Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Selon son avocat, Ben Marmarelli, le prisonnier palestinien Marwan Barghouti est victime depuis quelque temps d’une escalade d’abus dans les différentes prisons où il est détenu à l’isolement. En moins d’un mois, cette figure de la résistance palestinienne a été tabassée à trois reprises et agressée par un chien lâché par ses geôliers israéliens, sévices auxquels s’ajoute la privation de soins médicaux, d’eau et de nourriture. Incarcéré par Israël depuis 24 ans, l’ex-secrétaire général du Fatah en Cisjordanie avait été arrêté en avril 2002 et condamné en 2004 à cinq peines de prison à perpétuité. Barghouti reste une figure très populaire auprès de l’ensemble de la population palestinienne et c’est pourquoi son élargissement a toujours été refusé par l’occupant sioniste. Plus que jamais il faut demander sa libération.

La loi contre les polluants éternels (PFAS), promulguée en février 2025, prévoyait la mise en place d’une redevance dont devaient s’acquitter les industriels dont les usines rejettent dans l’eau ces polluants. Or, selon la cellule d’investigation de Radio France, l’entrée en vigueur de la redevance « a été repoussée par Matignon à la rentrée 2026 ». Conséquence : les recettes fiscales attendues de l’industrie chimique pour financer la dépollution des eaux vont se réduire d’au moins 15 millions d’euros. Ce report retarde d’autant la mise en œuvre de la dépollution mais fait plaisir aux industriels pollueurs. Et c’est bien le but de l’opération.

Selon un sondage Ifop pour l’association Dons solidaires, 42 % des personnes interrogées doivent parfois choisir entre l’achat de nourriture ou de produits d’hygiène. Gel douche, dentifrice, déodorant, protections hygiéniques : ces indispensables du quotidien sont devenus pour beaucoup des produits de luxe. Près de 4 millions de personnes renoncent à les acheter faute de moyens. 60 % des familles monoparentales sont dans ce cas contre 43 % pour le reste de la population. Pour les parents de jeunes enfants, les couches et les produits d’hygiène bébé deviennent une variable d’ajustement. 19 % d’entre eux déclarent avoir déjà renoncé à l’achat de couches et 18 % avoir utilisé une protection « bricolée ». 2,3 millions de femmes manquent régulièrement de protections menstruelles (soit 13 % du total) et nombre de personnes âgées renoncent aux couches pour adultes. Quand l’accès à ces produits manque, les conséquences se font également sentir sur la vie sociale. 46 % des personnes concernées disent perdre confiance en elles et un tiers (33 %) se terre chez elles. 28 % déclarent également avoir déjà renoncé à un rendez-vous amical ou amoureux, 27 % avoir déjà évité certaines personnes de leur entourage et 25 % avoir renoncé à une activité sportive. Là encore la pauvreté conduit à l’isolement des familles les plus précaires.

Vincent Bolloré, le milliardaire breton catholique traditionaliste, s’est fait une spécialité ces dernières années d’étendre son influence dans les médias en mettant notamment la main sur CNews, le JDD, Europe 1, Télé-Loisirs, Femme actuelle ou Paris Match… Il a aussi pris le contrôle de plusieurs maisons d’édition via le groupe Hachette notamment Armand Colin, Calmann-Lévy, Fayard, Larousse, Stock, Le Livre de poche… et Grasset. Comme dans ses autres médias, il impose ses quatre volontés. C’est qu’il vient de faire en limogeant le PDG de Grasset, Olivier Nora. En signe de protestation et de solidarité, 130 de ses auteurs ont fait savoir qu’ils quittaient l’éditeur. Dans une lettre ouverte ils dénoncent le « licenciement » du PDG et attaquent les pratiques de Bolloré. La gauche fait de même en l’accusant de transformer ses titres en « outils de propagande ». Ce qui est vrai. Mais dans cette affaire l’arbre Bolloré ne doit pas cacher la forêt. Car dans la société capitaliste une poignée de magnats détient la majorité des titres de presse et d’édition et n’hésite jamais à les mettre au pas. Dans ces conditions « l’indépendance éditoriale » est une illusion.

Dans un entretien à l’hebdomadaire Marianne, l’ex-président socialiste de la République, François Hollande, affirme qu’il se prépare à être candidat à la prochaine élection présidentielle qui aura lieu au printemps 2027. Mais il pourra difficilement mettre en avant le bilan de son quinquennat (2012-2017) qui s’est surtout distingué par les cadeaux faits aux entreprises. Pour elles, les allégements fiscaux sont passés de 11 milliards d’euros en 2014 à 34,5 milliards en 2017 et de nouvelles mesures de « flexibilité » ont été adoptées au détriment des salariés. Dans le même temps il a fait passer la TVA de 19,6 % à 20 % alors que le chômage augmentait de 25 % entre 2012 et septembre 2016. Lorsqu’il a quitté l’Élysée son taux d’impopularité frôlait les 75 %. Ce qui l’incita d’ailleurs à ne pas briguer un second mandat. Son successeur, Emmanuel Macron, qui avait été son ministre, repris peu ou prou la même politique en l’aggravant. À part son baratin, Hollande n’aura rien d’autre que des sacrifices à offrir aux électeurs et électrices des classes populaires.

Le gouvernement a fait savoir qu’il « réfléchissait » à un mécanisme pour encadrer les prix à la pompe. Un décret en ce sens a été préparé et envoyé pour avis au Conseil d’État et au Conseil national de la consommation. Il prévoit un déclenchement quand le litre d’essence ou de gazole dépasse 1,71 euro, sans pour autant établir un prix maximal pour les automobilistes. Selon les spécialistes, une telle mesure, même si elle est adoptée, ce qui n’est nullement certain, ferait au mieux baisser les prix à la pompe de quelques centimes. Car, dans cette période de crise, ceux qui s’en mettent plein les poches, ce sont moins les distributeurs qui gèrent les stations services que les raffineurs et les grandes compagnies pétrolières. Mais là pas question de toucher à leurs faramineux profits.

Le 8 avril, le patronat avait mis les petits plats dans les grands pour inviter Marine Le Pen chez Drouanr, une grande table parisienne. Se trouvaient autour de la table, l’homme le plus riche de France, Bernard Arnault, PDG de LVMH, son homologue de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, celui de Capgemini, Paul Hermelin, un fils Bolloré et tout le gratin du CAC40. Le principal syndicat patronal va remettre le couvert. Patrick Martin, le patron des patrons, a invité pour le 20 avril Jordan Bardella à déjeuner au siège du Medef, avenue Bosquet à Paris. Voir les dirigeants du Rassemblement national ripailler avec les grands patrons et trinquer à leur santé c’est tout un symbole des liens qui unissent les uns et les autres.

Les députés examinent une proposition de loi visant à allonger les délais de rétention administrative des personnes étrangères condamnées pour « terrorisme » ou « représentant une menace » avant leur éventuelle expulsion du territoire. Le texte prévoit la possibilité de les maintenir en détention jusqu’à 210 jours contre un maximum de 90 jours actuellement. Une première proposition de loi, englobant des dispositions similaires, avait été censurée en août 2025 par le Conseil constitutionnel. Mais les députés Charles Rodwell (Renaissance), défenseur d’une immigration « massivement réduite et choisie », Gabriel Attal (Renaissance) et Michel Barnier (Les Républicains) ont remis le couvert. Les associations d’aide aux migrants dénoncent des mesures disproportionnées qui relèvent « de la pure posture politique ». Cette nouvelle proposition de loi entre dans le cadre de la campagne anti-migrants que lancent régulièrement la droite et le centre en courant derrière le Rassemblement national.

Depuis le début du procès en appel de Sarkozy dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, ce dernier avait une ligne de défense qui consistait à affirmer qu’il ne savait rien et que ce sont ses deux plus proches collaborateurs, Claude Guéant et Brice Hortefeux, qui avaient tout manigancé derrière son dos. Une défense qui vient d’être sérieusement malmenée par une longue lettre envoyée au tribunal par Guéant, absent des débats du fait de son état de santé dégradé. Il raconte par le menu un repas à Tripoli au cours duquel Kadhafi aurait demandé à Sarkozy de régler la situation judiciaire de son beau-frère, Abdallah Senoussi, condamné en France à perpétuité pour son rôle dans l’attentat du DC‑10 de l’UTA en 1989, qui avait fait 170 morts. Nullement choqué par une telle demande, Sarkozy aurait demandé à Guéant de régler la question. En fait tout ce petit monde n’a jamais hésité à se livrer à des magouilles sordides, facilitées sans doute par les sommes mirobolantes versées par le dictateur libyen. Et aujourd’hui, chacun rejette la faute sur l’autre.