Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Jeudi 10 avril, le groupe milanais ATM a été retenu par IDFM pour exploiter les bus du sud des Hauts-de-Seine. Jean Castex, le PDG de la RATP s’est offusqué de ce marché perdu… mais n’a rien dit quand dans la foulée il a gagné l’exploitation de quatre lignes à Rome ! Mais la farce ne s’arrête pas là : de la gauche à l’extrême droite, à coup de clichés xénophobes, ça agite le drapeau chauvin contre une ingérence étrangère… Comme si un patron français valait mieux ! Car derrière le masque du nationalisme se cache l’exploitation capitaliste, et les conducteurs italiens d’ATM subissent le sous-effectif comme ceux de la RATP. Dans leur recherche du profit, les patrons ne connaissent pas les frontières, nos luttes contre l’exploitation non plus !

… d’après le bulletin TCL (Lyon)

Après cinq épisodes de grève et de manifestations depuis janvier, les traminots berlinois de la BVG (compagnie de transports de Berlin) ont fait plier la direction : l’accord sur une augmentation de salaire de 380 euros, bien qu’effective en juin seulement et étalée sur deux ans, fait bien plaisir ! C’est bien la colère, la mobilisation et la solidarité des collègues, rejoints par les salariés d’entreprises d’entretien de l’espace public, qui ont fait que l’entreprise, redoutant une grève plus longue et plus large, a dû céder. Un exemple de lutte et de détermination pour nous tous !

… d’après le bulletin TCL (Lyon)

En Seine-Saint-Denis, le mois dernier, le volant d’un bus RATP est resté entre les mains de son conducteur en plein service, avec des passagers à bord. Le conducteur de la ligne 105 a réussi à arrêter son bus à temps, évitant la catastrophe. Il a même dû reprendre son service (la RATP lui a généreusement mis à disposition un autre bus) ! Face à la gravité de l’incident, la direction s’est voulue rassurante, « mène l’enquête » et fait réviser tous les bus du même modèle. Mais quand la RATP passe de 2 000 mainteneurs à 700 en cinq ans pour faire des économies, elle ne peut s’étonner que des roues se décrochent, que de l’huile ou du liquide de refroidissement s’écoulent, que des volants s’envolent. Faut-il attendre des morts pour espérer être transportés en toute sécurité ?

… d’après le bulletin TCL (Lyon)

Périphérique coupé, bâtiment de 13 000 m² entièrement détruit, un immense panache de fumée, explosion de bouteilles de gaz, présence de lithium, des milliers de tonnes de papier et carton brûlées… Comme dit Corentin Duprey, président de Syctom, le centre de tri des déchets du 17e arrondissement de Paris qui a brûlé lundi 7 au soir, l’entreprise « a très fréquemment » des départs de feu et sur les cinq centres de tri qu’elle gère, une centaine de feux se déclarent par an, en raison notamment de batteries ou de piles… D’accord, et donc ? Ce n’est pas grave ? Lundi soir, le préfet de Paris, Laurent Nuñez, se contentait de déclarer que les concentrations en particules fines étaient « systématiquement inférieures aux seuils réglementaires ». Quatre jours plus tard, le silence règne. La priorité est bien de compenser la perte des 70 millions d’euros qu’avait coûté ce centre inauguré en 2019 et pas de commander en urgence un bilan de toxicité et de l’impact de la concentration de fumée sur la qualité de l’air. Décidément, rien ne va avec ces guignols !

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a alarmé sur la situation à Gaza, dénonçant notamment le blocus par Israël de l’aide humanitaire. Il a notamment déclaré : « Depuis plus d’un mois, pas la moindre aide n’est entrée dans Gaza. Pas de nourriture, pas de carburant, pas de médicaments, pas de biens commerciaux. Alors que l’aide se tarit, les vannes de l’horreur se sont rouvertes… Gaza est un champ de mort et les civils sont piégés dans une boucle sans fin de mort. » Avec son culot habituel, l’État sioniste a nié tout blocus alors que des files d’attente de centaines de camions apportant de l’aide sont stoppés à la frontière égyptienne. Mais il aurait tort de se gêner, assuré du soutien de l’impérialisme américain et du silence complice des puissances européennes.

La Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) a annoncé, lundi 7 avril, le déconventionnement de sept centres du réseau Ophtalmologie Express, suspectés de pratiques frauduleuses : soins inexistants mais facturés, surfacturation, actes réalisés sans la présence des ophtalmologistes… Le préjudice financier dépasse 6,6 millions d’euros au niveau national, pour cette seule entreprise ! La Cnam assure se structurer pour détecter les fraudes qui sont « de moins en moins artisanales et de plus en plus sophistiquées » de la part « d’acteurs en réseau ». Une cinquantaine de centres de ce type ont été fermés en deux ans. Mais il s’en crée toujours plus, encouragés par les pouvoirs publics et surfant sur la pénurie. Avec la destruction et le rétrécissement du système de santé public, les escrocs ne sont pas près de disparaitre.

Un rapport publié par la défenseure des droits, intitulé « Amendes, évictions, contrôles : la gestion des “indésirables” par la police en région parisienne », met en lumière un ciblage visant principalement de jeunes hommes issus de milieux populaires et de l’immigration. Ce rapport souligne que les pratiques policières, telles que les contrôles d’identité fréquents et les verbalisations multiples, sont utilisées pour évincer ces jeunes de l’espace public. Le terme « indésirables » est celui utilisé par la police elle-même dans son logiciel de main courante. Les prétextes pour les verbaliser sont nombreux : infractions sanitaires durant la période de Covid, tapage, dépôt de déchets, crachats, non-port de gants de scooters, etc. Le texte insiste aussi sur le caractère discriminatoire de ces contrôles basé sur des critères tels que l’âge, le genre et l’origine ethnique qui renforce leur exclusion sociale et économique. Une police anti-jeune et raciste. Ce que l’on savait déjà.

Selon des informations du Canard enchaîné, Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, a reçu fin mars un courrier signé du secrétaire général du Parlement européen, lui indiquant que le contrat d’assistant parlementaire de François Paradol, son actuel directeur de cabinet (et par ailleurs conseiller régional d’Île-de-France), ne serait pas renouvelé. La raison ? Une incompatibilité entre son travail au service du chef du RN et les tâches requises pour un contrat d’assistant parlementaire. Bardella faisait payer par Bruxelles le salaire de son principal collaborateur qu’on ne voyait guère à l’institution européenne. Le même genre de plaisanterie qui a valu à Le Pen sa condamnation. Bardella suit-il la même voie ?

Laurent Wauquiez, le patron des députés Les Républicains, a proposé d’expulser de la Métropole et d’envoyer à Saint-Pierre-et-Miquelon pour les enfermer toutes les personnes dangereuses sous obligation de quitter le territoire français (OQTF). Il avait sans doute à l’esprit l’ex-bagne de Cayenne, en Guyane, ou bien les condamnés envoyés purger leur peine en Nouvelle-Calédonie, ou encore les malheureux qui crevaient dans les bataillons disciplinaires en Afrique. Ces déclarations ont provoqué une levée de boucliers parmi la population et les élus de ce petit archipel d’Amérique du Nord qui se refusent de voir leurs îles utilisées comme « dépotoirs ». Mais de cela Wauquiez s’en moque. Car, en compétition avec Bruno Retailleau, le ministre de l’Intérieur, pour la présidence de son parti, il tente de le doubler sur sa droite en apparaissant encore plus sécuritaire avec le soutien de la presse Bolloré. Plus réac que lui, tu meurs !