Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

« Aucune aide humanitaire n’entrera à Gaza », vient de déclarer le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, ajoutant qu’il n’y avait « aucun préparatif en ce sens ». L’État sioniste bloque l’entrée de l’aide humanitaire depuis le 2 mars dans le territoire palestinien, où l’ONU observe une situation alarmante pour les 2,4 millions d’habitants et note que l’on connait « probablement la pire situation humanitaire » depuis le début de la guerre. Outre qu’ils sont bombardés en permanence, les Gazaouis souffrent d’une pénurie de nourriture, d’eau, de carburant, de médicaments et d’autres produits de première nécessité. Comme le note l’ONG Médecins sans frontières : « Gaza est devenue une fosse commune pour les Palestiniens et ceux qui leur viennent en aide. »

Aurore Bergé, la ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, a dénoncé sur son blog une odieuse « attaque antisémite » dont aurait été victime à Strasbourg « une boulangerie israélienne » (sic). Cette affirmation a été reprise en boucle par des personnalités de l’extrême droite, du centre, voire du Parti socialiste. Problème : elle était fausse et a été démentie par la police, le gérant de la boulangerie et les médias locaux. Il y a bien eu une altercation devant ce commerce du centre-ville (qui fait partie d’une chaîne de magasins présente des deux côtés du Rhin) lorsqu’un touriste israélien a insulté des manifestants pro-palestiniens qui défilaient dans la rue et leur a fait un doigt d’honneur. D’où une altercation avec une manifestante sortie des rangs qui n’avait pas apprécié le geste. L’incident a été bref, il n’y a eu aucune agression physique, à aucun moment la boulangerie n’a été menacée et la manifestation a continué comme si de rien n’était. Aurore Bergé est un farouche soutien de Netanyahou et a présidé à l’Assemblée nationale le groupe d’amitié France-Israël. D’où sans doute son tropisme anti-palestinien.

Il y a 200 ans, le 17 avril 1825, le roi Charles X signait une ordonnance reconnaissant l’indépendance d’Haïti. Cette reconnaissance intervenait 21 ans après une révolution qui avait vu les Haïtiens abolir l’esclavage et chasser la puissance coloniale française. En contrepartie de cette reconnaissance, et sous la menace d’un blocus et d’une intervention militaire, Haïti s’engageait à payer une indemnité de 150 millions de francs de l’époque, destinée à « dédommager » les anciens propriétaires esclavagistes. Cette somme, colossale, représentait alors plus de dix ans de la totalité des recettes fiscales du nouvel État. Pour pouvoir la payer, le pays dut emprunter auprès de banques françaises à des taux d’intérêt usuriers. Au final, cette « dette de l’indépendance » ne sera soldée qu’en 1878, et l’emprunt extérieur finira d’être remboursé en 1922, presque un siècle plus tard. Selon de nombreux spécialistes, ces paiements ont enrayé durablement le développement du jeune État caraïbéen. En 2021, des universitaires estimaient que si Haïti n’avait pas eu à payer cette somme pharaonique et avait réinvesti cet argent dans son économie, le niveau de vie de ses habitants serait aujourd’hui six fois plus élevé, alors que le pays se place, en termes de pauvreté, au 146e rang mondial sur 230 pays. Mais deux siècles plus tard la France refuse toujours toute réparation.

L’association Itinéraires à Caen rencontre des difficultés majeures dans son fonctionnement, particulièrement en ce qui concerne l’accueil des femmes victimes de violences conjugales. En raison d’un manque de places disponibles, l’association a dû refuser plusieurs femmes en détresse. Par exemple, durant la première semaine d’avril 2025, cinq femmes ont été renvoyées sans solution, souvent contraintes de retourner chez elles, mettant leur sécurité en danger. Comme de nombreuses autres associations qui œuvrent dans le domaine social, Itinéraires manque cruellement de ressources pour bien faire son travail. Quant au 115, le service d’urgence téléphonique gratuit pour les personnes sans-abri ou en quête d’un hébergement d’urgence, il indique que ses listes d’attente s’allongent, sans solution. Comme le dirait Bayrou, notre modèle social est vraiment trop généreux…

Selon un récent sondage seuls 42 % des maires en place vont se représenter lors des élections municipales qui auront lieu l’an prochain. Les autres, accablés par les coupes budgétaires et le désengagement de l’État à tous les niveaux, vont jeter l’éponge. Déjà, depuis la dernière mandature, 2 400 ont abandonné leurs fonctions. Comme l’a expliqué l’une des édiles interviewée dans L’Humanité : « Dans un contexte de déliquescence des services publics, les habitants se tournaient vers moi pour régler des problèmes sur lesquels je n’avais aucun pouvoir. On me demandait de l’aide pour obtenir un rendez-vous pour une IRM, pour trouver un enseignant, pour mettre en place davantage de contrôles de police. » Et les choses ne risquent pas de s’améliorer. Car sur les 40 à 50 milliards d’économies supplémentaires que l’exécutif souhaite réaliser dans le cadre du budget 2026, un effort de près de 8 milliards sera demandé aux collectivités territoriales, notamment aux communes. Et s’ils sont considérés comme les élus les plus populaires et les plus proches de leurs administrés, les maires n’en sont pas moins devenus, surtout dans les petites et moyennes communes, des catalyseurs du mécontentement et des nombreuses frustrations populaires contre le pouvoir central dont les représentants sont, eux, bien calfeutrés à l’Élysée et à Matignon.

Samedi 12 avril, une dizaine de milliers de manifestants ont défilé à Budapest contre les lois anti-LGBTI mises en place par le premier ministre Viktor Orbán, notamment d’interdiction de la pride. Manifestation en nuances de gris, avec des drapeaux arc-en-ciel en noir en blanc, pour mettre en avant selon les organisateurs l’absurdité de ce monde défendu par Orbán – et bien d’autres ! – où tout le monde se ressemblerait.

Nouvelle opération de communication du Premier ministre. Entouré de plusieurs de ses ministres – Éric Lombard (Économie), Amélie de Montchalin (Comptes publics), Catherine Vautrin (Santé et Travail), Astrid Panosyan-Bouvet (Travail) et François Rebsamen (Aménagement du territoire) – Bayrou a tenu « une grande conférence » sur l’état des finances pour, parait-il, sensibiliser le bon peuple sur la gravité de la situation budgétaire. Et chaque ministre y est allé de son petit couplet : « il y a trop d’arrêts maladie », « il faut travailler plus », voire « réformer un droit du travail très protecteur qui peut freiner les embauches », etc. Air connu. La situation économique et financière actuelle ne serait donc pas due aux cadeaux faits aux patrons, aux exonérations fiscales et autres, et à la gabegie capitaliste mais… aux salariés, aux retraités et aux chômeurs qui sont les seuls auxquels on demande de faire des sacrifices. Non merci, on a déjà donné…

Le Parlement européen a confirmé une information de Mediapart selon laquelle Andréa Kotarac, porte-parole du Rassemblement national pendant la campagne présidentielle de 2022, cumulait ses fonctions avec celle d’assistant parlementaire européen, ce qui est interdit. En résumé il palpait l’argent de Bruxelles pour aider Marine Le Pen dans sa campagne. Encore un procès en vue ?

Assez peu connue pour son radicalisme et ses velléités contestataires, l’Association des maires de France (AMF) a boycotté la conférence de Bayrou sur les finances à laquelle elle avait été pourtant conviée. Et d’expliquer qu’il s’agissait simplement « d’une séquence de communication » en soulignant qu’« aucun ordre du jour détaillé ou document de travail n’a été fourni aux organismes convoqués » à cette grand-messe. Les maires étaient invités pour servir de faire valoir, pas pour faire valoir leur position. Bref, beaucoup de bruit pour rien. Avec Bayrou on commence à être habitué.