Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Plusieurs organisations – Ligue des droits de l’homme, Syndicat de la magistrature, Syndicat des avocats de France, l’Association de défense des libertés constitutionnelles, Cimade, le Gisti, et Avocats pour la défense des droits des étrangers – ont saisi le tribunal administratif de Montreuil pour réclamer, en urgence, l’annulation d’une note de service de la préfecture de Seine-Saint-Denis instaurant un fichage des étrangers en situation régulière « dont la présence en France représente une menace pour l’ordre public ». Le but avoué est de réunir le maximum d’éléments à charge (venant de la police, de la gendarmerie, de l’administration pénitentiaire, etc.) pour leur refuser des demandes de renouvellement de carte de séjour. Ce fichage s’appuie sur la circulaire Retailleau du 28 octobre 2024 qui vise à durcir les conditions de régularisation des étrangers, sans papiers et autres. La chasse aux migrants continue…

À la recherche de 40 à 50 milliards économies pour équilibrer son budget, Bayrou vient de brandir une nouvelle taxe qui répond au joli nom de Dilico, abréviation qui signifie Dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales. L’idée est de ponctionner un milliard d’euros sur les budgets de 2099 collectivités territoriales, dont la moitié sera prise dans la poche des communes, 220 millions dans celle des départements et 280 millions dans celles des régions. Les collectivités touchées vont bien sûr répercuter cette ponction sur l’ensemble de la population en réduisant un peu plus les budgets sociaux ou en investissant moins dans les équipements collectifs. Quant à faire des économies en freinant la hausse vertigineuse des dépenses militaires, ce n’est pas à l’ordre du jour.

La centrale de Gardanne a recommencé à fonctionner le 1er janvier dernier malgré une procédure judiciaire en cours. Ce redémarrage annoncé en grande pompe lors de la visite de l’ex-ministre déléguée à l’énergie, Olga Givernet, pour promouvoir « l’énergie décarbonée » a surtout pour objectif de rentabiliser l’investissement du groupe EPH du milliardaire Daniel Kretinsky. Un rapport de l’Autorité environnementale pointe en effet des émissions fossiles 16 fois supérieures à la moyenne nationale de cette centrale « biomasse » qui consomme en fait 100 000 tonnes de charbon par an et importe le tiers de son bois du Brésil. Par ailleurs le prix d’achat de l’électricité produite convenu entre l’exploitant et l’État serait de 250 €/MWh, soit quatre fois le prix du marché. Sur l’écologie, l’État est bien laxiste.

… d’après le bulletin Suez La Défense

Depuis le 5 mai, ce sont onze communes du Haut-Rhin où la consommation d’eau est interdite en raison d’une contamination aux PFAS. Cette fois ils proviennent de mousses anti-incendie utilisées sur les pistes de l’aéroport de Bâle-Mulhouse. Les débats sont lancés sur la réglementation, le traitement de l’eau et qui paiera la facture. Mais la directive européenne programmée pour 2026 ne prévoit l’analyse que de 20 molécules dans l’eau. Or il en existe plus de 10 000, utilisées massivement depuis les années 1940 ! Ce n’est qu’en coupant le robinet à la source (études de toxicité systématiques et interdiction des molécules) que pourrait venir le commencement d’une solution. Mais pour cela il faudrait revoir le mode de production de toute l’industrie pétrochimique. Pendant ce temps, les majors de l’eau placent leurs billes en proposant leurs solutions « innovantes » en se présentant comme des chevaliers (vert ou rouge) de l’écologie. Les vendeurs d’eau en bouteille, quant à eux, comptent déjà les billets.

… d’après le bulletin Suez La Défense

Dans la nuit du 3 au 4 mai, Iskis, le centre d’accueil LGBTI de Rennes a été dégradé par des jets de ballons de peinture blanche. Cette attaque homophobe vient s’ajouter aux nombreuses autres qui ont eu lieu en moins d’un mois dans la ville : le centre s’était déjà fait cibler par des jets de peinture fin avril et les escaliers aux couleurs arc-en-ciel de Rennes 2 avaient été repeints en blanc et tagués d’un « union pédale ». Ces violences, qui surviennent un mois avant la pride, ne sont pas isolées. Partout dans le monde, les groupes homophobes liés à l’extrême droite renforcent leur propagande et multiplient leurs actions. Une riposte d’ensemble s’impose.

Nouvelle dinguerie des fous de Dieu au pouvoir à Kaboul. Après nombre d’interdictions imposées dans le domaine du sport, de la culture et de la participation des femmes dans la vie publique, sociale et l’éducation, les talibans viennent de prohiber la pratique des échecs. Selon Atal Mashwani, porte-parole de la Direction des sports, cette décision s’inscrit dans la politique de contrôle des activités considérées comme contraires à la religion, notamment en raison de leur association avec des enjeux financiers. Mais attention, que l’on se rassure : la suspension des échecs est présentée comme temporaire, en attendant que la « question religieuse » soit résolue par les autorités, sans précision de durée. Autre explication possible à cette interdiction : ces misogynes pathologiques ne peuvent supporter un jeu où la reine a infiniment plus de possibilités d’action et de pouvoir que le roi…

Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) a annoncé sa dissolution et la fin de plus de quarante ans de lutte armée menée contre l’État turc pour reconnaître l’autonomie de la région où vivent 17 millions de Kurdes, qui représentant 20 % de la population du pays. C’est le 27 février dernier que leader du PKK, Abdullah Öcalan, qui croupit depuis 1999 dans les prisons du régime, avait appelé à déposer les armes et de mettre fin à une guérilla qui a fait plus de 40 000 morts depuis 1984. Mais, malgré cette dissolution, la répression continue contre les Kurdes, la Turquie bombardant même régulièrement ceux qui vivent en Syrie dans la région autonome de la Rojava. Il est donc peu probable que la disparition du PKK change quoi que ce soit à leur sort. Écartelés entre la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran, les 40 millions de Kurdes se battent depuis des décennies pour qu’on leur reconnaisse une existence nationale. En vain jusqu’à présent…

Cela va sans dire, mais encore mieux en le disant et en l’écrivant. Dans son dernier rapport, l’association de recherche et de réflexion Terra Nova explique que le pays doit continuer à accueillir massivement des travailleurs immigrés pour assurer la pérennité de son modèle social. Selon ses modélisations, entre 250 000 et 310 000 travailleurs immigrés doivent être accueillis chaque année jusqu’en 2040-2050 afin de maintenir le ratio actif/inactif. Les auteurs insistent sur l’importance de ces travailleurs dans certains secteurs clés, notamment ceux en tension, comme les aides à domicile, les ouvriers du BTP ou les agents de propreté. Ils rappellent également que de nombreux professionnels diplômés à l’étranger, comme un médecin sur cinq actuellement en exercice, contribuent à l’économie. Non seulement ces travailleurs immigrés sont nos frères de combat mais, de plus, ils jouent un rôle vital dans l’économie. Quoi qu’en disent les Retailleau, Bardella, Wauquiez, Le Pen et autre Darmanin.

Répondant vertement à Thierry Ardisson, qui dans l’émission de France 2, Quelle Époque !,
avait comparé Gaza à Auschwitz (avant de nuancer son propos), Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), n’a pas eu un seul mot pour condamner les actions de l’État sioniste dans le territoire palestinien (bombardements, attaques d’hôpitaux et d’ambulances, blocage de l’aide humanitaire, exécutions sommaires, dynamitage de maisons, etc.). Il a affirmé dans un long tweet : « Aussi tragique soit malheureusement la situation des populations civiles palestiniennes, jetées dans la guerre par le Hamas, il n’y a pas – et heureusement ! – d’extermination. » On croit rêver ! Avec plus de 52 000 Palestiniens tués, au moins autant de disparus et 112 000 blessés, Arfi peut affirmer toute honte bue qui ce n’est pas une extermination. Réaction similaire d’une autre association sionisante, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), qui, elle aussi, s’offusque de la comparaison avec Auschwitz mais… sans condamner les massacres en cours. En fait, en prenant prétexte de la lutte contre l’antisémitisme, ces gens-là ne font que le service après-vente du gouvernement Netanyahou.