Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

La Cour des comptes vient de publier une note d’information sur les objectifs de l’assurance maladie dans laquelle elle offre des « pistes » pour diminuer le déficit des trois branches de la Sécurité sociale. Parmi ces pistes : moins rembourser les médicaments ou plutôt moduler leur remboursement en fonction des revenus. Le reste à charge serait plus grand pour les revenus les plus élevés. Cela au nom de l’équité et de la solidarité. C’est oublier un peu vite que la solidarité s’applique déjà par le biais des cotisations, qui varient en fonction des salaires. Si on veut vraiment renflouer les comptes sociaux, il suffit d’aller chercher l’argent là où il se trouve : dans les milliards d’euros de bénéfices réalisés par les trusts pharmaceutiques sur le dos de la Sécu.

Les principales organisations de défense des journalistes et de la liberté de la presse (SNJ, CGT, CFDT, Reporters sans frontières, Fédération internationale des journalistes, etc.) appellent les professionnels des médias à se rassembler aujourd’hui 16 avril à 18 heures, sur les marches de l’Opéra Bastille, en soutien à leurs confrères et consœurs de Palestine. Et de rappeler à cette occasion qu’en un an et demi de guerre à Gaza près de 200 journalistes et autres collaborateurs des médias ont été tués par des opérations menées par l’armée israélienne alors même qu’ils portaient un casque et un gilet pare-balle floqués du mot « PRESS » qui les identifiaient clairement. Aucun responsable de ces assassinats n’a été traduit en justice. Parmi les slogans retenus pour cette manifestation : « Gaza Stop au massacre des journalistes palestiniens », « Halte à l’impunité des auteurs de ces crimes », « Ouverture immédiate de ce territoire à la presse internationale ».

Devant la dette abyssale que son gouvernement et les précédents ont creusée à coups de cadeaux au patronat, ce n’est pas le bon Dieu de Bétharram que Bayrou a invoqué en conférence de presse, c’est… Lénine et Trotski, qui ont dit que « seule la vérité est révolutionnaire ». Bayrou pense-t-il pouvoir s’appuyer sur eux pour nous faire gober qu’il faudrait se serrer la ceinture ? Même si, par peur d’avoir péché il rajoute qu’il leur préfère quand même Mendès-France. Nous pas. Les Lénine et Trotski ont inspiré la révolution ouvrière qui avait ébranlé le monde, chassant du pouvoir les Bayrou de l’époque et c’est bientôt le 1er mai, journée internationale de lutte des travailleurs et travailleuses, et des jeunes en révolte à leurs côtés. L’occasion de dire partout et ensemble un grand « non » aux politiques militaristes, nationalistes et racistes : ni chair à patrons, ni chair à canons !

Dans ce pays d’Asie, un des plus pauvres et des plus peuplés du monde (170 millions d’habitants), 60 % des enfants, soit plus de 35 millions, présentent des taux de plomb dangereusement élevés dans le sang. En cause : le recyclage informel, et souvent clandestin, des batteries électriques hors d’usage que les pays occidentaux envoient massivement sur place. Elles sont démontées et le plomb récupéré dans des conditions sanitaires effroyables qui conduisent aux pollutions de l’air, du sol et de l’eau. Les enfants sont les premiers à trinquer. Les pays riches décarbonisent leur économie en utilisant les batteries électriques à tout-va et les pays pauvres paient les pots cassés. Comme d’habitude…

Dans une interview au Figaro, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, montre ses muscles en affirmant qu’en l’espace de 18 mois il va créer 3 000 places supplémentaires dans les prisons en construisant « des structures légères et moins coûteuses ». Il n’y a plus qu’à le croire. Mais s’il a vraiment trouvé la recette miracle pour construire rapidement, il ferait bien de la communiquer à Valérie Létard, sa collègue du Logement, qui a sur ses listes d’attente plus de 2,7 millions de familles en attente d’un logement social, chiffre qui ne cesse d’augmenter. Mais de cela les ministres ne se vantent pas dans Le Figaro.

« Il ne s’agit pas d’une politique d’austérité ! », c’est Éric Lombard, le ministre de l’Économie qui l’affirme, sans rire, en annonçant que l’an prochain il faudra réaliser entre 40 et 50 milliards d’euros d’économie pour maintenir le déficit public à 4,6 % du PIB sans augmenter les impôts. Alors où trouver l’argent ? Selon lui « on peut tout à fait réduire les dépenses publiques et maintenir la qualité des services ». Cause toujours ! Car tout ce que nous avons connu ces dernières années prouve exactement le contraire : on arrose les patrons et on rogne sur les budgets sociaux (mais pas sur ceux de l’armée et de la police) en rendant toujours plus difficile la vie des patients, des retraités, des assurés sociaux, des demandeurs d’emplois, des étudiants, des familles modestes, etc. Et c’est la même potion que Lombard nous prépare pour l’an prochain. À nous ne pas nous laisser faire…

Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, s’est rendu au Maroc pour annoncer la création d’un groupe de travail franco-marocain chargé de vérifier la nationalité des migrants en situation irrégulière. Le but affiché : multiplier les reconduites à la frontière des immigrés considérés comme indésirables à condition que leur nationalité marocaine soit reconnue. On ne sait pas si, dans la pratique, cela va changer grand-chose, mais pour Retailleau, en compétition avec Wauquiez pour prendre la tête des Républicains, l’important est de renforcer son image dans l’électorat de droite de grand chasseur de migrants.

Dix-neuf plaignants – parmi lesquels des soignants et des veufs et veuves de soignants venus des quatre coins du pays – ont déposé plainte devant la Cour de justice de la République, compétente pour juger les ministres dans l’exercice de leurs fonctions. Cette plainte vise la ministre de la Santé, Catherine Vautrin, celle de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne et le ministre à l’Accès aux soins Yannick Neuder. Son but est de dénoncer les suicides du personnel dans les hôpitaux publics dans un contexte de dégradation continue des conditions de travail. Elle a été déposée pour « harcèlement moral, violences mortelles, homicide involontaire et mise en péril de la personne » et cherche à sensibiliser l’opinion et la classe politique face à une « épidémie de suicides à l’hôpital public ». On ne sait pas si cette plainte aboutira, mais elle a au moins le mérite d’exposer au grand jour un aspect tragique de la grande misère de l’hospitalisation publique.

À l’appel des grévistes de Thales en lutte depuis 14 semaines, 1500 personnes ont manifesté à Mérignac près de Bordeaux pour dénoncer des politiques salariales aussi semblables que ridicules. Des travailleurs d’Arianegroup, Safran, Dassault, Airbus, CGI et Akkodis étaient notamment de la partie. Il faut dire qu’entre les augmentations générales à 0,9 % proposées à Dassault et signées à Airbus, et celles à 1,5 pour les plus bas salaires parmi les ouvriers de Thales (1,35 % d’augmentations individuelles pour les cadres aux plus bas salaires), tout le secteur semble s’être entendu pour imposer des bas salaires. Logique alors d’y répondre collectivement. Notre unité est notre meilleure arme pour les faire céder !