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Brèves

L’actualité en bref

Un sondage de l’Ifop, pour le compte de l’association Dons solidaires, révèle que 47 % des ménages déclarent avoir réduit, l’an dernier, leur consommation d’articles d’hygiène pour des raisons financières. Ils n’étaient que 34 % en 2023. Dans le détail, selon ce baromètre, 9 % des sondés se brossent les dents sans dentifrice, 15 % nettoient leur maison sans produit d’entretien, et 17 % d’entre eux ont déjà dû arbitrer entre articles d’hygiène et nourriture. Le maquillage et les soins de coloration sont les grands perdants de ces choix imposés, mais beaucoup renoncent aussi aux déodorants, shampoing, savon, lessive… Le papier toilette est rationné, les douches sont espacées, les bébés sont changés moins souvent faute de quantité de couches suffisantes, ou les serviettes hygiéniques sont remplacées par un substitut de fortune, comme de l’essuie-tout, des mouchoirs, voire des gants de toilettes ou bien des chaussettes. Pour eux, être propre ou manger, il faut choisir…

L’Assemblée nationale a adopté le 2 avril le premier article d’une loi « contre les déserts médicaux ». Si la totalité de la proposition de loi est approuvée début mai, elle servirait, aux dires des députés, à repeupler de médecins les déserts médicaux qui touchent 8 millions de personnes dans le pays, en redirigeant les praticiens hors des zones suffisamment pourvues en praticiens. Pas dit que cela change grand-chose. Car le réel problème reste bien le manque de moyens et de médecins, créé par les coupes budgétaires dans les services publics de santé. Le désert deviendra encore plus aride à mesure que les budgets d’austérité se suivent et aggravent la pénurie.

En mai sera examinée une loi qui vise à ré-autoriser un insecticide de la famille des néonicotinoïdes. C’est pourquoi plus d’un millier de personnes ont manifesté samedi à Paris pour dénoncer la destruction du vivant et les maladies provoquées par l’usage massif des pesticides. La manifestation, initiée par des dizaines d’organisations comme Scientifiques en rébellion ou Alerte des médecins contre les pesticides, appelait à changer de modèle agricole, pour la santé des agriculteurs et de tout le vivant. En d’autres termes, changer de modèle économique.

Depuis la reprise des bombardements, des milliers d’Israéliens se mobilisent pour la fin de la guerre, seule solution pour la libération des otages. Netanyahou et son gouvernement d’extrême droite génocidaire ont au contraire décidé une nouvelle offensive terrestre qui a fait plus d’un miller de morts en une semaine et provoqué de nouveaux exodes. Ne relâchons pas la pression ici non plus face aux massacres à Gaza et la colonisation meurtrière de la Cisjordanie : 4000 personnes ont défilé à Paris ce dimanche.

Depuis le 1er mars, les salariés du public ne reçoivent plus que 90 % de leur salaire en cas d’arrêt maladie de moins de trois mois. Soit une économie de 900 millions d’euros pour le budget de la Sécu. Mais depuis le 1er avril, les salariés du privé sont eux aussi attaqués par une baisse des indemnités journalières, passant d’une cinquantaine d’euros à moins de quarante. Soit une économie de 600 millions d’euros. Au total, la nouvelle loi de financement de la Sécurité sociale permet de nous voler plus d’un milliard et demi d’euros.

Au silence complice des Démocrates, des milliers d’américains ont répondu par la rue par le mouvement « Hands off ! » (Bas les pattes !) dimanche 6 avril. Ce sont des milliers de rassemblements et de manifestations qui se sont organisés à travers le pays, rassemblant des centaines de milliers de personnes et donnant des images impressionnantes à Chicago, Boston, New York ou encore Washington, à l’appel d’associations des droits humains, féministes, des vétérans de l’armée, de syndicats, de défense des personnes LGBT ou encore des immigrés. Les revendications sont multiples, tout comme les attaques de Trump contre les travailleurs et les plus précaires : contre les coupes budgétaires dans le système médical et d’aides sociales, contre les attaques sur les immigrés, que Trump accélère en annulant les visas de travail ou d’études, plus largement pour dire « Bas les pattes » face à la mainmise des milliardaires sur la vie politique. Après un mandat de Biden qui s’est illustré par la violence contre les immigrés et le soutien inconditionnel à Israël dans le génocide en Palestine, Trump s’illustre par une brutalité, tant sur la politique intérieure qu’extérieure, qui enlève le fard habituel du capitalisme et l’impérialisme… Mais on voit que cette brutalité provoque des réactions de colère dans la rue !

Le comté de Los Angeles a présenté ses excuses aux 7 000 enfants qui ont été victimes pendant plusieurs décennies de violences sexuelles et autres dans ce qu’on appelle désormais « les maisons de l’horreur ». Il s’agissait de foyers et de centres de détention pour mineurs dans lesquels ces enfants, venant de milieux défavorisés, étaient placés de force par la police et les services sociaux. Les faits se sont déroulés dans les années 1980, 1990 et 2000. Une enquête a révélé qu’aucune vérification des antécédents du personnel n’avait été effectuée depuis des décennies. Les victimes seront indemnisées pour un total de 4 milliards de dollars. Des sévices semblables visant des enfants ou des adolescents ont été enregistrées dans des conditions similaires dans des pays comme le Canada, l’Irlande et bien d’autres. À chaque fois, on a martyrisé ces enfants sous prétexte de les « éduquer ». Et ce système a fonctionné pendant des décennies avec la complicité des responsables politiques.

Les autorités tunisiennes ont démantelé des camps de fortune de migrants venus principalement d’Afrique subsaharienne. Les camps, installés au milieu d’oliveraies dans les régions d’El Amra et Jebeniana, dans le centre-est du pays, abritaient une vingtaine de milliers de personnes. Ces démantèlements font suite à une campagne xénophobe menée contre eux par le président Kaïs Saïed (et reprise sur les réseaux sociaux) qui, depuis des mois, a fait emprisonner des membres des ONG qui leur venaient en aide. En février 2023, Saïed avait dénoncé l’arrivée de « hordes de migrants subsahariens » menaçant, selon lui, de « changer la composition démographique » du pays. La théorie raciste du « grand remplacement » n’est pas l’apanage de Marine Le Pen et de ses amis…

Michel Ohayon, entrepreneur milliardaire qui a mené à la liquidation des chaînes comme Camaïeu, Gap France ou Go Sport, avec la mise sur le carreau de plusieurs milliers de salariés, vient d’être mis en examen par le parquet de Paris pour banqueroute, abus de biens sociaux, escroqueries en bande organisée, abus de confiance et blanchiment aggravé. En fait il aurait pioché au moins 50 millions d’euros dans la trésorerie des magasins qu’il possédait ou avait rachetés. Il est toujours propriétaire d’une vingtaine de magasins Galeries Lafayette en province. Et si sa holding, la Financière immobilière bordelaise, est en cessation de paiements, avec 500 millions d’euros de passif, Ohayon continue d’habiter un luxueux hôtel particulier. Ce qui montre qu’être un patron voyou poursuivi en justice n’empêche pas de conserver le goût du luxe.