elles ont déversé de la peinture violette sur la façade du siège de l’éditeur en scandant : « Humensis éditeur d’agresseurs », « Bedos ta gueule ! ». Elles entendaient ainsi protester contre la publication du livre de Nicolas Bedos, La Soif de honte, dans lequel ce dernier, selon elles, « instrumentalise les agressions sexuelles qu’il a commises pour revenir sur le devant de la scène ». La colère des manifestantes est légitime, même si l’appel à la censure peut être discuté. L’acteur et réalisateur a été condamné en octobre 2024 à un an de prison dont six mois avec sursis pour agressions sexuelles sur deux femmes. Au cours de l’audience, Nicolas Bedos s’était défendu d’être « un agresseur sexuel » et avait évoqué « un black out ». Il avait seulement reconnu « une amabilité lourde » en cas d’ivresse. Charmant euphémisme pour qualifier des agressions sexuelles.

Le meilleur passeur du championnat de France et de la Ligue Europa a logiquement été convoqué en équipe de France cette semaine pour la phase finale de la Ligue des nations. Un petit tsunami s’en est suivi sur les réseaux sociaux, deux cibles : le sélectionneur, Didier Deschamps, mais surtout le joueur lui-même, accusé de ne pas suffisamment aimer l’Algérie, dont il aurait pu également défendre les couleurs. Or, contrairement à d’autres joueurs, Rayan Cherki n’a jamais évoqué sa volonté de jouer pour l’Algérie. De même, alors qu’il le pourrait, il n’a fait aucune démarche pour réclamer ses autres nationalités algérienne et italienne. La réalité est plus prosaïque, les joueurs binationaux, quand leur niveau le leur permet, choisissent systématiquement l’équipe nationale qui leur permettra de gagner les plus grandes compétitions, c’est-à-dire les métropoles impérialistes… L’autre football, celui où Cherki virevolterait débarrassé des oripeaux nationalistes, reste à inventer !

Sur TikTok, une vidéo montrant une enseigne Carrefour écrite en arabe et prétendument filmée à Marseille, cumule près de 800 000 vues. Son auteur y dénonce l’usage de la langue arabe dans le pays. Il explique : « Je suis à Carrefour à Marseille… C’est marqué en arabe, est-ce que vous trouvez ça normal ? » Et d’ajouter : « Je suis pas raciste, mais si ça commence à être écrit en arabe à Carrefour, moi je pars de la France. » Mais les journalistes du groupe « Les Observateurs » de France24 ont enquêté sur la vidéo en question. Et il ne leur a pas fallu longtemps pour qu’ils découvrent qu’en fait elle avait été tournée non à Marseille mais… à La Marsa, en Tunisie. Décidément tout est bon pour alimenter l’islamophobie ambiante.

Deux collaborateurs de l’ambassade d’Israël aux États-Unis ont été tués alors qu’ils sortaient du musée juif de Washington après avoir participé à une réception. Leur agresseur, un homme de 30 ans originaire de Chicago, a crié plusieurs fois « Libérez la Palestine » avant d’être arrêté. Si l’on peut comprendre la colère et l’indignation qui peuvent pousser à ce genre d’acte face au génocide en cours à Gaza, il n’empêche qu’un tel attentat ne sert en rien la cause des Palestiniens. Il alimente au contraire la campagne qui assimile la solidarité avec la Palestine à de l’antisémitisme. Cela n’a d’ailleurs pas tardé. Emboitant le pas à Trump, tous les dirigeants occidentaux ont insisté sur le caractère prétendument antisémite de ce meurtre. C’est aller un peu vite en besogne en assimilant le gouvernement de l’État sioniste, ses serviteurs et sa politique d’apartheid à l’ensemble des Juifs. Ce qui est l’essence même du sionisme. En Israël, l’un des premiers à réagir a été le dirigeant de l’opposition parlementaire, le député et ancien général Yair Golan. Il a déclaré : « Le gouvernement de Netanyahou est par ses actions le premier à nourrir l’antisémitisme et la haine d’Israël dans le monde. » Une évidence qu’il convient de rappeler.

Auditionné par la commission d’enquête sénatoriale sur les aides publiques aux entreprises, Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France et patron du groupe de luxe LVMH, s’est emporté contre ses « inquisiteurs » : les sénateurs, Macron, le gouvernement mais aussi la presse, notamment Le Monde et l’Humanité, en niant, contre toute évidence, les 1 200 licenciements en cours dans certaines branches de son entreprise (les maisons de Champagne et de Cognac notamment) et la stratégie d’optimisation fiscale mise en place depuis de nombreuses années qui lui permet de payer un impôt largement minoré. Il avait pris les devants quelques jours avant son audition en faisant publier un dossier dans le quotidien économique Les Échos, qui lui appartient, titré « les patrons face aux pièges des commissions d’enquêtes » et qui assimilait les parlementaires à des « inquisiteurs » pratiquant la « démagogie politique » et la commission d’enquête sénatoriale au « tribunal révolutionnaire de Robespierre ». Heureusement pour lui qu’elle n’a pas le pouvoir de le condamner à la guillotine. Certains le regretteront…

Les salariés de Naf Naf ont appris, lors du dernier Conseil social et économique extraordinaire, que leur direction compte demander du tribunal de commerce de Bobigny (Seine-Saint-Denis) le placement de l’enseigne en redressement judiciaire. Depuis 2018 le groupe de prêt-à-porter collectionne les déboires financiers et enchaîne les repreneurs. Ses effectifs ont chuté de 1170 emplois en 2020 à 700 aujourd’hui. Naf Naf n’est pas une exception. L’Humanité a calculé qu’entre septembre 2022 et mars 2023, plus de 8 000 emplois avaient été supprimés ou menacés de disparition dans une douzaine d’enseignes textiles (Camaïeu, Kookaï, Pimkie, Princesse Tam Tam, etc.). Dans cette branche comme ailleurs il faut se battre pour l’interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous et toutes.