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Brèves

L’actualité en bref

Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, fait monter les enchères dans sa polémique contre Alger. Il explique, dans une interview donnée au Parisien, qu’il est prêt à démissionner si Bayrou et Macron ne le suivent pas dans sa volonté d’assumer un bras de fer avec le régime algérien en le menaçant de représailles s’il n’accepte pas d’accueillir des Algériens vivant ici et qu’il veut expulser. Coup de bluff ? C’est possible. Mais ce qui est certain, c’est que ses positions anti-algériennes lui valent une belle popularité dans l’électorat de droite et d’extrême droite, une notoriété qu’il est bien décidé de monnayer aujourd’hui au gouvernement et demain peut-être… lors de la prochaine présidentielle.

Le ministre belge de la Défense, Théo Francken (N-VA, droite flamande), a récemment affirmé son souhait d’augmenter le budget alloué à la défense du pays à hauteur de 2 % du PIB (actuellement 1,3 %) dès cette année, alors que l’accord budgétaire du gouvernement tirant vers l’extrême droite formé en février dernier ne prévoyait cette augmentation qu’à l’horizon 2029. Francken a même annoncé, après la fermeture de l’usine Audi de Bruxelles fin février, vouloir transformer le site en une usine d’armement. « Je crois très fort à cette histoire », claironnait-il, ouvrant ainsi la porte des négociations à plusieurs géants de l’industrie militaire.

Le 11 mars dernier un homme en fauteuil roulant était serré à la gorge puis frappé au visage par un CRS alors qu’un autre lui tenait les bras. La scène, filmée, puis transmise au quotidien local La Montagne, avait conduit la députée LFI du Puy-de-Dôme, Marianne Maximi, à effectuer un signalement à la justice et à l’Inspection générale de la police nationale. Une plainte avait ensuite été déposée pour violence sur personne vulnérable. La riposte ne s’est pas faite attendre. Les policiers ont porté plainte contre l’infirme pour « outrage et blessures ». Ils affirment avoir été insultés et pris à partie par « un individu bien connu des services de police, qu’il était nécessaire de neutraliser ». Car ce dernier, tétraplégique à 90 % et qui souffre de troubles psychiques, aurait « foncé sur eux avec son fauteuil roulant, qu’il utilise comme une arme, et donné des coups de pied dans tous les sens ». Encore un cas de légitime défense pour nos glorieuses forces de l’ordre lâchement agressées par un paralysé. Le métier de flic est de plus en plus dangereux, on vous dit !

Mieux vaut tard. Après des semaines de révélations et de polémiques sur les viols et autres sévices commis au lycée-collège de Bétharram, près de Pau, l’évêque de Bayonne, Marc Aillet, qui dirige le diocèse où se trouve l’établissement, a finalement décidé de s’expliquer lors d’une conférence de presse. En un mot il ne savait rien (comme Bayrou) et a tout appris par la presse. En ajoutant : « Ça fait 25 ans que dans l’Église on essaye aussi de prendre conscience. » Ce qui a déclenché la colère d’Arnaud Gallais, militant des droits de l’enfant et victime lui-même des curés tripoteurs, présent dans la salle et qui a lancé au mitré, connu par ailleurs pour appartenir à l’aile la plus réac et traditionaliste de l’Église : « Mais oui, avec 330 000 victimes de pédocriminalité, vous vous foutez du monde sérieusement ! 13 enfants (agressés) par jour dans ce pays et vous venez avec un discours comme celui-là ? Arrêtez de nous dire que vous découvrez […] Vous avez du sang sur les mains. » Bien dit !

La multinationale Sanofi, un des géants de l’industrie pharmaceutique, vient d’être mise en examen pour « exploitation d’une installation classée sans respect des règles générales » et « non-déclaration d’accident » dans son usine de Mourenx, sur le bassin de Lacq, dans les Pyrénées Atlantiques. Sont notamment visés des rejets de substances toxiques dans l’atmosphère, en particulier du bromopropane, un composé volatil cancérigène. Des plaintes avaient été déposées par les riverains mais également par la CGT en défense des salariés. C’est cette usine qui produit la Dépakine, un anti-épileptique qui serait responsable de dizaines de malformations congénitales. Ce qui a valu à Sanofi une première mise en examen en 2020 pour tromperie aggravée et blessures involontaires. Ces petits ennuis judiciaires n’empêchent pas l’entreprise d’avoir enregistré l’an dernier un chiffre d’affaires de 41,1 milliards d’euros (en hausse de 11,3 %) et un bénéfice net de 5,74 milliards d’euros, en progression de 6,4 %. Pour les empoisonneurs, tout baigne…

La Commission d’enquête sénatoriale sur les aides publiques aux grandes entreprises et à leurs sous-traitants, mise sur pied à la demande du groupe communiste, poursuit ses auditions, et ce n’est pas triste. Dès 2015, le Conseil d’État demandait au gouvernement d’élaborer un document de référence et invitait l’Insee et la direction du budget à dresser la liste des dispositifs de ces aides. Et depuis : rien. Le gouvernement entretient sciemment le flou artistique sur l’argent public qui abreuve le secteur privé. Alors on se contente d’approximations qui vont de 70 milliards d’euros par an, selon Sylvain Moreau, un des directeurs de l’Insee, à 170 milliards pour Marc Auberger, inspecteur général des finances. Mais en tenant compte des exonérations fiscales et autres le total pourrait avoisiner les 250 milliards d’euros. Et, pendant ce temps, les services publics sont saignés à blanc et crèvent faute de financement.

En 2023, la hausse des crimes et délits à caractère raciste avait atteint quelque 30 %. En 2024 la tendance ne s’est pas arrangée. Selon des chiffres communiqués par le ministre de l’Intérieur l’an dernier les crimes ou délits à caractère raciste xénophobe ou anti-religieux (islamophobie, antisémitisme) ont fait un nouveau bond de 11 %. On a dénombré 9 350 crimes et délits et 6 895 contraventions, ce qui fait qu’au total plus de 16 000 infractions pour ces motifs ont été dénombrées dans tout le pays. Comme les années précédentes, les crimes et délits à caractère raciste ont principalement été des injures publiques (52 %), des menaces, ou du chantage (20 %) et des discriminations et provocations (10 %). On a compté six homicides. Parmi les victimes, les étrangers ressortissants d’un pays d’Afrique sont surreprésentés. À Paris ces méfaits sont de trois à quatre fois supérieurs à la moyenne nationale. Ces chiffres, sans doute sous-estimés car nombre de personnes agressées ne portent pas plainte, montrent cependant que le fléau du racisme se propage et que le combattre est une nécessité vitale pour le mouvement ouvrier.

Avec la multiplication des cyberattaques, les entreprises souhaitent de plus en plus former leurs salariés à la sécurité informatique. Ainsi, de nombreux cheminots ont reçu un mail contenant un lien renvoyant vers un prétendu listing annonçant leur nouveau positionnement dans la grille de notation qui détermine leur rémunération. Après de nombreuses années de gel des salaires, on comprend que l’envie de cliquer était forte. Mais, surprise : le mail était un faux réalisé par la direction pour « tester » la réaction des agents face aux courriers frauduleux ! La SNCF a donc sciemment joué sur les inquiétudes des travailleurs concernant leur salaire afin de les piéger et pointer du doigt les « mauvais élèves » ! Mensonges et fourberie : on reconnaît bien là des méthodes de management patronales.

À Bruxelles les scandales de corruption se suivent et se ressemblent. En 2022 plusieurs dizaines de parlementaires étaient mis en cause dans le « Qatargate », une opération de corruption lancée par la Qatar, le Maroc et la Mauritanie pour tenter de masquer les violations systématiques des droits humains qui avaient lieu dans ce pays. Cette fois c’est le groupe de télécommunications chinois Huawei qui est sur la sellette. Il aurait soudoyé une quinzaine de députés pour faciliter ses affaires. Plusieurs interpellations et une vingtaine de perquisitions ont eu lieu en Belgique et au Portugal. Ces euro-députés avaient trouvé le moyen de servir l’Europe tout en se servant au passage. Vieille rengaine…