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Brèves

L’actualité en bref

Nouvel exemple de la militarisation croissante du pays dans le cadre de son réarmement tous azimuts. La nouvelle loi allemande sur le service militaire obligera les hommes dès 17 ans et jusqu’à 45 ans à informer les autorités en cas de séjour de plus de trois mois à l’étranger. Cette disposition, révélée par le journal Frankfurter Rundschau, a déclenché un vif débat sur les réseaux sociaux. C’est en effet l’armée, la Bundeswehr, qui délivrera les autorisations de séjourner à l’étranger. Entrée en vigueur en janvier, la nouvelle loi vise à inciter davantage de jeunes à s’engager volontairement dans une formation militaire. Elle est combattue par toute une partie de la jeunesse qui craint de voir réintroduire le service militaire obligatoire, suspendu en 2011. Guerre à la guerre !

Contrairement à ce qu’affirment Macron et Lecornu, la France continue de livrer des armes à Israël. Le Monde a dévoilé un rapport sur la question rédigé par Urgence Palestine et Palestinian Youth Movement (Mouvement de jeunesse palestinien) d’où il ressort que treize entreprises françaises ont livré au moins 525 cargaisons de matériel militaire à l’État sioniste depuis octobre 2023 et le début de la guerre Gaza. Le gouvernement affirme avec un certain cynisme qu’il s’agit de matériel « purement défensif » ou « destiné à l’exportation ». Il n’y a plus qu’à demander leur avis aux Gazaouis, aux Libanais et aux Iraniens mutilés ou tués.

À l’occasion des dix ans de la création du mouvement « En Marche », Emmanuel Macron a adressé une lettre enthousiaste aux adhérents de son mouvement, rebaptisé deux fois en une décennie pour devenir « La République en marche » puis « Renaissance ». Et d’affirmer sans rire avoir découvert une nouvelle façon de faire de la politique « pour proposer un chemin d’espérance et d’avenir aux Français ». Lorsque Macron a lancé son mouvement il le proclamait fièrement « ni de droite, ni de gauche ». Depuis lors il n’a cessé de faire alliance, au Parlement comme dans les élections, avec la droite, voire la droite extrême. Le mouvement était supposé « dépasser les clivages » et refuser les combines « des appareils politiciens ». Aujourd’hui, Gabriel Attal, qui en a pris la tête, se vautre dans ces combines avec délectation. Quant à ses résultats électoraux ils sont pour le moins très modestes. Mais l’important est que Macron soit content… ou fasse semblant de l’être.

L’ancien ministre des Outre-mer Manuel Valls s’est livré à une violente charge contre Emmanuel Macron qu’il accuse d’avoir tout faux dans la dossier de la Nouvelle-Calédonie dont le futur statut constitutionnel a été rejeté par l’Assemblée nationale. À y regarder de plus près, Valls est d’accord avec Macron sur l’essentiel, à savoir refuser l’indépendance de la Kanaky et ne pas reconnaitre les droits légitimes du peuple kanak. Mais il ne digère toujours pas d’avoir été viré de son poste de ministre des Outre-mer lors de la constitution du gouvernement Lecornu. Tout le reste est du pinaillage et une simple bataille d’egos.

Appelé à la barre de son procès en appel dans l’affaire d’un financement libyen de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007, Nicolas Sarkozy s’est montré égal à lui-même en matière de mauvaise foi et de foutage de gueule. Il ne savait rien de tout cela, ses collaborateurs ont agi sans le tenir au courant, voire il est tombé « dans un piège ». Ce fut notamment le cas à la fin 2005 lorsqu’il laissa plusieurs de ses plus proches négocier un financement de sa campagne avec un haut dignitaire libyen, Abdallah Senoussi, alors même que ce dernier avait été condamné à perpétuité en France pour avoir commandité un attentat qui, en 1989, avait coûté la vie à 170 personnes au-dessus du Niger. L’argent n’a pas d’odeur, même pas celle du sang. Le seul moment de vérité de ces audiences fut lorsque des familles des victimes de cet attentat racontèrent à la barre comment leur protestation avait été « écrasée par la parole de ceux qui ont accès aux micros », dénonçant « le déni » et « le mensonge » des prévenus. Et conclure : « Le déluge médiatique autour de l’ancien chef de l’État nous a sidérés, nous nous sommes sentis très seuls. » Face aux soutiens de Sarkozy et leurs relais dans les médias, les proches des victimes n’avaient aucune chance d’être audibles.

Des « indices sérieux de manœuvres frauduleuses, de manquement délibéré à ses obligations ou de commission d’infractions » permettront une suspension à titre conservatoire des allocations chômage ! C’est la formule adoptée aujourd’hui par l’Assemblée nationale dans un texte qui s’attaque en priorité aux prestations sociales. Dans la continuité du décret sanction du 30 mai 2025 qui permet déjà de réduire de 30 à 100 % les allocations chômage ou le RSA, le gouvernement s’acharne. Un amendement proposé par la gauche permet juste que cette suspension « ne prive pas le bénéficiaire des ressources nécessaires aux dépenses courantes de son ménage ». A aussi été ajoutée la possibilité de « recours » et une durée maximum de suspension de trois mois. La suspension reposera donc sur des « indices »… c’est la porte ouverte à l’arbitraire le plus total. Le gouvernement prétend récupérer ainsi un milliard d’euros. Quant aux riches et aux entreprises dont la fraude fiscale est estimée à plus de 100 milliards d’euros, ils peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Personne n’ira leur chercher noise. La justice de classe dans toute sa splendeur…

Le 23 mars, au lycée Julie-Daubié de Rombas, élèves et personnel ont été les cobayes d’un exercice d’alerte intrusion grandeur nature. Alors qu’aucune information préalable n’avait été communiquée, un individu cagoulé s’est introduit dans l’établissement. Les alarmes ont été enclenchées et tout le monde s’est calfeutré en imaginant le pire. Le faux assaillant circulait dans les couloirs en tambourinant sur les murs. Après des appels au 17, il s’est avéré qu’il s’agissait d’une mise en scène orchestrée par la direction et la police, au nom de la « culture de la sûreté ». Un test qui, selon elles, se voulait « porteur d’enseignement »… Sur la violence policière ? Lors du simulacre d’arrestation, des policiers ont insulté des élèves filmant la scène, leur lançant qu’ils « mériteraient de se faire planter un couteau dans le cœur ». Des flics paradant dans les établissements scolaires et insultant les élèves : c’est le règne de l’insécurité !

Le naufrage d’une embarcation de migrants en Méditerranée centrale a fait au moins deux morts, alors que plus de 70 personnes étaient portées disparues, ont indiqué les ONG Mediterranea Saving Humans (sauvetages humains en Méditerranée) et Sea-Watch (vigile maritime). En outre, 32 personnes ont été secourues. Leur bateau était parti de Libye pour tenter de gagner l’île italienne de Lampedusa. Depuis le début de l’année, 683 migrants sont morts ou ont été portés disparus en Méditerranée centrale. Comme le dit fort justement le porte-parole d’une des ONG concernées : « Ce dernier naufrage n’est pas un tragique accident, mais bien la conséquence des politiques des gouvernements européens qui refusent d’ouvrir des voies d’accès sûres et légales. » Car la politique migratoire de l’Union européenne tue.

La Garde républicaine est supposée être un corps d’élite de la gendarmerie, chargée notamment d’accompagner les cérémonies protocolaires. Mais derrière les ors et les uniformes chamarrés se cache… un sérieux racisme. C’est que vient de révéler un garde franco-algérien de 29 ans qui depuis six ans subit un harcèlement non stop et a porté plainte. Son commandant lui a fait des réflexions du genre : « J’ai pas envie de te voir en djellaba dans la caserne » ; « Tu me tombes pas dans les bras pendant le ramadan », « C’est des Blancs, ils n’ont pas l’habitude de voir des Arabes du 93 en jogging. En plus, t’es Algérien, ça parle fort, vous avez un ton que les gens connaissent pas trop… » Et de lui livrer au final un conseil « amical » : « Je vais te demander de te faire très petit et de t’acclimater. » Contactée la gendarmerie affirme fièrement avoir mis en place un plan d’action « tolérance zéro » contre les discriminations. À l’évidence il laisse à désirer. Et pour cause. Des préjugés comme le racisme et le sexisme sont indissociables de l’institution militaire.