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Brèves

L’actualité en bref

Shawan Jabarin est le directeur général de l’ONG Al‑Haq, l’une des plus anciennes organisations palestiniennes de défense des droits humains. Il a été interdit d’entrer sur le territoire à deux reprises, la première en octobre 2025 et la seconde le 10 avril 2026, empêchant son déplacement à Strasbourg pour témoigner devant le comité des droits de l’homme du Parlement européen. À Paris il devait rencontrer des parlementaires et des membres d’associations actifs dans le soutien à la Palestine. Jabarin est déjà dans le collimateur des autorités américaines pour avoir collaboré avec la Cour pénale internationale dans le lancement des procédures contre certains dirigeants israéliens pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, notamment à Gaza. Des organisations comme Human Rights Watch, Amnesty International et la Fédération internationale pour les droits humains ont dénoncé la décision comme une violation flagrante des principes de liberté d’expression et de défense des droits humains. Et pendant ce temps des criminels de guerre israéliens peuvent se balader sans problème en France et dans l’espace Schengen.

La mort d’un casque bleu français au Liban suscite un grand battage des médias qui, à la suite de Macron, accusent le Hezbollah. Pourtant, cette organisation dément toute responsabilité et il existe bien d’autres possibilités, notamment une attaque provocatrice des forces israéliennes ou de factions libanaises armées liées à elles. Car Israël s’en est déjà pris aux forces des Nations unies, présentées comme des « forces d’interposition » mais qui n’ont quasiment jamais empêché de massacre. Par exemple, en 1996, Israël avait bombardé le camp de réfugiés de Cana tenu par la Finul au Liban, tuant 102 personnes. Encore récemment, les 29 et 30 mars derniers, trois casques bleus indonésiens ont été tués à quelques kilomètres de la frontière israélienne.

Au delà des péripéties militaires, il semble que l’objectif de Macron, directement ou sous couvert de l’ONU, soit de participer à un « désarmement » du Hezbollah, en collaboration avec le gouvernement libanais, lui-même en pourparlers avec Netanyahou. L’impérialisme français cherche à conserver des positions dans un pays qu’il a toujours considéré comme sa chasse gardée. Non à l’intervention française au Moyen-Orient.

Malgré l’opposition des riverains et de l’association de défense animale L214, le tribunal administratif d’Amiens a autorisé l’extension d’une ferme de poules pondeuses qui passera de 900 000 à 1,2 million d’animaux à Éragny-sur-Epte, une commune de moins de 600 habitants. Les écologistes dénoncent des conditions d’élevage incompatibles avec le bien-être animal : absence d’accès à l’extérieur, densité extrême, alimentation industrielle. Elle évoque « des conditions de vie atroces » et alerte aussi sur l’impact environnemental, notamment l’usage pour l ‘alimentation de soja importé lié à la déforestation. Lors de l’enquête publique, 178 avis négatifs avaient été déposés, traduisant une forte opposition d’une partie de la population locale, le voisinage déplorant notamment des nuisances sonores et olfactives. Rien n’y a fait. Les pouvoirs publics appuyaient le projet dès le départ dans la droite ligne de la loi Duplomb adoptée l’an dernier et qui a facilité le développement des élevages industriels. L’agrobusiness a le vent en poupe…

Le tribunal correctionnel a condamné de trois ans de prison le dirigeant d’une PME du secteur du bâtiment pour avoir hébergé et employé un jeune sans-papiers ivoirien de 23 ans dans des conditions indignes. Ce patron pratiquait une forme moderne d’esclavage qui n’a cessé que lorsque le salarié s’est gravement blessé et a dû être soigné. L’entrepreneur ne s’est pas présenté à l’audience et n’était pas non plus représenté par un avocat. Il a donc été condamné en son absence et un mandat d’arrêt émis contre lui. Un exemple parmi d’autres du fait que des patrons voyous profitent de la situation précaire des sans-papiers pour les surexploiter. Une forme moderne de la traite des êtres humains.

Le parquet national financier a fait perquisitionner les locaux du groupe Engie (ex-GDF Suez) dans le cadre d’une enquête visant l’ex-ministre de la Culture Rachida Dati. Elle aurait été rémunérée (290 000 euros) de façon occulte par le groupe énergétique alors qu’elle était euro-députée afin de faire du lobbying pour son compte à Bruxelles. Les enquêteurs s’intéressent également aux éventuelles relations d’intérêts qu’elle aurait entretenues avec l’Azerbaïdjan et le Qatar. L’information judiciaire porte sur des soupçons de corruption, trafic d’influence, détournement de fonds publics, recel et blanchiment. Dati est mouillée dans une autre affaire impliquant Carlos Ghosn, l’ex-patron de Renault, et est également soupçonnée de non-déclaration de bijoux à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Un sacré lot de casseroles.

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé depuis le perron de Matignon que les artisans boulangers et fleuristes pourront ouvrir le 1er mai et que les salariés travailleront ce jour-là sur la base du volontariat en étant payés double. Il a indiqué qu’entre-temps, « une instruction sera donnée à l’ensemble des services de l’État » pour que les commerces concernés ne soient pas verbalisés. Une fleur faite à ces petits patrons après le crash à l’Assemblée du texte sur le même sujet défendu par les députés Renaissance. Dans la pratique cela ne changera pas grand-chose car la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a rappelé dans les colonnes du Parisien qu’il existe déjà un accord de branche dans le secteur de la boulangerie artisanale, signé par la CGT, qui prévoit des compensations et des contreparties à l’ouverture le 1er mai. Mais l’important pour Lecornu est de montrer qu’il est à l’écoute des patrons, petits et grands.

Par 77 voix contre 32 les députés ont rejeté un projet de loi transposant un accord conclu entre le patronat et trois syndicats (CFDT, CFTC et FO) et visant à réduire la durée d’indemnisation de l’assurance chômage par les personnes ayant signé une rupture conventionnelle. Le texte, sous couvert d’économies et de « retour à l’emploi », marquait un net recul social. Il prévoyait notamment de ramener de 18 à 15 mois la durée maximale d’indemnisation pour les allocataires âgés de moins de 55 ans, après une fin de contrat de travail à l’amiable. Cette durée serait fixée à 20,5 mois pour les plus de 55 ans, contre actuellement 22,5 mois à 55 et 56 ans et 27 mois après 57 ans. Après avoir été adopté par le Sénat le 1er avril dernier, il aurait du passer à l’Assemblée comme une lettre à la poste vu qu’il avait l’appui des députés du centre, de la droite et de l’extrême droite. Sauf que ces derniers étaient massivement absents et qu’ils se sont retrouvés minoritaires au moment du vote. Les députés de gauche ont alors approuvé un amendement du PCF prévoyant la suppression de l’unique article de cette loi… sauf ceux du Parti socialiste qui se sont courageusement abstenus. Mais le gouvernement ne s’avoue pas vaincu et a fait savoir qu’il convoquerait une deuxième lecture sur le texte. Le combat continue…

Pendant les vacances scolaires, partout dans les quartiers ouvriers de France depuis 2016, fleurissent des villages festifs avec un tas d’ateliers sportifs et préventifs animés par… la police nationale (et leur association Raid Aventure) ! Au programme, il y a la possibilité de se déguiser en CRS, d’apprendre à utiliser menottes et tonfas, et se taper 30 minutes de « dialogue » avec des policières et des policiers. Voudraient-ils convaincre que la mort de Nahel et les tabassages dans les quartiers, rien n’est plus normal ? Mais ça ne sert à rien d’essayer de berner les jeunes, l’image qu’ils ont déjà de la police colle parfaitement à la réalité : une journée de jeu ne suffira pas à leur faire croire que la police n’est ni raciste ni sexiste.

Face au succès de la pétition contre le projet de loi Yadan, qui a recueilli plus de 700 000 signatures vérifiées en un très bref délai et aux nombreuses manifestations de protestation, le gouvernement a provisoirement renoncé à la faire adopter immédiatement. Toutefois, il a annoncé qu’un texte équivalent serait examiné au mois de juin, à la satisfaction de Caroline Yadan, autrice du texte qui criminalise la solidarité avec les Palestiniens et la dénonciation du généocide de Gaza en les assimilant à une forme d’antisémitisme. Cette manœuvre a sans doute pour but de démobiliser les opposants à cette loi en espérant qu’elle passera plus facilement à l’approche des vacances d’été. Donc, restons vigilants. Non à la loi Yadan !