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Brèves

L’actualité en bref

Les passoires thermiques – ces logements peu ou mal isolés – représentent un véritable fléau pour celles et ceux qui y habitent. Selon le ministère de la Transition écologique, on dénombrerait dans le pays 5,4 millions logements de catégories F et G, les deux pires notes du classement des performances énergétiques. C’est pourquoi, depuis le 1er janvier 2025, il est interdit de mettre en location un logement en G et une loi similaire devait s’appliquer à partir du 1er janvier 2028 pour les logements en F. Mais, de passage à Marseille, le Premier ministre Sébastien Lecornu, face à la fronde des propriétaires, vient de reculer. Désormais il sera de nouveau possible de relouer ces passoires thermiques à condition d’un « engagement » du propriétaire à réaliser des travaux d’amélioration… dans les trois ans pour les maisons individuelles et dans les cinq ans pour les appartements en copropriété. Ça ne mange pas de pain. Attention : ces mesures ne seraient soi-disant pas faites pour plaire aux proprios (qui sont malgré tout ravis) mais pour « éviter d’accentuer le manque de logements locatifs ». Si c’est pour la bonne cause…

La défenseure des Droits a remis un rapport dénonçant les dérives de la lutte contre la « fraude sociale ». À l’heure où les organismes ont de plus en plus recours aux algorithmes, de nombreux allocataires de prestations sociales se retrouvent accusés d’être des fraudeurs par suite d’une simple erreur. Le rapport dénonce de plus le « sur ciblage » des plus précaires par les contrôles, ainsi que « des modalités de recouvrements frauduleux », ne préservant pas des moyens d’existence pour les usagers et leurs familles. Mais les médias et les politiciens réactionnaires font mine de s’étrangler d’indignation. Retailleau, président des LR a qualifié ce rapport d’« injustifiable », en déclarant que « le défenseur des droits n’a pas été créé pour défendre les fraudeurs ». On nous dit que cela représenterait une perte de 14 milliards d’euros, en oubliant que sous le terme « fraude sociale », on désigne à la fois la fraude aux prestations et la fraude aux cotisations sociales commise par des employeurs, qui représente plus de la moitié du montant total. Et, surtout on évite de parler de la fraude fiscale, évaluée, elle, entre 80 et 120 milliards, et des capitalistes qui, en toute légalité, échappent à l’impôt. Dans ce cas, on ne parle pas de fraude, mais d’« optimisation ».

Le PDG de Warner Bros., David Zaslav, est en train de se faire virer. Avec une ancienneté de poste de quatre ans et un bilan pas très reluisant (une partie de l’entreprise est sur le point de se faire manger par son rival Paramount Skydance), il va toucher 550 millions de dollars d’indemnité de licenciement, sans compter 99 millions de dollars d’actions de Warner Bros. À ce tarif, ceux d’entre nous qui risquent de perdre leur emploi consentent à renoncer à la revendication d’interdiction des licenciements. Mais à ce tarif seulement.

Selon la dernière étude détaillée de la Banque de France sur le profil des personnes et des ménages surendettés, l’essentiel des dossiers concernent les populations les plus précaires sur le plan économique. Les femmes sont majoritaires, 21 % des dossiers proviennent de familles monoparentales et plus d’un quart des personnes touchées sont sans emploi. Enfin près deux tiers (62 %) vivent sous le seuil de pauvreté. Le nombre de dossiers traités a augmenté de 14,1 % par rapport à 2025 qui connaissait déjà une hausse de 9,8 % sur l’année précédente. Et avec la situation économique actuelle, les choses devraient encore empirer.

Le cinquième baromètre réalisé par l’Ifop pour l’Autre Cercle, un organisme qui accompagne l’inclusion des personnes LGBTQIA+ au sein du monde professionnel, indique que plus d’un salarié LGBT+ sur trois (37 %) a été victime d’au moins une agression sur son lieu de travail dans l’année écoulée. Cela représente une augmentation de 12 % sur 2024. Si, globalement, la visibilité de ces salariés augmente, il en va de même des agressions et des insultes subies du genre « pédé, gouine, enculé ». En outre, les discriminations proviennent souvent des directions d’entreprise que ce soit au niveau du recrutement, des inégalités de salaire ou encore d’un manager qui refuse de confier une mission à un salarié LGBT du seul fait de son orientation sexuelle. Une situation liée à l’atmosphère délétère entretenue à leur égard par toute une partie de la société, soutenue par la tranche la plus réactionnaire de la classe politique.

Un collectif de quatre associations de livreurs vient de déposer plainte contre les plateformes de livraison de repas Uber Eats et Deliveroo qu’il accuse de « traite d’être humains » par le travail. On dénombre actuellement entre 70 000 et plus de 100 000 livreurs et, selon plusieurs sources, 98 % d’entre eux sont nés à l’étranger et 64 % sont sans titre de séjour. Ils travaillent en moyenne 63 heures par semaine pour 1 480 euros brut mensuels. En outre plusieurs rapports médicaux, dont celui de Médecins du monde, pointent « une situation médico-sociale alarmante, étroitement liée à une mise en précarité administrative et socio-économique des livreurs et au dévoiement du statut d’auto-entrepreneur ». Beaucoup vivent dans des logements précaires. Directement ou via des intermédiaires, les plateformes de livraison pratiquent à leur égard une forme d’esclavage moderne que le collectif espère faite condamner par les tribunaux.

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a dénoncé les « crimes de guerre » du Hezbollah après la mort de deux soldats français qui faisaient partie des casques bleus de l’ONU. Il a ajouté : « On veut surtout que les responsables soit punis pour les crimes qu’ils ont commis » assurant que la France faisait pression sur les autorités libanaises pour obtenir des informations. Mais, dans le même temps, pas un mot sur les « crimes de guerre » commis dans le pays par Israël dont l’intervention a fait au moins un millier de morts (dont 116 enfants), 2 500 blessées (dont 334 enfants), plus d’un million de personnes déplacées alors que l’armée sioniste rasait plus d’une cinquantaine de villages, interdisant à leurs habitants de revenir. Il s’agit non seulement de « crimes de guerre » mais aussi de « crimes contre l’humanité » que Barrot et Macron se refusent à voir et à fortiori à condamner.

Une fois n’est pas coutume. Les journalistes de deux titres de la presse économique, Challenges et La Tribune, ont observé un mouvement de grève pour dénoncer les attaques contre leur indépendance venant de leurs propriétaires milliardaires respectifs. Challenges est la propriété du patron du groupe LVMH, Bernard Arnault, et La Tribune appartient à l’armateur Rodolphe Saadé. Les grévistes veulent faire respecter l’intégrité éditoriale et le pluralisme de l’information dans ces deux titres. Ce n’est pas gagné. Il est cependant amusant de noter que ces journalistes de la presse économique, une presse largement favorable aux patrons de tout poil, ne se dressent contre eux que lorsqu’ils s’attaquent à leur pré-carré. Mais, en dehors de ça, ce ne sont pas les derniers à condamner les grèves lorsqu’elles se produisent ailleurs.

Le 21 avril, l’écrivain d’origine algérienne Kamel Daoud, qui vit et publie en France, a été condamné en Algérie à trois ans de prison en vertu d’une loi qui interdit d’évoquer la guerre civile qui a opposé l’armée et la police algériennes aux islamistes de 1992 à 2002 au nom de la « réconciliation nationale ». Au cours de ces affrontements, des massacres ont été commis par les islamistes aussi bien que par la dictature militaire qui a profité de l’occasion pour éliminer des opposants. Daoud, lui-même islamiste repenti, a choisi depuis qu’il vit en France de faire de l’islamophobie son fonds de commerce et de collaborer avec des médias de droite et d’extrême droite comme Le Point et Causeur. L’ancien ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, peu connu pour son amour de la liberté, et l’actuelle ministre de la Culture, Catherine Pégard, se sont empressés de voler à son secours, alors qu’il ne risque guère de purger sa peine, sauf s’il lui venait l’idée de retourner en Algérie. La « justice » n’a pas grand-chose à voir avec ce règlement de comptes entre une dictature militaire liberticide et un intellectuel algérien qui s’est mis au service de l’impérialisme occidental et de la propagande xénophobe.