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Brèves

L’actualité en bref

François Ruffin, le député « Picardie debout », interviewé longuement sur France Inter le 9 avril dernier, s’est fait, en réponse aux annonces de Trump, le champion du protectionnisme à la française. Son refrain, défendre la « souveraineté » française sur l’industrie de défense et du reste. « Il nous faut, un plan des 100 produits… » avec taxes aux frontières et barrières douanières… « C’est, dit-il, une évidence, y compris chez les patrons. » Plutôt que d’attirer les capitaux américains, « on doit d’abord privilégier notre capital national […] comment redevenir une puissance ». Future campagne présidentielle ? « J’ai pour espoir d’être françologue ! » (sic). Et en réponse à la question d’une auditrice qui se demande pourquoi ses meetings se terminent en chantant La Marseillaise ? « Ça fait des années que je regrette qu’on abandonne des thèmes à l’extrême droite. […], les symboles issus de la grande révolution française, la Marseillaise, le drapeau tricolore », et de déplorer « qu’il y ait à chaque crise une perte de souveraineté. » On a compris. De « Picardie debout » à « Debout la France » de Dupont-Aignan, il n’y a qu’un pas.

Après avoir reculé, il y a quelques jours, en admettant que la vaccination était le meilleur remède pour endiguer l’épidémie de rougeole qui touche notamment le Texas, le ministre de la Santé, Robert Kennedy Jr. reprend sa campagne antivax. Lors d’un Conseil des ministres, en présence de Donald Trump, il a annoncé qu’il allait prochainement commander une étude pour établir les causes de ce qu’il appelle « l’épidémie d’autisme ». Et Trump de renchérir en affirmant que « c’était peut-être un vaccin » qui était responsable de cette situation. Des affirmations qui font hurler les scientifiques. Car s’il est vrai que le nombre d’enfants autistes est en augmentation outre-Atlantique, cela est dû avant tout aux progrès réalisés dans les diagnostics, le dépistage précoce et la sensibilisation du public, notamment une meilleure reconnaissance des signes de la part des parents, des enseignants et des médecins. Rien à voir avec une épidémie. Ce qui n’empêchera pas les trumpistes, les antivax et les complotistes de continuer à débiter leurs âneries.

Les 27 pays membres et le Parlement européen ont trouvé un accord pour protéger les enfants des produits nocifs contenus dans les jouets, notamment les polluants éternels (PFAS) et les perturbateurs endocriniens. Nul ne se plaindra bien sût d’une telle mesure qui n’entrera en vigueur qu’après son adoption par l’ensemble des États membres et le Parlement européen. Ce qui risque de prendre du temps. Les risques pour la santé résultent d’abord de l’accumulation dans l’organisme de ces particules, avec des conséquences sanitaires non négligeables, car l’exposition chronique, même à de faibles concentrations, à ces produits chimiques a été associée à des lésions hépatiques, un taux de cholestérol élevé, une diminution des réponses immunitaires, un faible poids à la naissance et plusieurs types de cancer. Mais ces maux ne concernent pas que les enfants. Les adultes sont tout aussi concernés. Cependant l’interdiction totale de ces polluants rencontre l’opposition farouche des industriels et de certains États. Comme d’habitude, le compromis trouvé à Bruxelles est une cote mal taillée qui ne résout pas la question.

Se joignant au ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Saar, Jordan Bardella, président du Rassemblement national et Laurent Wauquiez, chef de file des députés Les Républicains, ont protesté contre la possibilité, évoquée par Emmanuel Macron, de reconnaître l’État de Palestine en juin à l’occasion d’une conférence que la France coprésidera avec l’Arabie saoudite aux Nations unies à New York. Beaucoup de bruit pour pas grand-chose. D’abord parce qu’à l’heure actuelle l’État palestinien est reconnu par 148 pays au monde – dont en Europe, l’Irlande, la Norvège, l’Espagne l’Irlande, la Slovénie, la Serbie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro et l’Albanie – sans que cela ne change quoi que ce soit sur le terrain. Et pour cause. Cette reconnaissance ne s’accompagne en général d’aucune pression – diplomatique, économique ou militaire – sur l’État sioniste dont le principal partenaire commercial reste… l’Union européenne. Dernier exemple en date de cette mansuétude : dimanche 13 avril accoste à Fos-sur-Mer, près de Marseille, un navire, le Nexoe Maersk, qui transporte une cargaison de pièces détachées d’avions de chasse F35 destinée à l’armée israélienne. Et Paris laisse faire. C’est là le double langage de Macron et de nombre d’autres chefs d’États.

Quatre hommes ont été mis en examen et placés en détention provisoire pour viols avec actes de torture et de barbarie. Le principal accusé, qui habitait le village de Reiganc, avait non seulement violé et roué de coups sa compagne mais, de plus, l’avait livrée en pâture à d’autres hommes. Et quatre autres femmes avec lesquelles il avait eu une liaison avaient connu le même sort. C’est finalement en novembre 2023 que l’une d’elles avait porté plainte auprès de la gendarmerie. Il aura fallu finalement plus d’un an et demi pour que l’homme et ses acolytes soient finalement interpellés. Le moins que l’on puisse dire est que parfois la justice se hâte lentement…

Une commission d’enquête sénatoriale sur les aides publiques a auditionné le PDG du groupe Carrefour, Alexandre Bompard. Les sénateurs tentaient de comprendre comment Carrefour avait pu toucher 350 millions d’aides publiques en 2018 – principalement des exonérations de cotisations de la masse salariale – alors que le groupe comptait 109 000 salariés, et 330 millions en 2024 alors que ses effectifs étaient retombés à 85 000. Entre-temps Carrefour avait mis en location-gérance nombre de ses magasins en restant propriétaire tout en n’étant plus formellement le patron, cette tâche revenant aux gérants. Ce tour de passe-passe lui a permis de se débarrasser de nombreux salariés tout en continuant à empocher les aides publiques. Et l’administration fiscale a laissé faire.

Le revirement surprise de Donald Trump sur les droits de douane, qui le 9 avril avait suspendu pour 90 jours leur augmentation spectaculaire, avait fait repartir les marchés internationaux à la hausse après plusieurs jours de dévissage. Mais il semble que ce rétropédalage n’était pas une surprise pour tout le monde, et notamment pour les milliardaires qui l’entourent. Ces derniers, dûment prévenus, ont massivement acheté des actions alors que les cours étaient au plus bas pour les revendre après leur remontée spectaculaire, empochant des milliards de dollars au passage. Un exemple cité par Trump lui-même sur son compte X : celui du milliardaire et gestionnaire d’actifs Charles Schwab qui « a gagné 2,5 milliards » sur la seule journée du 9 avril. Et il est probable que le président lui-même se soit sucré au passage. Des délits d’initiés à la pelle qui ne peuvent étonner de la part du voyou de la Maison-Blanche et de ses complices.

Dans une étude de Silver Alliance, un collectif d’entreprises pour bien vieillir à domicile, et CSA Research, qui vient d’être rendue publique, les retraités interrogés estiment qu’il leur manque en moyenne 531 euros par mois pour vivre correctement, soit 438 euros pour une personne seule et 597 euros pour un couple. 67 % des retraités interrogés déclarent avoir vu leur pouvoir d’achat diminuer depuis leur départ à la retraite et 59 % redoutent une nouvelle baisse dans la période qui vient. Et pour cause : la pension médiane des retraités est de 1 531 euros par mois, tandis que les dépenses mensuelles s’élèvent en moyenne à 1 842 euros, engendrant un déficit financier quasi-permanent. Et bien que les pensions aient été revalorisées de 2,2 % au début de l’année 2025, cela n’a pas compensé pas l’augmentation des coûts de la vie. Plus que jamais il faut se battre pour qu’aucune pension ou retraite ne soit inférieure à 2 000 euros net par mois.

C’est le 14 mai prochain que François Bayrou sera entendu par la commission d’enquête parlementaire sur les violences sexuelles, physiques et psychologiques qui étaient courantes dans l’établissement catholique Notre-Dame de Bétharram, dans les Pyrénées Atlantiques. La défense du Premier ministre, selon laquelle il aurait tout ignoré à la fois en tant que parent d’élève, époux d’une enseignante, conseiller général, député, ministre de l’Éducation nationale et maire de Pau et qu’il ne serait « jamais » intervenu, « ni de près, ni de loin », dans cette affaire est battue en brèche chaque jour par de nouveaux témoignages accablants. Derniers en date : ceux d’un ancien gendarme qui avait été chargé d’enquêter et d’un juge d’instruction auprès desquels Bayrou serait intervenu pour ralentir les investigations. Mais de tout cela, bien évidemment, le Béarnais n’a aucun souvenir…