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Brèves

L’actualité en bref

Quelques heures après l’attaque perpétrée par un lycéen à Nantes, qui a poignardé quatre de ses camarades entraînant la mort de l’une d’entre eux, le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, s’est rendu aussitôt sur place pour déverser sa bile sécuritaire en déclarant : « Ce n’est pas un fait divers, c’est un fait de société. Nous sommes dans une société qui a encouragé le laxisme, qui a voulu déconstruire les interdits, l’autorité, l’ordre, les hiérarchies, et qui a accouché de toute cette violence. » Le fait que le lycéen en question était, selon les témoignages de ses camarades, suicidaire, mentalement dérangé et ait été admis finalement en soins psychiatriques n’émeut nullement le petit coq de la place Beauveau. Il ne s’interroge ni sur les images de violence quotidienne auxquelles est confrontée la jeunesse (de Gaza en l’Ukraine en passant par celle des cités ou des réseaux sociaux), ni sur le mal-être ressenti par toute une partie des adolescents. Encore moins sur le fait que l’on compte actuellement en moyenne un psychologue pour 1 500 élèves dans les établissements scolaires. Ce n’est pas en sortant plus de matraques, plus de tasers et en créant plus de places de prison que l’on résoudra le problème. Mais Retailleau s’en moque. L’important pour lui est de peaufiner son image de premier flic de France et de pourfendeur des jeunes des banlieues. Charognard !

Une enquête publiée par la revue 60 millions de consommateurs montre que 22 bouteilles d’huile d’olive de marques diverses, estampillées « vierge extra » et vendues en majorité en grande surface, présentent toutes des traces de plastifiants et d’hydrocarbures potentiellement dangereux pour la santé, que l’huile soit peu chère ou onéreuse (entre 10 et 60 euros la bouteille sur le panel étudié), bio ou non. Parmi les huiles testées, certaines contiennent 10 mg/kg de MOAH, des hydrocarbures aromatiques dérivés du pétrole utilisés notamment comme lubrifiants pour les moteurs. Bon appétit quand même !

Une commission d’enquête sénatoriale se penche, jusqu’à juillet prochain, sur les multiples aides publiques aux entreprises, une manne financière énorme qui n’est que très peu contrôlée, et encore moins quantifiée de façon précise. Entendu par la Commission, Marc Auberger, inspecteur général des finances, estime son montant : « Environ 170 milliards d’euros. Mais je pense qu’on en oublie… Il se peut que l’on atteigne 200 milliards d’euros. » C’est-à-dire trois fois le budget de l’Éducation nationale. Les grandes entreprises empochent la part la plus importante de ces subventions (42 %), suivies de celles de taille intermédiaire (35 %) et enfin les PME (23 %). Les patrons peuvent donc dire merci à leurs amis du gouvernement… et aux contribuables.

Comme dans tout le réseau, les collègues font face à un sous-effectif chronique. Après un premier courrier resté sans réponse envoyé à la direction territoriale en décembre 2024, les agents se sont réunis début mars et ont voté la grève. Deux jours de grève majoritaire mi-mars et la menace d’un troisième jour ont contraint la direction à se déplacer… Mi-avril a donc été officiellement annoncé le recrutement de cinq conseillers en CDD, puis de deux agents confirmés issus d’autres agences. Une première victoire qui redonne confiance.

La Cour européenne des droits de l’homme a condamné Paris pour la réponse judiciaire apportée à trois mineures qui avaient dénoncé en vain des viols. La Cour relève que la justice française a « failli à protéger, de manière adéquate, les requérantes qui dénonçaient des actes de viols alors qu’elles n’étaient âgées que de 13, 14 et 16 ans au moment des faits ». Elle souligne donc « l’absence de célérité et de diligence dans la conduite de la procédure pénale ». En résumé, lorsqu’il s’agit de viols, l’institution judiciaire se hâte lentement. Comme le souligne Lorraine Questiaux, avocate de la Fondation des femmes : « Cela fait des années que les féministes le disent, que le problème n’est pas le texte, mais bien un problème culturel profond au sein des juridictions françaises. » On ne lui fait pas dire !

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail a lancé une nouvelle mise en garde sur les effets des pesticides sur la santé, particulièrement sur celle des enfants, notamment l’« altération des fonctions motrices, cognitives, et des fonctions sensorielles chez l’enfant », en lien avec l’exposition prénatale aux insecticides organophosphorés. Ce qui n’empêche pas le ministère de l’Agriculture d’alléger sans cesse la législation sur les pesticides sous prétexte de ne pas nuire à « la compétitivité de notre agriculture ». Aux dépens de la santé et sans état d’âme.

Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, vient de sortir une arme imparable contre le trafic de drogue. Il a annoncé sur France Info que désormais les consommateurs et les revendeurs de drogue interpellés se verront confisquer… leurs téléphones portables. Une mesure initiée à l’origine par le procureur de la République de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) et qui vise en priorité les mineurs, les jeunes majeurs ou encore les personnes en situation irrégulière. Quant aux caïds du trafic de drogue cette mesure risque de les faire mourir… de rire.

Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, n’a pas caché qu’il était furieux contre la décision de la justice administrative de rétablir le contrat d’association entre l’État et le lycée musulman Averroès, de Lille, résilié en décembre 2023 par la préfecture du Nord. Les juges ont décidé que cette résiliation n’était pas fondée. Retailleau a donc demandé à sa collègue de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, de faire appel contre cette décision. Le tout au nom, bien sûr, du respect de la laïcité. Sauf que ces derniers temps on n’a pas beaucoup entendu ce catholique du genre intégriste s’en prendre aux établissements catholiques dans l’œil de la justice, comme Notre-Dame de Bétharram à Pau ou Stanislas à Paris, qui s’assoient sur la laïcité. Car ce qui le motive avant tout, c’est sa chasse aux musulmans.

La Légion d’honneur est une babiole créée par Napoléon 1er en 1802 et destinée à récompenser les fidèles serviteurs de l’État. Les titulaires sont supposés faire montre d’une certaine moralité, du moins bourgeoise. Nicolas Sarkozy, condamné à trois ans de prison et à porter un bracelet électronique, peut-il la conserver ? Oui dit Macron, grand maître de l’ordre national de la Légion d’honneur. Pourtant, selon les statuts de la Légion d’honneur, sont normalement « exclues de l’Ordre, les personnes condamnées à une peine d’emprisonnement sans sursis égale ou supérieure à un an ». Qu’importe. Selon le locataire de l’Élysée, même si Sarkozy a piqué dans la caisse, il mérite « le respect des Français ». C’est un sens de l’honneur à géométrie variable qui, venant de Macron, ne peut étonner. Car il récidive. Il n’y a pas si longtemps, il avait conservé la même babiole au violeur Gérard Depardieu qui, parait-il, rendait « fière la France ». La Légion d’honneur ? Un repaire de repris de justice.