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Brèves

L’actualité en bref

La Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam) a annoncé, lundi 7 avril, le déconventionnement de sept centres du réseau Ophtalmologie Express, suspectés de pratiques frauduleuses : soins inexistants mais facturés, surfacturation, actes réalisés sans la présence des ophtalmologistes… Le préjudice financier dépasse 6,6 millions d’euros au niveau national, pour cette seule entreprise ! La Cnam assure se structurer pour détecter les fraudes qui sont « de moins en moins artisanales et de plus en plus sophistiquées » de la part « d’acteurs en réseau ». Une cinquantaine de centres de ce type ont été fermés en deux ans. Mais il s’en crée toujours plus, encouragés par les pouvoirs publics et surfant sur la pénurie. Avec la destruction et le rétrécissement du système de santé public, les escrocs ne sont pas près de disparaitre.

Un rapport publié par la défenseure des droits, intitulé « Amendes, évictions, contrôles : la gestion des “indésirables” par la police en région parisienne », met en lumière un ciblage visant principalement de jeunes hommes issus de milieux populaires et de l’immigration. Ce rapport souligne que les pratiques policières, telles que les contrôles d’identité fréquents et les verbalisations multiples, sont utilisées pour évincer ces jeunes de l’espace public. Le terme « indésirables » est celui utilisé par la police elle-même dans son logiciel de main courante. Les prétextes pour les verbaliser sont nombreux : infractions sanitaires durant la période de Covid, tapage, dépôt de déchets, crachats, non-port de gants de scooters, etc. Le texte insiste aussi sur le caractère discriminatoire de ces contrôles basé sur des critères tels que l’âge, le genre et l’origine ethnique qui renforce leur exclusion sociale et économique. Une police anti-jeune et raciste. Ce que l’on savait déjà.

Selon des informations du Canard enchaîné, Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, a reçu fin mars un courrier signé du secrétaire général du Parlement européen, lui indiquant que le contrat d’assistant parlementaire de François Paradol, son actuel directeur de cabinet (et par ailleurs conseiller régional d’Île-de-France), ne serait pas renouvelé. La raison ? Une incompatibilité entre son travail au service du chef du RN et les tâches requises pour un contrat d’assistant parlementaire. Bardella faisait payer par Bruxelles le salaire de son principal collaborateur qu’on ne voyait guère à l’institution européenne. Le même genre de plaisanterie qui a valu à Le Pen sa condamnation. Bardella suit-il la même voie ?

Laurent Wauquiez, le patron des députés Les Républicains, a proposé d’expulser de la Métropole et d’envoyer à Saint-Pierre-et-Miquelon pour les enfermer toutes les personnes dangereuses sous obligation de quitter le territoire français (OQTF). Il avait sans doute à l’esprit l’ex-bagne de Cayenne, en Guyane, ou bien les condamnés envoyés purger leur peine en Nouvelle-Calédonie, ou encore les malheureux qui crevaient dans les bataillons disciplinaires en Afrique. Ces déclarations ont provoqué une levée de boucliers parmi la population et les élus de ce petit archipel d’Amérique du Nord qui se refusent de voir leurs îles utilisées comme « dépotoirs ». Mais de cela Wauquiez s’en moque. Car, en compétition avec Bruno Retailleau, le ministre de l’Intérieur, pour la présidence de son parti, il tente de le doubler sur sa droite en apparaissant encore plus sécuritaire avec le soutien de la presse Bolloré. Plus réac que lui, tu meurs !

Déjà visée par une information judiciaire, dans laquelle le parquet national financier a requis en novembre qu’elle soit jugée pour corruption et trafic d’influence, aux côtés de l’ex-patron de Renault-Nissan Carlos Ghosn, la ministre de la Culture, Rachida Dati, risque de traîner une nouvelle casserole judiciaire. En effet, dans une longue enquête, Libération révèle que dans sa déclaration d’intérêts auprès de la Haute autorité de la transparence de la vie publique, elle aurait fait état d’un patrimoine de 5,6 millions d’euros « en oubliant » de déclarer des bijoux pour un montant compris entre 420 000 euros et 500 000 euros et de très beaux cadeaux que l’ex-PDG d’EDF, Henri Proglio, lui aurait faits. Pour sa défense, Dati pourra toujours interpréter devant les juges la célèbre chanson de Jeanne Moreau, J’ai la mémoire qui flanche.

L’intersyndicale de l’enseignement en Côte d’Ivoire revendique depuis plusieurs mois une prime équivalente à celle des autres fonctionnaires. Les journées de grève des 3 et 4, puis des 7 et 8 avril ont été suivies jusqu’à 80 % selon les syndicats. Pourtant, aussi calme soit la grève, contrôlée par l’intersyndicale, aussi simple soit la revendication, des dizaines de syndicalistes ont été arrêtés et intimidés. Un militant a déjà été condamné à deux ans de prison ferme. La répression traduit surtout la peur d’un mouvement social qui pourrait faire tache d’huile ! La ministre de la Fonction publique a menacé de limoger ceux qui refuseraient de revenir immédiatement au travail, dénonçant une « prise d’otages ». De Paris contre les cheminots à Yamoussoukro contre les instituteurs, la même rengaine…

Le nombre d’exécutions capitales recensées dans le monde a atteint son plus haut niveau depuis près d’une décennie, avec une hausse particulièrement observée en Iran, en Irak et Arabie saoudite, selon le dernier rapport annuel d’Amnesty International. Il dénombre 1518 personnes exécutées, le plus souvent après des jugements sommaires. 64 % des exécutions ont été comptabilisées en Iran pays qui a systématiquement recouru à la peine de mort pour punir des participants au mouvement « Femme, vie, liberté » de 2022. Mais ce chiffre est très largement sous-estimé car certain pays qui exécutent beaucoup – comme la Chine, le Vietnam et la Corée du Nord – ne communiquent aucun chiffre. Seule petite lueur d’espoir dans cet océan de barbarie : à l’heure actuelle, 145 pays ont soit aboli la peine de mort, soit ne l’appliquent plus, selon l’ONG et seuls 15 pays l’ont appliquée l’an dernier, soit le nombre le plus bas jamais enregistré.

La Cour suprême américaine a donné son feu vert aux expulsions de migrants opérées par l’administration Trump en s’appuyant sur une loi du 18e siècle. Cette législation, datant de 1798, n’avait été utilisée jusqu’à présent qu’en temps de guerre. Q’importe. Il suffit d’affirmer que les migrants, les trafiquants de drogue ou d’autres étrangers sont « des ennemis de l’Amérique » pour qu’ils se retrouvent en prison et expulsés. Mais ce détournement de législation est finalement assez courant. En France, le ministre de l’Intérieur, les préfets à ses ordres et la police utilisent le prétexte « d’apologie du terrorisme » pour poursuivre, voire tenter d’interdire, les soutiens au peuple palestinien. Détourner une législation n’est pas un monopole de Trump.

Pour son douzième déplacement sur les bords du Nil, Macron avait tout mis en scène pour célébrer son « amitié » avec le président al-Sissi, acteur majeur sur la scène politique au Moyen-Orient mais surtout gros acheteur d’armes tricolores (12 milliards d’euros au cours des dix dernières années). Quelques déclarations convenues sur Gaza, mais rien bien sûr sur la situation politique en Égypte. Pourtant ce régime dictatorial emprisonne à tour de bras et interdit les manifestations de rue, y compris celles en soutien au peuple palestinien. Rien d’étonnant alors que, selon des estimations des ONG, au moins 60 000 prisonniers d’opinion sont détenus dans les prisons du régime dont des opposants politiques (libéraux, islamistes, défenseurs des droits humains) mais aussi des artistes, des avocats, des journalistes, souvent accusés faussement de « terrorisme » ou d’atteinte à la sureté de l’État. Les conditions de détention sont largement critiquées par des organisations comme Amnesty International et Human Rights Watch, qui dénoncent des pratiques de détention prolongée sans jugement et des violations des droits humains. Mais de cela Macron s’en moque tant que Sissi continue de lui acheter des armes dont certaines sont utilisées pour réprimer son propre peuple.