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Brèves

L’actualité en bref

Emilio Meslet, journaliste à L’Humanité a été interdit de couvrir la pseudo « Conférence internationale contre l’antisémitisme » qui s’est tenue à Jérusalem les 26 et 27 mars, un évènement auquel avaient été invitées nombre de figures de l’extrême droite européenne dont Jordan Bardella et Marion Maréchal-Le Pen. Le retrait de son accréditation lui avait été annoncé sans explication au dernier moment, juste avant son départ pour Israël. Rien de très étonnant dans tout cela puisque Netanyahou s’attaque systématiquement aux médias qui critiquent sa politique, comme le quotidien israélien de centre-gauche Haaretz et la chaîne de télévision locale Channel 12 qui sont devenues les bêtes noires de son gouvernement.

Deux ministres, Manuel Valls et Bruno Retailleau, ont participé au Dôme, dans le 15e arrondissement de Paris, à un meeting intitulé « Pour la République… La France contre l’Islamisme ». Tout un programme. Une brochette d’intervenants de droite et d’extrême droite se sont succédé. Vu la teneur des débats, le titre aurait dû être « Pour Netanyahou… contre les Palestiniens ». Rien d’étonnant à cela, car l’évènement était organisé par le lobby pro-israélien Elnet qui, selon Mediapart, organise depuis 2017 des voyages en Israël dont ont bénéficié une centaine de responsables des Républicains ou de la macronie… dont Valls lui-même. Ce dernier a, en quelque sorte, renvoyé l’ascenseur.

Des musulmanes voilées pratiquent certains sports dans des clubs locaux, sans que cela ne gêne personne. Mais une proposition de loi LR interdisant de porter le voile pendant les compétitions, y compris chez les amateurs, a été votée en février au Sénat. Le texte, qui doit désormais être examiné à l’Assemblée nationale, a semé la cacophonie au sein du gouvernement. Plusieurs ministres, dont celles des Sports et de l’Éducation nationale, ont fait savoir qu’elles n’en voyaient pas l’intérêt, conduisant le Premier ministre, François Bayrou, à appuyer les partisans de cette mesure, notamment Darmanin et Retailleau. Mais ces derniers enragent, car ils viennent de se heurter à un adversaire de poids, le quintuple champion olympique de judo, Teddy Riner. Le sportif guadeloupéen a estimé que le gouvernement « perdait son temps » sur ces questions et qu’il fallait mieux « pens[er] égalité » plutôt que « de s’acharner sur une seule et même religion ». C’est juste mais c’est trop demander à la droite et à l’extrême droite qui ont fait de l’islamophobie leur fonds de commerce quotidien.

Quatre ans après avoir été saisie par la CGT, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail vient d’alerter sur les risques physiques et mentaux auxquels sont confrontés les livreurs à vélo employés par des plateformes comme Uber Eats et Deliveroo. Ils sont au moins 71 000, souvent immigrés et parfois sans papiers, et sont sur-exploités. Ils sont payés au lance-pierres et, de plus, on leur refuse le statut de salariés en les obligeant à travailler en tant qu’« auto-entrepreneurs », ce qui les prive de nombre d’avantages et d’une véritable protection sociale. Le seul moyen d’abolir cette galère est la lutte pour l’obtention de véritables contrats de travail et des titres de séjour pour ceux qui en sont dépourvus.

Parmi d’autres dirigeants d’extrême droite européens, Jordan Bardella et Marion Maréchal-Le Pen ont été invités à participer à Jérusalem à un colloque international contre l’antisémitisme. C’est un peu comme convier des alcooliers à un congrès des Alcooliques anonymes. En fait, là comme souvent, la lutte contre l’antisémitisme n’est qu’un prétexte pour réunir celles et ceux qui désignent les musulmans en général, et les Arabes en particulier, comme la cible à abattre. Et ce beau monde vient en Israël apporter son soutien plein et entier à Netanyahou, qui, en assimilant sionistes et Juifs et en commettant des massacres sans nom, contribue à sa façon au regain de l’antisémitisme.

C’est Le Canard enchaîné qui nous l’apprend. Pour avoir trafiqué ses comptes entre 2008 et 2011 afin de payer moins d’impôts, le groupe Vivendi, de Vincent Bolloré, s’était vu imposer une amende de 320 millions d’euros. Mais, finalement, l’administration fiscale a renoncé à son dû… sans donner officiellement aucune explication. Interrogé par les journalistes de l’hebdomadaire satirique, le ministère des Comptes publics s’est muré dans le silence. La proximité de Bolloré avec l’Élysée explique peut-être cette clémence. Selon que vous soyez puissant ou misérable…

En procès au tribunal judiciaire de Paris, où il doit répondre des accusations d’agression sexuelle sur deux femmes lors du tournage du film Les Volets verts en 2022, Gérard Depardieu a tout nié en bloc. Par contre il s’en est pris aux féministes et à « la terreur » déclenchée selon lui par le mouvement #MeToo. Dans un sens il n’a pas complètement tort. Le mouvement féministe a réussi à faire que la peur change de camp et que désormais ce sont les prédateurs sexuels qui sont pointés du doigt et non plus leurs victimes.

Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, a repris à son compte sur le très droitier média CNews, le concept d’extrême droite « de racisme anti-blanc », une expression contestée par la majorité des chercheurs en sciences sociales. Mettre sur le même plan, comme il le fait, le racisme anti-blanc et le racisme anti-noir ou le racisme anti-arabe revient en fait à minimiser ces derniers. Une étude de l’Institut national d’études démographiques a montré que « le racisme des minoritaires à l’encontre des majoritaires peut blesser verbalement, voire être agressif physiquement, mais il ne fait pas système et ne produit pas d’inégalités sociales ». Ce concept de « racisme anti-blanc » a été inventé par François Duprat, ex-numéro deux du Front national et auteur de thèses négationnistes, qui l’a utilisé pour la première fois en 1978. Il a été remis au goût du jour plus tard, par Marine Le Pen et Jean-François Copé. Ces derniers temps, la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, ou le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, se le sont approprié. Roussel, dont la prise de position a provoqué des remous au sein de son propre parti et plus largement à gauche, se retrouve en bien mauvaise compagnie.

Éric Zemmour, le président du parti d’extrême droite Reconquête, a été condamné à une (modeste) amende de 9 000 euros, pour avoir déclaré que la mort d’un lycéen de 16 ans à Crépol, dans la Drôme, en 2023 était due, comme des dizaines d’autres selon lui, à « la main des racailles arabo-musulmanes ». Zemmour a déjà été poursuivi et condamné à plusieurs reprises pour ses sorties sur l’islam et l’immigration. Et il est sûr qu’il va continuer à déverser sa haine raciste, d’autant plus qu’une partie des médias, notamment ceux du groupe Bolloré, lui servent régulièrement la soupe.