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Brèves

L’actualité en bref

À l’appel des confédérations syndicales FGTB (sociale-démocrate) et CSC (chrétienne), une grève générale très largement suivie a touché lundi l’ensemble du pays. Les aéroports de Bruxelles-Zaventem et Charleroi ont été complètement à l’arrêt, avec tous les vols annulés. Les transports en commun fortement perturbés alors que de nombreux magasins, dont des supermarchés, étaient fermés. Les établissements scolaires, y compris l’Université libre de Bruxelles, ont été touchés, avec des cours annulés et des piquets de grève organisés par des étudiants et des enseignants. Cette mobilisation se voulait une réponse aux premières mesures de régression sociale annoncées par le nouveau Premier ministre conservateur, De Wewer, notamment des coupes dans les pensions et une flexibilité accrue imposé aux salariés. Les syndicats ont prévu d’autres actions dans les semaines à venir, avec une nouvelle grève générale programmée pour le 29 avril. Mais si les travailleurs ne veulent pas que ces mouvements soient sans lendemain il leur faudra prendre en main leurs propres affaires.

Mediapart a publié les conclusions d’un rapport de douze inspecteurs de l’Éducation nationale sur un établissement catholique sous contrat (école primaire, collège, lycées général et professionnel), l’Immaculée conception, à Pau (Pyrénées-Atlantiques). Rapport qui avait valu la suspension de son directeur par le rectorat. Les inspecteurs notent notamment le caractère obligatoire des cours de religion, la mobilisation des enseignants sur le temps scolaire dans l’organisation d’événements en lien avec la religion catholique, la non-utilisation des manuels de l’Éducation nationale auxquels on préfère des livres « systématiquement orientés vers la royauté, la critique de la République, l’apologie, voire l’obsession du martial, du combat et de la guerre ». Un exemple parmi d’autres : un conférencier a qualifié de « génocide » la répression de l’insurrection royaliste de Vendée pendant la Révolution française. Bref l’enseignement d’une idéologie bien réac… aux frais du contribuable. Au courant de ce rapport, Bayrou l’a gardé sous le coude. Quant à la ministre de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne, elle a promis que les choses allaient changer. On n’a plus qu’à la croire.

« La politique que je mènerai dans les cinq ans à venir sera donc écologique ou ne sera pas », promettait Emmanuel Macron lorsqu’en 2022 il avait enfilé sa casquette de candidat pour un second mandat. Depuis on n’a pas vu grand-chose de concret. Mais attention ça va changer : c’est du moins lui qui l’affirme. La preuve : pour la seconde fois en trois ans il a présidé un « Conseil de planification écologique » composé de François Bayrou et d’une quinzaine de ministres. Selon l’Élysée, le chef de l’État veut effectuer une « remobilisation » générale sur le sujet. Mais pour qu’il ait « remobilisation » il faudrait qu’il y ait eu d’abord « une mobilisation » qui n’a jamais eu lieu. Bref une énième tentative de verdir l’image du chef de l’État. Y’a du boulot !

Selon les dernières données de la Direction de la recherche des études, de l’évaluation et des statistiques, 87 % de la population vit dans un désert médical. Sur ce total plus de 6 millions de personnes n’ont pas de médecin traitant. Conséquence de décennies de détérioration des services de santé qui s’est traduite par la fermeture de services d’urgence et autres, la disparition de lits hospitaliers, la réduction du personnel soignant… La ministre de la Santé, Catherine Vautrin, annonce que les choses vont changer. Quant à Bayrou il entend répondre « à des préoccupations d’urgence qui taraudent les Français » et parmi elles l’accès aux soins en est une de taille. Il n’y a plus qu’à passer aux actes. Mais les promesses de nos gouvernants n’engagent que celles et ceux qui y croient.

« Il faut être beaucoup plus dur sur les peines » disait Le Pen pendant la campagne présidentielle de 2022… Trois ans plus tard, la voilà condamnée à quatre ans de prison dont deux ferme, et à cinq ans d’inéligibilité, même si elle fait appel de sa condamnation. Le Pen et son clan ont détourné de l’argent public pour alimenter leur parti… et faire croquer les amis. Les assistants parlementaires du RN payés 5000 à 9000 euros par mois sans travailler n’ont rien à envier aux Fillon, Cahuzac ou Sarkozy. Le RN, parti des ouvriers ?

Les mêmes qui critiquent le laxisme des juges quand les classes populaires sont à la barre dénoncent aujourd’hui une peine trop sévère. De Jordan Bardella à Elon Musk en passant par Viktor Orbán, les réactionnaires du monde entier hurlent au scandale démocratique, car Le Pen ne pourrait pas se présenter à l’élection présidentielle. Mais Le Pen n’est pas « victime » de la justice, elle peut même profiter de ce jugement pour se présenter « anti-système », alors qu’au fond, elle a juste agi comme bien d’autres fraudeurs de la bourgeoisie.

Depuis le 19 mars, des manifestations sans précédent depuis 2013, ont lieu en Turquie, après les arrestations de dirigeants de l’opposition. La répression s’intensifie mais la contestation tient bon, notamment grâce aux étudiants, dans tout le pays. Alors que le syndicat Disk avait appelé à des mouvements de grève vendredi 28 mars, Erdoğan a prolongé de trois jours les congés de fin de ramadan dans l’espoir de contenir les grèves et les manifestations. L’entrée dans la lutte de la classe ouvrière, aux côtés des étudiants, est en effet ce qu’Erdoğan aurait le plus à craindre.

Depuis que Trump est revenu au pouvoir, des milliers de migrants ont été arrêtés et expulsés. Mais comment faire pour remplacer ces travailleurs indispensables, notamment dans les emplois les moins qualifiés et les moins bien payés ? L’ultra-réac gouverneur de Floride, Ron de Santis, a trouvé la solution miracle : faire travailler les enfants ! Il a donc annoncé un projet de loi pour autoriser le travail de nuit, dès 14 ans, pour les jeunes scolarisés à la maison ou à distance. Hors de la Floride, d’autres États seraient aussi tentés… À quand le rétablissement de l’esclavage ?

Le ministre de la santé de Trump, Robert F. Kennedy Jr., a annoncé la suppression de 10 000 emplois à temps plein dans son ministère (sur 82 000), qui s’ajoutent aux 10 000 départs qui ont déjà eu lieu avec les coupes orchestrées par le milliardaire Elon Musk. Alors que la surveillance des épidémies (notamment la rougeole qui progresse de façon très inquiétante outre-Atlantique) a été déjà été durement attaquée par l’administration Trump, cette nouvelle saignée aura des conséquences sanitaires désastreuses pour les travailleurs et travailleuses américains, notamment les plus précaires et les plus pauvres.

Le mois dernier, le pays a produit 720 millions d’œufs de poule de moins qu’en février 2024, soit une baisse de 10 %. Les prix, ont connu un pic à 7,56 euros la douzaine, voire 14 euros dans certains endroits (en France, les prix varient entre 2 et 4 euros). L’épidémie de grippe aviaire n’en finit pas de se propager aux États-Unis. Depuis 2022, plus de 111 millions d’oiseaux, surtout des poules pondeuses, ont été infectés ou abattus. Les licenciements brutaux de plus de 1300 fonctionnaires chargés de la prévention des épidémies par Trump et Musk n’ont fait qu’aggraver la situation.