Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Dans sa dernière étude, l’association de consommateurs UFC-Que choisir dénonce les règles « complexes et illisibles » appliquées par certaines banques à leurs clients, surtout les plus modestes. Par exemple faire payer dix euros pour un découvert d’un euro, même autorisé. Et d’expliquer : « Lorsqu’un découvert est trop faible pour générer plusieurs euros d’agios, certaines banques remplacent ces derniers par un forfait minimum, sans aucune justification économique. » Ce qui aggrave d’autant le découvert. Pour les banques, il n’y a pas de petit profit.

Dix associations, dont Emmaüs, le Secours catholique et la Cimade, ont déposé un recours devant le Conseil d’État pour dénoncer les avatars de la plateforme en ligne de demandes de titres de séjour. Cette plateforme, dénommée Administration numérique pour les étrangers en France, souffre de dysfonctionnements massifs qui empêchent nombre de migrants d’obtenir des papiers, des attestations, voire de renouveler des titres de séjour. Depuis 2021 ils ont obligation de passer par ce portail web pour effectuer leurs formalités. Et toutes leurs protestations se heurtent à un mur. Entre 2020 et 2024, il y a eu une augmentation de 400 % des réclamations liées à ces problèmes. Mais les pannes informatiques n’expliquent pas tout. Selon Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de solidarité, collectif d’associations figurant parmi les requérants : « Outre les dysfonctionnements de la dématérialisation, il y a une volonté politique de multiplier les obstacles pour les immigrés, mais on ne fait que les empêcher de travailler […] Il y a dix ans le problème était d’avoir un titre de séjour, il demeure, mais aujourd’hui il y a un problème massif de renouvellement. » En résumé, le ministre de l’Intérieur fait tout pour pourrir la vie des migrants.

Hier, la ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, interviewée à propos de Parcoursup, a déclaré : « Il faut se préparer très jeunes, presque depuis la maternelle, à réfléchir à la façon dont on se projette dans une formation et un métier. » Après la retraite à 64 ans, voilà l’orientation à 3 ans. Borne devrait profiter des vacances scolaires pour s’oxygéner le cerveau. En attendant, qu’elle et le Medef laissent tranquilles les joueurs et les joueuses de bac à sable.

À Soissons, des gens protestent contre la tenue d’une vente aux enchères de 250 objets nazis. La police intervient. Elle arrête… une manifestante. Son crime ? avoir amené cartons, marqueurs, scotch, ficelle, ciseaux et cutter pour faire des pancartes. Elle a passé sept heures en garde à vue et sera jugée pour détention « d’armes à destination de commettre un crime ou un délit ». La vente a bien eu lieu. On ne sait pas si on rejouera prochainement le match « tous contre les nazis », mais on sait déjà dans quel camp jouera la police… Nous, nous sommes dans celui de la militante arrêtée !

Cela pourrait sembler anecdotique si ce n’était tragique. Une petite fille de huit ans a succombé à une « insuffisance pulmonaire due à la rougeole » dans un hôpital de Lubbock, au Texas. En février déjà, dans la même ville, c’est un petit garçon de cinq ans qui avait été terrassé. C’était le premier décès dû à la rougeole en dix ans. En effet cette maladie très contagieuse avait été déclarée éradiquée aux États-Unis en 2000 grâce à la vaccination. Mais les contaminations sont reparties à la hausse ces dernières années, à la faveur de la baisse des taux de vaccination enregistrée depuis la pandémie de Covid-19 et les campagnes anti-vax. Cela a été aggravé par les déclarations anti-vaccins de Trump et ses acolytes. L’actuel ministre de la Santé, Robert Kennedy Jr, affirmait, il n’y pas longtemps encore, sans aucune preuve, que le vaccin contre la rougeole pouvait provoquer l’autisme. Cela explique que plus de 600 cas de rougeole aient été enregistrés aujourd’hui principalement au Texas, État farouchement trumpiste. Face à la catastrophe qui s’annonce, Kennedy a changé son fusil d’épaule en déclarant que « le vaccin rougeole, oreillons et rubéole est le moyen le plus efficace de prévenir la propagation de la rougeole ». Mieux vaut tard…

La revue scientifique Environmental Science and Pollution Research (Recherche sur la science de l’environnement et la pollution) a publié simultanément 14 études sur l’empoisonnement des fleuves d’Europe par les microplastiques. De l’Elbe en Allemagne à l’Èbre en Espagne, en passant par la la Tamise à Londres, le Tibre à Rome, la Loire, la Seine ou le Rhône, aucun des cours d’eau étudiés n’est épargné par ce fléau. Les microplastiques sont des particules inférieures à cinq millimètres, les plus petites étant invisibles à l’œil nu. Elles proviennent des fibres de textiles synthétiques issues du lavage, des microparticules qui jaillissent sous les pneus des voitures ou lors du dévissage du bouchon d’une bouteille d’eau, ou des granules vierges de l’industrie du plastique. Enfin, un quart d’entre eux dans les fleuves ne sont pas issus de déchets, mais de plastiques primaires industriels. Pourtant, malgré les risques pour la santé, toute législation visant à interdire les plastiques se heurte un peu partout à un puissant lobby industriel qui est parvenu, jusqu’à présent, à empêcher l’adoption de mesures efficaces contre cette pollution.

Dans un rapport qu’elle vient de publier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que, si la mortalité maternelle a diminué de 40 % entre 2000 et 2023 dans le monde, la tendance est en train de stagner, voire de s’inverser. Par exemple, l’an dernier, 260 000 femmes sont encore mortes à la suite de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement, soit une toutes les deux minutes. Et 70 % des décès maternels ont eu lieu en Afrique subsaharienne, qui comprend certains pays les plus pauvres du globe. L’OMS est pessimiste quant à l’avenir du fait des coupes claires dans les budgets des organisations humanitaires, par l’administration Trump bien sûr mais pas seulement. Car l’augmentation un peu partout des budgets militaires se fait aussi aux dépens de l’aide aux plus défavorisés.

Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Élysée en partance pour diriger la Société générale, a de nouveau refusé de répondre à une convocation d’une commission d’enquête sénatoriale qui voudrait approfondir son implication dans le scandale des eaux minérales trafiquées et, plus particulièrement, ses liens avec le groupe Nestlé. Bien que toute personne dont une commission d’enquête a jugé l’audition utile soit tenue de déférer à la convocation qui lui est délivrée sous peine de deux ans d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende, le bras droit de Macron se croit au-dessus des lois. Il est vrai qu’il est protégé par Jupiter en personne. C’est ce que le président appelle, sans rire, le respect de l’état de droit.

Un sondage de l’Ifop, pour le compte de l’association Dons solidaires, révèle que 47 % des ménages déclarent avoir réduit, l’an dernier, leur consommation d’articles d’hygiène pour des raisons financières. Ils n’étaient que 34 % en 2023. Dans le détail, selon ce baromètre, 9 % des sondés se brossent les dents sans dentifrice, 15 % nettoient leur maison sans produit d’entretien, et 17 % d’entre eux ont déjà dû arbitrer entre articles d’hygiène et nourriture. Le maquillage et les soins de coloration sont les grands perdants de ces choix imposés, mais beaucoup renoncent aussi aux déodorants, shampoing, savon, lessive… Le papier toilette est rationné, les douches sont espacées, les bébés sont changés moins souvent faute de quantité de couches suffisantes, ou les serviettes hygiéniques sont remplacées par un substitut de fortune, comme de l’essuie-tout, des mouchoirs, voire des gants de toilettes ou bien des chaussettes. Pour eux, être propre ou manger, il faut choisir…