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Brèves

L’actualité en bref

Adolescence, la mini-série britannique de Netflix, montre que la misogynie et la violence se propagent en ligne via les influenceurs masculinistes et finissent par devenir réelles dans les cours d’écoles, pouvant conduire à des drames. C’est pourquoi elle sera bientôt diffusée gratuitement dans tous les collèges et lycées britanniques. Mais ça n’arrivera pas en France, car la ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, est contre. À la place, « déterminée à lutter contre les toutes violences l’école », elle a envoyé avec son collègue de l’Intérieur, Bruno Retailleau, des instructions pour que se tiennent rapidement… des réunions entre préfets, recteurs et procureurs pour « apporter des réponses adaptées » à ces problèmes. En résumé, elle ne fait rien.

Avec le soutien de la majorité gouvernementale, de la droite et de l’extrême droite, le député macroniste Xavier Albertini vient de déposer un projet de loi sécuritaire visant à rendre encore plus difficile la vie des gens du voyage – roms, forains, circassiens, itinérants, etc. – en facilitant leur expulsion des terrains où ils s’installent, en saisissant leurs habitats mobiles, en multipliant les amendes, etc. Sans tenir compte du fait que la loi Besson (adoptée en 2000), qui imposait aux communes de plus de 5 000 habitants de prévoir des aires d’accueil pour les itinérants n’est appliquée, un quart de siècle plus tard, que par 4 % d’entre elles. De plus, lorsqu’elles existent, ces aires sont situées à 52 % à proximité de zones industrielles ou polluées par les déchets. Conséquence : 22 % des familles itinérantes n’ont pas accès à l’eau courante. Et l’espérance de vie de ces perpétuels voyageurs reste inférieure de 15 % à celle du reste de la population. Mais de cela, Albertini et ses amis s’en moquent, trop occupés à raviver les préjugés anti-Roms d’une partie de l’opinion. Consultée sur ce texte, la défenseure des droits a été catégorique : il viole des principes constitutionnels essentiels – l’accès au juge, la proportionnalité des peines, le droit de propriété, l’égalité devant la justice – et risque de renforcer des pratiques discriminatoires à l’égard des gens du voyage.

Le 21 mars dernier Le Monde publiait une tribune titrée : « Pour que l’antisionisme ne serve plus de prétexte à l’antisémitisme ! » Les auteurs présentaient le sionisme comme « un idéal d’émancipation, un ancrage durable, un barrage à la haine, un rempart à l’extermination. » Les 50 000 morts et les milliers de blessés et de disparus de la bande de Gaza apprécieront. En outre ils demandaient à l’avenir que l’antisionisme devienne un délit pénal. Pour répondre à ce texte biaisé et partial, contenant nombre de contre-vérités, une autre tribune, intitulée « Pour que la lutte contre l’antisémitisme ne serve plus de prétexte à la répression », avait été proposée au quotidien du soir, insistant notamment sur le fait que l’antisionisme n’est pas de l’antisémitisme et que nombre de Juifs sont anti-sionistes. Le Monde l’a refusée. En choisissant en quelque sorte son camp.

Un rassemblement devant la direction régionale Île-de-France de France Travail avec le soutien de la CGT chômeurs était organisé jeudi 3 avril. Une formation était dispensée par l’organisme privé Ideko Formation, permettant un financement par France Travail de 8 900 euros par stagiaire, à condition que cette préparation donne lieu à une embauche immédiate. La formation, censée durer six mois, a été financée pour deux mois seulement, ce qui a entraîné le non-paiement des indemnités durant toute la période de la formation, les entreprises partenaires censées embaucher les stagiaires se sont révélées inexistantes et enfin les modules pour passer le titre professionnel n’ont pas été assurés (pas de plateau technique…).

La direction régionale a reçu une délégation des stagiaires et a bien été forcée de reconnaître sa responsabilité. Victoire donc pour ces travailleurs en formation qui pourront rentrer dans leurs droits et suivre la formation comme prévu.

Le magazine spécialisé américain Forbes vient de publier son bilan annuel des milliardaires de la planète. On en compte désormais 3 028, soir 247 de plus que l’an dernier. Leurs fortunes totales cumulées se montent à 16 100 milliards de dollars (14 830 milliards d’euros) soit 2 000 milliards de plus qu’il y a un an. C’est une somme supérieure au produit intérieur brut cumulé de tous les pays du monde, à l’exception des États-Unis et de la Chine. À l’autre bout de l’échelle, 3,6 milliards de personnes (soit 45 % de la population mondiale) vit avec 6,85 dollars (6,31 euros) par jour et 750 millions d’entre elles souffrent de la faim. Un monde qui marche sur la tête.

Un sondage OpinionWay, réalisé pour le cabinet Empreinte humaine auprès de plus de 2 000 salariés, montre que 45 % d’entre eux estiment être en détresse psychologique en raison de leur cadre de travail. Et selon Christophe Nguyen, psychologue du travail et président d’Empreinte humaine, « depuis la crise sanitaire, l’état psychologique des salariés reste particulièrement dégradé. Cela contribue à augmenter encore un peu plus l’absentéisme puisque les problèmes psychologiques sont la première cause d’arrêt de travail ». La non-reconnaissance de leur travail et les pressions subies pour améliorer les performances individuelles (genre cadences infernales) sont les principales causes de cette situation qui n’est prise en considération que par un tiers des entreprises. Les autres s’en moquent. Conclusion : sous le capitalisme beaucoup gâchent leur vie à la gagner.

Les groupes Carrefour et Intermarché sont visés par une enquête de l’Autorité de la concurrence qui les soupçonne d’avoir mis sur pied, depuis novembre 2016, une stratégie collective visant à s’octroyer un monopole sur certains produits bio, ce qui leur permet d’augmenter leurs prix dans leurs magasins. Des pratiques anti-concurrentielles illégales, mais appliquées de façon courante dans la grande distribution… à condition de ne pas se faire prendre.

Éric Zemmour, président du parti Reconquête, a été condamné par la cour d’appel de Paris à 10 000 euros d’amende pour contestation de crime contre l’humanité. Il avait affirmé en 2019 que le maréchal Pétain avait « sauvé » des Juifs français pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce qui lui avait valu à l’époque les chaudes félicitations de Jean-Marie Le Pen. Pétain eut une responsabilité directe dans la mort d’environ 80 000 Juifs dont 11 000 enfants. Zemmour n’est que le dernier en date d’une longue liste de négationnistes qui tentent d’absoudre le régime de Vichy de sa politique raciale.

La cour d’appel du tribunal de Paris a indiqué qu’elle examinerait le dossier de Marine Le Pen « dans des délais qui devraient permettre de rendre une décision à l’été 2026 », soit un peu moins d’an avant la prochaine présidentielle. Une célérité tout à fait exceptionnelle pour cette institution qui a annoncé sa décision quelques heures après que le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, en ait exprimé le souhait devant l’Assemblée nationale. De là à penser que le ministre de la Justice a un peu tordu le bras aux juges, il n’y a qu’un pas. On sait que les justiciables, dans leur grande majorité, doivent attendre parfois des années avant de voir leurs affaires jugées. Un passe-droit donc pour la dirigeante du Rassemblement national qui a reçu l’appui de la droite, de l’extrême droite mais aussi d’une partie de la gauche. Désormais elle est reconnue par ses pairs comme faisant partie intégrante du sérail des défenseurs du régime.