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Brèves

L’actualité en bref

30 % de la population vit dans « un désert médical », c’est-à-dire n’arrive pas à trouver un médecin pour se soigner. Ces déserts médicaux concernent principalement les zones rurales, où l’accès aux soins est limité en raison d’une insuffisance de professionnels de santé. Cependant, ce problème ne se limite pas uniquement aux campagnes : certaines périphéries urbaines et quartiers défavorisés sont également touchés. Face à ces situations dramatiques, les pouvoirs publics veulent obliger les nouveaux médecins à s’installer dans ces déserts, voire forcer ceux déjà installés ailleurs à passer deux jours par mois dans les zones affectées. Des « solutions » à la petite semaine qui masquent le problème essentiel : le manque flagrant de médecins et de personnel soignant et des budgets en diminution constante pour la formation du personnel soignant à tous les niveaux. Dans une société tournée vers l’intérêt général, la priorité serait d’organiser la répartition des soignants, médecins compris, pour assurer un accès équitable aux soins, non de défendre des intérêts privés sous couvert de « liberté ». Faute de changer de politique, le gouvernement prétend régler le problème en développant également les maisons de santé et centres pluridisciplinaires, la télé-médecine ou les soins mobiles. Des initiatives qui peuvent ponctuellement dépanner mais qui ne font en réalité que répartir la pénurie.

Six ans après leur rédaction, les cahiers de doléances du « Grand débat national », lancé au premier semestre 2019 dans la foulée du mouvement des Gilets jaunes, sont désormais accessibles à tous les citoyens par un décret gouvernemental paru au Journal officiel. Cette consultation, dite « citoyenne », avait été l’une des réponses de Macron au vaste mouvement populaire de contestation, fin 2018, contre la vie chère, la casse des services publics, les inégalités et les lacunes de la démocratie. Et que sont devenues les revendications contenues dans ces 19 000 « cahiers citoyens » ? Rien. Elles ont été remisées aux Archives nationales et aucun des problèmes importants qu’elles soulevaient n’a été résolu. Une initiative de communication sans lendemain dont le locataire de l’Élysée est un spécialiste.

À l’initiative de la Ligue des droits de l’homme, un rassemblement commémoratif a été organisé au pont du Carrousel, à Paris, en hommage à Brahim Bouarram, un Marocain de 29 ans, jeté dans la Seine en crue par Mickaël Fréminet, un militant d’extrême droite, le 1er mai 1995. Ce dernier, en compagnie de trois acolytes, participait à un défilé du Front national qui passait par là. À la vue de Bouarram, quatre participants sortirent du cortège, entourèrent le malheureux et l’insultèrent avant de le précipiter dans le fleuve en crue où il se noya. Ses agresseurs furent finalement identifiés et condamnés à des peines de prison trois ans plus tard. Quant à Jean-Marie Le Pen, égal à lui-même, loin de condamner ce crime raciste il le commenta en ces termes : « Je regrette qu’un malheureux se soit noyé, mais dans une agglomération de dix millions d’habitants, ce genre de faits divers peut toujours se produire, ou même être créé à volonté. » À la limite, la mort de Bouarram avait été « créée » de toutes pièces pour nuire au Front national. Nauséabond.

Les cinq associations qui interviennent dans les centres de rétention administrative (CRA) – la Cimade, SOS Solidarité-Assfam, France terre d’asile, Forum réfugiés et Solidarité Mayottte – viennent de dénoncer dans leur rapport annuel « une utilisation de plus en plus massive et disproportionnée de l’enfermement administratif, de situations individuelles dramatiques et de violations fréquentes des droits fondamentaux des personnes détenues ». En 2024 plus de 40 000 personnes ont été enfermées dans ces centres où leurs droits sont foulés au pied. Quant à la durée de rétention elle n’a cessé d’augmenter passant de 13 jours en 2017 à 33 jours en 2024. Pour répondre à ces critiques, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau envisage de retirer à ces associations leurs missions au sein des CRA pour les confier à l’Office français de l’immigration et de l’intégration qui dépend… du ministère de l’Intérieur. Dans la droite ligne d’une politique migratoire xénophobe qui consiste à accueillir toujours moins et à enfermer toujours plus.

À l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité au travail, le 28 avril dernier, le quotidien l’Humanité a tenté de chiffrer l’hécatombe dont sont victimes quotidiennement les salariés. Selon les données compilées par le quotidien, en vingt ans, le travail a fauché plus de 21 000 salariés et en a blessé 13,5 millions. Et ces statistiques sont incomplètes car elles ne prennent en compte que les salariés du régime général de la Sécurité sociale. À ces derniers, il convient d’ajouter les données transmises par la Mutualité sociale agricole : ses fichiers font état d’au moins 3 125 agriculteurs morts depuis 2006. Il y a, de plus, huit millions d’actifs (indépendants, auto-entrepreneurs, livreurs à vélo, chauffeurs VTC, agents de la fonction publique, etc.) pour lesquels les données sont lacunaires. Le travail tue et illustre on ne peut mieux la formule : perdre sa vie en la gagnant !

Maître Michel Amas, un avocat qui défend une trentaine d’enfants, a déposé des recours devant les tribunaux de Marseille, Versailles et Évry contre les présidents des Bouches-du-Rhône, des Yvelines et de l’Essonne en tant que responsables des foyers d’accueil de l’aide sociale à l’enfance (ASE) dans leur département respectif. Il les accuse de ne pas avoir su protéger des enfants placés sous leur responsabilité, conduisant nombre d’entre eux à tomber dans des réseaux de prostitution. L’avocat dénonce au passage un « phénomène national » aux conséquences gravissimes pour les enfants. Et de conclure ; « Nous lançons l’alerte pour que tout le monde sache qu’en France, à l’heure actuelle, des petits garçons et des petites filles se prostituent en très grand nombre, dans l’inaction totale des présidents de département », estimant que l’État « a échoué dans la protection de l’enfance », en livrant « les enfants aux chiens ». L’état lamentable des structures sociales d’aide à l’enfance, souvent sous-financées et en sous-effectif, explique en partie cette situation. Si elle est connue depuis longtemps, puisque 15 000 mineurs – majoritairement des enfants placés – sont victimes de prostitution dans l’Hexagone, le ministère de la Justice n’a réagi que très récemment en imposant un renforcement des contrôles dans les foyers de l’ASE, qui ne sont inspectés que tous les cinq ans par les départements. Preuve que le sort de ces enfants, issus pour la plupart de milieux pauvres, voire très pauvres, intéresse assez peu en haut lieu.

Le chômage a progressé de 8,7 % au premier semestre de cette année selon les chiffres du ministère du Travail. Il y a désormais 3,4 millions de chômeurs en catégorie A, c’est-à-dire qui n’ont aucune activité, soit 7,8 % du total des salariés. Mais les autorités se veulent rassurantes. Cette hausse serait due avant tout à un nouveau mode de calcul de France Travail et au fait que les bénéficiaires du RSA sont désormais automatiquement enregistrés comme chômeurs. Mais, si les mots ont un sens, cela signifie que jusqu’à présent une bonne partie des chômeurs n’était pas incluse dans les statistiques officielles. Si on met de côté ces nouvelles règles de , il n’y aurait eu « que » 25 000 personnes en plus inscrites au chômage. C’est d’autant moins rassurant que, selon la CGT, près de 250 plans de licenciements sont en préparation un peu partout dans le pays qui pourraient toucher entre 170 000 et 200 000 salariés. Plus que jamais il faut se mobiliser pour interdire les licenciements et partager le travail entre tous.

Selon un rapport de l’Institut international de recherche du la paix de Stockholm les dépenses militaires mondiales ont connu en 2024 leur plus forte augmentation depuis la fin de la guerre froide pour atteindre les 2 700 milliards de dollars (2 367 milliards d’euros). Ces dépenses ont bondi de 9,4 % en 2024 par rapport à 2023, la dixième année consécutive à avoir enregistré une hausse. Plus de cent pays ont accru leur budget de défense l’an dernier, en particulier en Europe et au Moyen-Orient. Et ce qui se passe aujourd’hui en Ukraine ou à Gaza nous donne un avant-goût de ce que nous prépare le capitalisme si nous ne le liquidons avant qu’il ne détruise la planète.

Nouvelle sortie bien démagogique de Gérald Darmanin, le ministre de la Justice. Il suggère de faire contribuer les détenus à leurs frais de détention. Une mesure qui avait été abolie en 2003 parce qu’elle rapportait des clopinettes. Il faut dire que cette contribution était prélevée sur les salaires des détenus qui acceptaient de travailler pour des salaires représentant en général entre 20 % et 45 % du Smic. Des privilégiés on vous dit ! Aujourd’hui pas loin d’un quart de la population carcérale se trouve en situation d’indigence avec moins de 60 euros à disposition chaque mois. Pour ces personnes en grande précarité, c’est l’administration pénitentiaire qui fournit produits d’hygiène et vêtements, ainsi qu’une aide pour cantiner de 30 euros par mois. Les prisons sont surchargées et plus de 4 000 détenus dorment à même le sol. Et comme l’explique la contrôleuse générale des lieux de liberté, Dominique Simmonot : « Quand vous visitez un endroit qui est occupé à 250 %, bourré de vermine, vous pensez que ça vaut une participation ? » Et de décrire : « Être entassés à trois dans une cellule qui fait neuf mètres carrés, aux murs des punaises qui vous bouffent les bras et des cafards qui grouillent partout, des rats… »