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Brèves

L’actualité en bref

Le 27 avril dernier, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, avait choisi la très droitière chaine de télévision CNews, du groupe Bolloré, pour annoncer qu’elle comptait réaliser de 2 à 3 milliards d’euros d’économie en regroupant ou en fusionnant un tiers des « opérateurs » de l’État qui emploient ensemble 180 000 personnes, sans plus de précision. Une commission sénatoriale a voulu en savoir plus sur ce plan en question. Les membres de la Chambre haute ont été déçus, la ministre restant dans le vague lors de son audition. Seule certitude : elle veut imiter Elon Musk qui, outre-Atlantique, a licencié des milliers de fonctionnaires et fait disparaître nombre d’agences publiques dans des domaines comme la santé, le climat ou la recherche. À nous de ne pas lui laisser faire la même chose ici.

Les sociaux-démocrates danois de la Première ministre Mette Frederiksen et le gouvernement d’extrême droite italien de Giorgia Meloni ont décidé de travailler ensemble pour restreindre le droit d’asile au sein de l’Union européenne. Ils préparent une lettre commune à la Cour européenne des droits de l’homme afin de remettre en cause l’interprétation de la Convention européenne sur le sujet qu’ils trouvent trop laxiste. Le Danemark s’active depuis deux ans pour l’adoption d’une législation qui lui permettrait d’envoyer les demandeurs d’asile… au Rwanda alors que l’Italie veut les expédier en Albanie. Preuve par l’exemple que sociaux-démocrates et néo-fascistes peuvent marcher main dans la main lorsqu’il s’agit de s’en prendre aux migrants. Ces gens-là ne peuvent que susciter le dégoût des travailleurs.

Trois salariés de la même entreprise de maçonnerie – âgés de 45, 56 et 58 ans – ont été écrasés par un mur de pierre qui s’est effondré à Pommard, près de Beaune. Ils travaillaient sur le chantier d’un bâtiment agricole, en vue de réaliser une nouvelle cuverie et un nouveau hangar, dans cette région productrice de vins de renom. Une enquête pour homicide involontaire dans le cadre du travail a été ouverte. Plus de 80 personnes sont mortes au travail depuis janvier dans le pays. En ce qui concerne le seul secteur du bâtiment et travaux publics, on estime qu’en deux décennies près de 3 000 travailleurs ont perdu la vie suite à un accident du travail. Les salariés de ce secteur sont victimes d’accident 1,5 fois plus souvent que l’ensemble des autres salariés. Une véritable hécatombe !

C’est le Figaro qui nous l’apprend. L’Arcom (Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique) vient de nommer « signaleur de confiance » le Crif (le Conseil représentatif des institutions juives de France). Ces « signaleurs » sont des lanceurs d’alerte qui collaborent avec l’Arcom pour lui signaler les « contenus illicites » dans les médias audiovisuels et sur les réseaux sociaux. Ils étaient six jusqu’à présent, dont l’expertise était reconnue dans la détection, l’identification et la notification de programmes contraire à la protection des mineurs, à la lutte contre la piraterie audiovisuelle et la cybercriminalité, la cyberviolence, les addictions et la défense des consommateurs. On peut se demander quel pourra être l’apport dans tout cela du Crif, qui assimile antisionisme et antisémitisme et nie tout massacre à Gaza. Comme le note avec justesse le média en ligne Blast, qui a enquêté sur cette affaire : « En confiant cette mission à une association religieuse et aux prises de positions controversées, en particulier alignée sur la protection du gouvernement d’extrême droite génocidaire d’Israël, l’Arcom franchit une borne et ouvre une sérieuse brèche dans ce qui lui restait d’impartialité. »

Rodolphe Saadé, le propriétaire et PDG de CMA CGM, troisième armateur mondial, basé à Marseille, a été auditionné par la commission sénatoriale sur les aides publiques aux entreprises. Il a notamment été interrogé sur « la taxe au tonnage », un avantage fiscal dont bénéficient les compagnies d’armement maritimes, et en premier lieu CMA CGM, et qui coûte chaque année à l’État entre 5 et 6 milliards d’euros. Il a défendu mordicus cette taxe qui, selon ses dires, a permis à son groupe de dégager des marges importantes et de prendre des participations dans des entreprises comme Air France-KLM et Pathé. En un mot l’État casque et les patrons encaissent.

Interrogé par une commission parlementaire sur les violences physiques et sexuelles qui avaient cours pendant des décennies à l’établissement catholique Notre-Dame de Bétharram, près de Pau, le Premier ministre a débuté son audition en affirmant sans rire : « De ces faits d’il y a trente ans, lorsque les échos sont apparus quelques semaines après ma nomination comme Premier ministre, je n’ai aucun souvenir à cette époque, je n’ai aucun document. » Un gros mensonge, un de plus. Mediapart en a recensé et documenté pas moins de quatorze au cours des trois derniers mots concernant cette affaire. Alors vouloir faire croire qu’en tant que conseiller général puis président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques, député, ministre de l’Éducation nationale, maire de Pau et parent d’élèves, Bayrou n’avait rien vu, rien lu, ni rien entendu sur cette affaire, c’est nous prendre pour des billes. C’est sans doute la conception de l’éthique d’un politicien chrétien-démocrate bon teint et cul-béni.

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, cache de moins en moins ses ambitions présidentielles pour 2027. Et il multiplie les gestes en ce sens. Le dernier en hâte : une réception géante organisée à son ministère avec pas moins d’un millier d’invitations envoyées à tous les parlementaires tricolores (députés, sénateurs, euro-députés). Objectif officiel de cette sauterie géante : « un temps d’échange » (sur un ou des sujets non précisés) suivi d’un « cocktail dînatoire ». Le tout aux frais de la République, c’est-à-dire du contribuable. À l’évidence, Darmanin n’a pas entendu l’appel de Bayrou demandant aux ministres de faire des économies.

Gérard Depardieu a été condamné à dix-huit mois de prison assortis d’un sursis simple, et à deux ans d’inéligibilité pour des agressions sur deux femmes lors du tournage du film Les Volets verts, en 2021. Il sera, en outre, inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles. On peut constater que la justice ne s’est pas montré excessivement sévère à l’égard d’un « monstre sacré » du cinéma qui, depuis 2018, avait été accusé par vingt femmes de violences sexuelles et sexistes. Cependant, alors que s’est ouvert le Festival de Cannes, on ne peut que se réjouir que ces comportements, qui pendant des années ont bénéficié d’une forme de complaisance dans les milieux du cinéma, sont de moins en moins tolérés, les victimes n’ayant plus peur de les dénoncer. Merci à #MeToo.

Les sénateurs ont adopté une proposition de loi présentée par Les Républicains et qui vise à interdire aux associations d’aide aux étrangers (comme la Cimade, France terre d’asile ou Forum réfugiés) d’entrer dans les centres de rétention administrative (CRA). Ces associations interviennent dans ces centres pour aider dans leurs démarches les personnes étrangères enfermées en vue de leur expulsion et les aident à faire valoir leurs droits. Désormais elles seraient remplacées par des fonctionnaires de l’Office français de l’immigration et de l’intégration qui dépendent… du ministère de l’Intérieur. En résumé, ce sont ceux qui envoient ces personnes derrière les barreaux qui seraient supposés défendre leurs droits. Avec Retailleau aux manettes, on peut être sûr que cette défense sera minime, voire inexistante.