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Brèves

L’actualité en bref

Le magazine israélien + 972 a révélé la véritable explosion des cas de censure dont est victime la presse israélienne, résultat direct de la stratégie de black-out médiatique menée par le gouvernement de Benyamin Netanyahou. En 2024, les différents médias ont soumis au total 20 770 articles aux censeurs militaires pour examen. La censure est intervenue dans environ 21 reportages chaque jour avec comme résultat 1 635 publications interdites et 6 265 censurées en tout ou partie. Le but de l’opération est d’invisibiliser le génocide en cours à Gaza, la poursuite de la colonisation et de l’annexion en Cisjordanie occupée, auxquels s’ajoutent aujourd’hui le pilonnage régulier du Liban et les vastes opérations militaires en Syrie. Et plus cette aventure militaire sanglante continuera, plus les Israéliens verront se restreindre leurs droits démocratiques.

Cinq mois après l’annulation du premier tour de l’élection présidentielle pour cause d’interférences russes, les Roumains ont de nouveau voté en masse pour un candidat d’extrême droite, cette fois George Simion. Ce dernier, qui se présente comme antivax, « patriote chrétien », anti-système et grand admirateur de Donald Trump, a obtenu 40,5 % des voix, loin devant le candidat centriste arrivé en seconde position. Il a aussi joué sur le fait que nombre de ses compatriotes sont fatigués et déçus par une classe politique corrompue et déconnectée des réalités du terrain alors que le pays est un des plus pauvres de l’Union européenne. De plus, beaucoup craignent d’être entraînés dans la guerre qui touche l’Ukraine voisine. Son discours « dégagiste », populiste et pacifiste a séduit nombre d’électeurs populaires, notamment dans les campagnes. En Roumanie, comme dans de nombreux autres pays en Europe, l’extrême droite progresse en partie parce que la gauche traditionnelle, éliminée dès le premier tour, est incapable d’apporter des solutions aux problèmes quotidiens des plus pauvres.

La proposition de François Bayrou d’organiser un référendum sur « un plan d’ensemble » de réduction des déficits publics a provoqué un énorme éclat de rire dans la classe politique et bien au-delà. D’une part parce que l’initiative d’un tel référendum revient au président de la République et d’autre part parce les textes législatifs en vigueur ne le permettent pas. Mais on peut s’interroger pourquoi cette volonté de demander son avis au bon peuple ne s’exprime jamais pour savoir ce qu’il pense du report à 64 ans de l’âge de la retraite, des sacrifices demandés aux retraités ou aux demandeurs d’emplois, ou des coupes claires pratiquées dans les budgets la santé ou de l’éducation. Une conception très particulière de la démocratie.

Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, vient de présenter ses excuses aux fans de Liverpool qu’il avait qualifiés de « hooligans » lors d’incidents au Stade de France le 28 mai 2022. Les supporters anglais s’étaient alors fait matraquer à tour de bras par les CRS à l’occasion d’un match qui opposait le Real Madrid à Liverpool. À l’époque ministre de l’Intérieur, Darmanin avait minimisé les carences des organisateurs et les débordements des forces de l’ordre. Aujourd’hui il reconnait « une erreur de jugement » et d’avoir « pêché par idées reçues » en considérant tous les fans de Liverpool comme des voyous. Mais cette repentance est de courte durée. Il attribue en effet les affrontements « à des délinquants de Seine-Saint-Denis qui faisaient des razzias et pillaient des supporters ». Bref les jeunes de banlieue sont encore une fois les véritables responsables. Comme d’habitude chez Darmanin.

Pendant les vacances d’avril, cinq enseignants de Seine-Saint-Denis ont reçu un avis de « mutation dans l’intérêt du service ». Sans qu’aucune procédure contradictoire ne puisse avoir lieu, elles et ils se retrouvent changés d’établissement du jour au lendemain. Ce qui leur est reproché ? Adopter une « posture de contestation » ! L’une des collègues se voit même reprocher d’avoir osé utiliser l’expression « mener la bataille » lors d’un conseil d’administration ! Face à cette répression antisyndicale, les collègues du collège François Mitterrand de Noisy-le-Grand où travaillent deux des cinq collègues mutés ont massivement exercé leur droit de retrait vendredi 2 mai. L’intersyndicale CGT-FSU-SUD-CNT a mis en place une pétition en ligne pour exiger le maintien des collègues, avec la perspective d’organiser une grève d’ici fin mai.

Aujourd’hui, lundi 5 mai, Macron est à la Sorbonne pour lancer en grande pompe « Choose Europe for Science », un programme d’accueil des scientifiques et chercheurs américains. Opération séduction : il faut vanter les mérites de l’Université française ! Et en profiter pour soutenir que l’avenir est dans le financement privé de la recherche. Quel culot, quand on vient d’annoncer 500 millions de coupes supplémentaires dans la recherche en avril après un budget 2025 déjà raboté d’un milliard par rapport à 2024, ce qui a entraîné une mobilisation étudiante de plusieurs mois. Il ose venir parader à la Sorbonne alors que des centaines de CRS ont été envoyés il y a moins d’un mois pour réprimer les étudiants mobilisés contre les coupes de budget dans l’enseignement supérieur et la recherche.

Pour la direction, nous ne faisons pas de travaux salissants. Mais pour le directeur d’établissement, ce n’est plus possible de voir « des pouilleux » sortir du technicentre pour aller chercher un sandwich. Cela donnerait une mauvaise image de la SNCF. Au secours, des travailleurs ! Bienvenue dans la réalité où les travailleurs se salissent pour faire rouler des trains pendant que les patrons en costard ne servent à rien.

… d’après le bulletin SNCF Lille

Le ministre de l’Intérieur saoudien vient d’annoncer l’exécution de deux personnes condamnées pour des accusations de « terrorisme ». Un prétexte habituel pour se débarrasser des opposants. Selon un décompte de l’Agence France-Presse, le royaume wahhabite a procédé à au moins 100 exécutions capitales depuis le début de l’année. 59 personnes ont été condamnées pour des affaires de drogue non létales, incluant 43 étrangers. Comme le fait remarquer l’ONG de défense des droits Reprieve, les alliés occidentaux du royaume – au premier rang desquels les États-Unis et la France – ferment les yeux sur ces exécutions de peur d’indisposer la monarchie pétrolière qui, chaque année, leur achète pour des dizaines de millions d’euros d’armement de toute sorte. On ne se fâche jamais avec les bons clients. Le mois dernier, Amnesty International a dénoncé une « augmentation alarmante » du recours à la peine de mort dans ce pays, l’un de ceux où elle est le plus appliquée au monde.

Un navire d’aide humanitaire affrété par la Flottille de la liberté, une coalition d’ONG dénonçant le blocus illégal de la bande de Gaza, a été attaqué par des drones israéliens dans les eaux internationales au large de Malte. L’avant du bâtiment civil non armé a été touché à deux reprises, provoquant un incendie et une importante brèche dans la coque. Après le lancement d’un signal de détresse, Chypre et l’Italie ont envoyé chacun un navire sur les lieux, Des militants de 21 pays se trouvaient à bord du navire, participant à une « mission pour contester le blocus illégal et meurtrier de Gaza imposé par Israël et pour livrer une aide humanitaire vitale, désespérément nécessaire ». Le même jour le Comité international de la Croix-Rouge estimait que les opérations humanitaires à Gaza sont « au bord de l’effondrement total ». Le génocide continue.