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Brèves

L’actualité en bref

L’Assemblée nationale a observé une minute de silence à la mémoire d’Aboubakar Cissé, le jeune Malien musulman assassiné vendredi dernier dans une mosquée du Gard. Demandée par les députés du Nouveau Front populaire, cette minute de silence avait d’abord été refusée par la conférence des présidents des groupes parlementaires, au sein de laquelle la droite et l’extrême droite sont majoritaires. Il faut dire que, de Marine Le Pen aux centristes, la condamnation de cet assassinat islamophobe avait été tardive et discrète. Raison mise en avant pour justifier leur refus : on ne peut pas faire de minute de silence pour des cas particuliers. Pourtant les mêmes n’avaient pas vu de problème, le 5 mars dernier, pour rendre hommage de cette façon à Ohad Yahalomi, un Franco-Israélien tué alors qu’il était otage du Hamas. Car certains députés et hommes politiques ont la compassion qui varie en fonction de la couleur de la peau, de la religion ou de la nationalité des victimes. La présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, a finalement cédé sous la pression. Quant au président du Sénat, Gérard Larcher, il s’est opposé catégoriquement à tout hommage.

La ministre de la Culture, Rachida Dati, a été interpellée lors de la 36e Nuit des Molières qui distingue, chaque année, les meilleurs interprètes et spectacles de théâtre. Avant même le début de la cérémonie, à l’appel de la CGT Spectacle, une vingtaine de manifestants avaient attendu Dati aux abords du théâtre parisien où avait lieu l’évènement en scandant « Dati démission » et en brandissant une banderole sur laquelle on pouvait lire « Misère de la Culture. Liberté égalité précarité ». Sur scène, l’humoriste Caroline Vigneaux a dénoncé les coupes budgétaires massives qui frappent le secteur culturel, puis l’acteur Didier Brice s’est écrié : « Depuis 2017, 200 milliards de cadeaux fiscaux ont été faits aux multinationales et aux plus riches ! » mais pas grand-chose pour la Culture. Dati a été rhabillée pour l’été.

Dernier scandale en date qui touche l’enseignement catholique : la commission d’enquête parlementaire sur les violences dans les établissements scolaires a révélé que le rapport réalisé en 2023 sur le collège catholique parisien Stanislas avait été caviardé avant publication. Les inspecteurs généraux avaient initialement conclu dans leur rapport à un climat d’homophobie, de sexisme et d’autoritarisme au sein de Stanislas. Mais le texte final a été falsifié intentionnellement pour faire disparaître ces critiques et pour protéger l’établissement. Comment s’en étonner ? Les différents ministres de l’Éducation nationale qui se sont succédé depuis le début du scandale en 2022 (Pap Ndiaye, Gabriel Attal, Amélie Oudéa-Castéra et Élisabeth Borne) ont tous marché sur des œufs pour ne pas se fâcher avec la Catho. Vive la laïcité…

Le 29 avril 1945 les femmes exerçaient pour la première fois leur droit de vote à l’occasion d’élections municipales. Elles s’étaient vues reconnaitre ce droit l’année précédente. Cette revendication avait été mise en avant pour la première fois par Olympe de Gouges dès… 1791. Il aura donc fallu plus d’un siècle et demi pour qu’elle devienne réalité au sein d’une société fortement patriarcale et machiste. Il faut dire que le droit de vote des femmes n’était pas seulement farouchement combattu par la droite, qui voulait les garder au foyer, mais même par une partie des radicaux-socialistes. Ces derniers soutenaient que les femmes étant sous l’influence des prêtres, leur accorder le droit de vote reviendrait à favoriser la réaction. Dans ce domaine, l’Hexagone faisait figure de lanterne rouge, puisque ce droit avait été obtenu la première fois en Finlande en 1906, en Uruguay en 1917, en URSS et en Grande-Bretagne en 1918 et dans un grand nombre de pays d’Europe après la Première Guerre mondiale. La France, « Terre des Lumières », était loin derrière…

Les observateurs ont noté le retard à l’allumage du ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, qui a attendu deux jours avant se rendre à La Grand-Combe, dans le Gard, où un jeune homme, Aboubakar avait été poignardé à mort par son agresseur qui tenait des propos anti-musulmans. Par contre il a été plus rapide pour saisir la justice contre Ritchy Thibault, collaborateur de la députée (La France insoumise) de Seine-et-Marne Ersilia Soudais, en l’accusant d’« appels à l’insurrection ». Lors d’un rassemblement contre l’islamophobie dimanche à Paris, Thibault avait appelé à « constituer partout dans le pays des brigades d’autodéfense populaire » pour se défendre contre « l’islamophobie ». Et d’ajouter : « On ne peut pas compter sur les institutions. La police, la justice véhiculent l’islamophobie et le racisme. On ne peut compter que sur nous-mêmes. » Ce n’est un appel à l’insurrection, c’est un appel au bon sens.

Depuis 2017 les différents gouvernements ont supprimé progressivement la taxe d’habitation sur les résidences principales, payée aussi bien par les propriétaires que par les locataires. Il s’agissait officiellement de « redonner du pouvoir d’achat » à celles et ceux qui l’acquittaient. Petit problème : cette taxe n’a jamais été compensée intégralement par l’État auprès des communes qui l’utilisaient pour financer une partie de leurs services publics, ce qui fait qu’elles les ont réduits aux dépens des usagers. Pour faire face à la grogne des maires, François Rebsamen, le ministre de l’Aménagement du territoire, propose de créer… une nouvelle taxe pour soutenir les finances des municipalités. Promis, juré, ce sera « une contribution modeste ». Cela dit, elle diminuera d’autant le pouvoir d’achat des personnes concernées. Bref, un retour déguisé de la taxe d’habitation qui ne dit pas son nom.

La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin est toujours à la recherche de 40 milliards d’économie supplémentaires pour boucler le budget 2026. Elle a été interrogée par un journaliste qui lui suggérait de faire des économies en se prenant au train de vie des anciens Premiers ministres qui bénéficient, aux frais de l’État, d’une voiture avec chauffeur tous frais payés, de bureaux, de deux collaborateurs, d’une protection rapprochée, etc. Tout en affirmant que « rien n’était tabou », la ministre a défendu ces avantages en estimant que les supprimer rapporterait peu et s’y attaquer relèverait du « populisme ». Mais le vrai populisme c’est de montrer du doigt les assurés sociaux, les retraités, les chômeurs ou les migrants et de les rendre responsables du déficit du budget de l’État.

Le média en ligne Sportico a publié son classement annuel des athlètes internationaux les mieux payés au cours de l’année écoulée. Il n’y a aucune sportive parmi les 100 premiers retenus. La première femme, la joueuse de tennis américaine Coco Gauff, se trouve en 125e position. On ne va certainement pas la plaindre puisqu’elle a touché 30,4 millions de dollars (un peu moins de 27 millions d’euros) en salaires et primes. Elle est cependant très loin du champion le mieux payé, le footballeur Cristiano Ronaldo, qui a encaissé 260 millions de dollars (228 millions d’euros). De telles différences s’expliquent par le fait qu’au cours de l’histoire le sport féminin a toujours été moins médiatisé que le sport masculin, voire parfois ouvertement méprisé, doté de structures plus rudimentaires, et donc moins attrayant pour les annonceurs et les sponsors de toute sorte : bref, un reflet de la situation des femmes dans une société patriarcale. Un exemple parmi d’autres : les Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 ont été les premiers de l’Histoire à respecter une stricte parité en compétition entre les hommes et les femmes alors que les premiers Jeux de l’époque moderne remontaient à… 1896. À quand un sport débarrassé du sexisme, du machisme… et de l’argent ?

Un homme tue froidement un jeune musulman dans une mosquée du Gard et filme son acte en insultant « ton Allah de merde ». Pour le ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, prudence ! Il ne faut pas aller trop vite en besogne et y voir un attentat, un acte raciste et anti-musulman, même si « la piste n’est pas exclue ». Retailleau a l’indignation sélective et on n’entend pas les politiciens de droite ou d’extrême droite s’indigner bruyamment comme ils savent si bien le faire en d’autres occasions. De son côté, Bayrou dénonce une « ignominie islamophobe » et Macron « le racisme ». Quelle hypocrisie ! Car ce sont bien les Retailleau, Darmanin, Le Pen et consorts, et tous ceux qui les protègent au plus haut niveau de l’État, tous ceux qui sèment les divisions et vomissent à longueur d’interview leur haine des étrangers et des musulmans, qui ont pavé la voie au meurtrier d’Aboubakar.