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Brèves

L’actualité en bref

Le 3 janvier 2020, Cédric Chouviat, un livreur de 42 ans, circulait à scooter à Paris lorsqu’il a été interpellé par un équipage de quatre policiers. Étranglé à deux reprises avec son casque intégral il avait été violemment plaqué au sol avant d’être menotté les mains dans le dos. Transporté à l’hôpital après avoir perdu connaissance, il y décédait deux jours plus tard du fait d’une asphyxie avec fracture du larynx. Six ans après les faits, les policiers responsables de ce décès n’ont toujours pas été jugés. Ce qui a conduit la Défenseure des droits, Claire Hédon, à saisir le ministère de l’Intérieur afin qu’il engage une procédure disciplinaire contre les policiers impliqués. Une enquête administrative ouverte en 2021 n’avait donné lieu à aucune sanction. Quant à la famille de la victime, elle demande, vainement jusqu’à présent, que les policiers soient jugés non pour homicide involontaire mais pour violence en réunion ayant entraîné la mort et passent devant une cour d’assises. Peu de chance qu’elle soit entendue.

Alors que les négociations entre partenaires sociaux autour des contrats de travail temporaire piétinent, une étude de l’Unédic, organisme paritaire de gestion de l’assurance-chômage, souligne leur explosion dans l’Hexagone. Le travail temporaire, qu’il s’agisse de l’intérim ou des contrats à durée déterminée (CDD), est devenu de loin majoritaire dans les nouvelles embauches. Et le texte de préciser : « En 2024, plus de 80 % des embauches se faisaient en contrat court, voire très court. » La situation ne s’est pas améliorée depuis. Sur 46,2 millions de contrats d’embauche, 21,1 millions sont des CDD, 20,7 millions concernent l’intérim et seuls 4,4 millions des contrats sont à durée indéterminée (CDI). Les jeunes sont les plus touchés : ils ne sont que 41,6 % à occuper un emploi permanent, contre près de 73 % pour l’ensemble de la population. Autre manifestation de cette précarité croissante : l’emploi temporaire est de plus en plus court. « Les CDD arrivés à terme dans le secteur privé duraient en moyenne 46 jours en 2017 (soit un raccourcissement de 60 % depuis 2001), la moitié d’entre eux ne dépassant pas cinq jours (contre 22 jours en 2001) », souligne l’Unédic. Ce qui n’empêche pas le patronat de pousser des cris d’orfraie en dénonçant la rigidité du marché du travail. Et de rêver sans doute de l’époque bénie où l’embauche se faisait à la journée, le travail était payé à la pièce et où les salariés n’avaient aucun droit.

Le tribunal des activités économiques a placé l’enseigne d’ameublement Alinea en liquidation judiciaire, entraînant le licenciement de près de 1200 salariés. Les 36 magasins de l’enseigne ont définitivement fermé leurs portes. Alinea appartient à la richissime famille Mulliez qui possède plus de 50 enseignes majeures du commerce hexagonal et international, dont Leroy Merlin, Decathlon, Auchan, Kiabi, Norauto, Boulanger, Weldom, Midas, etc. Sa fortune est estimée à 26 milliards d’euros. Les Mulliez sont des spécialistes de « l’optimisation fiscale » avec des résidences en Belgique, au Luxembourg et aux Pays-Bas, ce qui leur permet de payer moins d’impôts. Le groupe n’aurait eu aucun problème à transférer le personnel d’Alinea dans d’autres enseignes en évitant les licenciements. Mais cela aurait risqué d’écorner ses bénéfices.

Selon le spécialiste de la pollution atmosphérique Atmo France des pesticides utilisés dans l’agriculture sont présents dans l’air sur l’ensemble du territoire. Parmi les substances les plus couramment détectées, on trouve l’herbicide glyphosate, le lindane, un insecticide considéré comme toxique pour l’être humain dont l’usage est théoriquement prohibé depuis vingt ans et qui est présent dans 61 % des échantillons, le folpel, un fongicide souvent utilisé dans les vignes et le prosulfocarbe, herbicide à l’âge spectre et à très grande volatibilité largement employé dans les grandes exploitations. Bref un cocktail de cochonneries que l’on respire chaque jour. Merci à l’agriculture intensive…

À l’initiative du Ghana, l’assemblée générale de l’ONU avait à se prononcer sur un texte qui proposait de déclarer « la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains » comme « les plus graves crimes contre l’humanité », notamment en regard de leur « persistance ». Il a été adopté par 123 voix pour et trois contre (sans surprise États-Unis, Israël et Argentine). En outre, 52 pays se sont abstenus, parmi lesquels les principales puissances coloniales de l’époque de la traite négrière, à savoir le Royaume-Uni, la France, l’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas et l’ensemble des États de l’Union européenne. Une abstention qui a provoqué notamment la colère de parlementaires de Guadeloupe et de Martinique. Interpellé sur ce point le Premier ministre n’a pas répondu personnellement mais a botté en touche en envoyant au charbon… le ministre du Commerce extérieur qui s’est emmêlé les pieds dans le tapis pour justifier ce non-vote. Une abstention qui en elle-même n’est pas étonnante, car l’impérialisme français a toujours refusé de reconnaître sa responsabilité dans la traite des millions d’Africains réduits en esclavage dans des conditions infâmes.

Au printemps 2025, les conducteurs et conductrices de Keolis 3 frontières s’étaient mobilisés pour revendiquer des augmentations de salaire et de meilleures conditions de travail : mauvais entretien des bus, climatisation et chauffage régulièrement en panne, planification de dernière minute des tournées, management toxique… Depuis rien de tout ça ne s’est amélioré, au contraire la direction a choisi de réprimer celles et ceux qui ont décidé de signaler les cas de harcèlement, renversant le balance en accusant les lanceurs d’alertes… L’exemple le plus récent est celui de Cherif, militant CGT et élu CSE, qui a été convoqué en mars par une procédure disciplinaire aussi ridicule que discriminatoire. À bas la répression et soutien à Cherif !

Selon une note de l’Insee, l’inflation, tirée vers le haut par la flambée des prix des hydrocarbures, devrait connaître « un net regain » au cours des prochaines semaines pour franchir la barre des 2 % au cours du printemps. On s’attend notamment à une hausse du prix des services et de nombre de denrées alimentaires. Pour les classes populaires, le seul moyen d’en combattre ses effets pour ne pas voir leur niveau de vie chuter est de se battre pour une échelle mobile des salaires, des retraites et des allocations diverses indexée sur l’inflation et qui permettrait de préserver le pouvoir d’achat des plus modestes.

Grâce aux voix de députés de droite et macronistes, l’Assemblée nationale a adopté un amendement du Rassemblement national durcissant les sanctions contre la fraude aux prestations sociales. L’amendement prévoit notamment la suspension des allocations chômage en cas de suspicion sérieuse, voire la suppression de toutes les prestations sociales en cas de récidive. Par contre, les mêmes députés ont rejeté les propositions venues de gauche contre la fraude fiscale des entreprises et des particuliers fortunés. Toute une philosophie de classe.

Le tribunal judiciaire de Paris a condamné Olivia Zemor, présidente d’Europalestine, à 24 mois de prison avec sursis, une inéligibilité de cinq ans et son inscription au fichier judiciaire des infractions terroristes pour « apologie du terrorisme ». Quelques jours auparavant Nicolas Shahshahani, vice-président de la même association, avait été arrêté et placé en garde à vue. Il est convoqué pour un procès le 9 septembre prochain avec la même accusation. La peine prononcée dépasse de loin celle demandée par le parquet (10 mois avec sursis). Le tribunal a imposé 24 mois estimant que Zemor n’avait montré aucun signe de repentir. Et pourquoi l’aurait-elle fait ? Cette dernière a fait appel. Cette condamnation, comme de nombreuses autres qui l’ont précédée, n’a qu’une seule but : faire taire les soutiens à la Palestine, à la demande notamment d’officines sionistes comme, dans ce cas, l’Organisation juive européenne. Une tentative vouée à l’échec.