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Brèves

L’actualité en bref

Interviewée par la chaine de télévision israélienne I24News, connue pour sa proximité avec le Premier ministre israélien, Marine Le Pen s’est lancée dans un long plaidoyer de défense de Netanyahou qui, selon elle, ferait son possible pour se débarrasser du Hamas tout en tentant de protéger la population civile palestinienne (sic). Pas un mot sur les bombardements des hôpitaux, des écoles, des camps de regroupement, les assassinats ciblés des journalistes et des travailleurs humanitaires et la famine provoquée volontairement en bloquant toute aide alimentaire. Elle a même trouvé « indigne » la déclaration, pourtant bien modérée, de Macron, critiquant l’offensive israélienne. Netanyahou-Le Pen : mêmes fachos, même combat !

La journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie est célébrée aujourd’hui 17 mai. À cette occasion le ministère de l’Intérieur a publié des chiffres qui montrent que les attaques anti-LGBT+ ont augmenté de 5 % en 2024. Au total, 4 800 infractions ont été enregistrées l’an passé, dont 3 100 crimes ou délits (+7 % en un an) et 1 800 contraventions (+1 %). Ces chiffres sont largement sous-évalués puisque l’on estime que seules 4 % des victimes de tels actes portent plainte. « Les crimes et délits augmentent plus vite que les contraventions, or, ils correspondent à des actes plus graves », explique Flora Bolter, codirectrice de l’observatoire LGBTI de la fondation Jean Jaurès. Et de constater : « On reste sur une réalité problématique. » De son côté Julia Torlet, présidente de SOS Homophobie, estime que le climat actuel est « délétère » : des personnalités politiques multiplient les propos anti-LGBT+, ce qui « encourage les actes haineux et leur donne une légitimité ». Et d’ajouter : « Ces discours s’infusent dans la société et deviennent banals, ce qui est dangereux. »

L’État a formé un pourvoi contre la décision de la cour administrative d’appel de Paris qui a reconnu sa responsabilité dans le scandale du chlordécone, un pesticide extrêmement toxique utilisé, avec son aval, dans les bananeraies de Martinique et de Guadeloupe et qui a contaminé les terres, les rivières, le littoral maritime et… plus de 90 % de la population adulte, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire. Les pouvoirs publics ont accordé à tour de bras des autorisations de vente d’insecticides à base de chlordécone alors même que l’on connaissait la dangerosité du produit. Et ce pour le plus grand profit des gros planteurs. Ce pourvoi est un signe de mépris néo-colonial de Paris à l’égard des Antillais et des Antillaises.

Nouvelle manifestation de haine islamophobe. Dans les rues de la ville des passants ont découvert des affichettes expliquant « Vous venez d’entrer dans une zone interdite aux musulmans » avec des logos affirmant notamment : « pas de prière de rue », « voile interdit ». Elles ont été collées dans le centre-ville historique et aux abords de l’université. Rappelons qu’en février dernier la salle de prière de Jargeau, à quelques kilomètres de là, avait été incendiée. Le député écologiste de la circonscription, Emmanuel Duplessy, s’est aussitôt adressé par lettre au ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, en affirmant, avec juste raison, que ses « propos répétés à l’encontre des musulmans font partie du problème ». Car si l’islamophobie à des racines profondes, les campagnes anti-migrants menées en haut lieu la font prospérer.

Conformément à la loi, et du fait de son âge (il vient d’avoir 70 ans) Nicolas Sarkozy s’est vu retirer son bracelet électronique, qu’il portait depuis le 7 février, et qui limitait ses déplacements. L’ancien président de la République, condamné en décembre dernier à un an de prison ferme dans l’affaire des écoutes téléphoniques, a donc été admis au régime de la libération conditionnelle. Mais pour lui les tracas ne sont pas terminés. Il attend désormais le délibéré, qui pourrait intervenir courant septembre, dans le procès des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Jugé pour corruption, recel de détournement de fonds publics, financement illégal de campagne et association de malfaiteurs, il encourt cette fois dix ans de prison et 375 000 euros d’amende, ainsi qu’une privation des droits civiques. Il y a donc de fortes chances qu’il retrouve d’ici peu son précieux bracelet.

La défense civile palestinienne a recensé plus de 160 morts en moins de 48 heures sous les bombardements israéliens. En outre l’usage de la faim comme arme de guerre a été dénoncé cette semaine par de multiples ONG (dont le Secours populaire français, Médecins du monde ou Oxfam). Le carnage continue donc avec le soutien de Trump alors que les autres dirigeants des puissances occidentales le condamnent parfois du bout des lèvres mais ne font rien de concret pour le faire cesser.

S’appuyant sur des dizaines de témoignages de femmes originaires du Kenya et embauchées comme employées de maison, l’ONG Amnesty International dénonce les conditions abusives et discriminatoires qu’elles subissent. Beaucoup sont contraintes de travailler régulièrement plus de 16 heures par jour, sans congé et sans pouvoir quitter la maison de leur employeur, qui confisque même leur passeport et leur téléphone. Leur salaire mensuel moyen s’élève à 900 riyals saoudiens (213 euros) par mois, soit environ 0,45 euro de l’heure. Certains employeurs retardent le versement des salaires, d’autres ne les paient pas du tout. Malgré la charge de travail excessive et le salaire misérable, la majorité des femmes ont déclaré que leur employeur les privait de nourriture ou ne leur donnait que des restes, parfois avariés. Elles sont insultées, humiliées, frappées, parfois agressées sexuellement et violées. Enfin de nombreuses femmes ont raconté qu’elles se faisaient traiter de noms très péjoratifs et racistes, tels que hayawana (animal), khaddama (servante) et sharmouta (prostituée), entre autres remarques sur leur couleur de peau et leur odeur corporelle. Dans cette charmante monarchie du prince héritier Mohammed Ben Salmane, grand copain de Macron et de Trump et qui incarne paraît-il « la modernité », les autorités laissent faire quand elles ne nient pas carrément les faits.

Comme on pouvait s’y attendre, la commission d’enquête parlementaire qui a auditionné Bayrou sur le scandale de Bétharram s’est fait pilonner par la droite et l’extrême droite. « Cette façon de traiter les gens est assez dégueulasse », s’est emporté le député MoDem Marc Fesneau, l’ex-ministre de l’Agriculture, très proche de Bayrou, sur Radio J. Il a même évoqué « un procès à charge ». « C’est un naufrage », a affirmé de son côté le député Rassemblement national, Sébastien Chenu, proche de Marine Le Pen, qui a ajouté : « Cette audition m’a mis assez mal à l’aise parce que pour moi, elle ressemblait davantage à un procès de Moscou ». Pas moins. En fait, centristes et frontistes ont deux objectifs en commun : protéger Bayrou, malgré ses mensonges à répétition, et ménager l’enseignement catholique dont ils sont proches et qu’ils défendent mordicus malgré ses dérives multiples. Mais plus étonnant est de voir l’ancien président « socialiste » François Hollande se joindre à ce chœur de faux-culs en voyant dans l’audition de Bayrou une « volonté de chasse à l’homme ». Une façon là encore de voler au secours de Bayrou. Rien de très nouveau de la part de quelqu’un qui s’est toujours refusé à censurer le gouvernement. Une bande de copains et de coquins.

Le 27 avril dernier, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, avait choisi la très droitière chaine de télévision CNews, du groupe Bolloré, pour annoncer qu’elle comptait réaliser de 2 à 3 milliards d’euros d’économie en regroupant ou en fusionnant un tiers des « opérateurs » de l’État qui emploient ensemble 180 000 personnes, sans plus de précision. Une commission sénatoriale a voulu en savoir plus sur ce plan en question. Les membres de la Chambre haute ont été déçus, la ministre restant dans le vague lors de son audition. Seule certitude : elle veut imiter Elon Musk qui, outre-Atlantique, a licencié des milliers de fonctionnaires et fait disparaître nombre d’agences publiques dans des domaines comme la santé, le climat ou la recherche. À nous de ne pas lui laisser faire la même chose ici.