Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Une pétition appelant les députés à voter contre le projet de loi présenté par Caroline Yadan a déjà recueilli plus de 200 000 signatures sur le site de l’Assemblée nationale. Si le texte est destiné officiellement à « lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme » il vise en réalité à faire un amalgame malhonnête entre la haine contre les Juifs et l’opposition résolue à la politique génocidaire de l’État sioniste. Un moyen de tenter de faire taire toute critique à l’égard d’Israël, de son Premier ministre, Benyamin Netanyahou, et de son gouvernement d’extrême droite. Ce qui n’est pas étonnant venant de la part d’une députée dont les liens avec la couche dirigeante israélienne sont de notoriété publique. Un projet de loi liberticide donc, visant à justifier une politique colonialiste et raciste à l’encontre du peuple palestinien. Une bonne occasion de rappeler que, si l’antisémitisme est un crime, l’antisionisme est un devoir.

Un avocat et une plateforme en ligne ont lancé une plainte collective devant le Conseil d’État contre les hausses des tarifs des péages des sociétés concessionnaires d’autoroutes. Les autoroutes publiques ont été concédées au secteur privé, d’abord sous le gouvernement de gauche de Lionel Jospin en 2002, puis finalisé sous celui de droite de Dominique de Villepin en 2006. Depuis lors les sociétés concessionnaires (Vinci, Eiffage et Abertis) se font leur beurre sur les 9 000 kilomètres d’autoroutes qu’elles gèrent. On estime que sur chaque 100 euros qu’elles perçoivent, 33 euros partent directement dans la poche des actionnaires sous forme de dividendes… alors même qu’un rapport du Sénat de novembre 2024 indiquait qu’au moins 5 milliards d’euros de travaux urgents n’avaient pas été réalisés. L’action collective vise à faire rembourser aux automobilistes une partie des fabuleux profits accumulés. Ce n’est pas gagné !

Par 190 voix contre 107, l’Assemblée nationale a rejeté le projet de loi visant à doter la Nouvelle-Calédonie d’une certaine autonomie au sein de la République française en vertu des accords de Bougival (été 2025) et de l’ Élysée‑Oudinot (janvier 2026). Un projet combattu depuis le début des négociations par les représentants indépendantistes du peuple kanak qui n’acceptent pas un statut qui, sous couvert de quelques modifications juridiques largement cosmétiques, maintiendrait en fait la puissance coloniale française et ses relais locaux aux commandes. Ce qui n’a pas empêché le Premier ministre, Sébastien Lecornu, d’annoncer qu’il irait de l’avant en réunissant la semaine prochaine à Matignon les partis néo-calédoniens favorables au texte. Le plus court chemin pour provoquer de nouveaux troubles sanglants sur le Caillou.

Depuis 40 ans, la Rencontre annuelle des musulmans de France se tient au Bourget, non loin de Paris. Cette manifestation mêle conférences, expositions et stands commerciaux. Cette année, elle se déroule du 3 au 6 avril mais a failli être interdite par la préfecture de police de Paris. Cette dernière mettait en avant le « risque terroriste » et d’éventuelles atteintes à l’ordre public liées à de possibles manifestations hostiles de groupuscules d’extrême droite. Associer systématiquement la population musulmane au terrorisme, sous une forme ou une autre, est devenue la rengaine non seulement de l’extrême droite mais aussi des milieux gouvernementaux. Finalement, moins de deux heures avant l’ouverture de l’évènement, la justice administrative a autorisé sa tenue, estimant que les troubles à l’ordre public invoqués par le préfet de police n’étaient « pas établis » et « que l’exercice de la liberté d’expression est une condition de la démocratie ». Mais ce dernier, Laurent Nuñez, pour une fois débouté, ne désarme pas et a annoncé le même jour un nouveau projet de loi de lutte contre le « séparatisme islamiste » complétant la précédente loi de 2021. Pour lui, la chasse aux musulmans, ou supposés tels, continue.

Sur dénonciation du député Rassemblement national Matthias Renault, qui a saisi la procureure de la République, l’euro-députée Rima Hassan a été placée en garde à vue pour suspicion « d’apologie du terrorisme » puis libérée. Elle comparaitra devant la justice le 7 juillet prochain.On lui reproche notamment un tweet publié le 26 mars et qui affirmait, en reprenant la phrase d’un militant japonais condamné pour terrorisme : « J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir. » L’élue LFI, née dans un camp de réfugiés palestiniens, a fait de la défense de son peuple un combat majeur. Ce n’est pas la première fois qu’elle est interpellée par la police et la placer en garde à vue s’imposait d’autant moins qu’elle a toujours répondu aux convocations des autorités judiciaires. Son arrestation s’inscrit dans la campagne visant à criminaliser les soutiens à la Palestine. Solidarité avec Rima Hassan !

Le militant libanais pro-palestinien, Georges Ibrahim Abdallah, a été incarcéré 41 ans dans les prisons françaises et n’a été libéré qu’en juillet 2025, alors qu’il aurait légalement pu l’être dès 1999. Mais on ne lui pardonnait d’être resté toujours ferme sur ses positions en niant par ailleurs toute responsabilité dans l’assassinat de deux diplomates, un israélien et un américain. Dès sa libération de la prison de Lannemezan, dans les Hautes-Pyrénées, il s’était envolé pour son Liban natal où il réside aujourd’hui, à l’âge de 75 ans. Mais la justice ne le lâche pas. La Cour de cassation vient d’annuler la mesure de libération conditionnelle dont il avait bénéficié l’an dernier, au motif que les dispositions relatives à sa libération n’auraient pas été respectées ! Une bonne blague qui montre l’acharnement judiciaire auquel sont soumis certains prisonniers politiques.

À la veille du week-end pascal, où traditionnellement les achats de chocolat s’envolent, l’Union fédérale des consommateurs-Que Choisir a constaté une hausse moyenne de 4 % du prix des chocolats par rapport à la même date de l’an dernier alors que le prix du cacao sur le marché international a été divisé par plus de trois depuis la fin 2024. En quatre ans l’inflation sur ce produit a grimpé en France de 35 %. Ce sont les grandes marques qui font leur beurre en achetant moins cher le produit de base mais en faisant grimper les prix de détail : + 4 % pour Nestlé, + 7 % pour Kinder et Lindt, + 8 % pour Milka et + 10 % pour Ferrero Rocher. En bout de chaîne, ce sont bien évidemment les consommateurs qui sont les dindons de la farce.

Le dernier rapport de Greenpeace documente les profits réalisés par les géants européens du secteur de l’énergie en plein conflit du Moyen-Orient. Le texte indique que les compagnies pétrolières européennes réalisent actuellement 81,4 millions d’euros de sur-profits… par jour. Et de détailler : « Les compagnies pétrolières ont réalisé chaque jour en moyenne sur la période du 2 au 23 mars 2026 des profits supplémentaires de 75,3 millions d’euros sur le diesel et de 6,1 millions sur l’essence, par rapport à la période janvier-février 2026. » Pour la France seule, cette somme atteint 11,6 millions d’euros. S’appuyant sur un article du quotidien britannique le Financial Times, le rapport indique que rien qu’en spéculant sur le prix des carburants, le groupe TotalEnergies a réalisé un milliard de dollars (866 millions d’euros) de profit pour le seul mois de mars. Ce n’est pas la crise pour tout le monde !

Oxfam vient de publier une nouvelle analyse dénonçant l’ampleur et la persistance de l’évasion fiscale à l’échelle du monde. « La fortune non imposée dissimulée dans les paradis fiscaux par les 0,1 % les plus riches est supérieure à la richesse totale de la moitié la plus pauvre de l’humanité (4,1 milliards de personnes) », souligne l’ONG. Elle estime « qu’en 2024, 3 550 milliards de dollars (2 900 milliards d’euros) de richesses non imposées étaient dissimulés dans des paradis fiscaux et des comptes non déclarés ». Pour avoir une idée de l’ampleur du phénomène : « Cette somme dépasse le PIB de la France et représente plus du double du PIB combiné des 44 pays les moins avancés du monde. » Rappelons que dans l’Hexagone 13 335 millionnaires ne payent aucun impôt sur le revenu. Comme le dit fort justement L’Internationale : « Nul devoir ne s’impose aux riches »