Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Un nouveau décret appliqué depuis fin janvier permet à n’importe quelle infirmière de pratiquer des gestes spécialisés en bloc opératoire, travail normalement réservé aux Ibode, les infirmiers et infirmières de bloc opératoire diplômés d’État, qui suivent une formation supplémentaire de deux ans pour acquérir cette qualification très technique. La seule condition exigée par le décret est d’avoir au moins un an d’ancienneté et de suivre une formation de 21 heures. Comme si 21 heures allaient suffire à assimiler deux ans de formation ! Pour pallier le manque de personnel, le gouvernement est prêt à mettre en danger les patients.

… d’après le bulletin CHU Caen

L’ancien Premier ministre et actuel patron de la RATP, Jean Castex, été entendu, placé en garde à vue puis libéré par les gendarmes de la section de recherches de Montpellier pour des décisions prises lorsqu’il présidait une communauté de communes en 2017 dans les Pyrénées-Orientales. Il a été entendu pour faux, usage de faux et détournement de fonds publics dans le cadre d’une enquête préliminaire. Il s’agit du 27e ministre ou ex-ministre impliqué dans des affaires politico-judiciaires depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017. La république exemplaire promise par le locataire de l’Élysée se porte de mieux en mieux.

Largement utilisés dans l’industrie chimique, présents dans les mousses anti-incendie et certains insecticides, les polluants éternels (PFAS) sont un véritable casse-tête en matière de santé publique. Présents dans l’eau, ils affectent le système immunitaire et la thyroïde. Selon Santé publique France, on en retrouve des traces dans le sang de 100 % de la population. Et les éliminer coûte un bras. Selon un rapport parlementaire, le coût total pour nettoyer les PFAS des eaux potables et usées serait de… 238 milliards d’euros par an pour l’ensemble de l’Union européenne. Et pour l’instant pas question de faire payer les pollueurs. Par contre le géant de l’eau, Veolia, y voit une opportunité d’intervention majeure en matière de nettoyage avec une ambition de réaliser un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros en 2030. Et qui, au final, paiera l’addition ? Le contribuable bien sûr.

L’an dernier les grandes banques ont enregistré dans leur ensemble des résultats financiers confortables. Les bénéfices du Crédit agricole ont augmenté de 11,6 %, ceux de la BPCE de 26 %, ceux de la Société générale de 69 % et ceux de la BNP Paribas ont frôlé les 12 milliards d’euros. Mais la CLCV (Consommation, logement, cadre de vie), une association nationale de défense des consommateurs et usagers, annonce que cette année les frais bancaires vont subir une hausse moyenne comprise entre 3 % et 5 % dans 90 % des établissements bancaires. Les hausses seront plus importantes concernant les frais de tenue de compte (+ 8 %) et les cotisations liées aux cartes bancaires (+ 3,4 %). Et ces deux services concernent en priorité les clients modestes qui verront la douloureuse augmenter de 5,46 % alors même que la loi de finances prévoit une inflation trois fois moindre.

À l’instigation de l’ancien Premier ministre, Gabriel Attal, l’Assemblée nationale a adopté par 125 voix contre 58 un texte qui a pour but d’appliquer une sévérité accrue à l’égard des mineurs délinquants. Les députés ont notamment approuvé la création d’une procédure de comparution immédiate ainsi que la remise en cause de l’excuse de minorité qui prévalaient jusque-là pour les jeunes âgés de 16 à 18 ans qui commettaient un délit. Conséquence : les peines prononcées ne seront plus automatiquement moins sévères dès lors que le coupable est mineur. Le juge devra motiver sa décision s’il souhaite alléger la peine. En défendant son texte, Attal a été on ne peut plus clair. Il a déclaré : « Nous tenons la promesse qui a été faite après les émeutes de 2023, celle de renforcer notre arsenal pénal, celle de lutter plus efficacement contre la délinquance des mineurs. » Les « émeutes de 2023 » en question étaient en fait des mouvements de révolte de la jeunesse des banlieues après la mort de Nahel Marzouk, 17 ans, tué à Nanterre à bout portant par un policier. Museler cette jeunesse est un des objectifs du gouvernement, au même titre que faire la chasse aux migrants. Face à cela, comme le disait le slogan de Mai 68 : « On a raison de se révolter ! »

Contre vents et marée François Bayrou continue d’affirmer qu’il n’avait « jamais été informé » des faits de violences sexuelles commis entre les années 1970 et 1990 à Notre-Dame de Bétharram, un établissement scolaire catholique situé entre Pau entre et Lourdes, où certains de ses enfants étaient scolarisés et où son épouse enseignait le catéchisme. Dernier témoignage en date qui met à mal sa position : celui de Christian Mirande, ancien juge d’instruction au tribunal de Pau qui avait été saisi des plaintes déposées par les victimes. Le magistrat, aujourd’hui à la retraite, affirme qu’il s’était longuement entretenu de l’affaire avec celui qui était à l’époque président du conseil général des Pyrénées-Atlantiques. Bayrou a toujours défendu bec et ongles l’école des curés et a tout fait pour que les faits criminels commis à Notre-Dame de Bétharram soient minimisés, voire passés sous silence. Loupé.

Des négociations entre Poutine et Trump auraient donc commencé par un long entretien téléphonique. Face aux velléités de Zelensky de participer aux marchandages, Poutine avait clairement signifié qu’il ne discuterait qu’avec le patron, Trump. Il semble d’ailleurs que le locataire de la Maison-Blanche ait l’intention de remplacer Zelensky par un politicien qui aurait les coudées plus franches pour accepter des concessions : il a demandé des élections présidentielles en Ukraine. Zelensky avait pourtant accepté de céder les précieux minerais des terres rares aux États-Unis, après avoir bradé les terres agricoles. Mais Trump n’a pas la moindre considération pour le président de ce petit pays qu’est l’Ukraine. Quoi qu’il sorte de ces négociations, il est clair que le marchandage va se faire sur le dos du peuple ukrainien. Les politiciens européens ne sont même pas conviés au festin, juste invités à augmenter leur budget militaire… Il est d’ailleurs bien symbolique que ce mini Yalta devrait se tenir en Arabie saoudite, sous l’égide de Mohammed ben Salmane, un des plus sinistres dictateurs de la planète. S’il est permis de se réjouir à l’idée que cesse l’épouvantable boucherie, on ne peut que regretter que ce ne soient pas les travailleurs ukrainiens et russes qui y mettent fin en se soulevant contre leurs oligarques et généraux.

Les corps de 28 migrants originaires d’Afrique sub-saharienne ont été découverts près d’un centre de détention « illégal » dans la région de Koufra, dans l’extrême sud du pays. Les cadavres ont été retrouvés après une opération des forces de sécurité dans ce centre tenu par un réseau de trafiquants d’êtres humains où étaient séquestrés 76 migrants africains. Fin janvier, le bureau du procureur général, basé à Tripoli, avait ordonné l’incarcération de deux membres d’une bande criminelle accusée de torture à l’encontre de 263 migrants en situation irrégulière, dans le but de leur extorquer des rançons. Ces migrants, souvent expulsés de Tunisie, passent par la Libye dans l’espoir de gagner les côtes italiennes. Ils sont la proie non seulement des trafiquants et des gangsters de toutes sortes, mais aussi des autorités, légales ou rebelles (car le pays est divisé entre deux gouvernements rivaux) qui subissent des pressions constantes de l’Union européenne pour bloquer les migrations par tous les moyens. C’est le terrain sur lequel prospère le martyr des migrants.

Après plusieurs autres organisations professionnelles, c’est au tour du Comité de protection des journalistes (CPJ) de dresser un sombre tableau des professionnels des médias tués en 2024 dans l’exercice de leur métier. 124 journalistes ou employés de médias ont été abattus dans 18 pays, soit l’année la plus meurtrière depuis 30 ans que l’organisation réalise ce décompte. Sur ce nombre, 82 journalistes palestiniens ont été tués à Gaza et trois journalistes sont morts au Liban, « tous aux mains de l’armée israélienne », rapporte le CPJ. « La guerre à Gaza a un impact sans précédent sur les journalistes et témoigne d’une détérioration majeure des normes mondiales de protection des journalistes dans les zones de conflit », a souligné dans un communiqué la directrice générale de l’organisation basée à New York, Jodie Ginsberg. Et de conclure : « La stratégie consistant à accuser les journalistes de terrorisme sans fournir de preuves est de plus en plus adoptée par les régimes autoritaires comme par les pays prétendument démocratiques. » Bien vu !