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Brèves

L’actualité en bref

Le ministre de l’Intérieur (mais aussi chargé des cultes) Bruno Retailleau a fait savoir qu’il avait refusé l’invitation de la grande mosquée de Paris de participer à la cérémonie qui marque chez les musulmans la rupture du jeûne du ramadan. Son prédécesseur, Gérald Darmanin, y avait pris part il y a tout juste un an. Selon son entourage il a jugé la dimension religieuse de cet événement « contraire au principe de laïcité » qu’il serait tenu de respecter. Un laïc pur et dur donc… qui en décembre dernier a participé, sans état d’âme, à la messe présidée par le pape lors de sa visite éclair en Corse. Et là, comme par enchantement, il avait oublié sa laïcité républicaine et intransigeante. Il y a des coups de pied aux culs bénis qui se perdent.

Le gouvernement s’apprête à diffuser un Manuel de survie destiné officiellement à aider la population à réagir en cas de guerre ou de catastrophe. Cette brochure d’une trentaine de pages contient des conseils du genre « préparer un kit de survie », « stocker des conserves et de l’eau potable »… et même « ne pas oublier de fermer des portes et les fenêtres en cas d’alerte nucléaire ». Cet opuscule se termine par un chapitre titré « engagez-vous » qui, sans aller jusqu’à inviter à revêtir le treillis de combat, suggère de se « préparer collectivement ». Le seul conseil judicieux serait tout de même d’éviter la guerre et pour cela de renverser le système capitaliste qui en est la cause fondamentale. Mais cette réflexion est hors de portée de la compréhension de ces propagandistes qui nous prennent pour des imbéciles.

Depuis mars 2022, le cargo russe Vladimir Latyschev est bloqué dans le port de Saint-Malo en raison de la guerre d’Ukraine avec sept marins à bord. Cet énorme navire de 140 mètres de long transportait de la magnésie pour l’usine d’engrais chimique Timac. L’entretien du bateau, la nourriture de l’équipage, le chauffage, l’électricité et le fonctionnement des dispositifs de sécurité coûtent environ 150 000 euros par mois. Ces frais étaient pris jusqu’à une période récente par l’armateur russe qui les réglait par des transferts bancaires, mais, à la suite du blocage des fonds russes, les banques françaises ne veulent plus procéder à ces transferts. L’absence ou l’insuffisance d’entretien risque aussi de représenter un danger pour son environnement voire pour les autres navires. Face à l’incapacité des autorités administratives, on peut toutefois se réjouir de constater que la solidarité des travailleurs de la mer n’est pas un vain mot. Les marins russes ne font l’objet d’aucune discrimination ni réaction hostile sur le port où se côtoient des marins de nombreuses nationalités, bien au contraire. Diverses actions de solidarité ont été envisagées au cas où leur situation se dégraderait.

Le 19 mars à 6 heures du matin, des CRS sont venus déloger les quelques dizaines d’étudiants qui occupaient depuis deux jours un bâtiment de la fac contre les coupes budgétaires. Ils sont revenus une deuxième fois dans la journée pour empêcher une autre tentative d’occupation. La présidence de Rennes 2, qui tente depuis le début de diviser les étudiants pour étouffer la mobilisation, à coup de communiqués hypocrites et de fermeture administrative du campus, a franchi un cap en appelant la police, qui plus est deux fois en une journée, mais aussi en fermant une nouvelle fois le campus de Villejean « au moins jusqu’à vendredi 21 mars inclus », pour empêcher les étudiants mobilisés de convaincre les autres de les rejoindre ! Pas étonnant quand on sait que les élus de la fac s’apprêtent à voter pour la suppression de l’enseignement à distance, qui concerne environ 1 800 restrictions personnes à Rennes 2. Ici comme ailleurs, on verse des larmes de crocodile tout en appliquant les restrictions budgétaires ! La liste des villes où les étudiants se font réprimer s’allonge, mais aussi les raisons de se révolter.

Par 136 voix contre 27, les parlementaires ont adopté une loi visant à restreindre les droits des LGBT+. Le gouvernement a utilisé une procédure exceptionnelle pour que la loi soit adoptée le jour même où elle avait été mise en discussion. Elle interdit notamment tout rassemblement visant à promouvoir l’homosexualité et le changement de sexe auprès des mineurs. Les participants à la marche des Fiertés, prévue le 28 juin prochain à Budapest, s’exposent donc à une amende pouvant aller jusqu’à 500 euros. La police a été autorisée à utiliser la reconnaissance faciale pour identifier les contrevenants. L’opposition parlementaire a perturbé le vote en allumant des fumigènes dans l’hémicycle, dénonçant une tentative de déshumaniser la communauté LGBT+. Déjà en 2021, une première loi avait facilité la répression des personnes homosexuelles. Le Premier ministre, Viktor Orbán, remet ça dans un contexte pré-électoral où il espère renforcer son implantation auprès de l’électorat conservateur.

L’aviation et l’artillerie israéliennes ont pilonné de nombreuses zones de la bande de Gaza faisant, selon les premières estimations, plus de 400 morts, en majorité des civils, dont nombre d’enfants. Le gouvernement israélien a tenu à préciser qu’il avait mené ces actions avec le plein soutien de Washington. Déjà bien fragilisée, la trêve signée le 19 janvier vient de voler en éclats, Israël refusant d’en appliquer la seconde phase, qui prévoyait l’arrêt des combats et le retrait des troupes sionistes du territoire gazaoui. Ce n’est ni la première, ni la dernière fois, que Netanyahou viole allègrement les textes qu’il a signés. Et tant pis pour les otages encore vivants… ce qui compte pour le gouvernement israélien, c’est de tuer et terroriser la population palestinienne.

Il y a quelques semaines le Parti socialiste avait affirmé qu’il refusait de voter la motion de censure contre le gouvernement Bayrou, présentée par la France insoumise, en prétendant avoir obtenu de la part du Premier ministre des « concessions » concernant les négociations sur les retraites menées par les partenaires sociaux. On a vu l’inconsistance de ces pseudo-concessions lorsqu’il y a quelques jours François Bayrou a écarté tout retour de l’âge de départ à la retraite à 62 ans en prétextant le contexte international et la guerre en Ukraine. Qu’à cela ne tienne. Pour Olivier Faure, le patron du PS, le pacte de non-censure entre le gouvernement et les socialistes « n’est pas rompu ». Simplement Bayrou a commis « une erreur ». Et il appelle syndicats ouvriers et patronaux à continuer à blablater sur la question. Une façon de se montrer responsable vis-à-vis de la bourgeoisie en se gardant de provoquer une nouvelle crise ministérielle.

Presque chaque jour les musulmans, ou supposés tels, sont l’objet d’attaques de la part de tel ou tel ministre. Cette fois c’est celui de la Justice, Gérald Darmanin, qui vient de remettre le couvert. Il menace de démissionner si l’on n’interdit pas le port du voile dans les compétitions sportives. Une position que ne partagent ni la ministre des Sports, Marie Barsacq, ni celle de l’Éducation nationale, Élisabeth Borne. Alors Darmanin fait de la surenchère… sans grand risque puisqu’il sait très bien qu’une proposition de loi dans ce sens, approuvée par Bayrou, a été déposée par Les Républicains avec le soutien de son collègue de l’Intérieur, Bruno Retailleau. Tout l’exercice consiste donc à apparaître comme le plus en pointe dans l’islamophobie. À ce jeu, la concurrence est rude.

« Nous sommes tous des enfants d’immigrés », scandaient les manifestants, mardi 18 mars, alors que gendarmes et CRS arrivaient devant le théâtre de la Gaîté Lyrique, à Paris, pour en expulser les 450 jeunes migrants qui, faute d’autre logement, l’occupaient depuis trois mois. Les manifestants venus les soutenir étaient là depuis la veille au soir, dès qu’avait été connue la décision de la préfecture de procéder à l’évacuation. Et c’est à coups de matraques, de gaz lacrymogène que CRS et gendarmes mobiles, arrivés sur place un peu avant 6 heures du matin, sont intervenus pour fendre le cordon des manifestants et expulser les jeunes mineurs.

Ces migrants sont des mineurs arrivés en France sans leur famille et sans logement. Officiellement couverts par la loi, en tant que « mineurs isolés », ils n’ont pourtant aucune structure d’accueil, même si certains d’entre eux étaient inscrits dans un établissement scolaire. Mais ville de Paris et préfecture se renvoyaient la balle, personne ne voulant assumer leur logement. Pour le ministre de l’Intérieur c’était une occasion de satisfaire la clientèle électorale de l’extrême droite en se montrant une fois de plus champion du racisme anti-migrant.