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Brèves

L’actualité en bref

Plus de 300 personnes, en majorité auteurs et autrices, ont participé au théâtre de la Concorde, à Paris, à une réunion destinée à discuter des meilleurs moyens de sauver l’édition « des griffes » de Vincent Bolloré après le limogeage d’Olivier Nora de la direction de Grasset. Plus généralement, il s’agissait de tenter de trouver une parade et les moyens juridiques pour sauver de faire face à la concentration éditoriale et à l’emprise croissante du milliardaire breton ultra-réactionnaire sur le monde du livre. On comprend fort bien, et on partage, la crainte des écrivaines et des écrivains face à la main mise de Bolloré sur l’édition. Mais la question restera insoluble tant que les trois quarts des grands médias et des maisons d’édition seront contrôlés par une poignée de milliardaires. Et si tous ne sont pas aussi intrusifs que Bolloré, ils ont toujours la possibilité d’imposer leur loi et leur point de vue. Les exproprier permettrait de garantir une presse et une édition enfin libérées du pouvoir de l’argent.

Comme chacun sait, le ministère de la Santé est à la recherche d’économies. Il a donc chargé l’Inspection générale des affaires sociales de plancher sur les agences sanitaires, la Sécurité sociale et les hôpitaux publics. Sans oublier bien sûr l’hospitalisation privée qui représente 18 % des dépenses de l’Assurance maladie. Mais pour cette dernière mission, la ministre, Stéphanie Rist, a désigné à la tête du comité stratégique, censé définir les grandes orientations, un certain Sébastien Proto. Ce dernier n’est autre que le patron d’Elsan, le principal groupe de santé privée du pays qui possède pas moins de 217 cliniques et hôpitaux. Et, par le plus grand des hasards, il s’avère qu’il est aussi un copain de promo de Macron à l’ENA. Sûr que Proto va faire preuve d’indépendance, d’impartialité et de neutralité lorsqu’il examinera les finances de ses propres établissements et celles des autres groupes. C’est en quelque sorte la santé privée contrôlée… par elle-même. Tout baigne…

Au deuxième trimestre 2026, le taux de chômage a atteint 8,1 % selon l’Insee, son plus haut niveau depuis 2021. Il enregistre sa cinquième hausse consécutive et augmente pour toutes les tranches d’âge. Depuis neuf ans qu’il occupe l’Élysée, l’essentiel de l’action du chef de l’État et de ses divers gouvernements dans ce domaine a été… de s’en prendre aux chômeurs en saccageant leurs droits et en s’attaquant au montant, à la durée et aux conditions d’accès aux indemnisations. Car, selon la philosophie macroniste, les demandeurs d’emplois étaient, peu ou prou, des tire-au-flanc qu’il fallait remettre au travail. Résultat : les mesures adoptées ont conduit à un appauvrissement de catégories de la population déjà précaires alors que le chômage progressait. Quant à l’objectif de Macron de ramener le taux de chômage à 5 % en 2027, il est devenu carrément risible.

Le Smic va augmenter de 2,4 % le 1er juin, a annoncé sur Franceinfo le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, et de préciser : « Cela fait environ 44 euros brut de plus par mois donc c’est substantiel. » Tout est évidemment relatif. Depuis le 1er janvier, le Smic est de 1 823,03 euros brut par mois pour un temps plein. Il sera donc porté à 1 867 euros brut. Mais le Smic net n’est que de 1 443,11 euros. Avec l’augmentation annoncée, il passera à 1478 euros. L’augmentation est à peine suffisante pour couvrir un plein d’essence. Pour les milieux populaires, la hausse des prix des produits de première nécessité (alimentation, hygiène, voiture, gaz et électricité, etc.) est très supérieure au chiffre global indiqué par l’Insee. La seule mesure efficace et juste serait de porter le Smic à au moins 2 000 euros net. On est très loin du compte.

Candidat potentiel de la gauche à l’élection présidentielle, l’euro-député Raphaël Glucksmann, qui a créé et dirige la petite formation « Place publique », est quelque peu embarrassé par un document interne à sa formation qui vient d’être rendu public. Rédigé par sa future équipe de campagne, le texte de 48 pages lui conseille de tout miser sur les électeurs aisés et âgés plutôt que sur les smicards, les classes populaires, les demandeurs d’emploi, les jeunes des banlieues et les moins fortunés. Glucksmann s’est laborieusement défendu en affirmant qu’il était en désaccord avec ces conclusions. Cela dit, ce n’est pas la première fois que la gauche réformiste préconise une telle tactique. Déjà en 2011 le groupe de réflexion Terra Nova, proche du Parti socialiste, avait conseillé à celui-ci de se détourner de l’électorat populaire pour viser les catégories les plus aisées. Rien de très nouveau donc chez les sociaux-démocrates de toutes nuances qui sont devenus, au fil des décennies, des partis bourgeois comme les autres.

Expérimenté depuis un an et demi, l’uniforme à l’école visait, selon Gabriel Attal, son initiateur alors qu’il était ministre de l’Éducation nationale, à promouvoir l’égalité entre élèves, à assainir le climat des établissements, à promouvoir « l’égalité sociale » et à améliorer les résultats scolaires. Il concernait à la dernière rentrée 97 écoles, 14 collèges et quatre lycées, contre environ 90 établissements l’année précédente. Mais, comme le fait remarquer avec diplomatie le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, la première estimation de cette expérimentation a donné des résultats limités et « assez inégaux selon les établissements ». En bref, on n’est pas loin du flop. Comme le déclare Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU : « Ce bilan confirme donc qu’on était bien face à une annonce sans lendemain de Gabriel Attal, qui était essentiellement à visée médiatique et politique sans jamais se préoccuper des vrais enjeux de l’école. » Quant à améliorer les locaux scolaires, baisser le nombre d’élèves par classe, augmenter l’effectif en enseignants et autre personnel scolaire, il n’en a jamais été question.

Le parquet a demandé contre Nicolas Sarkozy, jugé en appel dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, une condamnation à sept ans de prison et 300 000 euros d’amende pour corruption, recel de détournements de fonds publics, association de malfaiteurs et financement illégal de campagne. N’en jetez plus ! Le jugement sera rendu le 30 novembre prochain. Cela dit, l’ancien président de la République n’a sans doute pas grand-chose à craindre. Déjà condamné à cinq ans de prison, il n’avait passé en cellule en tout et pour tout… que 20 jours, recevant de plus la visite du ministre de la Justice venu s’enquérir de son confort. Alors, cette fois, il en sera probablement de même. Il obtiendra du sursis, effectuera une partie de sa peine à domicile sous bracelet électronique… puis sans bracelet compte tenu de son âge. À comparer avec la sévérité de la justice avec les jeunes des milieux populaires qui, pour avoir piqué une voiture ou s’être affrontés à des policiers, peuvent passer des mois en prison.

C’est à Nairobi, au Kenya, qu’a eu lieu le sommet « Africa Forward » (Afrique en avant) qui réunissait la France d’un côté et différents pays africains de l’autre. À en croire le locataire de l’Élysée, il s’agirait d’ouvrir une nouvelle ère dans les relations franco-africaines. En fait, plus prosaïquement, Paris, qui au cours des années s’est fait tailler des croupières dans ses anciennes colonies africaines, espère se remettre en selle en promettant à ses hôtes des milliards d’investissements, publics et privés. Macron avait d’ailleurs emmené dans ses bagages des représentants de plusieurs centaines d’entreprises tricolores. Bref une tentative de redonner un second souffle au capitalisme français sur un continent où il conserve, malgré ses déboires, de solides intérêts.

Alors que l’on vient de célébrer la Journée nationale de commémoration de l’abolition de l’esclavage, il est bon de rappeler que la problématique de l’esclavage n’est pas seulement un sujet mémoriel mais est toujours d’actualité dans nombre de territoires ultra-marins. C’est ainsi qu’en Guadeloupe, en Martinique, à la Guyane et à La Réunion, des collectifs exigent des réparations non plus seulement de la part de l’État, qui a instauré le système, mais aussi de grandes familles de blancs, appelés « békés » en Martinique et « blancs-pays » en Guadeloupe, qui se sont enrichies sur la sueur des esclaves. Leurs descendants, comme Christian Vivès et Bernard Hayot, sont des figures économiques de premier plan qui contrôlent largement l’économie des Antilles. Une partie importante des terres, de l’agroalimentaire ou de la grande distribution reste concentrée entre les mains de ces héritiers de fortunes construites pendant la période esclavagiste. À l’autre bout de l’échelle, la proportion de familles qui vivent en dessous du seuil de pauvreté est nettement plus élevée qu’en Métropole. Avec l’abolition, les esclaves sont devenus prolétaires et leurs propriétaires capitalistes. Un jour ou l’autre il faudra bien leur faire rendre gorge.