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Brèves

L’actualité en bref

Après un scrutin serré au premier tour, le candidat de droite en lice pour sa réélection, Daniel Noboa, fils de l’homme le plus riche du pays à la tête d’un empire industriel de la banane, a été réélu, dimanche 13 avril, avec 56 % des voix contre la candidate du Mouvement de la révolution citoyenne, Luisa Gonzalez. Ce pays de 18 millions d’habitants, où une personne est tuée chaque heure, est devenu une plaque tournante du trafic de drogue. Le scrutin s’est tenu sur fond de violence causée par les narcotrafiquants, Noboa proclamant vouloir encore accentuer la politique sécuritaire déjà adoptée. Les prisons sont pleines à craquer, le président réélu se prépare à en ouvrir toujours plus. Mais cette répression s’exerce contre les pauvres, les capitalistes de la drogue continuent de prospérer.

Depuis janvier un site, dénommé Iceraid, promettait sur les réseaux sociaux de gagner de la cryptomonnaie en signalant aux autorités et en photographiant des migrants illégaux, et accessoirement des « terroristes intérieurs », notamment ceux qui vandalisaient des Tesla, les voitures de Musk. Le site avait été lancé en janvier par Jason Myers, qui se présentait comme un banquier devenu expert en crypto et qui souhaitait « améliorer l’efficacité des agences gouvernementales en facilitant une relation symbiotique avec les citoyens ». Il a fait un triomphe parmi les trumpistes… jusqu’à ce que l’on s’aperçoive qu’en fait Myers était un escroc auquel toute opération de courtage était interdite depuis 2014 pour avoir volé au moins 700 000 dollars à ses clients. Que la campagne ignoble anti-immigrés lancée par Trump attire les truands, quoi d’étonnant ? À truand, truand et demi.

La Commission européenne a publié une liste de sept pays considérés comme « sûrs », limitant, voire supprimant, ainsi les possibilités d’asile pour leurs ressortissants. Les pays inclus dans cette liste sont : le Kosovo, le Bangladesh, la Colombie, l’Égypte, l’Inde, le Maroc et la Tunisie. Cette décision a suscité de vives critiques, notamment de la part des ONG, qui dénoncent une violation du droit d’asile. Mais le Premier ministre indien, l’hindouiste Narendra Modi, multiplie les persécutions à l’encontre de la population musulmane et détient 350 000 personnes sans jugement dans ses prisons ; le président égyptien Sissi, lui, a embastillé entre 60 000 et 100 000 personnes, dont plus de la moitié sont considérées comme des prisonniers politiques, souvent emprisonnés uniquement pour leurs opinions ; en Tunisie, le président Kaïs Saïed mène une chasse aux migrants qui vise principalement ceux originaires d’Afrique sudsaharienne. Les autres pays dits « sûrs » sont plus ou moins à l’avenant. À Bruxelles, tous les prétextes sont bons pour refouler les migrants hors d’Europe.

Alors que les travailleurs de Stellantis se battent pour préserver leur emploi, notamment à l’usine de Poissy, dans les Yvelines, les actionnaires du groupe ont, à leur manière, remercié l’ex-PDG du groupe automobile, Carlos Tavares. Il a quitté ses fonctions à la fin de l’année dernière et touchera 23,1 millions d’euros pour l’année 2024, plus 2 millions d’indemnités de départ et un bonus de 10 millions. Les syndicats ont dénoncé ce qu’ils considèrent comme des « adieux indécents ». Tout de suite les grands mots. En fait les plus de 35 millions d’euros qu’il va toucher ne représentent qu’un peu plus de cinq Smics par jour. Une misère…

Dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour corruption, le domicile du sénateur Les Républicains Francis Szpiner a été perquisitionné ainsi que le bureau qu’il occupait à la mairie du 16e arrondissement. Une enquête judiciaire a été ouverte. L’affaire a débuté à l’automne 2004 lorsqu’une jeune femme de 26 ans, battue par son conjoint, était, à la recherche désespérée d’un appartement. Avec son faible salaire d’esthéticienne, trouver un logement décent dans le très cossu 16e arrondissement était mission impossible. Elle avait fait appel à une assistance sociale qui lui avait expliqué que les délais pour obtenir un appartement HLM étaient de… six à sept ans. Elle s’était alors adressée à Szpiner, avocat de son état et maire d’arrondissement à l’époque, qui lui aurait promis d’intervenir contre… paiement en nature. Ce qui fut fait. Et finalement, « miracle », elle avait décroché un logement quelques mois plus tard. Spziner, candidat possible à la succession d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris l’an prochain, nie tout en bloc. Ce qui laisse les trois magistrats instructeurs sceptiques. Ils se demandent sans doute si le septuagénaire n’a pas, d’une façon crasseuse, profité de la crise du logement.

Soutenus par leur syndicat, la CGT, les dockers du port de Fos-sur-Mer, ont retardé les opérations d’accostage d’un navire, le Nexoe, de l’armateur danois Maersk. Le bâtiment, sous pavillon hongkongais, était en transit vers Tanger, au Maroc, où il devait charger des composants d’avion F-35 du fabricant Lockheed Martin destinés à l’armée israélienne, avant de poursuivre sa route vers le port de Haïfa. Les dockers ont appelé à une mobilisation plus large, incitant les travailleurs portuaires et les syndicats dans d’autres pays, notamment en Espagne, au Maroc et en Turquie, à bloquer l’accostage des navires Maersk spécialisés dans le transport de matériel de guerre à destination d’Israël.

La direction de l’usine de Sandouville a été assignée en justice par des syndicats, pour recours abusif à l’intérim. En 2024, année de record de ventes du Trafic, 600 des 1700 salariés étaient intérimaires, principalement sur les chaînes de montage. Comme Renault prévoit une baisse des ventes l’an prochain, le groupe veut mettre dehors plus de la moitié d’entre eux. Rien à voir avec l’électrique ou les amendes de l’Union européenne (qui ont été annulées). L’objectif est clair : la direction veut pouvoir jeter les salariés comme des kleenex quand elle n’en a plus besoin, sans s’embarrasser avec des procédures de licenciements ou des RCC. Le projet des patrons, c’est le retour au 19e siècle… en calèche électrique.

… d’après le bulletin Renault Lardy

Les deux ministres venus à l’usine Lagardère à Toulouse le 4 avril n’avaient pas les mains vides : ils ont confirmé l’aide de 285 millions d’euros en 2025 accordée au Conseil pour la recherche aéronautique civile (Corac). Au même niveau qu’en 2024, comme le demandait Guillaume Faury, le dirigeant du groupe Airbus. L’austérité, ce sera pour les services publics…

… d’après le bulletin L’aile rouge (aéronautique, Toulouse)

Alors que le gouvernement accélère sa politique d’augmentation des budgets militaires, les cadences et la pression ont augmenté chez Mecabrive Industries, sous-traitant pour la défense et l’aéronautique en Corrèze. En sous-effectif, les salariés sont passés à six jours de travail par semaine et n’en peuvent plus. Une quarantaine d’entre eux se sont mis en grève la semaine dernière. L’augmentation des budgets militaires ne profitera qu’aux patrons de l’industrie d’armement : pour les travailleurs du secteur, il n’y aura que ce qu’ils iront chercher par eux-mêmes, par la grève, comme à Mecabrive !

… d’après le bulletin L’aile rouge (aéronautique, Toulouse)