Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

L’Insee vient de publier un rapport qui montre que la mortalité infantile a connu une nouvelle hausse dans le pays en 2024. Depuis 2011, le taux de mortalité infantile n’a cessé d’augmenter, passant de 3,5 décès pour 1 000 enfants nés vivants à 4,1 pour 1000 en 2024. Ce qui se traduit par le fait qu’en l’an dernier 2 700 enfants sont décédés avant l’âge d’un an. « Cela signifie qu’un enfant sur 250 meurt avant son premier anniversaire », développe l’Insee. « Un quart de ces décès ont lieu le jour de la naissance, la moitié entre 1 et 27 jours de vie, un quart dans la période post-néonatale, qui survient de 28 jours à moins d’un an. » En 2022, la France se classait au 23e rang sur les 27 États de l’Union européenne en termes de mortalité infantile. L’augmentation de la pauvreté mais aussi la détérioration des services médicaux expliquent en partie cette situation, nombre de services de néonatalogie des hôpitaux publics étant à bout de souffle.

La Commission européenne a annoncé qu’elle envisageait de remplacer la notice papier des médicaments par une version numérique, au nom de la lutte pour l’environnement. Une politique approuvée par les labos pharmaceutiques qui y voient un moyen de faire des économies. Cela a amené plusieurs associations de consommateurs (UFC-Que Choisir, Familles rurales, Confédération de la consommation, du logement et du cadre de vie) à écrire une lettre commune au ministre de la Santé dans laquelle elles estiment que « le numérique doit rester un outil additionnel, complémentaire et jamais un substitut imposé » et soulignent que « pour de nombreuses personnes – en particulier les personnes âgées, en situation de précarité numérique ou vivant dans des zones mal desservies, la version traditionnelle en papier constitue un support indispensable, à la fois simple et fiable ». La Commission européenne se moque du monde. Elle laisse largement les mains libres aux grands trusts qui polluent à tout-va mais « verdit » sa politique en rendant plus difficile la vie quotidienne des simples citoyens.

À l’hôpital Monod du Havre, le plafond d’un des vestiaires remis à neuf s’est effondré, heureusement sans blesser personne. Les syndicats pointent du doigt la mauvaise qualité et la fragilité des matériaux utilisés pour les travaux, bien que la direction assure qu’il n’y aurait aucun danger, mais il faudrait les croire sur parole ! Par contre, on peut plus facilement croire que la direction a décidé d’économiser autant que possible sur le dos de la sécurité.

… d’après le bulletin CHU Caen

Alors que les manifestations antigouvernementales continuent dans le pays, Netanyahou a annoncé l’exclusion de 1000 réservistes de l’armée de l’air. Ceux-ci avaient osé signer une tribune demandant le retour des otages « même au prix d’un changement immédiat dans la guerre ». Mais cette mesure répressive ne suffit pas à faire taire la contestation qui monte dans le pays, y compris au sein de l’armée. Le lendemain, 250 réservistes des services de renseignement ont à leur tour signé une tribune déclarant que « la guerre sert avant tout des intérêts personnels et politiques et non des intérêts de sécurité ». Espérons que cette contestation s’étende encore et cherche clairement la voie de la solidarité avec le peuple palestinien.

Jeudi 10 avril, le groupe milanais ATM a été retenu par IDFM pour exploiter les bus du sud des Hauts-de-Seine. Jean Castex, le PDG de la RATP s’est offusqué de ce marché perdu… mais n’a rien dit quand dans la foulée il a gagné l’exploitation de quatre lignes à Rome ! Mais la farce ne s’arrête pas là : de la gauche à l’extrême droite, à coup de clichés xénophobes, ça agite le drapeau chauvin contre une ingérence étrangère… Comme si un patron français valait mieux ! Car derrière le masque du nationalisme se cache l’exploitation capitaliste, et les conducteurs italiens d’ATM subissent le sous-effectif comme ceux de la RATP. Dans leur recherche du profit, les patrons ne connaissent pas les frontières, nos luttes contre l’exploitation non plus !

… d’après le bulletin TCL (Lyon)

Après cinq épisodes de grève et de manifestations depuis janvier, les traminots berlinois de la BVG (compagnie de transports de Berlin) ont fait plier la direction : l’accord sur une augmentation de salaire de 380 euros, bien qu’effective en juin seulement et étalée sur deux ans, fait bien plaisir ! C’est bien la colère, la mobilisation et la solidarité des collègues, rejoints par les salariés d’entreprises d’entretien de l’espace public, qui ont fait que l’entreprise, redoutant une grève plus longue et plus large, a dû céder. Un exemple de lutte et de détermination pour nous tous !

… d’après le bulletin TCL (Lyon)

En Seine-Saint-Denis, le mois dernier, le volant d’un bus RATP est resté entre les mains de son conducteur en plein service, avec des passagers à bord. Le conducteur de la ligne 105 a réussi à arrêter son bus à temps, évitant la catastrophe. Il a même dû reprendre son service (la RATP lui a généreusement mis à disposition un autre bus) ! Face à la gravité de l’incident, la direction s’est voulue rassurante, « mène l’enquête » et fait réviser tous les bus du même modèle. Mais quand la RATP passe de 2 000 mainteneurs à 700 en cinq ans pour faire des économies, elle ne peut s’étonner que des roues se décrochent, que de l’huile ou du liquide de refroidissement s’écoulent, que des volants s’envolent. Faut-il attendre des morts pour espérer être transportés en toute sécurité ?

… d’après le bulletin TCL (Lyon)

Périphérique coupé, bâtiment de 13 000 m² entièrement détruit, un immense panache de fumée, explosion de bouteilles de gaz, présence de lithium, des milliers de tonnes de papier et carton brûlées… Comme dit Corentin Duprey, président de Syctom, le centre de tri des déchets du 17e arrondissement de Paris qui a brûlé lundi 7 au soir, l’entreprise « a très fréquemment » des départs de feu et sur les cinq centres de tri qu’elle gère, une centaine de feux se déclarent par an, en raison notamment de batteries ou de piles… D’accord, et donc ? Ce n’est pas grave ? Lundi soir, le préfet de Paris, Laurent Nuñez, se contentait de déclarer que les concentrations en particules fines étaient « systématiquement inférieures aux seuils réglementaires ». Quatre jours plus tard, le silence règne. La priorité est bien de compenser la perte des 70 millions d’euros qu’avait coûté ce centre inauguré en 2019 et pas de commander en urgence un bilan de toxicité et de l’impact de la concentration de fumée sur la qualité de l’air. Décidément, rien ne va avec ces guignols !

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a alarmé sur la situation à Gaza, dénonçant notamment le blocus par Israël de l’aide humanitaire. Il a notamment déclaré : « Depuis plus d’un mois, pas la moindre aide n’est entrée dans Gaza. Pas de nourriture, pas de carburant, pas de médicaments, pas de biens commerciaux. Alors que l’aide se tarit, les vannes de l’horreur se sont rouvertes… Gaza est un champ de mort et les civils sont piégés dans une boucle sans fin de mort. » Avec son culot habituel, l’État sioniste a nié tout blocus alors que des files d’attente de centaines de camions apportant de l’aide sont stoppés à la frontière égyptienne. Mais il aurait tort de se gêner, assuré du soutien de l’impérialisme américain et du silence complice des puissances européennes.