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Brèves

L’actualité en bref

Patrick Mignola, le ministre des Relations avec le Parlement, a déclaré sur Radio J, une station de radio communautaire juive, qu’il serait « légitime » de se poser la question de « déchéance de nationalité » concernant l’euro-député insoumise Rima Hassan. Cette dernière est une défenseure intransigeante du peuple palestinien, ce que ne supporte pas Mignola et avant lui le ministre de l’Intérieur Retailleau. Née dans un camp palestinien de Syrie, elle est arrivée en France à l’âge de 9 ans avant d’être naturalisée française en 2010. Depuis le début de la guerre de Gaza, ses prises de position ont déplu en haut lieu, ce qui a lui a valu l’accusation récurrente « d’apologie du terrorisme ». On connait la chanson. Par contre il ne viendrait à l’idée ni de Mignola, ni de Retailleau de demander la déchéance de nationalité pour les franco-israéliens qui défendent Netanyahou et sa politique génocidaire à l’égard des Palestiniens.

Deux députés écologistes, Benjamin Lucas et Léa Balage El Mariky, viennent de saisir le procureur de la République après des propos du ministre des Outre-mer, Manuel Valls, affirmant que « la haine des Juifs vient essentiellement du monde arabo-musulman, en France comme ailleurs ». Ils soulignent d’abord que « Valls met dans la société française une catégorie à part, il explique qu’il y aurait un monde arabo-musulman. La deuxième chose, c’est qu’il accuse nos compatriotes musulmans, d’origine arabe réelle ou supposée, on ne sait pas trop, d’être les responsables de l’antisémitisme dans ce pays ». Une incitation à la haine contre un groupe particulier qui vise des millions de personnes. Et comme l’a fait avant lui le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, Valls oublie soigneusement, au passage, des siècles d’antisémitisme enraciné dans l’histoire européenne, chrétienne, puis repris par une partie de la droite et l’extrême droite. Mais venant de ce triste personnage, rien ne peut plus étonner.

À l’appel de leur intersyndicale, les salariés de l’Office français de la biodiversité ont observé mardi une journée de grève largement suivie dans tout le pays pour protester contre les menaces physiques dont ils sont l’objet de la part de certaines organisations d’agriculteurs – notamment de la Coordination rurale – de la droite, de l’extrême droite… avec le soutien tacite du Premier ministre. Ce dernier, par pure démagogie, les a accusés de rendre plus difficile la vie des agriculteurs, reprenant en creux l’argument de certains syndicats agricoles affirmant que les difficultés que connait le monde agricole proviennent, en grande partie, de la législation sur le respect de l’environnement et des agents chargés de l’appliquer. Ce qui est évidemment plus commode que de mettre en cause la responsabilité de l’agrobusiness, des trusts des engrais et des machines agricoles, voire de certaines banques, dans la grande misère du monde paysan. Plus de 70 attaques ont été recensées contre les agents de l’OFB, y compris des dépôts de lisier, des dégradations de locaux et des menaces de violence.

Une jeune fille de 13 ans et sa mère, âgée de 38 ans, ont été tuées à l’arme blanche par l’ex-compagnon de cette dernière dans le village de Limeyrat, en Dordogne, à une trentaine de kilomètres de Périgueux. Selon le collectif « Féminicides par conjoint ou ex », 18 meurtres de ce type ont été enregistrés depuis le début de l’année 2025. En 2023, 96 victimes de féminicide conjugal avaient été comptabilisées et 122 en 2024, soit plus de dix par mois. Le machisme continue de tuer.

La presse de lundi s’est fait écho de la prochaine visite à Madagascar d’une délégation de deux élus de Guingamp-Paimpol Agglomération (GPA) dans le cadre de la « coopération internationale ». En bons descendants des colonisateurs, les élus « vont accompagner la création de lieux de scolarisation et de développement agricole en transmettant nos savoir-faire et nos techniques ». S’il y a pourtant quelque chose dont les Bretons n’ont pas à se vanter, c’est bien de leur modèle agricole ! Et voilà que nous nous apprêtons à l’exporter ? Soit les élus sont complètement inconscients, soit ils deviennent des agents propagandistes de la FNSEA et du lobby agro-industriel breton.

Mais le comble de l’esprit colonialiste reste à venir. Nos « deux ambassadeurs » emportent dans leurs bagages des maillots de foot pour « faire plaisir aux jeunes Malgaches », à qui personne n’a d’ailleurs rien demandé. Des maillots du club de foot de Pédernec, pas des neufs, mais « des maillots en très bon état qui ont déjà servi » ! Pensez donc, on ne va pas se ruiner, et le plus risible c’est qu’ils sont floqués d’une pub d’un garage bégarrois : du plus bel effet sur le stade de Maritompona, à plus de 10 000 kilomètres de Pédernec et de Bégard !

Dans la tête des élus de GPA, toutes tendances confondues, il n’est pas fini le temps des colonies !

… d’après un communiqué du comité Nathalie Le Mel du NPA-Révolutionnaires

Le Club des prisonniers palestiniens, une ONG de défense des droits des détenus, a annoncé le décès de Walid Khaled Abdoulah Ahmad, 17 ans, originaire de Silwad, à l’est de Ramallah en Cisjordanie, dans la prison de Megiddo, dans le nord d’Israël. Les circonstances de sa mort sont pour l’heure inconnues. C’est le 63e Palestinien à mourir en détention en Israël depuis le 7 octobre 2023. D’autres cas de détenus morts dans les prisons israéliennes ont été documentés par des organisations de défense des droits humains, notamment l’ONG israélienne B’Tselem, depuis l’attaque du 7 octobre. Elles ont fait état d’une détérioration des conditions de détention des Palestiniens, évoquant de « mauvais traitements systématiques » et de la « torture ». Dans un rapport publié l’an dernier, l’ONG Défense des enfants palestiniens, indiquait pour sa part que chaque année, environ 500 à 700 enfants palestiniens, dont certains n’ont que 12 ans, sont détenus et poursuivis par le système judiciaire militaire israélien, l’accusation la plus courante étant d’avoir… jeté des pierres. De dangereux terroristes, on vous dit…

S’alignant, une fois de plus, sur la droite et l’extrême droite, Manuel Valls, interrogé par Sonia Mabrouk sur la chaine de Bolloré, CNews, à propos de l’agression dont a été victime le rabbin d’Orléans, a mis en cause l’extrême gauche en général et le NPA en particulier. Il a parlé d’un « antisémitisme de salon » qui viendrait « d’abord » de « l’extrême gauche et d’une partie de la gauche […] et en l’occurrence du NPA, d’une partie de La France insoumise ». Le tout sans apporter le moindre début de preuve à ces affirmations calomnieuses. Et pour cause. À la différence de Manuel Valls – qui tourne sa veste plus vite que son ombre en étant un temps « socialiste » avant de se rallier à Macron, puis de devenir « centriste » aux élections municipales de Barcelone avant de picorer à nouveau dans l’écuelle ministérielle après être devenu ministre des Outre-mer – le NPA-Révolutionnaires, quant à lui, a toujours été fidèle à ses idées, anti-racistes notamment, en combattant bec et ongles toutes les formes de racisme, l’antisémitisme mais aussi l’islamophobie. Ce qui n’est pas le cas de Valls.

Le 27 février dernier le tribunal administratif avait mis un coup d’arrêt à la construction de l’autoroute A69 qui devrait relier Toulouse (Haute-Garonne) à Castres (Tarn). Un chantier contesté depuis le début par nombre de riverains et d’associations écologistes et qui a déjà causé des dégâts irréparables. Le jugement n’avait rien de surprenant puisque depuis des années la justice a mis en cause l’utilité de cette future autoroute et souligné qu’il y avait aucune raison impérative d’intérêt public majeur justifiant les atteintes à l’environnement occasionnées par le chantier. Ce qui n’empêche pas l’État de faire de nouveau appel à cette décision en volant au secours des bétonneurs.

La mortalité infantile en France a connu une stagnation préoccupante ces dernières années, entraînant une chute significative dans le classement européen. En 2022, le taux de mortalité infantile était de 4,5 ‰ chez les garçons et 3,7 ‰ chez les filles, plaçant la France au 23e rang sur 27 États de l’Union européenne, alors qu’en 1990 elle était en tête du classement. Ce taux est supérieur à la moyenne européenne, qui est de 3,5 ‰ pour les garçons et 3,0 ‰ pour les filles. Par exemple, la Suède affiche un taux de mortalité infantile de 2,5 ‰, presque deux fois inférieur à celui de la France. Une douzaine de pays européens ont des taux inférieurs à 3 ‰. Les causes de cette situation dramatique : la difficulté d’accès aux soins pour nombre de femmes, la détérioration de la qualité de la prise en charge hospitalière et la détérioration des conditions de vie de nombreuses familles. Tout ça à mettre sur le compte de la politique des gouvernants.