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Brèves

L’actualité en bref

À l’occasion de la première « Journée mondiale des glaciers », l’ONU a dressé un bilan alarmant de la fonte des glaces. Toutes les régions glaciaires ont enregistré une perte de masse nette en 2024, marquant ainsi une troisième année consécutive de recul. Plus de 275 000 glaciers dans le monde couvrent environ 700 000 km2, sans prendre en compte les calottes glaciaires continentales du Groenland et de l’Antarctique, rappelle l’Organisation météorologique mondiale, mais ces formations de glace reculent rapidement en raison du réchauffement climatique. Celeste Saulo, la secrétaire générale de cette organisation, rappelle que « la préservation des glaciers n’est pas seulement une nécessité environnementale, économique et sociétale. C’est une question de survie ». Car l’assèchement de ces « châteaux d’eau naturels » menace l’approvisionnement en eau de centaines de millions de personnes. Mais de cela le capitalisme s’en fout…

L’usine géante de 11 000 salariés du groupe de voitures électriques Tesla, qui appartient à Elon Musk et qui se trouve à Grünheide, près de Berlin, vient de s’affranchir de nouveau du droit de travail en coupant arbitrairement dans les salaires de ses employés malades et en poussant certains à démissionner sans indemnités. Musk aurait tort de se gêner. Avant de construire son usine, inaugurée il y a trois ans, le milliardaire américain avait obtenu, tant des autorités fédérales que des autorités locales du Land de Brandebourg (dirigé par une coalition rassemblant conservateurs, libéraux, sociaux-démocrates et Verts), le droit d’ignorer le Code du travail. C’est pourquoi à Grünheide il n’y a pas de convention collective, pas de syndicat, et pas de semaine de 35 heures comme ailleurs dans la métallurgie. En outre, les salariés embauchés en CDI doivent signer un contrat de travail dérogatoire du droit social. Le capitalisme débridé dans tous ses méfaits. Et tout ça pour encourager les investisseurs étrangers à venir en Allemagne. Sur le dos des travailleurs, comme toujours !

Mieux vaut tard que jamais. Le Sénat vient d’adopter un texte pour reconnaître la « souffrance » des femmes ayant pratiqué illégalement une interruption volontaire de grossesse (IVG) avant la loi Veil de 1975. Ce texte entend faire reconnaître à l’État que les lois en vigueur avant cette date ont constitué « une atteinte à la protection de la santé des femmes, à l’autonomie sexuelle et reproductive » ou encore « aux droits des femmes », et qu’elles ont conduit à « de nombreux décès ». La proposition de loi propose par ailleurs la création d’une « commission nationale indépendante de reconnaissance du préjudice subi par les femmes ayant avorté », chargée de contribuer également à la « transmission de la mémoire ». La présidente de la Fondation des femmes, Anne-Cécile Mailfert, a rappelé à cette occasion que plus de 11 000 personnes avaient été condamnées pour avoir avorté ou aidé à pratiquer des avortements. Avec un demi-siècle de retard, il est plus que temps de leur rendre justice.

Chaque année depuis 2018, l’opération « Un livre pour les vacances » fournit un classique de la littérature française revisité aux élèves de CM2. Choisi pour l’édition 2025, le dessinateur Jul avait pris le parti d’une modernisation du conte « La Belle et la Bête ». Le ton est donné dès la couverture : La Belle, baskets aux pieds et T-shirt rayé, pose pour un selfie aux côtés de la Bête. Finalement l’Éducation nationale, qui avait prévu un tirage à 800 000 exemplaires, a décidé d’annuler la commande. Selon la ministre, Élisabeth Borne, certains thèmes abordés (réseaux sociaux, alcoolisme) n’étaient pas « adaptés » aux enfants de 10 ans. Jul, qui dénonce « une censure aux relents xénophobes » pense différemment. Pour lui « la seule explication semble à chercher dans le dégoût de voir représenté un monde de princes et de princesses qui ressemble un peu plus à celui des écoliers d’aujourd’hui… ». Puis d’enfoncer le clou : « Le “grand remplacement” des princesses blondes par des jeunes filles méditerranéennes serait-il la limite à ne pas franchir pour l’administration versaillaise du ministère ? » Et de conclure que ses personnages « ont juste la peau un petit peu plus sombre que les contes où les filles sont blondes avec une peau très blanche. La Belle est juste un peu plus méditerranéenne. Elle a une tête d’Italienne, de Grecque, de Libanaise, elle ressemble à la France d’aujourd’hui. » Une réalité que s’efforcent de nier les réacs de tout poil, au gouvernement ou en dehors.

Le 1er avril, une intersyndicale CGT-CFRC-FSU-SUD-STC appelle les agents à la grève. Les revendications portent sur les salaires, les effectifs et l’arrêt de la sous-traitance. Mais ce sontt aussi les charge de travail et l’impréparation totale de la mise en œuvre de la loi « plein emploi » qui alimentent la colère. Dans plusieurs régions CFDT et FO appellent aussi à la grève.

L’Unédic vient de publier un bilan de la réforme 2019 : le bilan est sans appel (et sans surprise) : 190 000 travailleurs exclus de l’assurance-chômage et une baisse de 16 % des allocations en moyenne. Dans le même temps, le gouvernement prépare un décret pour enfoncer les allocataires du RSA qui ne respecteraient pas le « contrat d’engagement » : pour un premier « manquement », il est prévu une suspension de l’allocation allant de 30 % à 100 % pour un ou deux mois. En cas de « manquement » persistant, c’est une nouvelle suspension du versement de 30 % à 100 %, mais cette fois pouvant aller jusqu’à quatre mois, et même une suppression pure et simple de 30 % à 100 % allant de un à quatre mois.

Des milliers de manifestants (6000 d’après les organisateurs) ont défilé aujourd’hui à Paris, auxquels s’ajoute une vingtaine d’autres manifestations dans le pays, pour dénoncer les attaques qui pleuvent contre la culture. Les coupes budgétaires de la culture font tache d’huile. La région Pays de la Loire annonce à elle seule une coupe de 86 millions d’euros et −62 % du budget de fonctionnement ! De quoi continuer de précariser bien des métiers et d’aggraver encore l’inégalité d’accès aux services culturels. La manifestation fait suite à plusieurs assemblées générales organisées par les syndicats professionnels de la culture et a été rejointe par des cortèges étudiants. Dans la manif, on faisait facilement le lien entre l’austérité budgétaire, la militarisation ou encore la montée de l’extrême droite et les attaques contre les travailleurs étrangers, dont les mineurs isolés, expulsés hier de la Gaîté-Lyrique. Nous n’avons rien à attendre de négociations et cette journée doit servir de point de départ pour étendre la mobilisation.

Un chercheur du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) a été refoulé à l’aéroport de Houston, au Texas, alors qu’il se rendait à une conférence sur l’espace. Il a subi un contrôle aléatoire à son arrivée, au cours duquel son ordinateur professionnel et son téléphone personnel ont été fouillés par le FBI qui aurait découvert des échanges avec des proches et des collègues très critiques de la politique de Trump à l’égard de la science. Ce qui n’est guère étonnant. Mais, selon les autorités américaines, ces messages « traduisent une haine envers Trump et peuvent être qualifiés de terrorisme ». D’où l’expulsion du scientifique du territoire américain. Bientôt va-t-on risquer la chaise électrique si on affirme que Trump est un crétin, inculte et mégalomane ?

La ministre de la Culture, Rachida Dati, a déposé un nouveau recours pour réclamer la nullité du réquisitoire du parquet national financier de Paris exigeant qu’elle soit jugée pour corruption et trafic d’influence, au côté de l’ex-patron de Renault-Nissan, Carlos Ghosn. Un dossier judiciaire instruit depuis 2019 dans laquelle la ministre est soupçonnée, d’avoir perçu « en toute confidentialité, voire en toute opacité », 900 000 euros entre 2010 et 2012 pour des prestations de conseil inexistantes payées par une filiale de Renault-Nissan. Depuis des années, Dati a tenté, à plusieurs reprises, de faire annuler ces poursuites. Jusqu’ici sans succès, les éléments à charge étant accablants.