Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Le mois dernier, le pays a produit 720 millions d’œufs de poule de moins qu’en février 2024, soit une baisse de 10 %. Les prix, ont connu un pic à 7,56 euros la douzaine, voire 14 euros dans certains endroits (en France, les prix varient entre 2 et 4 euros). L’épidémie de grippe aviaire n’en finit pas de se propager aux États-Unis. Depuis 2022, plus de 111 millions d’oiseaux, surtout des poules pondeuses, ont été infectés ou abattus. Les licenciements brutaux de plus de 1300 fonctionnaires chargés de la prévention des épidémies par Trump et Musk n’ont fait qu’aggraver la situation.

Trump s’est lancé dans une grande croisade contre l’écologie. Les expressions « crise climatique » ou « énergie propre » empêchent désormais les chercheurs d’avoir des financements. Des milliers de postes sont supprimés dans les agences fédérales de protection de l’environnement. Tout ça pour les profits des entreprises œuvrant dans les énergies fossiles. L’un de ces patrons, Chris Wright, climatosceptique notoire, est même dans son gouvernement. Ce n’est pas qu’avec ses idées réactionnaires qu’il a prévu de nous polluer.

L’annonce de Trump d’augmenter de 25 % les taxes douanières à l’importation pour les voitures provoque une surenchère des pays exportateurs européens. Les ministres de l’Économie français et allemand réclament « une réponse ferme » et menacent d’augmenter en réponse leurs propres droits de douane. Une guerre commerciale, qui se fera sur le dos des travailleurs de l’automobile, d’Amérique comme d’Europe, à qui l’on va imposer des cadences infernales et des licenciements, et sur celui des consommateurs qui vont voir les prix flamber.

Alors que le parquet national financier a réclamé à l’encontre de Nicolas Sarkozy sept ans de prison et 300 000 € d’amende dans l’affaire du financement de sa campagne présidentielle de 2007 par l’ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi, plusieurs responsables du Rassemblement national sont montés au créneau pour le défendre dénonçant notamment « la politisation des tribunaux ». Une défense qui est tout sauf désintéressée. En effet c’est demain, 31 mars, que Marine Le Pen connaitra le verdict dans l’affaire des assistants parlementaires européens payés par Bruxelles mais qui ne travaillaient que pour son parti. En anticipation d’une décision de justice qui ne leur sera probablement pas favorable, les cadres du RN s’acharnent donc à dénoncer « les juges rouges », sous l’emprise du Syndicat de la magistrature, qui auraient pris pour cibles deux innocents, Sarkozy puis Le Pen. Pas sûr que l’argumentation convainque grand monde.

Le 1er avril est prévue une grève nationale des assistants d’éducation et d’autres catégories du personnel de la fonction publique qui risque de perturber le fonctionnement de nombre d’établissements scolaires. Cette mobilisation vise à revendiquer de meilleures conditions de travail et de rémunération et à protester contre les suppressions d’emplois. En parallèle, un préavis de grève a été déposé par l’Union syndicale Solidaires Fonction publique, couvrant la période du 1er avril au 31 mai 2025 et qui concerne l’ensemble du personnel de la fonction publique. La colère du personnel, enseignants et autres, est née notamment de la décision de leur ministre, Élisabeth Borne, de supprimer 470 postes dans le premier degré pour la rentrée 2025-2026, ce qui devrait entrainer la fermeture de 5 000 classes. La ministre évoque la diminution du nombre d’élèves pour justifier sa décision. Les syndicats regrettent, eux, que le gouvernement n’ait pas fait le choix de maintenir les classes en baissant les effectifs par classe pour améliorer les conditions d’apprentissage des élèves et les conditions de travail des enseignants. Mais il ne faut pas rêver. En période d’austérité budgétaire (sauf pour l’armée), l’éducation des enfants n’est pas une priorité pour nos gouvernants.

Les autorités israéliennes ont ouvertement reconnu avoir ouvert le feu sur des ambulances et de voitures de pompiers envoyées pour porter secours à des civils dans le quartier Tel al-Sultant, à Rafah. Neuf secouristes sont portés disparus. Ils étaient membres du Croissant-Rouge palestinien et de la défense civile de Gaza. L’armée israélienne affirme qu’elle avait identifié ces véhicules comme « suspects » mais « après une première enquête, il a été déterminé que certains des véhicules suspects étaient des ambulances et des camions de pompiers ». On tire et on tue d’abord, on enquête ensuite. Une logique implacable d’un occupant génocidaire. Depuis le début de la guerre à Gaza plus de 1000 médecins et infirmiers et 192 travailleurs humanitaires dépendant de l’ONU ont perdu la vie, tous accusés par Israël d’être peu ou prou « complices » des terroristes.

« Quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver ». Cette phrase, tirée d’une pièce de théâtre à succès de l’époque nazie et qui fut reprise ensuite par Baldur von Schirach, le chef des jeunesses hitlériennes, revient aujourd’hui d’actualité. En effet à défaut d’arme de poing, le shérif de Washington sort décret sur décret contre la culture : interdiction de livres à l’école, de 200 mots dans le vocabulaire scientifique et des sciences sociales, suppressions de programmes de recherche, licenciements de chercheurs… Et il vient de décider de reprendre le contrôle des établissements dépendant de l’Institution Smithsonian, à savoir dix-neuf musées et neuf centres de recherche situés en majorité dans la capitale fédérale mais aussi à New York. Il les accuse de mener un « endoctrinement idéologique » subversif et racial. Parmi les musées visés : le Musée d’histoire naturelle, la Galerie nationale d’art, mais aussi le Musée national de l’histoire et de la culture afro-américaines. Désormais, il ne leur sera plus possible d’aborder des sujets comme l’esclavage, la ségrégation ou la lutte pour les droits civiques… La barbarie est de retour.

Un tremblement de terre exceptionnel, de magnitude 7,7, vient de frapper le pays mais aussi la Thaïlande et une partie de la Chine. Des centaines d’immeubles et de maisons se sont effondrés, les routes ont été rendues impraticables, l’eau et l’électricité souvent coupées. Le bilan provisoire est actuellement de plus de 1 700 morts et 3 500 blessés, sans compter des milliers de disparus. Cette catastrophe survient dans un pays très pauvre, aux moyens de secours notoirement insuffisants et, de plus, en proie à une guerre civile, qui depuis février 2021, oppose la junte militaire au pouvoir à des groupes armés de l’opposition. S’il est impossible d’empêcher les catastrophes naturelles, leur bilan en pertes de vies humaines est démultiplié dans des pays appauvris par une exploitation éhontée par le colonialisme d’abord, puis par l’impérialisme, et dirigés par des dictatures féroces.  

 

Le secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, va quitter ses fonctions le 14 avril prochain pour aller pantoufler à la Société générale. C’est la banque qui a annoncé la nouvelle en précisant que le bras droit de Macron rejoindra le groupe bancaire en tant que directeur général adjoint et membre du comité exécutif. Il amènera bien entendu avec lui son précieux carnet d’adresses et ses réseaux. Kohler fait, en quelque sorte, le chemin inverse de Macron qui était passé de la banque Rothschild à la présidence. Un nouvel exemple des relations symbiotiques entre le grand capital et le pouvoir.